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Le revenu universel, véritable casse-tête pour les politiques

Le revenu universel, un vaste sujet qui hante les débats des primaires, aussi bien à Gauche qu’à Droite. A entendre ses défenseurs, on a l’impression qu’il s’agit d’une idée neuve qui pourrait remédier à l’un des défis du 21ième siècle : la répartition des richesses. Sauf que derrière cette idée soit disant salvatrice se cache un vrai casse-tête tant que le plan du financement que sur le questionnement philosophique entre l’homme et le travail.

Commençons par définir le revenu universel. Il peut porter plusieurs noms : revenu de base, allocation universelle, revenu d’existence, revenu citoyen… Les appellations divergent mais l’idée est la même : verser à tout citoyen d’un pays donné, sans aucune condition, une somme mensuelle fixe. Toutefois, un pays donné ne verse ce revenu qu’aux ressortissants (c’est-à-dire ceux et celles qui ont la nationalité du pays en question). Ainsi, un français ne pourra prétendre qu’au revenu universel versé par le gouvernement français.

Suite aux débats des Primaires de la Gauche, il semblerait que l’idée du revenu universel se généralise peu à peu. Elle fût également présente chez Les Républicains avec Nathalie Kosciusko-Morizet qui fût la seule à en parler lors des Primaires de la Droite et du Centre. Au-delà de sa présence dans les programmes de certains candidats, c’est présenter cette idée comme novatrice qui est biaisée. Dans la littérature, le revenu inconditionnel apparaît pour la première fois sous la plume de Thomas More qui, dans son Utopie paru en 1516, présente cette idée comme un moyen de lutter contre la criminalité. Il imagine une île où chacun serait assuré des moyens de sa subsistance sans avoir à dépendre de son travail.
Cette idée n’est donc nullement novatrice. D’autant plus qu’elle s’est déjà réalisée dans l’Histoire. Pour trouver l’époque en question, il faut remonter longtemps avant Thomas More pour atterrir dans l’Empire Romain. A cette époque existait déjà une forme de revenu universel pour les esclaves : ils percevaient un revenu minimum de façon inconditionnelle par le simple fait d’être esclaves. Cependant, l’idée n’était pas d’émanciper les esclaves en leur donnant un minimum vital mais de maintenir la cohésion sociale en évitant toute rébellion. Un revenu universel utilisé comme anesthésiant à des fins purement politiques.

Cessons donc de présenter cette idée comme « révolutionnaire ». Des tentatives ont déjà vu le jour dans le passé et elles furent quasiment toutes abandonnées. Peut-être parce derrière l’idéal salutaire, la mettre en place est chose plus difficile ? L’idée trouve une première application dans le système dit « de Speenhamland », du nom de la ville anglaise qui, en 1795, instaura un droit au revenu pour les pauvres résidant sur son territoire. Abandonnée, l’idée réapparaît au début du XX siècle en Grande Bretagne, portée notamment par le philosophe Bertrand Russell, et aux États-Unis. En France, depuis une vingtaine d’années, le revenu inconditionnel fait surtout l’objet d’un débat universitaire.[1] Plusieurs mouvements ont repris à leur compte l’idée d’un revenu d’existence. Le philosophe André Gorz, un des principaux théoriciens de l’écologie politique et de la décroissance, plaide pour un « revenu d’autonomie » qu’il conçoit comme un moyen de s’affranchir de l’aliénation du travail. Pour Michel Foucault, ce revenu versé inconditionnellement permettrait de se libérer du contrôle social étatique et aliénant attaché à la vérification des droits sociaux.
 

Vous l’aurez compris, l’idée derrière le revenu universel c’est un minimum garanti à vie pour chaque citoyen sans contrepartie exigée par l’Etat. Une nouvelle manière de penser les aides sociales en somme, la réelle nouveauté se situe dans l’absence de contrepartie. Libre à vous de faire ce que vous souhaitez de cet argent. Derrière cette idée très alléchante se cache quelques problèmes.

Premièrement, la question la plus importante : son financement. Il faut déjà estimer une somme adéquate à verser à chaque citoyen. Puis, il faut comprendre ce qui est inclus dans le revenu universel. Doit-on, en parallèle, supprimer les aides sociales, les réduire, continuer à en financer certaines (les APL par exemple) ? Le mystère demeure. En France, dans une étude parue en mai 2016, la Fondation Jean-Jaurès a retenu trois scénarios : (i) un revenu proche de l’actuel revenu de solidarité active (RSA), soit 500 €, (ii) un revenu à un niveau intermédiaire et proche du cumul entre les actuels RSA, prestations familiales et logement, soit 750 €, et (iii) un revenu égal au seuil de pauvreté, soit 1000 €. Sauf que le scénario 2 représente 404 milliards d’euros à trouver dans les caisses de l’Etat, soit 24% du PIB du pays ! C’est titanesque et l’Etat devra continuer de financer l’éducation, la santé, le régalien (justice et sécurité) et les retraites. La France, déjà championne en la matière, passerait à un taux de dépenses publiques équivalent à… 79 % du PIB ! En 2015, les dépenses publiques se situaient déjà à environ 55% du PIB, l’un des pourcentages le plus élevé de l’Union Européenne.[2] Pour la question des dépenses publiques, le scénario 1 (un revenu à environ 500 euros par mois) semble le plus réaliste avec une dépense totale de 336 milliards d’euros (16% du PIB). Une somme qui reste toutefois assez colossale.

Il n’est donc pas envisageable de concevoir ce revenu sans réduire les autres aides sociales. La fondation Jean-Jaurès prévoit donc d’y inclure les aides sociales existantes en fonction de la somme versée. Par exemple, pour le scenario 1 à 500 euros/mois, les retraites ne seront pas incluses dedans. Par conséquent, chaque individu pourrait le cumuler avec une retraite. Les branches maladie et famille ainsi que l’assurance-chômage seraient en revanche incluses dans le revenu de base. Enfin, 38 Md€ de prélèvements obligatoires supplémentaires (près de 2 % du PIB) seraient nécessaires pour équilibrer les finances publiques. Pour le scénario 3 (à 1000 euros/mois), le revenu de base peut être financé en mobilisant l’ensemble des dépenses actuelles de protection sociale ainsi que 153 Md€ de prélèvements obligatoires supplémentaires (près de 7,5 % du PIB).

Si on opte pour un revenu universel à 800 euros par mois, la France doit trouver 450 milliards d'euros (déduction faite de l'imposition des sommes versées), soit l'équivalent des dépenses de Sécurité sociale. Coût exorbitant pour une efficacité discutable.

Pour ce qui est du financement, la Finlande est le premier pays du monde à faire un pas en avant, avec un revenu universel, de 560 euros par mois, versé à partir de Janvier 2017 pour une phase de test et généralisé à toute la population si les résultats sont positifs. Pour l’instant, le test prévoit qu'à partir du 1er janvier 2017, pendant deux ans, quelque 2000 demandeurs d'emploi de 25 à 58 ans toucheront 560 euros par mois. L'allocation remplacerait toutes les autres qu'ils percevaient jusqu'alors, mais leur couverture santé et leur allocation logement seraient maintenues. Le budget prévu pour une telle opération s'élève à 20 millions d'euros. Reste à voir si le financement est viable sur le long-terme pour que d’autres prennent peut-être la même voie.[3]

Le choix réside donc dans la somme à verser à chaque citoyen. Pour l’instant, il est question de commencer à un seuil de 500 euros par mois pour vérifier les impacts sur les individus. A-t-il des effets désincitatifs sur le travail ? L’incidence en termes de redistribution des richesses ? Là sont les bonnes questions. Si les inégalités sont devenues une problématique majeure au 21ième siècle, la mise en place d’un revenu universel ne doit pas signifier la fin du combat pour la répartition des richesses. Le revenu universel exonère les acteurs politiques, économiques et sociaux de tout effort visant à repenser le modèle de production à l'ère numérique. Il n'y a plus assez de travail pour tout le monde, restez chez vous et tenez, voilà de quoi vivoter (parce que, soyons honnête, avec 500 euros par mois vous n’irez pas bien loin !). Réfléchir à la transition entre le monde post-fordien et l'âge de l'algorithme ? Trop compliqué. Pourquoi ne pas simplement subventionner chaque individu ? C’est le risque avec la naissance du revenu universel, le voir utilisé à des fins politiques, comme vaseline, pour s’exempter du grand débat sur le partage des richesses à l’ère du numérique. Opter pour le revenu universel, c’est naviguer à vue tant ses effets exactes ne sont pas connus. Le rapport de la Fondation Jean-Jaurès prévoit qu’une somme à 1000 euros par mois pourrait avoir des effets néfastes sur le travail. Autrement dit, c’est une somme trop importante pour inciter les gens à aller travailler.

« Un raisonnement empirique sur la base de salaires horaires de réserve proposés par Rioux (2001) montre que les effets désincitatifs du revenu de base seraient importants dans le cas d’un revenu de base à 1 000 € mensuels. A contrario, ses effets désincitatifs seraient limités dans le cas d’un scénario à revenu de base à 500 €, en ligne avec une étude de l’INSEE sur l’effet désincitatif du RSA sur l’emploi, circonscrit aux personnes peu qualifiées. Le risque principal réside alors dans les salaires de réserve compris entre 5,61 et 6,35 € de l’heure, lorsque le revenu de base se situe entre 750 et 1000 € mensuels, soit 5,71 et 7,14 € de l’heure. A ces niveaux, les individus concernés perdent leur incitation à rechercher un emploi rémunéré, car ils perçoivent au moins autant avec le revenu de base. Ceci correspond à une population sans emploi depuis plus de 18 mois et représente plus de 2,4 millions d’individus. » (Héricourt, 22 mai 2016)

Le revenu universel bouleverse le rapport entre l’homme et le travail. Jusqu’à présent, le travail permettait de dégager un revenu pour vivre. Un revenu dépendant de la productivité de l’individu. La liaison entre évolution des salaires et évolution de la productivité du travail est intuitive : si le salaire "rémunère" la contribution du travail, une plus grande efficacité doit entraîner un salaire plus élevé. Sauf qu’aujourd’hui la donne a changé avec le progrès technique qui ne donne plus la possibilité du plein-emploi. Une situation qui va aller en se dégradant d’avantage. Le travail se raréfie et laisse sur le côté des personnes sans possibilités de se dégager un revenu décent. Le revenu universel est censé compenser cette évolution mais il change un rapport fondamental qui existait à présent : je gagne de l’argent parce que je travail. Avec le revenu universel, je peux gagner de l’argent sans travailler. Libre à moi de faire ce que je souhaite. Cependant, le travail n’est-il pas nécessaire à l’homme ? Voltaire disait déjà que « le travail éloigne de nous trois mots : l’ennui, le vice et le besoin ». Le travail émancipe l’homme dans le sens où il permet d’être considéré dans la société. L'étymologie même du mot « travail » renvoie à un instrument de torture ; Dieu condamne d'ailleurs Adam au travail, qui est le châtiment du péché originel. Le travail est donc une nécessité vitale à laquelle l'homme semble condamné, car, contrairement aux animaux, il ne trouve pas dans la nature de quoi satisfaire immédiatement ses besoins : les vêtements ne se tissent pas tout seuls, la terre doit être cultivée. Si le travail est vécu comme une contrainte pénible, il n'en est pas moins le moyen par lequel l'homme s'affranchit de la nature et conquiert sa liberté et son humanité. C'est ce que montre Hegel : en m'apprenant à retarder le moment de la satisfaction de mes désirs, le travail m'oblige à me discipliner. Dans l'effort, l'homme se rend peu à peu maître de lui : il se libère ainsi de la nature en lui (les instincts) en transformant la nature hors de lui. Faire taire la tyrannie des instincts, n'est-ce pas là précisément être libre, n'est-ce pas là la marque propre de l'humanité ? Le travail est donc nécessaire en un second sens : sans lui, l'homme ne peut pas réaliser son humanité.

Avec le revenu universel, où passe cet aspect de surpassement de soi-même pour se rendre maître de son propre corps et devenir humain ? Le rapport que l’homme a eu au travail à travers l’Histoire perd son sens et il faut repenser une société dans laquelle le travail n’est plus la pièce maitresse de la cohésion sociale. Sans travail, l’homme est libre de faire ce qu’il souhaite. Mais est-il libre sans la contrainte ?

Remarquons, comme le faisait déjà Kant dans l'Anthropologie, que cette liberté, la seule véritable, résulte de la contrainte : si l'homme n'y était pas contraint, et contraint nécessairement, il n'aurait jamais de lui-même la force de s'opposer aux appétits.

Un monde sans travail est-il souhaitable sur le plan philosophique ? Réponse dans une prochaine intervention.
 

 

 


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37 réactions à cet article    


  • jpm jpm 31 janvier 10:12

    Merci pour cet article bien ecrit et bien documenté sur les origines du concept du revenu de base.

    Un remarque a propos de la proposition a verser à chaque citoyen sans conditions de ressource une somme de 500 euros chaque mois. Si on considere que cette somme est financee par un prelevement obligatoire de 30% sur tous les revenus dès le premier euro... on se retrouve exactement dans la situation actuelle, avec un leger mieux pour les travailleurs pauvres, qui via le RSA activite sont aujourd´hui preleves de 38% de leurs revenus.


    • jpm jpm 31 janvier 10:34

      Un revenu de base versé chaque mois indidividuellement a chaque membre du foyer fiscal comme un credit d´impot inconditionnel de 500 euros par adulte et 250 euros par enfant, contre un prelevement a la source a taux unique de 30% appliqué des le premier euro sur tous les revenus, serait meme une solution elegante au probleme des taux differents de prelevements a la source envisages par le gouvernement au 1er janvier 2018.

      Ce credit d´impot individuel et cette individualisation de l´impot sur le revenu remplacerait le quotient familial et surtout le quotient conjugal, qui penalise la reprise d´activite du conjoint le plus faible economiquement.


    • @jpm
      Le quotient familial pénalise la reprise d’activité des enfants.
       
      « [...] remplacer une force supérieure et plus chère [le souchien] par plusieurs forces inférieures et bon marché [le colon], l’homme pas la femme, l’adulte par l’adolescent et l’enfant, un Yankee par 3 Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et rendre l’offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires [...] » Le Capital, Marx


    • jpm jpm 31 janvier 10:51

      @La Baudruche négrière patronale verdie

      je parlais bien evidemment du quotient conjugal. Le quotient familial, qui prend en compte les enfants du foyer, favorise quant a lui avant tout les familles aisées... car les autres ne payent pas d´impots.

      https://blog.revenudexistence.org/prestations-familiales/



    • Ben oui ; c’est ce que dit Marx (un penseur d’ED pas gogocho) la libération de la femme sert les divisions de réserve du prolétariat
       
      Mais bon chez gogocho c’est niveau pensée unique de putasse médiatique ...
       
      « Que les droits de l’homme ne délivrent pas l’homme de la religion, mais lui offrent la liberté religieuse [burqini] ; qu’ils ne le délivrent pas de la propriété, mais lui offrent la libre propriété ; qu’ils ne le délivrent pas du sordide gagne-pain, mais lui accordent au contraire la liberté de la profession [ubérisée et travail des femmes la nuit de Yoyo]. » Karl Marx & Friedrich Engels
       
      « On sait qu’en Allemagne, où grâce à la gauche la prostitution est déjà devenue un métier comme un autre, certaines ouvrières licenciées par le Capital se sont vu logiquement proposer par l’ANPE locale, au titre de leur reconversion, l’emploi d’hôtesses de charme dans les nouveaux Eros Center. (…) Si (…) la prostitution est bien un métier comme un autre, il est logiquement inévitable que l’Éducation nationale prenne en charge, dès le collège, la formation des élèves désireux de s’orienter vers ce métier d’avenir (création des diplômes, définition des (…) épreuves d’examen destinées à valider les compétences acquises ; constitution enfin des corps d’enseignants et d’inspection (…). »
       
      ’L’Empire du Moindre Mal’ Jean-Claude Michéa


    • JL JL 31 janvier 11:21

      @jpm
       

       Solution élégante en effet, qui résoudrait le casse-tête rédhibitoire du relèvement à la source.
       
       Je vais même plus loin : ce taux unique devrait être posé comme étant la condition sine qua non du prélèvement à la source.
       
       Un taux unique : ce serait bien que ce même taux soit appliqué sur les dividendes ainsi que les bénéfices. 
       
       Il ne resterait que le travail au noir et l’argent sale qui échapperaient à l’impôt. Rappelons que la défiscalisation et exonération des charges sur les heures supplémentaires c’est une légalisation de fait du travail au noir.

    • jpm jpm 31 janvier 11:33

      @JL

       merci de votre soutien JL. Il est clair que ce taux unique de 30% s´appliquerait a tous les revenus... et donc bien sur egalement aux revenus financiers mais egalement aux revenus des independants et des professions liberables.

      Dans le mesure ou le prelevement ne serait pas possible a la source, par exemple je ne vois pas le locataire retenir 30% sur le montant des loyers pour le reverser au Tresor Public, il aurait lieu plus tard en fin d´annee, apres declaration obligatoire.

      De la meme facon, ce prelevement a la source obligatoire ne serait pas forcement liberatoire pour les hauts revenus qui verraient la progressivite continuer de s´appliquer. Ainsi, au dela de 72 000 euros declares chaque annee... une surtaxe de 10% s´appliquerait pour retrouver l´actuelle tranche de 40%... et ensuite de suite pour toutes les tranches complementaires qui permettraient de conserver une reelle progressivite des prelevements sur les hauts revenus.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 31 janvier 11:57

      Au
      Revenu de Base (ou Revenu Universel de Benoît Hamon) financé par la Fiscalitésans Refondation du Capitalisme
      on peut préférer le
      Dividende Universel financé par l’Épargneavec Refondation du Capitalisme



    •  
      La liberté dans la compréhension du contingent (l’inévitable nature) et la nécessité (le travail pour survivre) peut même remonter aux stoïciens. (Amor fati)
       
      L’aliénation ne vient pas du travail mais de la dépossession de la production (pas de relation directe sociale producteur-utilisateur) et du moyen de production (usine du Capital pas de l’ouvrier) et du pouvoir politique détaché (Lénine voulait des paysans ouvriers et des ouvriers fonctionnaires en rotation) et de la consommation ds l’époque moderne (crétinisme de l’Iped dernier sorti, enfin la libération consommatrice de bobo)
       
      Utopia était une presqu’île, et la première décision du peuple fût de la transformer en île en creusant un canal pour ne pas être colonisé par les migrants du continent
       
      Pour Crassanel ...
       
       


      • Michel DROUET Michel DROUET 31 janvier 10:39

        @l’auteur
        On peut se contenter de rester dans l’analyse macro et l’analyse philosophique, mais il convient à mon sens de rentrer un peu plus dans le détail des transferts induits (impôts sur le revenu, par exemple), de l’impact sur le chômage également ainsi que sur la participation des citoyens à la vie de la cité et à la vie associative.
        La question du R.U. n’est pas essentiellement financière, elle touche à des champs sur lesquels les politiques et le monde économique et financier ne souhaitent pas aller : trop de remises en cause...
        J’attends votre prochain article sur le sujet.
        Cordialement


        • Taverne Taverne 31 janvier 10:53

          Message « affaire Fillon »

          Voici le nouveau système de l’avocat de Monsieur Fillon : « Monsieur le juge, si l’épouse de mon client touchait cet argent, c’était dans le cadre d’une expérimentation du revenu universel de base. Elle avait d’ailleurs prévu d’en faire le bilan, lorsque vous l’avez interrompue dans sa noble tâche ! »


          • Gasty Gasty 31 janvier 12:07

            @Taverne

            Les gens sont méchants ! C’est pas chrétien.


          • ddacoudre ddacoudre 31 janvier 12:02

            bonjour olivier

            article intéressant par ses analyses. s’il n’est pas contestable que l’idéologie capitaliste cerne nos existence guide nos réflexions, elle forme un carcan qui n’admet aucune autre solution que celle qui peuvent s’inclure dans son développement. Analyser le RU sur ses bases conduit à le rejeter ou en faire une source de revenu que le capital récupèrera au double ou qu’il détruira par l’inflation plus que par la dés-incitation au travail.Nous sommes tellement habitué a vivre dans une société imaginaire sortie de notre créativité que nous en avons oublié que dans la nature c’est elle qui fourni les moyens de subsistance sans que nous ayons a exécuter un travail productif. ce sont les situation d’abondance que nous connaissons dans des sociétés primaire d’Indonésie ou d’Amazonie ou ces quelques peuplades n’ont qu’a tendre le bras pour se nourrir. et contrairement a ce que soutient Jean Marie Albertini dans son éloge de la rareté les hommes ne se livrent pas à une course effréné à la femelle. sur cette base de réflexion l’on peut considérer que le RU revient a recréer des conditions initiales d’abondances. il va de soi que dans notre économie capitaliste cela aura une incidence suivant le niveau de revenu. la logique devrait nous commander de fixer ce revenu au niveau du SMIC qui est le revenu de base calculé pour qu’un individu puisse avoir accès à un niveau de vie correspondant à ce qu’il est nécessaire de posséder pour vivre bien dans la société dans laquelle il est inséré.
            Naturellement cela modifiera de fait le marché de l’emploi sans pour autant relancer l’économie autre que part un changement de type de consommation, si l’on ne finance le RU que par le principe des vases communicant en retirant ailleurs ce que l’on donne sous la forme de RU.
            il en serait tout autre si cela entrainait une création de monnaie, ce que personnellement je soutiens avec l’obligation de le recevoir contre une activité instruction universitaire.
            il est facilement compréhensible que le temps libre fait de tout un chacun un consommateur potentiel qui dans nos sociétés se rend plus facilement dans les temples de la consommation qu’à une ballade au bois. il est donc nécessaire de repenser l’occupation du temps des hommes, car il n’est pas libre, puisqu’il se doit de maintenir le monde imaginaire de productions et de services qu’il a créer par la sédentarisation, même s’il n’a pas besoin du travail de tous. La comptabilisation de l’existence qui guide nos analyses nous paralyse de toute réflexion philosophique ou idéologique et inconsciemment il nous est inconcevable d’imaginer qu’un homme puisse recevoir de quoi vivre s’il ne la pas mérité, en véhiculant l’image d’Épinal que ceux qui touchent des aides de solidarité sont des gens qui vivent dans le bonheur de leur condition et en sont demandeurs, alors que c’est dans ces milieux que l’on trouve le plus de difficultés sociales.
            l’on ne peut tout a la fois s’être approprié la planète en territoire au bénéfice de quelques possédants qui regardent les autres comme objets productifs dont il faut minimiser le cout puisque leur usage n’est plus gratuit, et leur reprocher de ne pouvoir trouver une indépendance économique en s’appropriant un espace libre qui n’existe plus pour se faire s’il ne naissent pas avec les poches de leur parent pleine. nous oublions toujours ce conteste humain pour se poser la sempiternelle question stupide et paralysante ; combien ça coute.
            à l’orée de ce 21 siècle où les savoirs sont devenus exponentiels il serait plus judicieux d’y permettre l’accès à tous les citoyens en les rémunérant pour cela nous atteindrions alors différents objectifs. 1/ ne plus avoir d’hommes démunies, 2/ une relance du bâtiment pour construire des universités pour adultes, 3/ une création nette d’emploi pour des enseignants
            4/ un apport de création monétaire dans l’économie réelle comme il est devenus l’usage de le dire, 5/ une redistribution du temps de travail pour y inclure l’activité éducative tout au long de l’existence, 6/ enrichir les cerveaux de savoirs qui en se multipliant def ait généreront des innovations, 7/ sortir en partie les hommes des temples de la distribution, 8/ se préparer à l’économie des savoirs.
            nous sommes bien loin de tout cela avec des gens qui croient que l’entreprise est faite pour créer des emplois et qui veulent s’y vendre comme hier des esclaves ne voulaient pas quitter leur maitre.
            http://ddacoudre.over-blog.com/2017/01/la-valeur-travail-candidate-a-la-presidentielle.html
            https://www.youtube.com/watch?v=yUMGHeLoLbA
            cordialement.


            • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 14:11

              @ddacoudre bonjour,
               Le Revenu Universel, c’est ce qui semble le point de divergence d’idée du côté de la gauche. J’avais déjà mentionné la vidéo que l’équité n’est pas à chercher avec ce système :
              Paul Jorion titrait un article « Revenu universelle, une fausse bonne idée » paru dans l’Echo et dans Le Monde, repris
               en entier sur son blog.

              Il reprenait ce vendredi le flambeau dans son "Le temps qu’il fait en parlant du RU comme un piège à cons.

              L’automatisation par les robots et les pertes d’emplois par les logiciels rendent le RU de base en une sorte de parenthèse pour occulter les vrais problèmes.

              Le manque d’emplois dépasse l’aspect financier, il y a aussi le plaisir, le social, l’envie d’exister en exerçant un métier à la sueur de son front parmi ses contemporains qui participent à la société pour y atteindre un équilibre personnel.

              La frustration commence quand les efforts sont récompensés par des résultats nuls que ce soit au départ et en fin de carrière. Être fier de ce qu’on fait, de ce qu’on réalise n’est pas une énormité quand cela vous prendrait au coin du feu à attendre la pension de quelques euros pour payer ses petites dépenses.

              Qu’est ce qui crée le PIB et fait le prix des choses et des hommes ?

              La rareté, la qualité....et pas la masse qui elle est le principe très capitaliste de résoudre les manques de tout..


            • ddacoudre ddacoudre 31 janvier 19:24

              @L’enfoiré

              bonjour dans un article (http://ddacoudre.over-blog.com/2017/01/la-valeur-travail-candidate-a-la-presidentielle.html) j’indique que le plein emploi n’a jamais existé et n’existera jamais, ce n’est pas en ces terme qu’il nous faut poser nos analyses une entreprise n’a pas vocation a créer des emplois. si le travail offre comme tu le soulignes un épanouissement incontestable pour certains et pour ceux qui le supporte une place sociale par l’autonomie que procure son revenu, l’on peu s’épanouir dans d’autres activités que celles de produire sans fin, d’autant plus que l’on dispose des savoirs nécessaires pour innover autrement que pour faire de l’argent.
              nous pensons le capitalisme irréversible comme toutes les idéologies ou mythe dans lesquelles nous sommes élevés. heureusement l’évolution ne le développe et ne le retient que comme un passage sinon cela voudrait dire que nous avons atteint l’apogée de notre évolution. il y aura bon gré mal gré un successeur au capitalisme. tout les jours il s’édifie sans que nous nous en rendions compte car l’évolution ne se fait pas au même rythme que nos existences. mais cela ne peut être le fruit du hasard et on peu l’aider en rémunérant les hommes pour apprendre de manière plus utile que de seulement distribuer un RU.
              cordialement.ddacoudre.over-blog.com.


            • Gasty Gasty 31 janvier 12:04


               « Sauf que le scénario 2 représente 404 milliards d’euros à trouver dans les caisses de l’Etat »

              Ce n’est pas vers les caisses de l’état qu’il faut regarder mais plutôt vers la cause des emplois supprimés. Hormis les délocalisations pour augmenter les bénéfices des actionnaires uniquement, l’automatisation, le remplacement de l’humain par des machines en est la cause principale.
               Le numérique fabrique de nouveaux métiers parait-il... mais pas dans la proportion de 1 pour 1. Plus certainement sur une fourchette de 1 pour 1000. Dans cet exemple les nouvelles technologies doivent un revenu universel pour les laissés pour compte à hauteur de 999.

              La production des richesses produite par les machines se verraient réparties équitablement si les acteurs politiques , économiques et sociaux repensent la production numérique et la redistribution dans ce sens.

              Mais comme la planète ne peut fournir à l’infini, il faut abordé dans le même temps la consommation et la démographie planétaire.

              Un quinquennat ne pourra résoudre ces problèmes mais il est urgent d’en parler et de mettre en application des réformes qui vont dans ce sens.


              • Wakizashi Wakizashi 31 janvier 13:33

                « je gagne de l’argent parce que je travail »

                Beaucoup de gens travaillent sans gagner d’argent. En s’occupant de l’intendance de la maison, une mère au foyer travaille, mais elle ne gagne rien. Une femme de ménage effectuant les mêmes tâches gagne de l’argent. La différence ne réside donc pas dans l’activité elle-même, mais dans son rapport au capital.

                De même, on dira d’une femme de ménage travaillant dans le privé qu’elle crée de la valeur, mais on dira d’une femme de ménage employée dans le secteur public qu’elle coûte de l’argent. Pourtant là encore, il s’agit exactement de la même tâche. Seul change le rapport au capital.

                Autrement dit, c’est une simple question de point de vue...


                • rocla+ rocla+ 31 janvier 13:47

                  @Wakizashi




                  Oui mais lui il gagne de l’ argent parce qu’ il travaille  , tu comprends ? 

                • Gasty Gasty 31 janvier 15:55

                  @rocla+

                  Il gagne de l’argent sur le dos de la femme de ménage du privé, mais la femme du secteur public gagne de l’argent sur le dos du contribuable...toujours une question de point de vue.

                  Hein !


                • rocla+ rocla+ 31 janvier 16:07

                  @Gasty


                  T’ as  aussi le point de vue  de la femme privée de ménage du secteur 
                  public et du dos du contribuable  qui se retourne au même moment .... smiley

                • Xenozoid Xenozoid 31 janvier 16:14

                  @rocla+


                  ou la petreuse de pétrin qui fais voir sa petite cullote

                  ce que l’entrain du boulanger réduit c’est son travail car compenser par des coup de belier entreprenant, la belle aura mis entrain la fable du pétrin ou la morale de la culotte

                • ddacoudre ddacoudre 31 janvier 19:33

                  @Wakizashi
                  bonjour ce n’est pas une question de point de vue mais d’idéologie, le capitalisme est une idéologie comme une autre que d’aucun en rappelant les bases biologiques qui le sou tendent voudraient en faire un concept irréversible.
                   0ce titre l’altruisme est une base biologique des comportements humains dans un rapport direct avec ses procréateurs. nous avons étendu cette base à tout un système qui recouvre aussi bien la charité que la solidarité et a donné des concepts socialisants de partage qui sont tout aussi idéologique que le capitalisme. nous avons donc des gens qui ’affronte sur la base de leur ignorance pour satisfaire un fondement non moins biologique celui de sa gaver sans souci des autres.

                  cordialement ddacoudre.over-blog.com


                • zygzornifle zygzornifle 31 janvier 14:37

                  A droite pas de casse tete , c’est NON et c’est clair .....


                  • Olivier Pasquier Olivier Pasquier 31 janvier 14:41

                    @zygzornifle
                    Oui il y avait juste NKM mais elle est en plus en ligne avec les centristes


                  • jpm jpm 31 janvier 15:09

                    @Olivier Pasquier

                    a droite, vous oubliez Christine Boutin qui a ete la premiere a defendre l´idee d´un dividende universel. Sinon plus recemment il y a eu egalement Frederic Lefevre, deputes les republicain de l étranger qui milite pour un debat sur la question.

                    Nous avions eu aussi il a quelques annees une breve version du Revenu CItoyen de Dominique de Villepin.

                    La question du revenu de base est donc debattue de chaque cote de l´echiquier politque... mais pas forcement pour faire la meme chose, et surtout pas forcement pour les memes montants smiley

                    Personnellement je me rejouis qu´a gauche aussi l´idee soit enfin serieusement debatue. Je regrette le blocage de la France Insoumise sur la question... mais je ne desespere pas de voir un jour prochain un rapprochement avec le mouvement qu´a initié Benoit Hamon. Surtout que pas mal de gens, comme Corinne Morel-Darleux, Conseillère Régionale Rhône Alpes et Secrétaire nationale à l’écologie du Parti de Gauche, n´y sont pas insensibles.


                  • soi même 31 janvier 16:30

                    ( Le revenu universel, un vaste sujet qui hante les débats des primaires, aussi bien à Gauche qu’à Droite. ) En faites c’est un marronnier cette histoire, elle est instrumentaliste , il suffit de lire la presse, il y a pas un jour où il n’est pas évoqué comment Macron est l’homme providentiel.

                    Et comme nos hommes politiques sont des grands classiques de la pérennités des mœurs politiciennes, il est évident aux grands dames de ceux qui croit à se projet salutaire soit véritablement encore fois rouler dans la farine.

                    Aucun homme politique actuel de premier plan veulent de cette avancer social, et si cela hante les débats politiques soyez sur ils en veulent pas.


                    • Olivier Pasquier Olivier Pasquier 31 janvier 16:46

                      Ce dont je n’ai pas pas parlé dans mon article c’est le fait que l’idée du revenu universel ressors toujours dans des phases de profonds bouleversement. Lorsque Thomas More lance l’idée nous sommes au début de la Renaissance avec une société qui se transforme, qui redécouvre les vestiges d’une Antiquité Glorieuse et se pose des questions sur la place de l’Homme dans le monde, sur sa relation à Dieu. Ensuite, en 1795, lorsqu’il fût testé dans une ville britannique, c’est juste après la Révolution Française et la Révolution Américaine ainsi qu’au début de la Révolution Industrielle (qui débuta en Angleterre). bref, toujours à des moments de profondes modifications sociétales


                      • ddacoudre ddacoudre 31 janvier 19:44

                        @Olivier Pasquier

                        il est bien évident que cela ne peut être le cas dans une société repus, de plus nous sommes dans une période d’interrogation et de recherche de réforme de l’église catholique débouchera sur le protestantisme qui nourrira à son tour la pensée chrétienne et les rapports économiques.
                        cordialement. ddacoudre.over-blog.com.


                      • Sozenz 31 janvier 21:41

                        il n y a pas de casse tête qui existe .
                        le casse tête n est qu un prétexte pour faire durer ....


                        • Sozenz 31 janvier 21:44

                          le seul casse t^te qu’il y a c est comment mettre en place ce système en étant le plus rentable au final . il n y a rien d humanitaire derrière .
                          Comment peut on encore croire à l esprit humanitaire quand le letmotiv est : « comment gagner plus » ?


                          • babadjinew babadjinew 1er février 04:16

                            Le revenu de base tel que vous le décripté un jour en place ce mettra, cela aucun doute ne fait. Malheureusement cela prendra encore 10, 15, 20 ou 40 ans.....


                            La situation sociale d’un nombre croissant de personnes depuis maintenant plus de 30 ans est aujourd’hui si dramatique que ce temps est beaucoup trop long. Le rapport de la fondation de l’abbé Pierre publié ces jours dernier est de ce point de vue sans appel.

                            Alors peut être faudrait il commencer la mise en place d’un RU par petites touches plutôt que de vouloir du jour au lendemain tout chambouler. Ce texte pourrait répondre à l’urgence sociale tout en étant économiquement et socialement viable. : 




                            • Ruut Ruut 1er février 08:26

                              Et pourquoi pas un salaire universel l’histoire que chaque travailleur touche la même somme.
                              Patron employé = même salaire.


                              • Gasty Gasty 1er février 10:57

                                @Ruut

                                Toutes peines mérite salaire... à sa juste valeur.


                              • Ruut Ruut 1er février 13:45

                                @Gasty
                                C’est souvent la définition de « Juste valeur » qui pose un énorme problème d’interprétation et qui conduit aux dérives actuelles :)

                                Tout travail mérite salaire et tout travail est utile.
                                qu’il y ai des bonus de pénibilité d’astreinte voir autre c’est logique, mais le salaire de bosse doit être le même pour tous. (ministres inclus)
                                Voir y inclure le conjoint au foyer qui s’occupe des enfants. (ou intégrer la garderie d’état gratuite aux horaires de travail).


                              • zygzornifle zygzornifle 1er février 14:27

                                Revenu universel assuré = plus besoin pour les gosses de se casser la tete et aller a l’école puis passer des diplômes ..... Je côtoie des bac+5 galérant au SMIC qui disent a quoi bon les études pour gagner autant qu’un non diplômé .....Triste réalité .....


                                • Sozenz 2 février 17:07

                                  @zygzornifle
                                  Et le plaisir d apprendre ce que tu aimes . bordel ... tu en fais quoi ^^ ?


                                • pierre 1er février 18:19

                                  fillon a créé le RU , mais lui a mis la barre plus haute.

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