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Accueil du site > Actualités > Société > Les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs : le commerce (...)

Les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs : le commerce n’est-il pas légal, et le travail ?

Donc, Marx est une mine d'or pour comprendre le capitalisme extrinsèquement, en-dehors des paralogismes selon lesquels "de toutes façons l'avidité nous motive, le profit c'est une extrapolation de la faim", parce que précisément tout cela n'est pas naturel.

(Un article difficile, qui fait suite à La Vulgate marxiste - c'est-à-dire antimarxiste.)

  • Looney Tunes, de Warner Bros. : le Big Boss, dans Betty Boops.

 

Marx parle bien de l'institutionnalisation de la plus-value, ce qui est désormais une loi d'airain : "on" ne veut que "de la croissance" (économique), en dépit de toutes les autres formes de croissance (au hasard, spirituelle) et une certaine frénésie s'en satisfait très bien (elle laisse les spirituels renoncer à les concurrencer, afin de pouvoir croître économiquement avec moins de souci) sans parler des théories absurdes telles que la pyramide de Maslow (les besoins spirituels y sont au sommet, contre les besoins vitaux ... mais les ascètes restreignent précisément leurs besoins vitaux !).

Or Marx relie cela à la prise de pouvoir d'une classe capitaliste dotée (ses membres seraient-ils philanthropes) et d'une classe dotante (les prolétaires, qui font fructifier le capital possédé). C'est empirique, où évidemment il y a "des gros", "des moindres" et "des petits" progressivement sous-traitants, sans parler des clientèles réciproques, ni des travailleurs-(généralement petits) actionnaires. Et, là où ça devient moins sensible, plus abstrait, paradoxalement moins matérialiste, c'est lorsque ça s'intéresse aux mutations de la valeur d'usage des marchandises, en celle d'échange ; car la valeur d'échange oublie la valeur d'usage, et du moins peut s'en passer (à quoi on ajoutera volontiers une valeur d'arbitrage, quand il y a des monopoles, des oligopoles, des cartels et autres collusions mondaines - et pas que mondaines).

Évidemment, les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs : le commerce n'est-il pas légal, et le travail ? ... Ils ont amalgamé loi, économie, politique et morale, par quoi ils se sentent parfaitement légitimes : bloc pervers. Devant eux, le marxisme est un outrage aux bonnes mœurs, surtout quand ses seuls représentants, évidemment, furent hélas des étatismes dogmatiques réactionnaires de propagande "communiste". Mais il y a absolutisme financier de l'actionnaire, du banquier et de l'entrepreneur, sur les personnes enrôlées dans le processus de production, un certain libéralisme économique introduirait-il des vecteurs de négociations (de souplesses, de flexibilités, de syndicalités) et les travailleurs détiendraient-ils des parts de production (seraient-ils des actionnaires, eux aussi).

En effet, les théoriciens militants de "l'oppression", de par leur situation sociopolitique, comprennent mieux ce qu'ils subissent que ceux qui le leur imposent sans le vivre (seraient-ils des "petits" ressortant des classes laborieuses, amateurs aliénés de contributions actionnariales). A partir de quoi, les "imposants" majeurs n'ont plus qu'à se servir entre ces théories militantes pour se comprendre eux-mêmes en miroir, et performer les mécanismes de leurs impositions ; car les "imposants" ont plus de loisir pour étudier, ou du moins bénéficier de synthèses d'études ès conseillers politiques, au sujet des théories militantes. Et l'on peut bien croire que même des gentils entre les "imposants", peuvent se laisser blesser, renfrogner et énerver par de telles théories militantes de "leur oppression", au point qu'ils finissent par la cultiver, finalement tentés sadiquement (entre autres, les "petits" contributeurs actionnariaux). Toute une industrie du machiavélisme inter-classes sociales. C'est ... humain, trop humain.

Guattari-Deleuze avaient bien vu que cette société serait complètement schizogène, si elle ne rabattait pas tout sur des axiomatiques (telles que, par exemple, "la démocratie", quoique cela reste purement idéologique/superstructurel, indépendamment des réalités infrastructurelles). Les axiomes capitalistes sont de telles impositions permettant des repositionnements pervers. Sur "la démocratie", par exemple, mais aussi par ailleurs, "l'écologisme" des "entreprises responsables" ou bien "l'humanitarisme" des "charités publiques".

Quelques exemples concrets, qui ne prétendent pas à l'originalité : 0° justement, il était question des petits contributeurs actionnariaux : on leur promet des enrichissements rares ; 1° MacDonald's qui, après l'exaction du premier José Bové à Millaux, choisit la couleur verte et passe mieux dans le paysage et l'ambiance française autour de l'an 2000, marqués par une émergence altermondialiste ; 2° Macron qui, pendant sa campagne, finit toujours par un souci piteux envers les handicapés ; 3° la "libération des femmes", qui sert surtout à obtenir des travailleuses dociles et pragmatiques, sans parler des acheteuses (les femmes, en effet, sont plus soucieuses que les hommes) ; ou encore 4° culturellement, le film Black Panthers, récupérant le mouvement de Malcolm X pour le resitué dans un pays africain de science-fiction, déjà transhumaniste en plus d'être futuriste au niveau technologique, mâtiné d'une prophétie pour la succession au trône.

 

Voir aussi : Entre néolibéralisme et populisme, la nuance est absente  ; Le républicanisme, croyance française devant le libéralisme  ; Le libéralisme n'a rien à voir avec la liberté, mais avec la libéralité (sécurité-propriété) et Le libéralisme n'est pas exactement le progrès.


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9 réactions à cet article    


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 31 août 11:57

    Les capitalistes ont la force (policière) avec eux et la seule réponse aux aspirations légitimes des travailleurs exploités, est la répression. Ce sont ces mêmes capitalistes qui vous diront d’aller voter ...


    • Pour sortir d’un débat qui tourne en rond comme la planche à billets. Une petite pensée pour ceux qui sont vraiment dans le réel : la blanchisseuses devant leur planche à repasser. Car s’il ne s’agit de blanchir l’argent sale, il s’agit au moins de donner une belle apparence à l’argent propre. Billet du jour qui ne risque pas d’augmenter le portefeuille de mes actions qui de toute façon est totalement vide.Simple satanistiques : tous les grands magnats de la finance sont : mazette du signe du taureau (dans le versant accumulateur ou re-distributeur. Citons : Marx, Hitler, Lénine, DSK, Freud qui a théorisé le stade anal. Le TAUX reau est pourtant lunaire et vénusien, .Les deux ensemble fleurent bon, l’argent qui circule dans les bordels. Mais le signe est bien celui de l’agriculture, de la terre, de Démeter et du blé. On a« cul »mule, thésaurise, bornons, à la limite du dictatorial et autoritaire : ici, c’est : CHEZ MOI,...C’est la bourgeoisie cadastrale et terrienne qui se veut matériellement pérenne. Mais voilà qu’ure « anus » vient foutre le bordel. URE, URINE, URNE, Cité d’UR,..l’argent n’est pas fait pour stagner mais circuler et de distribuer. C’est sale, il faut nettoyer l’écurie d’AUGIAS. Accumulation égale constipation,... En PLus, Neptune règne en maître dans son signe, aquatique, celui du poisson. EAU-CIEL-TERRE. Quelle salade ??? Vous la mangerez simple ou composée. En 2018 : l’obligation du même repas imposé à tous est dépassé. chacun selon ses possibilités digestives et goûts. Le nouveau monde est à ré-inventer. Pourquoi s’avouer d’avance vain« cul »,... ?


      • Ben Schott 31 août 15:46

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

         
        Ce soir, salade de quinoa et au lit !
         


      • il faut clarifier les schémas de pensée. Le complot : oui, il existe quand il y a une intention CONSCIENTE de manipuler (exemple : le choix de certains symboles dans les photos de Marine le PEN ou Macron,...). Par contre, les synchronicités ne peuvent en aucun cas être assimilées à un complot. Le hasard comme disait Einstein...Certains événements échapperont toujours à l’explication rationnelle. Ce qui apporte une part de merveilleux qui angoisseront certains jusqu’à la parano et amuseront d’autres.... Selon leur capacité à prendre du recul,...


        • velosolex velosolex 31 août 17:01

          Les capitalistes ne se voient pas comme des pilleurs, tous comme les pédophiles ne se voient pas comme des pervers.

           Tous revendiquent « la liberté »...Celle du renard libre dans un poulailler libre, cher à Orwell.
           Le capitaliste a une très grande capacité d’adaptation, un peu comme le culbuto, car il retombe toujours sur son cul, exploitant le grand atavisme de l’homme. 
          C’est pas donc qu’il est vraiment malin, c’est plutôt que l’homme ne l’est vraiment pas, ne voyant jamais plus loin que le bout de son zizi, en se prenant pour superman, dés qu’il a trois pommes dans son panier. 
          - La première solution serait un homme intègre et philosophe, autant dire « l’homme diminuée » en rapport à ses hormones...Pas la peine d’y penser, à moins de se lancer dans la lobotomie. 
          - La seconde c’est la voix Marie Shelley, avec ses Frankestein, débouchant sur les théories de l’intelligence augmentée, si l’on peut dire ainsi. Chapitre non clos...Notre avenir sera t’il le robot, personnage programmable, aimable, et n’ayant pas besoin de gants pour faire la vaisselle ?
          - Reste la troisième, dite des soviets. On a déjà donné mais l’avenir sera t’il un long passé ?

          Ou alors on attend sagement sans rien changer la fin du monde, toujours remise au jour d’après, jusqu’au jour où elle remet sa montre à l’heure !


          • CN46400 CN46400 1er septembre 01:49

            @velosolex


            Le capitaliste a un mobile : le profit, quand il travaille c’est pour son plaisir.
            Le prolétaire doit, lui, travailler pour vivre, il est contraint !


          • Trelawney Trelawney 3 septembre 18:37

            @CN46400
            Le « prolétaire » ne travaille donc pas pour son profit. 

            Dans un société évoluée comme la notre, le « prolétaire », s’il ne désire pas travailler peut toujours obtenir légalement le RSA. S’il décide de travailler c’est donc bien pour son seul profit

          • Morologue Morologue 1er septembre 09:39

            L’essentiel est ici : "Évidemment, les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs : le commerce n’est-il pas légal, et le travail ? ... Ils ont amalgamé loi, économie, politique et morale, par quoi ils se sentent parfaitement légitimes : bloc pervers."


            • SALOMON2345 3 septembre 19:09

              ARGENT ET RICHESSE : ACCUMULATION ÉGALE CONSTIPATION !!!!

              BRAVO MELUSINE, c’est la plus belle et drôle maxime
              dont Molière sûrement se serait approprié !
              Cordiales salutations.

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