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Accueil du site > Actualités > Société > Les clichés français sur l’Azerbaïdjan

Les clichés français sur l’Azerbaïdjan

 

Ce n’est pas un article de propagande, mais un article informatif. Il vaut mieux préciser ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas. Il est dit que « la connaissance apporte la lumière et l’ignorance maintient dans l’obscurité ».
En tant qu’avant-gardes de la presse française, vous devez connaitre certaines choses pour éviter l’ignorance parfois semée expressément. 

Force est de constater que le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est présentée dans la presse française avec des phrases similaires à celles qui sont les suivantes : « les Arméniens opprimés ont été attaqués par des azerbaïdjanais sauvages » ; « Il s’agit d’une agression des Azerbaïdjanais musulmans contre les Arméniens chrétiens » ; « la Turquie rejoint l’Azerbaïdjan et viole la sœur cadette de la France » ; « le Karabakh appartient aux Arméniens et les Azerbaïdjanais veulent l’arracher aux Arméniens… ». La presse déborde, déferle de telles accusations dans un pays aussi grand que la France. Et il est triste à dire qu’une telle couverture de l’opinion publique ne peut être comparée qu’au comportement de la presse russe, tandis qu’il existe des différences significatives en ce qui concerne la liberté de presse entre ces deux pays.
En d’autres termes, 90% des médias en Russie sont contrôlés à partir d’un seul centre, mais ce n’est pas le cas en France. Cependant, dans la présentation des informations sur un conflit dans le Caucase, la presse française se comporte comme la presse russe.

Il y a un certain nombre de faits que les Français devraient connaître sur l’Azerbaïdjan.

1. Il n’y pas de confrontation entre musulmans et chrétiens en Azerbaïdjan. Dire le contraire est un mensonge et n’a aucun fondement. Le conflit entre les Arméniens et les Azerbaïdjanais n’a aucune source religieuse. En plus des Arméniens, il y a des russes et des molokans chrétiens en Azerbaïdjan. Lors de l’effondrement de l’Union Soviétique, les russes, les molokans et d’autres habitants ayant une identité chrétienne étaient plus nombreux que les Arméniens en Azerbaïdjan, mais leur différence religieuse n’a jamais eu d’impact dans leurs relations avec les Azerbaïdjanais musulmans. Le conflit avec les Arméniens est de nature sécessionniste militaire ou de nature indépendantiste séparatiste armée. Leur intention est donc d’établir un État indépendant sur les territoires reconnus par la communauté internationale comme étant ceux de l’Azerbaïdjan et poursuivre ensuite l’annexion de ce territoire à l’Arménie avec un referendum dans une deuxième étape. Pour comparaison, nous pouvons citer l’exemple de la Corse en France. Si un groupe de Corses armés lance une campagne militaire visant à remettre en question la souveraineté de la France, comment le public français et l’État réagiraient-ils ?

2. Une autre fausse accusation est d’avancer qu’il y a une idée de « touranisme » turc en Azerbaïdjan qui veut dominer ou discriminer les autres communautés et cela devient une source de conflit interethnique. En réalité, en Azerbaïdjan il y a aujourd’hui 17 communautés différentes dont celle d’Arméniens (il faut rappeler que même à l’heure actuelle, une communauté d’environ 30 000 Arméniens vit pacifiquement à Bakou). Les Talysh, les Kurdes, les Juifs, les Tats, les Qvars, les Tsakhurs, les Lezguiens, les Routouls, les Molokans (communauté religieuse), les Ingloïs, les Romes, les Assyriens, les Oudienes, les Allemands et les Russes. Il y a aussi des communautés d’une taille plus petite, dont chacun compte de 10 à 15 milles personnes : les Budugs, les Jeks, les Eliks, les Haputs, les Qryz, les Khinaligs, les Yerguchs. Rien ne montre que ces communautés, même les plus petites, soient soumises à une quelconque assimilation ou discrimination administrative. Par exemple, les Qryz étaient de 2 250 au recensement de 1926, mais ils sont aujourd’hui 11 000.
Par ailleurs, en France aussi, il y a plusieurs grandes communautés comme les Italiens, Chinois, Africains subsahariens, Marocains, Turcs, Portugais et Algériens. Il y a aussi des groupes ethniques tels que les alsaciens, les bretons, les flamands, les corses, les catalans, les basques avec une population allant de plusieurs centaines de milliers à un million et plus. Aucun d’eux n’a de revendications d’autonomie ou d’État indépendant. Car, la France est une république unitaire. L’Azerbaïdjan aussi. 
Il est vrai qu’en Azerbaïdjan, la majorité de la population est composée d’une communauté turcophone, éthiquement très similaire aux tatars de la Russie ou aux peuples turcophones de l’Asie centrale, (à ne pas confondre avec les turcs ottomans, puisque l’Azerbaïdjan n’a jamais fait partie de l’Empire ottoman), mais aucune minorité n’a été persécutée ou discriminée par la communauté majoritaire ni par l’État. Le pays a un vrai problème de démocratie en général, il est gouverné par un régime autoritaire strict. La corruption est endémique (bien que cela n’ait jamais empêché les politiques français de maintenir une relation particulièrement étroite avec le dirigeant autoritaire de l’Azerbaïdjan, et nous, en tant que démocrates azerbaïdjanais, l’avons toujours critiquée et nous continuerons à le faire), mais la dictature et la corruption n’ont pas une identité nationale.

3. Une autre habitude des journalistes est d’affirmer que la Turquie défend l’Azerbaïdjan.
C’est absolument vrai. La Turquie soutient l’Azerbaïdjan dans le conflit arméno-azerbaïdjanais. Tout comme la France qui soutient la position de l’Arménie, la Turquie soutient l’Azerbaïdjan pour les mêmes motifs et raisons. Les raisons liant la Turquie à l’Azerbaïdjan sont plus nombreuses que celles liant la France à l’Arménie. La France appelle l’Arménie sa « petite sœur », mais la Turquie n’est pas un grand frère de l’Azerbaïdjan, c’est juste un pays frère.

4. En revanche, l’affirmation disant que « l’armée turque se bat en Azerbaïdjan », est un mensonge et n’a aucun fondement. Bien que des milliers de turcs soient volontairement prêts à partir participer aux combats en Azerbaïdjan, aucun d’entre eux n’y a été autorisé. En plus, la majorité des citoyens turcs voulant volontairement rejoindre ce combat sont des Azerbaïdjanais vivant en Turquie. Il convient de noter que le nombre d’Azerbaïdjanais vivant en Turquie et ayant la nationalité turque est de quelques millions. D’autre part, parmi les Arméniens participant à cette guerre, il y a des citoyens français.

5. Une phrase utilisée assez souvent c’est « la Turquie arme l’Azerbaïdjan ». C’est vrai, en partie. L’Azerbaïdjan achète du matériel militaire et des armes à plusieurs pays, dont la Turquie. La Russie occupe la première place, l’Israël, l’Ukraine arrivent avant la Turquie. Dans ce cas, ne serait-il pas plus logique de dire que « la Russie ou l’Israël arme l’Azerbaïdjan ? ». Parmi les armes achetées par l’Azerbaïdjan à la Turquie, il y a principalement des véhicules aériens sans pilote.

6. Un autre propos répété, c’est « la Turquie enflamme le conflit ». C’est un mensonge complet. L’Azerbaïdjan doit libérer ses territoires occupés. 5 résolutions de l’ONU (dont 4 celles du Conseil de sécurité dont la France est membre permanent avec un droit de véto) ont été adoptées pour libérer ces territoires occupés, et les dirigeants arméniens les ont toujours ignorées. Le Groupe de Minsk de l’OSCE dont la France assure la coprésidence, a été créé pour mettre en œuvre les décisions de l’ONU et des autres organisations internationales. Cependant, ces résolutions n’ont pas été mises en œuvre et les comportements actuels de la France montrent qu’elle est une alliée stratégique de l’Arménie. Cela signifie que l’inaction de la France joue un rôle plus important dans l’escalade militaire que l’activité de la Turquie. Après tout, avec ou sans Turquie, aucun pays ne peut accepter l’occupation perpétuelle de ses territoires. Oui, il y a une dictature en Azerbaïdjan. Le dictateur azerbaïdjanais a toujours été dans la liste des « favoris » de la France. L’épouse du dictateur azerbaïdjanais a reçu la plus haute distinction en France. 
Le peuple azerbaïdjanais, dont les territoires sont occupés, n’est pas coupable pour ce dernier…

 

Ganimat Zahid

(Ganimat Zayidov)


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33 réactions à cet article    


  • Gégène Gégène 24 octobre 08:47

    quant à la réaction des français (je parle du peuple) si les corses prenaient leur indépendance, pas sûr qu’ils l’auraient mauvaise. . .


    • sylvain sylvain 24 octobre 16:54

      @Gégène
      oui mais si c’était les allemands qui nous la piquaient, la corse ???
      bon d’accord, il sont pas aussi cons, mais imaginons..


    • Gégène Gégène 24 octobre 08:55

      et comprenez aussi que c’est difficile pour nous : en même temps taper sur Poutine pour la Crimée, et en même temps soutenir l’Arménie pour le Haut-Karabakh !


      • V_Parlier V_Parlier 24 octobre 20:28

        @Gégène
        L’époque de la Crimée et du coup de Maïdan resteront vraiment pour moi le moment où j’ai perçu à quel point, au delà de mes soupçons, le milieu médiatico-politique français pouvait être pourri et absolument pas gêné par ses contradictions ( https://www.youtube.com/watch?v=3CCaEaC3aks&list=PL1fQfU9jb9Uz66X5ThA5upF_FJxoEmqYP&index=5 )


      • Gégène Gégène 24 octobre 22:00

        @V_Parlier
        à lire « gouverner par les fake news », qui a une chapitre sur l’Ukraine. bon bouquin !


      • vraidrapo 26 octobre 07:51

        @V_Parlier
        le milieu médiatico-politique français pouvait être pourri

        On voit à l’oeuvre l’État profond et l’utilité des réunions du Siècle quand :
        Malgré les Déclarations stupéfiantes de connerie d’Erdogaz à l’encontre de µicron, les Media au service des 1% ont fait le service minimum après une seconde manifestation de la Communauté franco-arménienne à Paris :

        https://www.la-croix.com/Manifestation-Armeniens-France-demander-reconnaissance-independance-Nagorny-Karabakh-2020-10-25-1301121298

        la première avait réuni 20,000 personnes. Excusez du peu.

        Comment condamner ceux qui commettent des actes répréhensibles, spectaculaires quand les media font le black-out sur leurs revendications dans notre démocratie « à la française » : ’Cause toujours


      • GoldoBlack 24 octobre 10:07

        L’Azerbaïdjan, cette grande démocratie où le président est élu avec 90 % des voix... Encore un cliché, sans doute !


        • V_Parlier V_Parlier 24 octobre 20:22

          @GoldoBlack
          En tout cas moi j’ai arrêté de lire à partir du moment où j’ai lu ça : « En d’autres termes, 90% des médias en Russie sont contrôlés à partir d’un seul centre, mais ce n’est pas le cas en France. »
          Pour prétendre ignorer que toutes les chaînes de télé françaises couvrent exactement les mêmes sujets au même moment durant le même temps et en prenant le même parti (surtout pour l’actualité internationale), alors qu’il en est de même pour dans toute la presse écrite mainstream, il faut vraiment se foutre de la gueule du monde ! Bien sûr que tout est contrôlé (de façon informelle mais très efficace) depuis l’AFP. Or, moi je préfère un parti pris assumé à la russe qu’une fausse neutralité hypocrite.


        • GoldoBlack 25 octobre 21:59

          @V_Parlier
          Parano quand tu nous tiens...


        • vraidrapo 25 octobre 23:36

          @GoldoBlack
          Je pense qu’il a raison.

          1. j’ai remarqué que AFP présente systématiquement les événements relatifs à l’Arménie sous un jour défavorable par un vocabulaire qui n’est pas innocent,
          2. le fait que 20,000 entreprises européennes sont engagées en Turquie n’est pas sans rapport selon moi. On sait à qui appartiennent les Media et ce que rapportent les réclames...
          (*) pendant longtemps AFP écrivait systématiquement « les massacres de 1915 que les Arméniens considèrent comme un Génocide » encore longtemps après que le Parlement français avait, par la Loi, reconnu le fait de Génocide.
          Etc, etc... Manifestement, il y a un réseau qui n’aime pas la Cause arménienne à l’AFP.

        • GoldoBlack 28 octobre 09:28

          @vraidrapo
          Ah enfin un expert en sémiologie !
          Que d’experts parmi le public d’AV...
          Allez patron, tournée générale ! C’est la fête au Bistrot du PMU !


        • c481 24 octobre 11:05

          Bonjour Ganimat,

           

          1°/ Vous semblez rejeter catégoriquement le droit à l’autodétermination ; personnellement, je ne m’oppose pas à un tel processus, en Corse ou ailleurs, s’il exprime une volonté réelle de la population indigène, a fortiori quand elle se sent discriminée ou menacée comme les arméniens au Karabagh. Je reconnais cependant que ce droit est à manier avec des pincettes, surtout quand l’Etat central (quel qu’il soit) s’y oppose.

          2°/ Les minorités ethniques d’Azerbaïdjan sont en voie d’assimilation, ce qui cependant n’est pas spécifique à ce pays. C’est la société moderne qui favorise cela, avec le développement de l’instruction, des médias, des activités tertiaires, etc.

          4/ La présence d’instructeurs de l’armée turque en Azerbaïdjan est avérée (mais pas forcément sur la ligne de front).

          6°/ Les services de renseignement français, mais aussi russes, ont constaté le transfert sur le front et par la Turquie de djihadistes syriens et de mercenaires libyens.

          En outre, les résolutions de l’ONU ne concernent pas le Haut-Karabagh proprement dit (dans les limites de l’ancien oblast autonome de l’URSS), mais les territoires voisins occupés par l’Arménie depuis 1994, après l’échec de la tentative azerbaïdjanaise de reconquête militaire de cette enclave. Précisons que ces territoires ont surtout une fonction de « glacis de sécurité » autour du Haut-Karabakh, en attendant un accord de paix.

           

          Une solution juste pourrait être :

          Que l’Azerbaïdjan reconnaisse (enfin) la sécession du Haut-Karabagh ;

          Et que l’Arménie restitue l’intégralité des territoires voisins occupés, voire cède à l’Azerbaïdjan un corridor entre la province de Nakhitchevan et le reste du pays. 

           

          Cela avait été envisagé il y a plus de 20 ans, mais n’a pas abouti, aucun des deux gouvernements n’ayant eu le courage d’imposer de telles concessions à son opinion publique.


          • vraidrapo 24 octobre 12:00

            @c481
            4/ La présence d’instructeurs de l’armée turque en Azerbaïdjan est avérée (mais pas forcément sur la ligne de front).

            Erdogaz a fait encore mieux  :

            1200 soldats des forces spéciales ont été transférées par la Turquie sur le front de l’Artsakh Des spécialistes de Turquie ont dû remplacer les forces spéciales azerbaïdjanaises, qui ne peuvent pas résister à un affrontement direct avec les partisans et les milices de l’Artsakh dans les montagnes.

            Les turcs auront plus de difficulté qu’en 1915, pour égorger, après les avoir désarmés, les 150,000 soldats arméniens de l’Armée ottomane...

            Comme dirait Voltaire et après lui Hugo : « Le Turc est passé par là, tout n’est que ruine et deuil ! »


          • Pierre Tapes 24 octobre 15:31

            @c481

            1. Le peuple arménien a déterminé son destin et créé un État appelé la République d’Arménie. Créer un État arménien dans chaque pays n’est pas le droit de déterminer le destin national. 2. Il n’y a pas de pression sur les minorités ethniques en Azerbaïdjan. Il y a des problèmes de démocratie. Il ne s’agit pas d’appartenance ethnique, mais de pressions exercées sur tout le monde. 4. Y a-t-il des instructeurs turcs dans l’armée azerbaïdjanaise ? Personne ne le nie. Il existe des accords de coopération militaire au niveau des États. Une coopération est prévue dans cet accord. Principalement dans le domaine de l’enseignement militaire. L’armée française dispose également d’instructeurs de l’OTAN. Il y a aussi des instructeurs russes dans l’armée arménienne. Il y a même une base militaire russe en Arménie. 6. Les services spéciaux français ne peuvent pas le prétendre. Le président Macron était simplement l’otage de la désinformation.


          • titi 24 octobre 16:11

            @Pierre Tapes

            « 2. Il n’y a pas de pression sur les minorités ethniques en Azerbaïdjan »
            Il est vrai que si on était dans des pays civilisés la question ne se poserait pas : il y a des frontières internationales reconnues et point barre.

            Mais on est dans des pays de djihad, où les minorités non musulmanes sont systématiquement malmenées.

            Progrom de 1988 à Sumqayit :
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Sumqay%C4%B1t


          • c481 24 octobre 16:49

            @Pierre Tapes

            1. La république d’Arménie n’a pas été créée par le peuple arménien, mais pas Lénine et Staline (comme toutes les autres républiques d’URSS). Et quel rapport avec le souhait des habitants du Haut-Karabagh ?
             
            2. Comme je l’écrivais, les minorités sont incitées à l’assimilation, dans la plupart des états modernes ; même si la religion peut constituer un frein. Pour diverses raisons, les relations entre arméniens et turcs/azéris ont souvent été exécrables.
             
            4. Personne n’aide l’Arménie significativement ; même la Russie tente de conserver une certaine neutralité.
             
            6. C’est le point qui vous discrédite. Lorsque la présence de djihadistes est constatée non seulement par les renseignements occidentaux, mais aussi russes, alors que les relations entre eux sont plutôt froides, je n’ai pas de raison d’en douter, d’autant plus que les russes, encore une fois, tentent de garder de bonnes relations avec les deux pays.
             


          • vraidrapo 24 octobre 11:44

            Et que l’Arménie restitue l’intégralité des territoires voisins occupés, voire cède à l’Azerbaïdjan un corridor entre la province de Nakhitchevan et le reste du pays.

            Ou que la turquie  restitue à l’Arménie une partie de territoires de la Grande Arménie mentionnés dans le Traité de Sèvres jusqu’à la mer noire...


            • binary 24 octobre 14:24

              @vraidrapo
              Et sur l islam retourne à Médine.


            • c481 24 octobre 17:06

              @vraidrapo
               
              Les évènements de 1915 sont une horreur abjecte, et une injustice historique. Je suis personnellement révolté par le négationnisme turc.
              J’ai conscience aussi que la politique anti-arménienne de la Turquie n’a jamais cessé (tout juste a-t-elle été mise en veilleuse pendant la période soviétique). 
               
              Mais il faut être réaliste : la Turquie ne rendra jamais les territoires vidés de leur population arménienne (qui, entre-temps, ont été peuplés surtout de kurdes, plus que de turcs). Et pour quoi faire d’ailleurs ? Les descendants des rescapés y retourneraient-ils ?
               
              Je reste en revanche favorable à la sécession du Haut-Karabagh, terre arménienne depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. 
              Je disais simplement qu’une telle sécession, aussi justifiée soit-elle, n’est jamais facile à avaler pour un Etat, que ce soit l’Azerbaïdjan ou un autre.
              Et qu’une compensation, fût-elle modeste, pourrait aider un gouvernement à faire accepter cette sécession par son opinion publique, et donc aider à garantir la paix future.


            • vraidrapo 24 octobre 18:55

              @c481

              Mais il faut être réaliste : la Turquie ne rendra jamais les territoires vidés de leur population arménienne


              Ta posture est complètement incohérente.
              La Turquie génocidaire s’est faite spécialiste en ingénierie ethnique.
              On ne peut pas punir un Etat qui a commis un Génocide et on ne peut même pas réparer, puisqu’on ne peut pas ressusciter les morts.
              Le Crime c’est la prime à la délinquance :au niveau des peuples ou du particulier, on ne ramène jamais le mort, on n’efface jamais le traumatisme, la blessure, le deuil.
              Ajouter à cela qu’un musulman fanatique accorde moins de prix à sa propre vie qu’un Chrétien ( pour les autres religions, je ne sais pas...). Il suffit de voir la conclusion des attentats terroristes en France, jusqu’au sacrifice suprême.
              +++++++++++++
              Ingénierie démographique, génocide, nettoyage ethnique. Les paradigmes dominants pour l’étude de la violence sur les populations minoritaires en Turquie et dans les Balkans.
              https://journals.openedition.org/ejts/2933?lang=en
              ++++++++++++++++++++
              Si Erdogan et Israël n’aidait pas Aliyev, les militaires arméniens seraient déjà à Bakou. En 94, c’est ce qui a failli se produire mais le Kremlin a mis le Ho-là...

              11 millions d’Azéris fanatiques acharnés contre 3 millions d’Arméniens paisibles et sans complexe !

              La bande de terre de 20 km qui se trouve entre le Nakhitchevan et la Turquie appartenait à l’Iran. En janvier 1931 ou 32, Kémal qui avait déjà une idée derrière la tête, avait proposé un échange de territoire avec le Chah d’Iran.
              Actuellement, Il semble que l’Ayatollah verrait d’un mauvais oeil que la Turquie le sépare de l’Arménie. En cas d’embargo US, l’Arménie est utile et, il ne faudrait pas donner de « mauvaises » pensées aux Azéris du Nord de l’Iran...
              L’Iran se méfie de la Turquie !
              La politique étrangère turque est une enfoirée, les dirigeants turcs ont fait tourner en bourrique plus d’un pays : Allemagne ;,Angleterre, Russie, France, USA etc...
              En 39-45, la Turquie s’est déclarée neutre (après la défaite de 14-18), a aidé tant et plus l’armée de Hitler lors de Stalingrad et le 1er mars 1945, elle a déclaré la Guerre à l’Allemagne....
              Chacun peut vérifier.
              C’est lâcheté, cruauté, cynisme, chantage, mensonge, mauvaise foi et tout ce qui va avec...
              Il n’est que de voir les comportements scandaleux des organisateurs pendant certains matches de foot internationaux à Istanbul. Tu veux des preuves ???
              Bref, j’ai été très long, trop long. Si tu n’as pas compris, j’aurais fait mon boulot.


            • c481 24 octobre 23:25

              @vraidrapo
               
              Tu te méprends sur mon propos :
              « On ne peut pas punir un Etat qui a commis un Génocide » 
              Je veux bien, mais qui s’en chargera ?
              Et de quelle manière ?
               
              Pour le reste, je suis d’accord avec toi :
              la Turquie a toujours roulé dans la farine ceux qui ont pensé pactiser avec elle.
               
              Dans le cas du conflit présent, ce pays est une composante très négative dans l’équation.


            • vraidrapo 25 octobre 20:24

              @c481
              Je veux bien, mais qui s’en chargera ?
              Et de quelle manière ?
               


              On a jugé les chefs nazis et l’Allemagne est le pays le plus prospère de l’UE et presque de la Planète.
              Point barre !
              Les « boches » ont repris naturellement le cours des choses avec l’aide du $


            • DACH 24 octobre 15:06

              Herewith a analyse qui met bien à jour les ambitions du mamamouchi Erdogan « Le but de guerre ultime d’Ankara est le contrôle par Bakou du Zanguezour » Extraits de l’interview à paraître dans le numéro de novembre de NAM de Michel Foucher, géographe, ancien ambassadeur, titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales (FMSH, Paris)

              Nouvelles d’Arménie Magazine : Que cherche Ankara selon vous ? 

              Michel Foucher : Les autorités turques se sont lancées dans une offensive multi-directionnnelle qui joue sur divers registres : prendre la direction du monde sunnite et de la mouvance des Frères musulmans (à partir de la Syrie et de l’alliance avec le Qatar), affirmer une présence dans des fragments de l’ancien empire ottoman (Libye et Somalie), offrir aux pays dits « turcophones » (expression impropre, qui évoque la francophonie, alors que ces peuples ne parlent pas la langue turque même s’il y a une famille linguistique turcique) qui vivent en Asie centrale, dans le Caucase et demain, qui sait, dans le Tatarstan de Kazan en Russie, enfin s’afficher comme puissance maritime dans la « patrie bleue » en Méditerranée orientale.
              Dans le cas précis du conflit actuel, je reste convaincu, comme je l’avais déjà écrit il y a trente ans dans « Fronts et Frontières », que le but de guerre ultime d’Ankara est le contrôle par Bakou du Zanguezour (province arménienne de Siounik) qui offrirait, via l’enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, un corridor terrestre entre la Turquie et la mer Caspienne. Ce projet est pris en compte dans le traité russo-turc de 1921 qui définit les limites des deux districts autonomes de l’époque, Nakhitchevan et Haut-Karabagh. Il est clair que ce changement territorial ne serait accepté ni par l’Iran ni par la Russie. Mais comme l’a compris Erdogan qui fait du Poutine, seul compte en ces temps d’affaissement des règles multilatérales, le fait accompli. Il lance des initiatives et il empoche ce qui marche, comme dans le nord de la Syrie ou à Tripoli, en Libye.

              Nouvelles d’Arménie Magazine : La France en tant que coprésidente du groupe de Minsk, joue un rôle important dans la recherche d’une solution au conflit. Dénoncer l’Azerbaïdjan comme agresseur et la Turquie pour ses connivences avec les mercenaires djhadistes, comme l’a fait le président Macron, peut avoir des conséquences ? 

              Michel Foucher : Il est extrêmement rare en effet qu’un chef d’Etat désigne ouvertement un agresseur. Ceci est en soi un premier pas, évitant la querelle des communiqués sur les responsabilités, comme on le note maintenant quand le cessez-le-feu est violé. La ligne rouge évoquée par le Président français a été l’envoi de contingents de mercenaires syriens payés mille cinq cents dollars par mois et la connaissance par les services français, qui suivent de près les djihadistes présents en Syrie que d’autres acheminements étaient en cours. La Turquie a été prise en quelque sorte la main dans le sac et je suppose que c’est ce que le Président français, en tant que co-président du Groupe de Minsk, avait prévu de dire à son homologue turc lors de l’échange téléphonique annoncé le 2 octobre.

              L’intégral de l’entretien sera à lire dans le numéro de novembre des Nouvelles d’Arménie.
              https://www.armenews.com/spip.php?page=commander&etape=offres

              Dernier ouvrage paru : Les frontières, CNRS éditions, 2020

              par Ara Toranian le samedi 24 octobre 2020


              • vraidrapo 24 octobre 19:05

                @DACH
                Quand le Yanki regardera du côté d’Ankara, il rappellera à Erdogaz la « mésaventure » du Général SOLEÏMANI et Erdogaz se fera tout doux, tout doux...
                Comme disait un Économiste français à ses compatriotes qui proposaient de tenir tête au Dollar :

                « le Yanki dispose de 11 porte-avions  » !!!$$$


              • M.William 24 octobre 18:29

                C’est Erdogan lui même qui partout déclare être l’allié inconditionnel de l’Azerbaïdjan.

                Pour un « démocrate »je m’aperçois une fois de plus que vous restez ultra conservateur dans votre analyse ; celle qui décapite l’idée que ce groupe humain arménien est une portion de l’Humanité qu’il faut défendre.

                mais hélas votre vision nationaliste empêche certaines lectures qui respecteraient le droit des peuples à s’autodéterminer.


                • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 24 octobre 18:31

                  @M.William

                  mais hélas votre vision nationaliste empêche certaines lectures qui respecteraient le droit des peuples à s’autodéterminer.

                  Vous êtes pour l’indépendance de la Bretagne ou plus prosaïquement du 93 ? smiley


                • M.William 24 octobre 22:47

                  @Philippe Huysmans

                  Et vous ?
                  Vous êtes pour voir disparaître un peuple de sa terre ?C’est de cela dont il est question.

                  ps :
                  Il est évident qu’il existe un peuple breton, avec sa propre culture et sa propre langue non ?
                  Sauf que j’imagine que à l’heure actuelle il n’est pas en lutte contre la République une et indivisible, n’est-ce pas ?
                  La question ne se pose pas.


                • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 24 octobre 22:59

                  @M.William

                  Sauf que j’imagine que à l’heure actuelle il n’est pas en lutte contre la République une et indivisible, n’est-ce pas ?

                  On voit que vous n’allez pas souvent en Bretagne smiley

                  Une et indivisible, eh ? Tiens, ça ressemble à un double standard.

                  Ne le prenez pas mal, je suis juste taquin, rien de méchant, mais comprenez que vous rentrez comme un bourrin dans des questions qui sont loin d’être simples.

                  À dire vrai, pour des cas comme la Catalogne par exemple, je ne sais même pas ce qu’il faut en penser tant les deux opinions sont défendables.

                  au plaisir de vous lire,


                • M.William 25 octobre 15:57

                  @Philippe Huysmans

                  Pour avoir des nouvelles du front je me dirige vers le site des Nouvelles d’Arménie magazine.
                  En effet, c’est pas simple.

                  La paix par le droit :

                  https://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=70715


                • vraidrapo 26 octobre 08:01

                  @Philippe Huysmans

                  J’ai travaillé 11 ans dans le Morbihan (donc ’un peu’ vécu en BZh), je peux te dire que les Bretons sont parmi les plus légitimistes France.
                  Je te rappelle la distinction extraordinaire accordée par le Général à l’ile de Sein !
                  A part ça, les grenouilles de bénitiers cohabitent avec les Maoistes rennais ou les « indépendantistes » folkloriques de Guingamp. Sans conséquences !


                • vraidrapo 24 octobre 21:01

                  Recyclage de ruse :

                  Les forces armées azéries tentent des opérations offensives avec des uniformes arméniens ;

                  L’Infocentre Unifié Arménien ajoute :
                  "L’Azerbaidjan espère confondre les soldats arméniens et réussir grâce à cela.
                  Deuxièmement, ils visent à réduire artificiellement le nombre de leurs victimes et à cacher le vrai nombre, ainsi qu’à les présenter comme des victimes des forces armées arméniennes lors de l’échange de cadavres".

                  L’Infocentre Unifié Arménien ajoute :
                  «  Selon les militaires qui en ont été témoins, par exemple,l’Azerbaidjan avait laissé environ 40 cadavres dans des uniformes arméniens lors d’une opération offensive qui a été arrêtée il y a deux semaines en direction de Mataghis. Compte tenu de cela, il se pourrait que le nombre de ces victimes soit élevé.  »

                  L’Infocentre Unifié Arménien ajoute :
                  «  De plus, peut-être que certains d’entre eux sont des terroristes mercenaires, étant donné que personne ne viendra probablement chercher leurs cadavres. Dans tous les cas où les corps commenceront à être échangés, il sera possible de prouver l’origine de ces cadavres grâce à une méthodologie professionnelle.  »


                  Je suppute que la méthodologie professionnelle se résume à la longueur du prépuce... ? Dans un conflit où une seule partie pratique la circoncision, c’est...pratique !

                  https://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=70688


                  • vraidrapo 24 octobre 23:35

                    Genocide Watch classe l’Azerbaïdjan au 9è rang des pays qui peuvent pratiquer un génocide et au 10è rang mondial des pays négationnistes.

                    .

                    The establishment of the Azerbaijan Democratic Republic in 1918 began with the systematic extermination of the Armenian populations living in Azerbaijan and the provinces of Nakhichevan and Nagorno-Karabakh. Often viewed as an extension of the 1915 deportation and genocide of Ottoman Armenians, Azerbaijani forces in Baku slaughtered at least 15,000 Armenian civilians in the ’September Days.’ Azerbaijanis also slaughtered 1,000 Armenians in 1919-1920 in the Karabakh cities of Shusha and Khaibalikend. These historic genocidal massacres contribute to Armenian distrust of Azerbaijan today.


                    Soviet rule brought the massacres against Armenians to an end, but the dispute over Nagorno-Karabakh during the dismantling of the Soviet Union reignited violence against the Armenian minority in Azerbaijan. From 1988 to 1990, Azerbaijani mobs robbed, beat, raped, and murdered ethnic Armenians in the towns of Sumgait, Baku, and Kirovabad. This campaign of terror caused the forced expulsion of nearly all Armenians living in Azerbaijan.


                    In 1988, a parliament was formed in Nagorno-Karabagh and in a referendum, the region’s Armenian citizens voted for independence, declaring the Republic of Artsakh. Azerbaijanis boycotted the referendum. A 6-year civil war followed. Armenian forces defeated Azerbaijani forces and many Azerbaijanis fled from Nagorno-Karabakh. During the war, Azerbaijani forces shelled Stepanakert, killing over 100 Armenian civilians, and Azerbaijani forces destroyed Armenian villages, killed civilians, and mutilated corpses. In one significant massacre in the village of Marga, Azerbaijani forces murdered over 100 Armenian civilians in April 1992.


                    The Azerbaijani government under Ilham Aliyev denies any violence against Armenians and is also a denier of the 1915 Armenian Genocide committed by the Ottoman Empire.


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