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Accueil du site > Actualités > Société > Les querelles de clochers sont-elles de bon sens ?

Les querelles de clochers sont-elles de bon sens ?

 

Quand bon sens et sens commun ne font plus bon ménage.

Querelles de clochers

L’orchestration de la cacophonie, est un art qui ne demande pas de talent particulier de musicien, mais néanmoins nécessite d’avoir un public aux oreilles d’or. Si le son des cloches exaspère certains d’autres s’y dévouent. Est-ce par habitude ou par vocation, il est bien difficile de le dire tant le repos si nécessaire au discernement nous apparaît tel le déchirement suspect d’un silence, au milieu du bourdonnement de l’écho incessant de nos humeurs qu’elles soient perturbées ou passionnées. Ne dit-on pas en pareilles occasions qu’un ange passe. D’anges élus, l’un n’entendra qu’offenses au tréfonds de son confort, ils résonnent déchirant l’espace, le temps et les certitudes. L’autre entendra, l’appel à la vie, au rythme du temps qui s’égrène, comme un rappel au souvenir que ce privilège n’est de notre volonté qu’au prix de nos égarements.

Ainsi le, la, est donné à qui sait l’écouter avec son cœur.

Ainsi le, las est donné à qui ne l’entend que de ses oreilles.

Quand les querelles de clochers poussent, tel le fruit de la cristallisation de nos croyances, la question de ce qui les enfante devrait nous interroger. Ne nous disputerions-nous pas sur différentes vues d’une même pièce qui tend à nous rendre irréconciliables, persuadés que chacun a raison, « Par pur bon sens. »

Du bon sens

Ce bon sens martelé quantité de fois dans les allocutions télévisées s’invite comme argument d’autorité dans les débats. Faut-il y voir un paradoxe à l’heure de l’intelligence artificielle (IA), où le prosélytisme eugéniste et transhumaniste se répand par nos médias, imposant son conformisme « policé ». Les innovations technologiques transhumanistes au service de l’IA s’invitent comme vaccin efficace contre le virus de la bêtise naturelle. Dès lors l’on peut s’interroger sur la nature de cet « argument d’autorité » : Est-il vraiment naturel ou a-t-il vocation d’induire la nécessité d’une artificialité autoritaire.

Pour mieux apprécier la nature de ces discours, il n’est pas inutile de s’attarder sur ce fameux « bon sens » car, oh !!! surprise, sa définition est source d’importantes controverses. Le fait apparaît surprenant alors que dans l’esprit de nos campagnes chacun s’en accommode avec simplicité pour trancher les polémiques qui n’ont pas lieu d’être. S’il y a une chose qui est bien partagée, c’est bien le bon sens.

Mais cela c’est à la campagne !!! Car les gens de la ville ne semblent pas comprendre la chose de la même façon. Mais alors, si le bon sens prête à confusion, est-ce parce que son sens ne serait pas aussi bon qu’on le prétend ?

Une antique querelle qui traverse les siècles

Il n’est pas inutile de regarder de plus près cette querelle de clochers qui résonne depuis bien plus longtemps que nous le soupçonnons et qui oppose deux visions radicales de son interprétation.

Elle prend naissance dans l’antiquité par la critique que Calliclès, adresse à Socrate. Platon disciple de Socrate, utilise le personnage de Calliclès comme le prototype de la violence et de l'antiphilosophie s’opposant à la loi, qui par convention antique s’inspire de la compréhension de notre nature. Ce thème est cher aux sophistes grecs qui reprochent à Socrate de trop s’adonner à la réflexion philosophique alors que le plus important est la recherche des richesses matérielles et du pouvoir. Aux yeux des Sophistes, l'idée d'une loi égale pour tous est une invention des faibles pour se protéger des forts. Les écrits de Platon nous rapportent la pensée de Socrate qui s’inscrit exclusivement dans une tradition orale, et met en scène ce personnage pour développer cette opposition profonde.

Les sophistes sont des Maîtres de rhétorique et de philosophie qui enseignaient l'art de parler en public et de défendre toutes les thèses quitte à utiliser des raisonnements spécieux, c’est à dire nourris de belles apparences mais sans valeur. Cette dérive, antiphilosophique, traversere les siècles, elle s’inspire de techniques que résume très bien Schopenhauer (1788-1860) dans son ouvrage « L’art d’avoir toujours raison ». Nietzsche 1844-1900 s’en inspirera aussi pour développer de nombreux thèmes, dans les années 1930, ses œuvres sont récupérées par les nazis qui au travers de l’Ahnenerbe (Société pour la recherche et l'enseignement sur l'héritage ancestral) introduisent le mouvement eugéniste et transhumaniste dont découlent toutes les inévitables valeurs à développer pour accompagner sa réalisation.

Ce transhumanisme eugéniste aujourd’hui s’affiche sans complexe, et se diffuse dans notre société à grands coups d’effets d’annonces dont la scientificité pose des questions de société au travers de notre actualité, telles : La mise en œuvre de thérapie génique en guise de vaccin et son application obligatoire, ou par le fait de voir des textes facilitant l’utilisation détournée du RIVOTRIL pour euthanasier les vieux. C’est à dire que cette idéologie subordonne l’éthique et la déontologie à sa propre raison d’être. Autant dire qu’elles ne s’appliqueront qu’à ces élus avec tout ce que cela signifie pour les autres. Cette idéologie est porteuse de gênes ségrégationnistes sociaux dépassant de loin toutes les formes historiques de discrimination.

L’autoritarisme de l’eugénisme et du transhumanisme

Cette pensée, ne peut s’imposer que de manière autoritaire car elle est fondamentalement contre nature, ce que les peuples refuseront toujours en l’état, aussi a-t-elle besoin de se répandre pour se faire accepter. Comme il n’est pas possible de l’obtenir de manière naturelle cela ne peut se faire que de manière artificielle, ce que le conditionnement par des moyens subversifs peut permettre d’obtenir. Si pour le commun des mortels s’atteler à de tels moyens, apparaît comme un sacerdoce "dit vain", de nombreux adeptes et idiots leurrés par des projections apocalyptiques y voient là un acte d’une toute autre nature phonétique. De ces cloches qui "raisonnent", naît une religion pathologique qui stérilise, aseptise jusqu’à la pureté de la race bien plus qu’elle n’enfante et enrichit à la diversité de la création.

N’est-ce pas paradoxal de voir l’artificialité du matérialisme, plonger dans une croyance statistique, probabiliste, religieuse, alors que l’esprit et l’intelligence naturelle ont déjà trouvé des solutions matérielles réalistes. Nous sommes dans l’absurde du remplacement de l’intelligence par la discipline, la déresponsabilisation individuelle par obligation comportementale, et l’adhésion obligatoire en une croyance à la nécessité de perdre nos libertés, et l’acceptation de devoir vivre en dessous de nos moyens pour survivre.

Mais alors au nom de quoi cette antique querelle se fait-elle l’écho ? 

Au bon sens de Socrate, Calliclès lui oppose le sens commun.

Opposition philosophique

La philosophie, étymologiquement, l’amour de la connaissance ou du savoir, s'oppose au sens commun par son approche. Au bon sens elle attribue, un raisonnement logique universel dont tout homme s’accorde en tous lieux et de tous temps.

La notion de sens commun lui prête l’influençabilité d’interférences, culturelles, temporelles, contextuelles, matérielles, technologiques qui conditionnent notre raisonnement et qui nous amènent à juger les choses en fonction de nos besoins à la conformité sociale.

Une sorte de concept de la fourmilière où chaque fourmi n’a d’intérêt que sa dévotion au collectif. Mais voilà, l’homme n’est pas un insecte.

Le bon sens s’oppose à toute considération de nature artificielle idéologique et culturelle qui influencerait notre raisonnement naturel. Son approche philosophique se fonde sur la critique des éléments exposés pour leur donner un ordre de priorité logique, contrairement au sens commun qui impose les considérations à prendre en compte pour conditionner un ressenti logique dans un cadre spécifique. Ce qui est le jeu de tous les despotes.

On comprend mieux pourquoi, Socrate, plutôt que de se fourvoyer pour satisfaire, les intérêts d’un pouvoir trop heureux de le condamner à mort sur la base d’accusations douteuses, choisit de boire la ciguë de son plein gré publiquement.

Ainsi il retourna cette condamnation contre ceux-là même qui le condamnèrent, ce choix lui donna l’immortalité. 2500 ans plus tard Socrate reste d’actualité.

 

Du bon sens au sens commun

Aujourd’hui quand l’état veut nous faire peur sur le risque de pénurie d’électricité en hiver pour défendre le nucléaire il procède ainsi.

 

  • Le sens commun tend à dire : Il fait 3°C mais la valeur ressentie est de -2°C il fait super froid.
  • Le bon sens dit : Il fait 3°C s’il faisait -2°C l’eau serait gelée et ce n’est pas le cas. Il fait froid mais il n’y a rien d’extraordinaire

 

Cette différence de perception n’est pas sans nous rappeler le débat sur l’écriture de l’Histoire, Napoléon ne disait-il pas de celle-ci qu’elle n’était qu’un mensonge sur lequel tout le monde s’accorde. La pérennité de tout pouvoir repose sur le contrôle de l’expression du sens commun.

Cet enjeu majeur traverse les âges, cette opposition de l’universalisme de nos libertés individuelles et collectives à un ordre artificiel censé harmoniser l’humanité en société, régit nos vies depuis la nuit des temps. Le juste équilibre de l’incarnation de cet esprit universel dans notre évolution en société organisée n’a malheureusement jamais trouvé un point de stabilité pérenne. Nous traînons cette impuissance comme un boulet. Quand les crises deviennent chroniques, ce ne sont pas des crises mais un système qui leur permet de se régénérer pour proliférer tel un virus. Manifestement il y a quelque chose que nous n’avons pas compris.

La nature de ce dualisme nous interroge et nous divise par les perceptions que nous choisissons de leur prêter soit par bon sens ou par sens commun au conformisme social, ainsi les opinions oscillent entre fatalités, accidents, ruses, jeux de marchés, complots, épidémies, extraterrestres, prophéties messianiques, fin du monde, justice divine et bêtise humaine.

Un dualisme intemporel

Ce dualisme se répand dans notre société, il mute en de nouveaux rapports qui déchirent les lignes de front traditionnelles, les rapports Souverainistes / Mondialistes ou Patriotes / GAFA ébranlent le concept historique droite- gauche, ou Démocrates-Républicains qui se transforment petit à petit en vestiges d’une époque à laquelle s’accrochent les nostalgiques d’un temps révolu, se cramponnant désespérément au déni que véhicule l’égrégore qu’elle a enfanté. Fruit véreux, de l’insoutenable légèreté de l’être par la culture de l’inconscience des classes, outil si indispensable à la manipulation des masses.

Dans ce contexte de société où les repères tombent, car l’idéologie naissante œuvre au-delà des concepts historiques, beaucoup ne s’y retrouvent plus, ne sachant plus qui représente quoi, quand aucun n’a l’honnêteté d’avouer ses intentions qui sous prétentions bienveillantes contreviennent aux aspirations réelles des peuples, tant la balance bénéfices /risques revêt un caractère sacrificiel.

Encore faudrait-il qu’ils soient eux-mêmes en mesure de les définir.

Le sens commun dans la culture de classe

Quand un peuple se laisse élever comme du bétail en toute confiance sans esprit critique, il n’y a rien d’anormal à ce qu’il se comporte en mouton. C’est précisément là que la notion de sens commun devient si importante, car le berger peut vite jouer de son autorité pour substituer ses aspirations personnelles à celui du troupeau. Surtout quand celui-ci n’a d’autre dessein que d’augmenter son bénéfice.

Il lui suffit de favoriser l’adhésion à ses règles en l’apeurant. Entre la menace du coup de bâton et celle du chien, l’alternative de droit de décision, mute vite en obligation de non-choix, procurant l’illusion d’une liberté, bien qu’elle soit à charge. S’y soumettre apparaît l’effort disciplinaire indispensable pour préserver l’unité sécurisante. Cette norme de conformité ne repose que sur notre décharge de responsabilité et son transfert à celui qui nous la dicte. De cette sécurité, ne relève que notre capacité à pouvoir s’acquitter du prix imposé. Quand ce prix devient trop élevé, ou absurde, ceux qui n’ont plus les moyens de s’en acquitter commencent à objecter une vue de bon sens au sens commun admis par défaut.

C’est pourquoi garder la main sur l’interprétation du sens commun devient si important d’où la nécessité des polices de la pensée et la censure.

Classes et discriminations

Les seules classes qui ont pour vertu de mettre tout le monde sur un même pied d’égalité, ce sont les classes d’écoles, là où les enfants sont censés élever leur niveau de conscience et de connaissances, mais pas les classes sociales qui ne sont qu’un concept de parc à bétail et la porte d’entrée à la justification de toutes les formes de ségrégation.

De classe il n’y a en fait que des personnes qui abordent les questions soit avec bon sens, ou alors ceux qui trouvent avantages dans le conformisme de ce sens commun dont ils s’accommodent. Réduire cette réalité à une simple question d’argent est une grave erreur, c’est avant tout une question de conscience. C’est aussi pour cela que les classes sont aussi divisées. L’argent est anesthésiant ou hypnotisant, mais en avoir ou pas ne détermine pas notre intégrité, c’est le sens qu’on lui prête qui fait la différence. On peut très bien, en avoir beaucoup comme pas, et cependant nourrir la même ambition de s’en servir afin d’assouvir ses fantasmes les plus fous et s’octroyer ainsi un pouvoir de domination dont, la jouissance suprême repose sur l’écrasement des autres, du moment que l’immoralité soit négociable en monnaie ou en nature. Comme on peut imaginer, avoir beaucoup ou pas et chercher la meilleure façon possible de s’investir pour contribuer au bien-être de tous.

En cela le concept de classe est un leurre, car à l’intérieur de chaque classe vous trouvez ces différents profils d’individus. La maîtrise de l’interprétation du sens commun permet la focalisation exclusive sur l’aspect économique, ce qui dans notre société fait office d’unique juge de paix à toute décision.

Ces deux profils à l’intérieur des différentes classes permettent d’entretenir des désaccords de fonds fort utiles pour favoriser la division. Ils en deviennent acteurs chacun jouant dans son coin grâce aux divergences d’approches incompatibles avec leurs ambitions personnelles. Peut-être avez-vous remarqué que les chefs de partis définissent leurs programmes pour favoriser des projets croisés avec leurs concurrents, de façon à ce qu’ils traversent en diagonales, diamétralement opposées du bas vers le haut toutes les couches de classes, pour amener le point de croisement au point de convergence du programme défendu par le Candidat attendu par le système.

Qu’est ce qui définit une élection, le choix de bons sens ou le choix de sens commun ?

Le conformisme social à un prix

 

Aujourd‘hui, qu’est devenu notre rapport au quotidien à ce conformisme social, comment le résumer objectivement ?

Le conformisme social est un fruit qui résulte de notre adhésion aux conséquences d’interactions administratives nécessaires pour vivre en société, il vise à satisfaire notre conception individuelle du confort par la dette collective dont chacun doit s’acquitter au prix de sa liberté pour l’entretenir.

Si vous trouvez que ce fruit est fade, cela ne signifie pas que vous souffrez d’agueusie, c’est juste qu’il est sans saveur. Une sorte de OAM une Obligation Administrativement Modifiée.

Ceci-dit, que se passe-t-il lorsque le droit vous prive des moyens de vous en acquitter et qu’il vous place devant votre non-choix ? La notion de ressenti qu’introduit le sens commun au conformisme social que martèle le conditionnement médiatique, devient un puissant catalyseur au déni d’une réalité objective.

 

Concept de classe dans la société moderne

Le concept de classe est un principe de discrimination sociale qui sert à justifier toutes les formes d’esclavagismes, ainsi tous les critères qui ne sont pas en mesure de répondre au standard des exigences de l’évolution de la société y passent et cela malgré des prescriptions constitutionnelles visant à encadrer les dérives, comme les droits de l’homme ou la laïcité, ainsi : Race, religion, genre, éducation, endettement……. Deviennent motifs acceptables de la norme que se fixe la société pour satisfaire ses ambitions. S’il faut changer les règles il suffit de les oublier ou de les faire oublier en supprimant les organismes de contrôles puis ensuite de réformer le tout.

Ce concept de classe n’est que le fruit de nos égoïsmes et de notre lâcheté devant la perte de notre humanité. Il devient un égrégore déshumanisé qui se gargarise de bienveillance devant le sacrifice nécessaire d’une partie de sa population au nom de ……. Son propre N.O.M.

 

Une société en mode nucléaire

Une société est par définition énergivore, son évolution matérielle repose sur sa capacité exponentielle d’accroître cette énergie. Si rien ne modère et ne fixe la limite de sa croissance, elle s’emballe jusqu’à atteindre son point critique et exploser. C’est le principe d’une explosion nucléaire mais aussi celui d’une explosion sociale. Comme le bore dans un réacteur nucléaire, les classes sociales jouent le rôle de modérateurs dans cette réaction en favorisant une logique de compétitivité dans un cadre de confinement de la réactivité de cette société. Ainsi l’emballement se contrôle par la concurrence qui en neutralise la criticité, moyennant l’acceptation de production de déchets radioactifs, ou de racailles dont on ne sait plus quoi faire et que l’on empile dans des fûts, ou des banlieues en espérant que tout se passera bien dans le futur. C’est aujourd’hui ce que le sens commun tend à nous inviter à prendre comme vue à long terme !!! Il ne faut donc pas s’étonner en cette période de COVID que l’estimation des risques s’effectue sur des données statistiques hypothétiques définissant sa probabilité plutôt que sur la réalité de faits avérés, qui permettent d’évaluer les conséquences des mesures prises. Cette approche relevant clairement de la zététique. (l’art du doute qui se veut être une hygiène préventive du jugement).

 

En classe confort

Les rivalités de classe n’ont qu’une vertu, trouver le coupable qui s’est permis de ne pas jouer le jeu qui contrevient à son confort de classe. Ce qui distingue les classes sont les privilèges dont elles jouissent. Il est intéressant de voir aujourd’hui que de nombreuses personnes refusent de se situer individuellement dans la classe sociale que le système définit par le salaire. Elles s’imaginent qu’un titre professionnel trompeur mais payé à peine plus que le SMIC leur confère le choix d’une classe mieux considérée, donc le droit d’être plus à même de mieux juger le comportement des autres. Les inégalités de traitement deviennent acceptables par ce jeu de hiérarchisation et de subordination qui autorise toutes les stigmatisations.

Dieu merci il y a le choix !!! Qu’il est bon d’avoir tant de classes et de sous-classes à disposition sur lesquelles l’on peut toujours justifier d’un bon mobile pour se disculper et s’inventer un coupable idéal. Ainsi chacun y va de sa petite animosité et de sa revendication quasi tribale, il y en a pour tous les goûts : Insécurité, Défense animale, écolo, homophobie, végétalien, féminisme, liberté, racisme, gauchiste, immigration, terrorisme, gilets jaunes, syndicats, MEDEF ….

 

Aurait-on perdu notre bon sens, devant tous ces bêlements.

 

Jusqu’à présent ce jeu faisait partie du folklore bien franchouillard, mais les temps ont changé, et à force de jouer de la situation, le jeu commence à ne plus faire rire du tout. Si l’homme peut se comporter en mouton il n’en est pas un, s’il se sent en danger il le ressent, lui faire croire le contraire a sa limite, elle s’arrête là quand le bon sens réveille son instinct de survie.

 

Un peu de bon sens

Pourtant différencier la droite de sa gauche est simple, à partir du moment où chacun s’accorde sur le repère qui sert à définir le sens où l’on marche, ce qui est assez simple pour l’homme vu que les yeux sont placés du bon côté pour marcher de l’avant, « merci Dame Nature ». Le siècle des lumières définissait le bon sens comme logique universelle. « Une connaissance minime, inscrite dans les choses mêmes, et que toute société détient de façon quasi génétique. » De la philosophie du 18ème siècle, naît un mouvement d'idées humanistes dont émergera les Droits de l’Homme et du Citoyen, la laïcité, ouvrant une transformation de la société de progrès, de raison, de tolérance avec principalement Kant, Rousseau, Diderot ...

 

Est-il bon de rappeler que le siècle des lumières s’est construit sans électricité et qu’il a fallu attendre sa découverte pour émettre la théorie des trous noirs, qui comme chacun le sait ont un effet gravitationnel tellement puissant qu’ils absorbent la lumière.

 

Comme la science n’attribue pas de masse aux photons qui composent la lumière doit-on s’en inquiéter ? Comment quelque chose qui n’a pas de masse peut subir un effet gravitationnel ?!! Simple question de bon sens, mais au regard du sens commun cela devient vite une thèse complotiste, car vous devenez un hérétique remettant en cause ce qui est communément admis par la science.

 

C’est à croire que de nombreux trous noirs sont actifs dans notre société, aussi ne faut-il pas s’étonner que la lumière ait du mal à nous éclairer. Doit-on s’étonner sur les réseaux sociaux de l’adhésion de nombreuses petites têtes à la renaissance de la théorie de la terre plate. Cela peut prêter à sourire, mais l’on peut aussi y voir un signe des temps qui laisse à penser, par bon sens, que nous ne sommes pas à l’abri d’un black-out.

 

Entre bonne et mauvaise foi

Mais qu’en est-il de ce fameux bon sens aujourd’hui, comment le petit et le gros Robert l’interprète ? 

Le petit Robert, définit le bon sens comme la raison en tant qu'elle remplit le vide laissé par la science : « capacité de bien juger, sans passion, en présence de problèmes qui ne peuvent être résolus par des raisonnements scientifiques » (Le petit Robert).

Cette définition interpelle de par sa largesse :

C’est une vue qui n’est manifestement pas philosophique car elle n’invite pas à l’amour du savoir c’est-à-dire à un enchainement logique de compréhension des principes naturels qui nous entourent, pas plus qu’elle ne se rapproche du sens commun puisqu’elle est dénuée d’éléments précis déterminant un cheminement permettant de dégager un jugement, malgré les considérations conjoncturelles, la scientificité des codifications des sciences sociales. C’est une sorte de tri dépassionné qui repose sur ???.......... Une inspiration divine ? Là non plus, la définition ne le précise pas.

La forme de cette définition laisse perplexe, c’est une sorte de poire coupée en deux.

Par bon sens, la seule conclusion que je peux tirer, est qu’elle ne m’aide en rien à définir ce qu’est le bon sens, ce qui est pour le moins paradoxal.

Alors ne croyez pas que ceci soit un hasard !!! Ce genre d’imprécisions dans les définitions sont très courantes et beaucoup moins innocentes qu’il n’y paraît.

Si certaines d’entre-elles visent dans leur expression à ne pas froisser certaines susceptibilités, d’autres cachent certaines intentions moins vertueuses.

Elles deviennent des outils à déformation, l’imprécision de la définition laissant une latitude d’interprétation idéale pour en détourner l’esprit par le texte. Les judiciarisations à vau-l'eau et le volume des jurisprudences en témoignent.

Mais comment en est-on arrivé là.

Le sens commun du XXème siècle

Cette vision d’universalité se voit détricotée par l’avènement des sciences sociales qui renvoient le bon sens à la notion de sens commun que Clifford Geertz (1926-2006) définit comme un « système culturel », Alfred Schütz (1899-1959), lui l’interprète plutôt comme un « mode d'emploi » permettant un conformisme au sein d'une culture donnée.

Ces éminents fondateurs des sciences sociales ont tout de suite éprouvé le besoin de discréditer le bon sens au sens des lumières pour le transformer en gros bon sens du gros Robert qui nourrit sa réflexion au bistro du coin.

Cette manœuvre est fondamentale pour ceux qui œuvraient à la reconnaissance des « sciences sociales » car il leur faut donner au sens commun l’illusion d’une autre approche philosophique. Pour cela il fallait faire associer l’idée que "le bon sens" n’était que palabre une sorte de sens communément répété mais digne de réflexions de comptoirs du bon gros Robert, pour mieux le dissocier « du sens commun » issu de la scientificité des sciences sociales. Il n’en fallut pas moins pour faire passer le bon sens naturel pour une forme de croyance que personne ne prend plus au sérieux tant la scientificité « du sens commun » de la fin du XXème siècle rend le bon sens vulnérable à nos biais cognitifs. Il nous est impossible d’en juger la pertinence faute d’avoir l’intelligence et la capacité de compréhension du problème.

 

Conclusion : C’est une affaire de spécialistes il faut laisser ça aux spécialistes.

 

C’est la porte d’entrée à la déresponsabilisation, à la démission devant les problèmes rendus complexes et la confiance aveugle à ceux qui savent et qui bien sûr, ne manqueront pas de vous envoyer la facture.

Les anglo-saxons ont été les grands précurseurs des sciences sociales, en sont issues les techniques de management, qui sont difficilement dissociables des dérives de la psychologie américaine, tant ceux qui en ont énoncé les principes, se sont fourvoyés dans des activités hautement condamnables au plan éthique. Si l’introspection est une attitude très souvent condamnée par le management, il y a une raison.

Induction hypnotique

Il est vrai que nous ne portons pas assez attention à ces nuances de langage mais croyez bien que d’autres y sont très attentifs, car le langage est la porte d’entrée au conditionnement. Le diable se cache toujours dans les détails : si vous tapez "bon sens" en français sur Google traduction pour le traduire en anglais, la traduction proposée est "common sense" et si vous tapez "common sense" pour le traduire en français il le traduit par "bon sens". D’où l’importance du bon sens du gros Robert. Ne croyez pas que ceci relève d’un hasard de traduction, c’est une stratégie longuement murie et qui est très efficace pour modifier la perception de notre réalité afin de mieux manipuler les peuples sans qu’ils s’en rendent compte.

Et ça marche !!! Le sens commun ne nous a-t-il pas fait assimiler les vertus des concepts de discriminations positives ou de frappes préventives acceptables.

 

Demandez donc aux travailleurs handicapés qui se sont retrouvés comme chair à canon à la merci de services RH trop heureux de bénéficier d’aides sociales pour les embaucher à tarif réduit, et qui les ont utilisés pour remplacer deux postes de titulaires et leur refourguer une double charge de travail, notamment dans la fonction publique ou les grands groupes en quête de moyen de purge des effectifs. Parce que ça !!! C’est la réalité et que l’on ne vienne pas me dire le contraire parce que je l’ai personnellement vécu, et vu beaucoup d’autres aussi le vivre avec les désastreuses conséquences qui s’en sont suivies.

 

Comment une discrimination peut-elle être positive ? Le propre de toute discrimination est de marginaliser cela est forcément négatif pour celui qui la subit, de positif il n’y a que l’intérêt de l’entreprise.

Quant au concept des frappes préventives, est-ce que vous vous imaginez en train de mettre une baffe à votre enfant parce vous supposez qu’il pourrait faire une bêtise, alors qu’il n’a rien fait. J’imagine l’ambiance à table lors du repas. Evaluer le risque en fonction de sa probabilité et non pas en fonction des faits, relève de la pathologie.

Si aujourd’hui l’absurdité des mesures prises pour gérer la crise du COVID sont respectées, c’est tout simplement parce que ce système nous impose cette conception du sens commun, et abrutis par le matraquage médiatique nous l'acceptons inconsciemment. Alors que tout bon sens nous ferait dire « mais c’est n’importe quoi !!! ».

Comme quoi les querelles de clochers peuvent cacher bien des choses !!!

Le bon sens en toute simplicité

Qu’est-ce que le bon sens ?

La réponse est simple puisqu’elle est contenue dans la question.

C’est la synthèse de la perception de nos capteurs sensoriels naturels, nos sens. Elle nous permet naturellement et très simplement, à partir d’élément connu, d’en déduire un sens logique, basé sur l’observation naturelle de ce que nous sommes et du monde naturel qui nous entoure, pour apporter une réponse aux situations rencontrées.

 

Par exemple : si j’ai un point haut et un point bas et que je verse de l’eau au point haut, l’eau coule vers le bas.

Maintenant si je verse de l’eau au point bas est-ce que l’eau peut couler vers le haut ? : Non

 

Mais si votre contradicteur vous dit ce n’est pas toujours vrai, l’eau peut très bien couler vers le haut, s’il y a une pompe par exemple. Donc c’est bien la preuve que le bon sens, ce n’est pas toujours celui auquel on croit. Que répondez-vous ?

 

Le bon sens est une priorisation de principes naturels identifiés, permettant de définir un sens logique du déroulement des choses. Maintenant si ce qui est observé ne va pas dans le sens logique, ce n’est pas le bon sens qu’il faut mettre en doute mais l’énoncé du problème. Cela est une réponse de bon sens !!!

On ne peut préjuger du bon sens d’une personne qu’en fonction de la qualité de l’énoncé du problème, c’est à dire des éléments portés à sa connaissance, bien évidemment si elle n’a pas la totalité des éléments, son bon sens ne s’appliquera qu’à ce qu’elle connaît de la situation.

 

Quelqu’un qui s’amuse à remettre en doute le bon sens en jouant de ce principe, dans le meilleur des cas est un petit plaisantin, mais dans le pire, un escroc.

  • Donner des apparences d’évidence, n’en garantit pas la pertinence.
  • Demander les éléments pour que les apparences soient pertinentes ce n’est pas être complotiste, c’est juste faire preuve de bon sens.
  • Ne pas les donner c’est ériger le mensonge en vérité. C’est aussi ce que l’on appelle le péché par omission.
  •  

C'est peut-être aussi pour cela que le son de cloches indisposent autant.

 

Allez donc savoir !!!

 


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8 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 décembre 2020 13:07

    Denys, le tyran de Syracuse, lui ayant demandé pourquoi les philosophes venaient aux portes des riches, alors que les riches ne venaient pas à celles des philosophes, Diogène de Laërce lui avait répondu : « Parce que les uns savent ce dont ils ont besoin, tandis que les autres ne le savent pas ».


    • binary 15 décembre 2020 14:03

      @Séraphin Lampion
      Cette réponse sous-entend que les philosophe sont plus intelligents que les riches. Mais, si c est le cas , pourquoi ne sont ils pas plus riches que les riches ?
      L intelligence ne sert donc qu à formuler un besoin, pas à y répondre ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 décembre 2020 14:15

      @binary

      Alexandre le rencontrant un jour lui dit :

       « Je suis le grand roi Alexandre. »

      Diogène alors se présenta :

      « Et moi je suis Diogène, le chien. »

      On lui demanda pourquoi il était appelé chien : 

      « Parce que je caresse ceux qui me donnent, j’aboie contre ceux qui ne me donnent pas, et je mords ceux qui sont méchants... « 


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 décembre 2020 14:39

      @binary

      Warren Buffett, qui a été pendant un temps l’homme le plus riche du monde, a dit sur CNN en 2005  : «  Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner.  »

      Les philosophes ne constituent pas une classe sociale, mais ils ne sortent pas souvent de celle de Warren Buffet, et s’ils sont devenus invisibles, c’est qu’ils ont été défaits. Car le résultat d’une guerre n’est pas qu’une question d’intelligence, c’est surtout une question de rapports de forces.


    • binary 15 décembre 2020 15:01

      @Séraphin Lampion
      Les philosophes ont été « défaits » par les riches ou par les scientifiques ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 décembre 2020 15:06

      @binary

      par la violence, pas par la raison


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 décembre 2020 15:07

      @binary

      mais ça n’a rien de définitif
      perdre une bataille, ce n’est pas perdre la guerre


    • binary 15 décembre 2020 20:03

      @Séraphin Lampion
      Il est est vrai que la science est particulièrement « violente » contre l irrationnel.

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