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Accueil du site > Actualités > Société > « Libanisation de la France » : ce qu’il faut vraiment voir derrière (...)

« Libanisation de la France » : ce qu’il faut vraiment voir derrière cette expression

Au-delà de la communautarisation à laquelle fait référence habituellement l'expression, j'apporte, dans cette contribution, un éclairage plus profond qui permet de voir l'implosion du Liban comme une répétition générale de ce qui pourrait se passer, à terme, en France.

« Libanisation de la France » : ce qu’il faut vraiment voir derrière cette expression

Ladite expression est fréquemment utilisée aujourd’hui pour évoquer la communautarisation de notre pays. Pour avoir bien connu le Liban, certes je ne la réfuterai pas mais je dirai qu’elle occulte un aspect plus profond, dont la connaissance pourrait alerter plus gravement les esprits, qui somnolent encore, sur le danger qui nous guette. Je veux parler là du processus qui a conduit, au fil des ans, à l’éclatement du Liban, jadis paradis, et que je vois se déployer inexorablement en France aussi.

Voici le processus tel que je l’identifie en 12 phases.

1) L’introduction d’un corps étranger dans le pays

Au Liban, majoritairement chrétien à son indépendance en 1943, ce fut les réfugiés Palestiniens, majoritairement musulmans, en deux vagues importantes : la première en 1948 à la création de l’état d’Israël[1], la deuxième en 1967 suite à la guerre des Six jours. Beaucoup furent par la suite naturalisés, ce qui fera pencher la balance démographique en faveur de la frange musulmane du pays.

En France, ce fut la communauté immigrée musulmane, avec la politique du regroupement familial initiée dans les années 1970, renforcée par les flux migratoires (légaux ou pas) ces dernières années, venant pour beaucoup de pays musulmans.

2) La ghettoïsation du corps étranger

Au Liban, les Palestiniens furent concentrés dans des camps de réfugiés, essentiellement autour de la capitale et des grandes villes.

En France, l’essentiel de la population dont il s’agit ainsi que sa descendance se retrouvent majoritairement dans les banlieues ou quartiers dits sensibles.

3) Revendications et troubles provoqués par certaines composantes du corps étranger

Au Liban, les combattants palestiniens ont commencé à circuler hors des camps avec leurs armes, prétextant devoir être en capacité de se défendre en cas d’attaque israélienne. Ils ont même dressé des barrages de contrôle, procédant à des enlèvements arbitraires.

En France, les violences et émeutes péri-urbaines sont aujourd’hui fréquentes à certains endroits, souvent gratuites, parfois déclenchées par des évènements prétexte. On commence même à parler de guérilla.

4) Accrochages avec les forces de l’ordre

L’État libanais a tenu ferme, dans un premier temps. Des accrochages entre des factions palestiniennes et les forces de sécurité intérieures ont commencé dès la fin des années 1960, remplacées par la suite par l’armée dont l’aviation même a bombardé en 1973 les camps autour de la capitale.

En France, les « accrochages » relèvent plutôt d’un sens unique à ce jour, la police subissant des attaques au mortier d’artifice et au cocktail Molotov, sans oublier d’autres corps comme les pompiers bien entendu.

5) Victimisation du corps étranger

C’est au motif que les Palestiniens étaient déjà victimes de la Grande catastrophe que les pays arabes, notamment, ont fait pression sur l’État libanais afin qu’il cesse les violences contre eux.

Est-il nécessaire de développer le parallèle avec la France ? Il suffit, à titre d’exemple, de citer, parmi les plus récents propos, ceux de Najat Vallaud-Belkacem qui estime que la notion de laïcité n'est « convoquée régulièrement que pour exclure une religion, et en l'occurrence, l'islam »[2]. La liste est longue dans ce sens.

6) Indignation et parti pris dans l’opinion publique

Au Liban, les divisions au sein de la population ont même touché le camp chrétien, sans parler de la rue arabe.

S’agissant de la France, notre laïcité est critiquée, même par les États-Unis, sans compter les partis pris internes qui s’offusquent de toute atteinte à l’immigration, par exemple.

7) Mouvements de sympathie et de défense du corps étranger

L’indignation se traduit concrètement par, entre autres, des manifestations, qui pour les Palestiniens au Liban, qui contre l’islamophobie en France.

8) Culpabilisation/dénigrement du pays d’accueil

La stratégie de victimisation entraine la culpabilisation du pays hôte. Le Liban, et sa composante chrétienne, taxée de pro-israélienne, n’ont pas échappé à ce pointage du doigt, alors qu’en France, indigénistes et décolonialistes, entre autres, sont ardemment à l’œuvre.

9) Recul puis disparition de l’autorité publique face au corps étranger

Devant cette culpabilisation, l’État devient laxiste. Au Liban, les FSI et l’armée ont quitté les zones de contact.

En France, nous avons depuis longtemps nos « territoires perdus de la République » et la police ne fait que subir.

10) Édification du corps étranger en force armée défiant l’autorité publique

Au Liban, les Palestiniens armés ont de nouveau débordé des camps en toute impunité.

Pour la France, j’ai déjà évoqué les attaques contre la police, où l’on voit des armes de poing surgir de temps en temps, des quartiers entiers étant sous la coupe de caïds qui vivent de trafics juteux, où la porosité est grande avec le financement du terrorisme jihadiste.

11) Velléité « séparatiste » de certaines composantes

Au Liban, on a prêté aux Palestiniens l’intention d’étendre leur hégémonie sur le pays pour en faire une base d’attaque contre Israël, voire une terre de substitution à la Palestine.

En France, nous parlons aujourd’hui d’une « loi sur le séparatisme » !

12) Cristallisation des tensions entre gauche palestino-progressiste et droite conservatrice

C’est ainsi que furent qualifiées les forces en guerre par la suite au Liban.

En France, on oppose l’islamo-gauchisme à la droite nationale ou identitaire.

Au Liban, les militaires avaient fait bloc contre les Palestiniens avant de se retirer dans leurs casernes et de se déchirer.

En France, les militaires signataires de la lettre ouverte publiée en avril par https://www.place-armes.fr/événements font face à des sanctions réclamées par leur Ministre. Si les suites de cette affaire s'amplifient, l'armée, dernier rempart de stabilité, risque d'être ébranlée, ce qui serait dangereux.

Au Liban, le dimanche 13 avril 1975, la mèche allumée atteint le baril de poudre et fait voler en éclats le vivre-ensemble.

J’espère qu’en France nous arrêterons ce processus avant que le contexte ne soit suffisamment mûr pour qu’un incident, savamment orchestré et exploité par des agitateurs chevronnés, n’ouvre la porte, un jour, à un enchainement d’évènements graves. M’objecterait-on que la France n’est pas le Liban que je répondrais « Voulez-vous prendre le risque ? ». Plus on laissera la situation pourrir, plus lourd sera le prix à payer pour l’assainir.

« On entend le bruit du mur quand il s’écroule mais pas le bruit du lierre qui l’envahissait »

 

[1] Cet évènement est qualifié de « Grande catastrophe » en arabe.

[2] France Inter, 20 avril 2021.


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9 réactions à cet article    


  • adeline 5 mai 09:50

    encore un nouveau qui passe direct


    • Attila Attila 5 mai 10:17

      Article intéressant, merci de nous avertir.

      Mais, par pitié, pourriez-vous éviter de répéter comme un perroquet les lubies langagières des médias :

      les « mortiers » d’artifice ! Les français normaux appellent cela des FEUX d’ARTIFICE !

      Un mortier, c’est ça. On n’en est pas encore là.

      .


      • Decouz 5 mai 10:30

        @Attila
        Un pétard ce serait une grenade alors, ou un joint ?


      • Abou Antoun Abou Antoun 5 mai 10:42

        Bonjour,

        J’ai connu le Liban avant et pendant la guerre civile.

        J’ai donc vu la marche inéluctable vers le chaos.

        J’approuve entièrement votre analyse et j’ai employé pour mon propre compte le mot ’libanisation’ sur AV à propos de la situation française.

        Il n’y a pas grand chose à ajouter sauf peut être le fait que la situation est plus grave encore ici. Au Liban les différentes parties prenantes avaient les mêmes références culturelles, chrétiens comme musulmans et palestiniens sont de culture arabe et parlent la même langue. La scission entre les chrétiens et les musulmans s’est faite sous occupation turque mais elle est du même type de ce qui s’est passé en ex-Yougo. C’est pour des raisons d’ordre pratique que certains Libanais se sont convertis à l’Islam, tout comme les Slaves en Bosnie... Chrétiens et musulmans sont cousins, proches parents et portent souvent les mêmes patronymes.

        En France le fossé est plus profond entre ’souchiens’ et Français issus de l’immigration.

        On peut redouter le pire. La classe politique française a été (et est toujours) aveugle et stupide.



          • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 5 mai 12:44

            Analyse très superficielle, qui, comme beaucoup, ne cherche pas à analyser la réalité dans sa complexité, mais simplement à piocher sélectivement pour argumenter un parti-pris préétabli.

            1/ Il faut rappeler que le Liban dans ses frontières est une création coloniale française, créée autour du Mont Liban par annexion de territoires, en particulier syriens (Plaine de la bekaa). L’idée étant de créer le plus grand état à majorité chrétienne possible, celle-ci n’étant donc pas un état de fait mais une volonté politique. (J’ai écrit un article sur le sujet : La diplomatie française au Liban - Rappels historiques ) La notion de « corps étranger » au Liban est donc particulièrement floue, à l’exeption des Palestiniens admettons-le, mais ceux-ci y ont été contrains, contrairement à la France ou l’immigration est la volonté du patronat. Dans tous les cas, les chrétiens n’ont jamais dépassé 51% de la population (1932), et a décru continuellement depuis. L’exode palestinien n’a pas changé massivement le rapport, d’autant qu’il y avait également des chrétiens parmi eux. D’autre part, la distribution du pouvoir entre communautés, négociée à l’indépendance sur la base de 1932 n’a quasiment pas évolué, malgré la baisse permanente de la part chrétienne.

            2/ Admettons.

            3/ L’existence des troupes palestiniennes sous l’autorité de l’OLP est avant tout le fait de la Syrie, comme composante de la stratégie d’affrontement avec l’entité sioniste. Le parallèle avec la délinquance en France est particulièrement ... « audacieux »...

            4/ Dès avant la guerre civile de 1975, la société libanaise est totalement divisée, non pas sur une ligne religieuse mais politique, cristallisé par la guerre froide. Les partis chrétiens étant majoritairement pro-occident, contre les partis progressistes, pro-URSS, et pro-palestiniens. Si certains partis progressistes sont traditionnellement musulmans, une grosse partie est laïque, Parti communiste libanais, PSNS, etc. La guerre civile n’a été possible précisément parce que l’état libanais (déjà très faible à l’époque) était perçu comme servant les intérets exclusifs d’une faction, et non pas la patrie. Quant au bombardement par l’aviation libanaise des camps, je n’ai trouvé aucune trace de cela. Par contre, les bombardements « israéliens » de 1973 sont documentés : https://en.wikipedia.org/wiki/1973_Israeli_raid_on_Lebanon. Lapsus révélateur ?

            5/ Encore une fois, vous occultez les positions pro-palestiniennes des partis authentiquement libanais : PSP, PCL, PSNS, parti Baas etc. La pression ne venait certainement pas que de l’extérieur.

            6/ « la rue arabe » est un terme inventé par l’entité sioniste pour nier la représentativité des partis politiques arabes, avant l’introduction du terme « musulman modéré ». Il n’y a pas de camp « chrétien » d’où ces divisions, mais des progressistes et des pro-occident. Notons aussi que les combats parmi les plus violents de la guerre civile auront lieu entre chrétiens : Le général Aoun, dépositaire de l’autorité légitime, et les FL de Samir Geagea, sur des questions politiques.

            7/ Pfff.

            8/ « Taxé de pro israélienne », c’est bien plus que « taxé », puisque les sionistes envahiront le Liban en 1982, en connivence avec les phalangistes, et occuperont le pays jusqu’en 2000. Voir le film « Valse avec Bashir ». L’entité sioniste est un des principaux fauteur de trouble du conflit.

            9/ Je vivais à Beyrouth il y a encore 2 ans, allez aux abords du camp de Chatila, vous verrez si les « FSI et l’armée ont quitté les zones de contact ». D’autre part, les évènement récents les plus graves ont eu lieu à Nahr el Bared, camp palestinien ou Mr Harriri, permier ministre du Liban, grand ami de Chirac et de Macron, Ressortissant Franco-Libano-Saoudien, entretenait une milice pour ses manipulations internes.

            10/ « Au Liban, les Palestiniens armés ont de nouveau débordé des camps en toute impunité. » Jamais entendu parler de cela. Des sources ?
            En ce qui concerne la France, quand l’état veut, l’état peut : voir les gilets jaunes.

            11/ ridicule.

            12/ Enfin ! Vous évacuez finalement la question religieuse, en contradiction avec les points précédents.


            • Abou Antoun Abou Antoun 5 mai 14:08

              @Opposition contrôlée
              Réaction contradictoire mais néanmoins fort intéressante car (bien) documentée par un intervenant connaissant son sujet.
              En fait l’auteur pointe les ressemblances, fait des assimilations, et vous relevez au contraire les différences, qui existent.
              D’un côté on peut dire que l’histoire est un perpétuel recommencement, de l’autre on peut dire que les mêmes causes (apparentes) ne produisent jamais les mêmes effets.
              >>Il faut rappeler que le Liban dans ses frontières est une création coloniale française, créée autour du Mont Liban par annexion de territoires, en particulier syriens (Plaine de la bekaa).
              On peut dire cela de tous les états du M.O. arabe (Syrie, Liban, Jordanie, Irak, Koweit, états de la péninsule arabique, et bien sûr Israël etc...) ce sont presque tous des constructions coloniales. dès lors, toute analyse peut commencer par ce constat, et partant rendre le colonialisme responsable de tous les maux, passés, présents et à venir.
              >>3/ L’existence des troupes palestiniennes sous l’autorité de l’OLP est avant tout le fait de la Syrie, comme composante de la stratégie d’affrontement avec l’entité sioniste.
              Pas vraiment ! Les Syriens ont enrôlé (de force) les milices palestiniennes dans la ’Saïka’ (coup de foudre) entièrement sous le contrôle de l’armée syrienne. Les milices réfugiées au Liban veulent justement échapper au contrôle syrien. D’ailleurs elles s’opposeront violemment à l’armée syrienne venue au Liban rétablir l’ordre en appui objectif des phalanges chrétiennes.
              Il n’y a d’ailleurs qu’au Liban que les milices palestiniennes évoluent librement ; en Jordanie on se souviendra de ’septembre noir’.
              >>Encore une fois, vous occultez les positions pro-palestiniennes des partis authentiquement libanais : PSP, PCL, PSNS, parti Baas etc. La pression ne venait certainement pas que de l’extérieur.
              C’est exact !
              >>Quant au bombardement par l’aviation libanaise des camps, je n’ai trouvé aucune trace de cela.
              C’est exact mais en 1973 l’armée libanaise a bien bombardé les camps par ordre de Soleiman Frangié. Les camps ont d’ailleurs riposté à l’arme lourde arrosant les banlieues (Furn Ech Chebbak, Hazmieh) Cette option a été vite abandonnée par risque de ’rupture’ de l’armée libanaise, qui s’est effectivement produite peu de temps après.
              Pour ce qui concerne la diplomatie française elle est disons mal inspirée mais plus ou moins constante jusqu’à la présidence Chirac, elle repose sur l’alliance avec les partis chrétiens et la bourgeoisie sunnite et le mépris des masses chiites et druzes. Quoi qu’il en soit non seulement la diplomatie française est incapable de rétablir la paix civile en 75 (mission Couve de Murville) mais elle ne peut empêcher le meurtre de son ambassadeur (sans doute commandité par Damas).
              Depuis Sarko c’est évidemment tout et n’importe quoi, et pas seulement au M.O. les différents guignols qui se sont succédés n’y comprenant rien à rien.
              Quoi qu’il en soit la France n’a guère été récompensée pour services rendus aux chrétiens puisque ce sont eux qui ont déclaré unilatéralement l’indépendance alors que la France, occupée et au plus bas, est mise devant le fait accompli.

              .


            • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 5 mai 18:08

              @Abou Antoun

              rendre le colonialisme responsable de tous les maux

              Il faut noter que les ottomans ont commencé ce jeu, déplacement de populations, frontières arbitraires etc. C’est malheureusement l’extraordinaire diversité culturelle qui, tant bien que mal, continue à exister dans cette région qui fait le jeu des empires...

              Les Syriens ont enrôlé (de force) les milices palestiniennes

              Vous avez raison, je sais la nature des relations entre Arafat et Al-Assad, qu’on ne peut pas qualifier de cordiales... Je me suis fait l’avocat du diable, dans le sens où l’accusation de collusion Syrie-OLP était la norme chez les phalangistes à l’époque.

              en 1973 l’armée libanaise a bien bombardé les camps

              A vrai dire, dès 1969, l’armée a bombardé les positions palestiniennes. Déjà à Nahr-el-Bared, puis dans la Bekaa et dans le Sud, ce qui a entraîné la démission du premier ministre Rachid el Karameh, et une riposte syrienne contre l’armée libanaise (As-saiqa étant visé, saïka, c’est un biscuit russe, je vous reconnais bien là ;-D), puis une demande d’intermédiation de Nasser, à laquelle fut convié Arafat. C’est là que l’OLP a obtenu un accord avec le Liban pour poursuivre ses opérations. Il est vrai, arraché au respectable président Hélou. 

               en Jordanie on se souviendra de ’septembre noir’.

              Même année que la mort de Nasser, du coup d’état de Hafez Al-Assad et de l’élection de Franjieh. L’Hisoire en en route...

              Depuis Sarko c’est évidemment tout et n’importe quoi

              Depuis Sarközy, on ne se préoccupe plus de la réalité. Les médias font leur travaille, fabriquent une réalité virtuelle bien plus simple a appréhender, un scénario façon Hollywood. « l’auteur pointe les ressemblances, fait des assimilations », oui, il est parfaitement dans cette vague de simplifications outrancières, de scénario simplet, de manipulation de l’ignorance.


            • I.A. 6 mai 10:55

              Bonjour, LREM/RN

              Votre « terreau campagnard » tente de s’enrichir, ce qui est un bel effort.

              On fait alors comme on a dit ? Marine/Macron pour le deuxième round ?

              À plus !

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Auteur de l'article

Guy Trolliet


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