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Accueil du site > Actualités > Société > Patty Hearst et l’étrange armée de libération symbionaise

Patty Hearst et l’étrange armée de libération symbionaise

L’enlèvement de Patty Hearst est l’un des événements les plus marquants des années 70 aux USA. Il fît connaître l’armée de libération symbionaise, à laquelle l’otage fille de bonne famille, se rallia à la stupeur générale. Plus de 30 ans après, le constat est sans appel. L’ALS qui luttait pour la symbiose des races et des classes et dénonçait le système judiciaire américain est devenue un symbole de l’inégalité de traitement qu’elle combattait. L’histoire de ce groupement suscite en outre de nombreuses questions, sur lesquelles plane l’ombre des taupes du FBI dans les mouvements étudiants des années 70.

Patricia Hearst, est la petite-fille du magnat de la presse très controversé, Willian Randolph Hearst, célèbre pour avoir inspiré à Orson WELLES le personnage de son film « CITIZEN KANE », et pour avoir inventé la presse à sensation. Elle est kidnappée le 4 février 1974 sur le campus de BERKELEY où elle étudie l’histoire de l’art, dans son appartement. Ses kidnappeurs font partie de l’armée de libération symbionaise un mouvement terroriste américain se considérant comme l’avant-garde d’une armée révolutionnaire d’obédience d’extrême gauche.

A l’époque de l’enlèvement, ce groupuscule est peu connu. L’ALS est un mouvement de guerilla parmi d’autres et n’a jamais comporté plus de 20 membres, qui ont tous prix des surnoms. Les plus connus sont : Russell Little (Osceola ou Osi), Joseph Remiro (Bo), Donald D. DeFreeze (General Field Marshal Cinque Mtume), William Wolfe (Cujo), Angela Atwood (Gelina ), Patricia Soltysik, aka Mizmoon Soltysik (Zoya), Camilla Hall (Gabi), Nancy Ling Perry (Fahizah), Emily Harris (Yolanda) et William Harris (Teko).

Bill Harris Emily Harris

Camilla Hall Donald Defreeze

Patricia SoltysikNancy ling perry

L’ALS prend corps à SAN FRANSISCO, dans le milieu extrême-gauche et plus particulièrement celui des visiteurs de prisons, autour de Willie Wolfe, étudiant en anthropologie, impliqué dans l’étude du système carcéral. Ces activistes sont pour la plupart des éducateurs bénévoles qui interviennet auprès des détenus noirs et sont en but avec le système carcéral américain, perçu comme un instrument fasciste conçu pour regrouper dans des prisons–camps de concentration les afro-américains. Ils considèrent dès lors que tous les afro-américains sont des prisonniers politiques. Les membres rêvent de former un groupement de guérilla urbaine comme ceux actifs en Amérique du sud. Willie WOLFE, alias Cujo, transforme cette idéologie en un plan d’action, mêlant les idéologues étudiants de gauche aux militants prisonniers.



L’ALS se constitue véritablement après l’évasion de prison de Donald DeFreeze, afro-américain (le seul de l’ALS), qui choisit le pseudonyme « Field Marshal Cinque », le maréchal Cinque. Cinque emprunte ce nom au meneur de la rébellion des esclaves du bateau négrier Amistad en 1839. C’est un enfant d’une famille pauvre de Cleveland, incarcéré pour un hold-up. Cinque s’évade de la prison d’État de Soledad le 5 mars 1973 et trouve refuge dans une communauté, Peking House, dans la baie de San Francisco. Pendant quelque temps, il cohabite avec des futurs membres de l’ALS, Willie Wolfe et Russel Little, puis emménage avec Patricia Soltysik, « Mizmoon ». DeFreeze et Soltysik devinrent amants et commencèrent à former des projets pour la formation d’une « nation symbionaise ».

L’adjectif « symbionaise » vient de symbiose, un terme utilisé en biologie pour décrire une interaction à bénéfice mutuel entre des espèces différentes. L’ALS signifie ainsi la visée multiculturaliste de l’organisation, le mélange des races par la libération des afro-américains, ainsi que le mélange des classes.

L’activité principale du groupe est d’abord l’acquisition et l’entraînement aux armes à feu. L’ALS réalise sa première action d’envergure le 6 novembre 1973 avec le meurtre du directeur des écoles d’Oakland, Marcus Foster., Ce dernier voulait mettre en service des cartes d’identification dans les écoles d’Oakland, un projet fasciste selon l’organisation, qui visait à protéger les écoles des dealers de drogue . Un assassinat peu compréhensible et contre-productif, à but uniquement médiatique, lorsqu’on sait que Foster s’était opposé à la mise en place de cartes d’identification dans ses écoles, et que son projet était une version édulcorée. Par ailleurs, Foster, lui-même afro-américain, est populaire à gauche et dans la communauté noire. De fait, cet assassinat ne recueillit aucun soutien et fut condamné par les leaders de la communauté noire. Le 10 janvier 1974, Joe Remiro et Russ Little sont arrêtés et accusés du meurtre de Marcus Foster. Little est acquitté en appel, mais Remiro est définitivement condamné.

Foster Remiro

Pour venger l’arrestation de Remiro et de Little, l’ALS décide d’enlever une personnalité importante pour négocier un échange de prisonniers. Prévenu des intentions du groupe, les policiers ont découvert un carnet de l’armée dans un appartement, le FBI ne prend pas la menace au sérieux. L’ALS agit le 4 février et enlève Patricia Hearst. La presse HEARST symbolise les médias détestées par l’ALS, à base de scandales en tout genre. Par ailleurs, William Randolph Hearst n’a pas caché ses sympathies hitlériennes avant la guerre. Ils ont facilement découvert l’adresse de Patty Hearst, laquelle n’appréciait pas l’ambiance du château familial, et préfère le milieu de gauche estudantin.



L’ALS publie tout d’abord ce communiqué très menaçant pour la vie de l’otage. L’ALS exige un échange de prisonniers pour Remiro et Little, demande qu’ils abandonneront par la suite. Ils exigent également une rançon sous une forme inédite : un programme de distribution de nourriture. La famille Hearst doit verser pour 70 dollars de nourriture à chaque indigent de la côte du Pacifique. Cette forme de rançon s’inspire d’un groupe de guerilla argentin, qui avant eux avait pratiqué un enlèvement en échange de distribution de nourriture. On dénombre 1 900 000 indigents en Californie. La valeur de la nourriture à distribuer est fixée à 4 millions de dollars. De la nourriture gratuite fut réellement distribuée, via une fondation. Mais l’opération est interrompue quand une émeute éclate à un des quatre points de distribution, suite à une distribution mal organisée : Des caisses pleines sont jetées dans la foule du haut des camions, on s’arrache les cartons et la police doit intervenir.

Avril 1974, l’ALS prétend que Patricia va être libérée. le lendemain, c’est, le choc : la photo de la « révolutionnaire » et le récit de sa « conversion » est envoyée à ses parents.

Patty Hearst s’est métamorphosée en guérillera brandissant un pistolet-mitrailleur, devant l’emblème de l’ALS, le cobra aux sept têtes. Un message sur minicassette accompagne le document : « J’ai choisi de me joindre aux forces de l’Armée de libération symbionaise et de combattre pour ma liberté et pour la liberté des opprimés. » Son nouveau nom de guerre est Tania, celui d’une des dernières compagnes de Che Guevara. De son père, elle dit qu’il est « un fieffé menteur ». Et à son fiancé, professeur à l’université de Berkeley, elle demande de l’oublier. Mi-avril, des images de Patty Hearst issues d’une caméra de surveillance d’une banque montrent que le revirement de Patty est bien vraie puisqu’elle participe au braquage.



Patricia affirme qu’elle n’a été ni droguée, ni hypnotisée, ni torturée. Ses parents contestent l’authenticité du message : « Nous connaissons Patty depuis vingt ans, ils l’ont depuis soixante jours. Pour nous convaincre de sa sincérité, nous devons la rencontrer. » L’emballement médiatique est énorme Selon un psychiatre de Los Angeles, auteur d’une psychologie du terrorisme, « il se noue parfois d’étranges relations amoureuses entre une femme enlevée et ses ravisseurs ». M. James H. Kroes, spécialiste de l’analyse vocale, examine la voix enregistrée de Patricia et conclut que le niveau de stress psychologique est deux fois plus élevé que la normale. La jeune fille aurait donc pu parler sous la menace.

On dit que le changement d’orientation politique de Patricia Hearst est dû au syndrome de Stockholm, ainsi nommé par un psychiatre en 1978, soit bien après l’affaire. Patricia Hearst sera examinée plus tard lors de son procès par la psychologue spécialisée Margaret Singer, qui adhérera à cette théorie. Le syndrome de Stockholm tire son nom d’un fait-divers de 1973 : Le 23 août 1973, un évadé de prison, Jan Erik Olsson tente de commettre un braquage dans l’agence de la Kreditbanken du quartier de Norrmalmstorg à Stockholm. Lors de l’intervention des forces de l’ordre, il se retranche dans la banque où il prend en otage quatre employés. Il obtient la libération de son compagnon de cellule, Clark Olofsson, qui peut le rejoindre. Six jours de négociation aboutissent finalement à la libération des otages. Or, ceux-ci s’interposeront entre leurs ravisseurs et les forces de l’ordre. Par la suite, ils refuseront de témoigner à charge, contribueront à leur défense et iront leur rendre visite en prison. Une relation amoureuse se développa même entre Jan Erik Olsson et Kristin, l’une des otages.

Le 17 mai 1974, à LOS ANGELES, l’ALS est décapitée. La police a trouvé la planque de l’armée et fait le siège d’un immeuble au sud de la ville, en bordure du ghetto noir de Watts. L’état-major de l’ALS s’y est réfugié. L’assaut est retransmis en direct par toutes les télévisions. Il est d’une rare violence, comme si on ne voulait pas les prendre vivants…Les policiers équipés de gilets pare-balles, et armés de fusils M 16 ouvrent le feu. La bataille rangée dure pendant quarante-cinq minutes, Des grenades à fragmentation incendiaires sont lancées. La maison s’embrase comme à WACO. Plus de mille coups de feu sont échangés. Dans les décombres de l’immeuble incendié, on retire six cadavres calcinés. Il faudra passer aux rayons X les mâchoires des victimes, pour les identifier. Deux hommes et quatre femmes. Patricia n’est pas parmi elles. Parmi les morts, la tête pensante, Donald De Freeze, mais également Patricia Soltysik, Nancy Ling Perry, Angela Atwood et Willie Wolfe. Patty Hearst ne figure pas parmi les membres tués. Les membres restants braquent la Crocker National Bank à Carmichael, en Californie et tuent Myrna Opsahl, une cliente de la banque, au cours de l’opération.



Patty Hearst, après une des chasses à l’homme les plus longues et les plus médiatisées de tous les temps, est capturée avec Wendy Yoshimura en septembre 1975. Accusée du braquage de la banque Hibernia, elle prétend avoir agi sur ordre de ses geôliers, avoir été victime de coups et d’abus sexuels. C’est la version retenue par le Tribunal, qui s’est montré bien magnanime. En effet, les membres survivants affirmeront tous que le choix lui a été donné de partir. De plus, les caméras de surveillance des banques braquées ont montré qu’elle a eu plusieurs occasions de s’échapper, qu’elle a participé à plusieurs actions humiliantes sur des otages, et qu’elle était tout aussi impliquée que les autres. De plus, la police la piège et installe des micros dans sa cellule, micros qui révèlent qu’elle est toujours aussi exaltée par sa cause.

Pour son procès, la famille Hearst a mobilisé les meilleurs avocats et experts. Elle risque 30 ans et est condamnée pour le braquage de la banque Hibernia à 7 ans de prison . Elle passe seulement 21 mois en prison. Là encore, la clémence est au rendez-vous. Sa peine est en effet commuée par le président Carter et réduite à 2 ans. Elle doit encore répondre d’une fusillade devant un magasin de sport pour lequel elle écope seulement de 5 ans de liberté surveillée. Finalement elle est graciée par le président Clinton. Après sa libération, Hearst retourne dans son milieu social d’origine, celui d’une héritière de bonne famille. Vous pouvez la voir au cinéma, notamment dans les films de John WATERS, ou dans des séries.

Les membres restants de L‘ALS étaient eux par contre condamnés à la clandestinité et à être rattrapés par le passé. Au vu du sort qu’ont par la suite connu ses compagnons de guérilla, Patty Hearst a bénéficié d’une clémence exceptionnelle.

Le 21 août 1975, Kathleen Soliah commet un attentat à la bombe raté sur des policiers du LAPD. Les bombes qu’elle avait placées sous une voiture de police n’ont pas explosé. Elle s’exile au Zimbabwe, puis revient aux USA au Minnesota sous le faux nom de Sarah Jane Olson. Elle se mari à un docteur et a plusieurs enfants. Elle est alors la fugitive la plus recherchée des USA. Le FBI finit cependant par l’arrêter en 1999. En 2001, elle plaide coupable pour la possession d’explosifs avec intention de meurtre et est condamnée à deux peines consécutives de dix ans à perpétuité. Après négociation entre le procureur, elle ne fit que huit ans. Plaider coupable lui évita de passer devant un Tribunal. En effet , dans le climat post-11 septembre et malgré sa réinsertion déjà ancienne, il ne faisait pas bon de comparaître pour des faits de terrorisme.

Kathleen Soliah

Le 16 janvier 2002, les accusations du meurtre de Myrna Opsahl fûrent retenues contre Kathleen Soliah, William et Emily Harris, Bortin, et Kilgore. Tous vivaient à présent au grand jour et furent immédiatement arrêtés, sauf James Kilgore, en fuite depuis 1975.

Le 7 novembre, Kathleen Soliah, les époux Harris, et Bortin plaidèrent coupable des charges reconnues contre eux. Emily Harris admis avoir tenu l’arme du meurtre, mais déclara que le coup de feu était parti accidentellement. Patty Hearst, après qu’on lui eut garanti l’immunité pour le meurtre de Myrna OPSAHL, déclara qu’Emily Harris, Kathleen Soliah, Michael Bortin, et James Kilgore avaient commis le braquage proprement dit, pendant qu’elle et Wendy Yoshimura étaient les chauffeurs et que William Harris et Steven Soliah faisaient le guet. Patty Hearst déclara aussi qu’Opsahl avait été tuée par Emily Harris, mais qu’elle n’avait pas assisté à la scène.

 Patty Hearst n’avait manifestement plus d’accointances avec ses anciens compagnons puisqu’elle enfonça sans vergogne Emily Harris, en affirmant qu’à l’époque du meurtre, celle-ci dénigrait la victime dans ces termes :« Elle était en fait une truie bourgeoise ». Au tribunal, Emily HARRIS démentit formellement cette remarque, et dit « Je ne veux pas que la famille Opsahl pense que nous avons jamais considéré sa vie insignifiante ».

Bortin - Harris - Soliah - Harris

Le 14 février 2003, Emily Harris est condamnée à huit ans pour le meurtre. Son ancien mari, William Harris, est condamné à sept ans, et Bortin à six ans. Kathleen Soliah est condamnée à six ans en plus de la peine qu’elle était déjà en train de purger. Les sentences étaient les maximales dont un accusé pouvait écoper sous ce type d’accusations.

Le 8 novembre 2002, James Kilgore, en fuite, est arrêté en Afrique du Sud et extradé aux États-Unis pour répondre à des accusations de transport d’explosifs et de faux passeport. Le procureur déclara qu’une bombe avait été trouvée dans l’appartement de Kilgore en 1975, et qu’il avait obtenu un passeport sous un faux nom. Il plaida coupable en 2003.

 

Le 26 avril 2004, Kilgore fut condamné à 54 mois de prison pour les explosifs et les accusations de faux passeport. C’est le dernier membre de l’ALS à répondre à des poursuites fédérales.

Kathleen Soliah a été libérée de prison en mars 2009 et a retrouvé son mari, le Dr Gerald "Fred" Peterson. Elle a été détenue pendant sept ans.

Cette affaire pose cependant des questions. Donald Defreeze a en effet connu un certain Colston Westbrook, membre officieux de la CIA, en prison. Il est dès lors fort probable qu’il ait été chargé par Westbrook d’infiltrer les milieux d’extrême-gauche. Le FBI était en effet à la recherche d’infos sur ces groupes. Par ailleurs, en les infiltrant, le FBI pouvait retourner l’opinion en faisant commettre aux groupuscules des actions impopulaires et violentes. On en revient bien évidemment à l’assassinat de Foster, assez curieux de la part de l’ALS…qui ressemble fort à une provocation vis-à-vis de la communauté noire. Par ailleurs, comment expliquer l’évasion si facile de Defreeze d’une prison aussi surveillée que Soledad ?

Defreeze était ainsi certainement une taupe du FBI au sein de l’ALS, une taupe qui s’est pris au jeu et qui a décidé seul l’enlèvement de Patty Hearst, petite-fille d’une famille proche du pouvoir. Il ne restait ensuite aux autorités qu’à se débarrasser de Defreeze au cours du massacre de mai 1974. Il est en effet très suspect que la police, qui disposait de gaz paralysants, est d’emblée employé des grenades incendiaires qui ne laissaient aucune chance aux retranchés. Il est de toute façon notoire que le FBI recrutait des taupes et était adepte des coups tordus vis-à-vis de ces mouvements en guerre avec le pouvoir nixonnien. Le massacre a enterré ces questions.
 
 

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5 réactions à cet article    


  • morice morice 29 juillet 2009 11:41

    excellent et passionnant travail... vous avez raison de souligner le rôle de Donald Defreeze, en effet : le mouvement était bien contrôlé par le FBI, qui y voyait un moyen simple de renforcer les lois du pays : en somme, l’armée symbionnaise avait logiquement précédé ... Al-Quaida !!! quand au massacre de taupes, c’est une constante américaine : un certain Lee Harvey Oswald est là pour le prouver. En somme aux Etats-Unis, il ne faut pas trôt tenter de faire son trou au sein du FBI ou de la CIA, comme taupe... un point à noter : on s’évade aussi facilement de certaines prisons US : Eichmann l’avait fait avant de fuir en Argentine... avec l’aide de la CIA....des documents de 2006 sur la question révèlent la mainmise de la CIA sur sa carrière post-SS...


    • Ikky Ikky 29 juillet 2009 12:26

      Bonjour, est-ce que quelqu’un peut compléter mon article en racontant les circonstances exactes de l’évasion de Defreeze de la prison SOLEDAD ?
       Je n’ai pas réussi à trouver d’indications.


      • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 29 juillet 2009 23:49

        @ l’auteur

        Bon article, très complet, bravo !

        Les années 60 et 70 ont été des années très agitées aux USA (plus la guerre du Viet-Nam), il y avait une telle déliquescence dans les « autorités établies » avec les assassinats en série des Kennedy du pasteur King et d’autres moins célèbres que la jeunesse était révoltée et avait l’impression (ce n’était hélas pas qu’une impression c’était une réalité) d’être gouvernés par la mafia (avec les mêmes méthodes, vols, meurtres)...Certains sont allé jusqu’à la lutte armée dans le contexte on comprend pourquoi ils n’avaient pas l’impression de vivre en démocratie. Edgar Hoover était à la tête du FBI (un état dans l’état) et n’obéissait à personne. Beaucoup de manifestations furent très durement réprimées, la garde nationale n’hésitait pas à tirer sur la foule, il y eu des centaines de morts par balle (comme dans les dictatures du tiers monde).

        Ce que j’ai du mal à comprendre c’est qu’encore jusqu’aux années 2000 (40 ans après) on a poursuivi ces gens, quelle mesquinerie ! Les grands criminels d’état eux n’ont jamais été inquiétés, ou est la justice la-dedans ? 


        • himmelgien 31 juillet 2009 04:06

          @ Marc Chapoutier : il n’y a pas lieu de s’étonner de cet acharnement à effet durable : il importe de toujours faire rappeler qui est le plus fort et que sa raison fait force de loi !... Il s’agissait aussi d’effacer les traces qui risquaient de prouver que toute l’affaire n’était à la base qu’un coup monté !...
           
           Plus exactement un contre-feu : on a créé une secte politique qui devait permettre de contrôler le mouvement de la jeunesse qui se développait de façon inorganisée ( donc imprévisible !) en contre-point de l’intensification de la guerre au Viêt-Nam . La presse Hearst n’en était pas à son coup d’essai : le mouvement hippie, c’est elle, par le détournement de l’activité de nombreux groupes de jeunes à travers la production de toute une bimbeloterie de bijoux, vêtements et autres « talismans » . Toute une stratégie d’insignifiances [ traduction de « hippie » : avoir une case en moins ! ]pour dévoyer et diviser le mouvement social qui refusait « les valeurs traditionnelles de l’Amérique »  : il s’agissait de couper les ailes au mouvement « beatnick » et empêcher que la « beat generation » ait une descendance !...

           Qu’ils aient pensé à créer une « armée » ( même fausse) en dit assez long sur leur inquiétude pour la solidité de leur pouvoir !... Cette affaire a permis de détourner l’attention des masses sur les véritables problèmes de l’époque et on assista à un pandémonium de super-héros, de Zorro et de Robin des Bois et chacun se demandait si le voleur allait encore échapper au gendarme à l’épisode suivant.
           Pour finir, on aura même droit à la police « spéciale » de l’Amérique, le redoutable FBI ainsi qu’à l’escadron de la mort de service pour faire le ménage : c’est qu’entretemps , la secte avait fini par se prendre au sérieux et commençait même à marquer des points contre l’Ordre ... tandis qu’en Asie, c’était la retraite sur tous les fronts !...
           Il fallait donc reprendre les choses en main !... A la Bourse, on dirait : liquider les positions !... Mais il fallait changer de crèmerie : l’armée symbionaise avait une bonne assise à Cleveland , les militants se déplacèrent donc à « Ellay » où un piège les attendait : la police y était d’une toute autre trempe avec une « escouade » pour les tâches spéciales : une noire ( Angela Atwood) sera capturée au début de l’assaut , torturée et battue à mort en pleine rue ... sous l’oeil des caméras du direct !... Aux US, nos limites de communes, de cantons , de départements y forment de véritables frontières, avec des autorités policières très jalouses de défendre leur territoire : il fallait donc neutraliser ces intrus !... Le « fort Chabrol » qui s’en est suivi montre que les militants étaient , en partie du moins sincères et que les traîtres devaient avoir eu le temps de filer !... Quand à la famille Hearst , elle s’était assez donnée en spectacle ( notamment avec la campagne de distribution de nourriture ) et elle pouvait récupérer son rejeton , affaire classée !... L’important, c’est que la classe dirigeante ait eu un répit de 30 ans de plus ... 


          • Ikky Ikky 2 août 2009 12:30

            Merci pour vos précisions. Sinon, je me suis toujours demandée si ce que vous dites sur l’ALS était valable pour notre belle France et ACTION DIRECTE. L’existence du GLADIO a été révélée chez tous nos voisins européens sauf chez nous. Après tout, on n’a jamais su vraiment comment il avaient tous été arrêtés, comme par miracle quelques mois après l’accession de la droite aux affaires, avec PASQUA à l’Intérieur ( toujours dans les bons coups). Je crois savoir que ROUILLAN a été un agent des RG à la fin des années 70 mais c’est mince...

            Au moins, dans les autres pays, il y a eu des commissions d’enquête et les hauts gradés ont reconnu avoir fait des actions sous faux-drapeaux chapeautés par l’OTAN. Que la France, où les communistes ont accédés au pouvoir, ait été épargnée est pour le moins étrange.

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