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Accueil du site > Actualités > Société > Police et zones de sécurité non prioritaires

Police et zones de sécurité non prioritaires

À Grigny hier soir, banale intervention pour faire cesser une bagarre.
Et c’est par des tirs tendus de mortiers de feux d’artifice, des jets de coktails molotov, et pour finir des tirs de fusil de chasse que sont accueillis les fonctionnaires de police.
Des flics qui accomplissent une de leurs missions les plus simples, les plus quotidiennes, une intervention non sans risques - risque zéro ne rime jamais avec police - mais banale, et en dehors de tout contexte particulier de désordre ou contestation "sociale" (les guillemets ne sont pas anodins). Une bagarre au pied d’une cité.

Ce scénario, cette violence extrême, jusqu’au-boutiste, les armes à feu contre des policiers qui viennent rétablir une des garanties de la Constitution, à savoir l’ordre public, devient banal lui aussi.

Hier, dans une cité de Grigny, de 22h30 à 1h du matin, ont eu lieu comme souvent dans beaucoup d’autres quartiers d’autres villes, des scènes de guérilla urbaine, et des policiers ont été blessés par balles.

Hier dans ce même temps, une population excédée a pu assister, une fois de plus, une fois de trop, au résultat d’années successives de politique sécuritaire inefficiente. Et faire le constat que de gauche à droite, et de droite à gauche, le butin des échecs est bien partagé. Les terribles gagnantes de l’improbable équation des simulacres de prévention multipliées par une impossible répression, sont au bout du compte l’insécurité et la délinquance.

Hier, bien loin des conversations de salons sur le rôle de la police, des gesticulations parisiennes et autres frivolités bourgeoises sur ce que devrait être le flic idéal et non coupable, loin des bavardages médiatiques aux prétextes de science sociale, mais qui font honte à la science tant elles sont asservies aux caprices idéologues, loin des claviotages stériles de ceux qui jurent de tout changer en mettant leur avatar dans d’inaudibles colères, loin des donneurs de leçons qui n’ont jamais rien vu mais qui savent tout, très loin des déclarations d’amour qu’ont déclamées tous ministres de l’Intérieur à leur police, si loin, tellement loin des irresponsabilités politiques et de la nonchalance de leurs syndicats, des flics ont encore payé cher le sacrifice annoncé d’un métier et d’un service public.

Abstraction faite de renforts d’effectifs au compte-goutte, et d’un renoncement de façade à l’entrave de la politique du chiffre, mais qui épargne sans vergogne primes de résultats exceptionnels et indemnités de performance, on peut se demander si la police nationale, et républicaine, peut encore raisonnablement remplir son rôle avant de se voir dégager d’une bonne partie de ses prérogatives par des polices municipales soumises au bon vouloir des budgets, des entreprises de sécurité privée et des milices soi-disant citoyennes, d’ores et déjà en train de recruter.

À moins que les flics décident eux-mêmes de sauver leur métier, avant de devenir des fonctionnaires qui feront terriblement regretter les gardiens de la paix.

[article du blog Police]


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12 réactions à cet article    


  • PascalR 27 août 2012 14:04

    Personnellement, je n’aurais aucune pitié envers ces voyous qui, semblent-il, se complaisent dans cette ambiance pseudo guerre israélo-arabe transposée version cités à la française, sur fond de trafics de drogue et de guerre des gangs. Et qu’on ne dise pas que l’on ne fait rien pour eux.
    Pourquoi ne pas y envoyer la légion étrangère puisque c’est une guerre interne, je pense que ces imbéciles rigoleraient moins.
    Dommage que le service militaire ait été supprimé, un séjour d’un an dans un bataillon militaire leur mettrait un peu de plomb dans le crâne.
    Mais voilà, la France est un pays étrange où on trouve toujours des circonstances atténuantes aux voyous en tous genres, quitte à en faire des héros.
    Que l’état français ne fasse rien est une infraction à la conventiion européenne des droits de l’homme qui stipule que chaque état se doit d’assurer la sûreté des citoyens.
    Je ne suis ni de droite ni de gauche ni des extrêmes, mais républicain démocrate et laïque, n’en déplaise.


    • Relladyant Relladyant 27 août 2012 14:12

      Les policiers en France, sont curieusement la seule catégorie de la population qui n’a pas le droit de se servir de ses armes si on lui tire dessus...


      • 1984 27 août 2012 17:49

        Les quartiers comptent des gens bien et puis des racailles.
        La police aussi !

        Ce qui est profondément désolant pour les premiers est totalement inadmissible pour les seconds qui sont censés montrer l’exemple.

        Qui sème le vend récolte la tempête.

        Mais bon, les vrai responsables sont ces racailles de politiciens et les moutons qui les élisent !


        • chmoll chmoll 27 août 2012 20:06

          pourkoi en est ont arrivé là
          faudrait envoyer les Shirley et Dino de la politique (jospin et la grosse) sur le terrain

          au fait Shirley et Dino j’attend toujours votre rapport sur mon bureau
          si j’paye vote salaire comme vous vous remuez, ça vas faire des économies UTILES !!!


          • clostra 2 septembre 2012 13:25

            Vous ne nous dites pas de quelle cité de Grigny il s’agit, ce que je comprends, mais si c’est le cas, vous auriez pu en exclure le quartier de la Grande Borne, bénéficiaire (ou victime ?) de sa rénovation urbaine.


            • Hervé Hum Hervé Hum 28 janvier 12:19

              Votre dernier article m’a incité à lire d’autres, mais autant celui sur la drogue est objectif, autant celui ci est subjectif.

              Comment voulez vous lutter contre la délinquance dans une société fondé sur l’iniquité sociale tout en soutenant que cette lutte est juste ?

              Comment lutter efficacement contre une délinquance dont le pouvoir en place a un besoin vital pour soutenir et justifier sa propre utilité vis à vis d’une population terrorisée, demandant donc de la sécurité ?

              Comment pouvez vous dénoncer les discours politiciens et faire semblant de croire qu’il puisse avoir une valeur quelconque, sinon d’endormir les citoyens ou ici, les fonctionnaires de polices.

              Désolé, mais que ce soit la police d’aujourd’hui ou d’hier, son role reste le meme, imposer un système inique et injuste par la force. S’il est important que les fonctionnaires de polices croient en leur mission, il est seulement important à ceux qui nous gouvernent d’y faire croire. Peut être êtes vous parti de la police pour cela, mais alors pourquoi continuer à soutenir les mêmes conneries ?

              Autrement dit, votre raisonnement est pris dans une contradiction interne dont vous n’avez pas su vous départir et le résultat est là, vous ne pouvez vous empecher de jeter opprobre sur les petits délinquants des cités et ignorez celle qui en est la source inépuisable, soit, la grande délinquance, c’est à dire, ceux qui ont le pouvoir économique et qui imposent leur propre politique sociale. Inique, violente et irresponsable.

              Aussi, ne vous inquiétez pas, dans un tel système, la police, qu’elle soit publique ou privé, parce que finalement, obéissant aux mêmes donneurs d’ordre, à encore de l’avenir devant elle.

              La différence et qui est le gros frein au développement de la police privé, c’est que par définition, qui dit police publique, pense police défendant l’intérêt général, alors que dans l’autre, on pense de suite à la défense d’intérêt privés. Dans la réalité actuelle, il n’y a pas de différence, mais dans la conscience, cela en fait toujours une. Or, seule la conscience peut changer quelque chose à la réalité et elle seule


              • Hervé Hum Hervé Hum 29 janvier 09:09

                @Hervé Hum

                Après relecture, je m’aperçois que la critique porté par mon commentaire est infondée.

                Veuillez m’excuser pour ce petit procès d’intention injustifié et retirer ce mauvais commentaire.


              • bénédicte desforges bénédicte desforges 29 janvier 22:39

                @Hervé Hum

                Bonjour Hervé,

                Pas de problème, ne vous en faites pas.
                Je ne m’attendais pas à voir cet article de 2012 ressorti des cartons.

                Je vous aurais répondu que je ne pensais pas être en contradiction avec ce que vous dites, j’avais simplement (et rapidement) fait un commentaire de l’actu, et vraisemblablement des réactions à chaud lues et entendues ça et là. Je ne sais plus en fait, à J+6 ans, il ne faut pas trop m’en demander.


              • Hervé Hum Hervé Hum 30 janvier 09:53

                @bénédicte desforges

                J’ai beaucoup apprécié votre dernier article, car reposant uniquement sur l’analyse des faits, sans chercher à l’orienter vers sa propre opinion fondé sur des préjugés qui tordent les faits. Par les temps qui courent, c’est extrêmement rare !

                J’ai voulu trouver la petite bête et finalement, je n’ai trouvé que moi comme petite bête !

                En raison de votre honnêteté intellectuelle évidente, j’aimerai que vous lisiez deux articles que j’ai écris et portant sur la notion de responsabilité érigée en principe ;

                Droits, devoirs et responsabilité, donnant la définition exacte du mot responsabilité, loin du sens biaisé qu’on lui donne aujourd’hui.

                Droits, devoirs, responsabilité et nouveau paradigme, traitant l’histoire dans ses bases éthiques par le biais de la responsabilité.

                Et si cette lecture vous a plut, aller lire les articles portant sur la monnaie, toujours traité par le prisme de la responsabilité.


              • Hervé Hum Hervé Hum 31 janvier 10:55

                Ce sera mon dernier commentaire.

                Je ne sais pas si vous avez lu l’article « droits, devoirs et responsabilité », mais en parcourant un peu votre blog, si vous l’avez lu, je comprend que vous pouvez être quelque peu en désaccord, puisque je déni à la police et donc au policier en tant qu’éxécutant des forces de l’ordre, d’être responsable de ses actes, parce que devant obéir à l’ordre donnée sans possibilité de contestation, sauf à démissionner. Certes, vous pouvez toujours dire qu’il l’est dans sa mission de gardien de la paix, mais ce n’est vrai que pour des situations mineures où il se fait en même temps juge de paix, donc, pour toute situation pouvant être réglé à l’amiable. C’est ce volet disons social que vous regrettez et qui effectivement, donnait à la fonction policière (qui n’est un métier qu’en société coercitive, qu’en dictature) sa valeur, car là où la fonction fait appel à la conscience et non à l’obéissance qui exige de faire taire à sa conscience pour obéir à un ordre, alors même que sa conscience ne l’approuve pas.

                Autrement dit, dans l’exercice de ses fonctions, un policier est irresponsable de ses actes, tant qu’il obéit strictement aux ordres. C’est la même chose pour tout militaire et globalement, toute personne qui ne considère que la partie devoir ou à contrario la partie droit et non l’équilibre des deux.

                Le principe de responsabilité étant définit par l’équilibre entre ses droits et devoirs, la capacité de répondre de ses droits et devoirs envers autrui (pas envers soi même, dans ce dernier cas, la notion de responsabilité est vide de sens) l’absence ou faiblesse de l’un ou de l’autre, interdit à toute personne d’être responsable. Les deux articles que je vous ait mis en lien en font la démonstration et je n’ai encore vu aucune réfutation ou tentative de réfutation solide à opposer.

                J’aurai apprécié que vous me donniez votre avis sur le fond...

                Bonne continuation !


                • bénédicte desforges bénédicte desforges 31 janvier 13:28

                  @Hervé Hum

                  Vous m’avez donné les liens vers ces articles il y a 24 heures. Seulement 24 heures..

                  Je n’ai pas encore pris le temps de les lire, ou plus exactement je n’ai pas eu le temps.

                  Et s’il y a bien une obéissance à laquelle je ne me plie PAS, c’est celle de l’immédiateté inhérente à tout ce brouhaha numérique.

                  Et c’est sans parler des lectures en diagonale, et des interactions, plus souvent qu’autre chose, agressives, stériles et autoritaires.


                • Hervé Hum Hervé Hum 1er février 10:23

                  @bénédicte desforges

                  Et c’est sans parler des lectures en diagonale, et des interactions, plus souvent qu’autre chose, agressives, stériles et autoritaires

                  C’est malheureusement trop vrai !

                  peu importe le temps qu’il vous faut, mais j’ai crains que vous ne soyez pas intéressé, aussi, j’ai cru bon de vous en dire quelques mots de plus. Car bien évidemment, il n’y a pas d’obligation et j’avais précisé que c’était mon dernier commentaire par respect de cette liberté.

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