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Accueil du site > Actualités > Société > Policier : la personne à abattre

Policier : la personne à abattre

 L’attaque du commissariat de police de Champigny‑sur‑Marne, qui s’ajoute à tellement d’autres évènements, n’a pas manqué d’émouvoir les politiciens, les journalistes et dans une moindre mesure l’opinion publique. Si j’ose écrire que l’émotion peut être modérée dans l’opinion publique c’est que celle‑ci est tellement multiforme qu’il est plus que hasardeux de considérer, comme on l’a fait à tort en 2015 avec « on est tous Charlie », qu’elle ait une réaction unique face à quel que phénomène que ce soit. Le faire ce serait une faute scientifique et de toute évidence c’est une erreur politique. C’est donc à l’aune de cette diversité sociale qu’il faut regarder les violences contre les policiers.

 

 L’histoire des sociétés modernes montre que ce phénomène de répulsion engendré par la police n’a rien de nouveau. Essayons de nous souvenir. Mandrin dont on a fait un personnage héroïque au service du peuple n’était qu’un contrebandier qui sévissait en Dauphiné contre les douaniers et les percepteurs de l’époque, même s’il a parfois distribué un peu de ses gains (ça reste à être confirmé) à des gens du peuple il n’hésitait pas à faire le coup de feu contre la police royale. Sur un registre plus distrayant allons voir le théâtre de Guignol, porte‑parole des petites gens, où parfois on n’hésite pas à bastonner le gendarme appelé « Flageolet » ou « Pandore ». Une revue de la littérature ferait apparaître le policier plus souvent comme représentant et protecteur des « dominants » que des petites gens, et plus souvent vilipendé et injurié qu’adulé. Bien sûr on peut toujours gloser sur le fait que protégeant les uns on protège les autres ; dans les faits, et dans l’histoire, ça n’apparaît pas si nettement que les caciques de la politique le disent ; pour s’en convaincre de voir avec quelle application la police est intervenue contre les Gilets Jaunes, contre les ZAD, les jeunes dans un lycée ou manifestants écologistes sur un pont de Paris. Il s’agit bien chaque fois de protéger les intérêts des possédants en premier lieu et accessoirement les autres. Ce n’est pas là le fait des policiers, surtout pas pris individuellement, mais le résultat d’une politique globale voulue par les gouvernants depuis plus d’un siècle dont il faut bien reconnaître qu’elle s’origine dans une grande complexité de questions, d’objectifs et de stratégies. On trouve quelques pistes de réflexion dans le chapitre « Sauver la France, défendre la République, protéger les citoyens : les forces de l’ordre et les injonctions sécuritaires de la Belle Époque », dans le livre « La République à l’épreuve des peurs », où Laurent Lopez écrit : « Mais que doivent alors défendre les forces de l’ordre : un régime et ses lois ? Un peuple et ses citoyens ? Un système et ces libertés ? Et cette force publique est au centre de préoccupations considérant, dans la 2nde moitié des années 1880, que les malfaiteurs croissent en nombre et en audace : il faut au plus tôt endiguer le torrent qui menace la sécurité de tous ». On concédera qu’il ne faut être ni réductionniste ni simpliste, mais si pour une fois on voulait bien réfléchir sur cette complexité au lieu de balancer les sempiternelles rodomontades politiques entre menaces et promesses, les unes insoutenables en pratique, les autres la plupart du temps inapplicables dans le cadre des politiques budgétaires qui sévissent depuis 20 ans.

 

 Le fait est que le policier représente pour une partie de la population, plus importante qu’on veut bien le croire, l’Autorité d’État dans ce qu’elle a de briseur de liberté (on peut toujours gloser sur les limites de la liberté…), la force des puissants et des dominants. Et en marge de cette « partie de la population » il y a la multitude de contrevenants que toute action de police gêne, dérange et donc qu’il faut, au besoin, éliminer. Ainsi, dans ce maelstrom social on trouve les dealers, les réfractaires aux mesures sanitaires imposées par l’actuel gouvernement comme les restaurateurs marseillais soutenus par une ancienne sénatrice PS qui les encourageait à désobéir, les réfractaires à telle ou telle imposition de la loi, et le nombre dépasse le volume d’une encyclopédie, mais de là à conduire des actions violentes contre des policiers il y a une marge à propos de laquelle les politiciens et les syndicats de policiers devraient s’intéresser à la lumière des études scientifiques. Pour l’instant on préfère au prétexte d’une prétendue culture de l’excuse, rejeter la science et fermer les yeux sur les politiques et les pratiques policières ainsi que sur les politiques sécuritaires et sociales et leurs conséquences, et on brandit la République (qui serait en danger) comme un cache sexe couvrant péniblement les turpitudes de la classe bienpensante.

 

 Donc, à l’instar d’un dangereux boutefeu comme Frédéric Péchenard, largement responsable quand il était directeur de la police nationale des politiques et des stratégies policières actuelles ou du sénateur Bruno Retailleau, il y a ceux qui appellent à plus de coercition voire plus de violence policière ; or on sait que la violence ne supprime pas la violence, bien au contraire. Alors appeler, comme il l’a fait sur France Info récemment, à instaurer un droit de « tirer » pour les policiers, sans encadrement, sans limite n’est sans aucun doute pas la réponse, il suffit de prendre l’exemple des États‑Unis. Si on écoute bien ce camp des ultra‑violents, obnubilés par la force et la répression, demain on rétablit la peine de mort, on ouvre des maisons de correction et des camps de travail. À côté de ceux‑là, avec souvent de fortes zones de recouvrement, il y a ceux qui appellent au renforcement de la réponse judiciaire sans pour autant réclamer une augmentation des moyens : magistrats, gardiens de prison ; ils ne souhaitent qu’une augmentation du nombre de prisons qui fleuriront comme les éoliennes dans le paysage français, et rejettent toute augmentation du nombre d’éducateurs.

 

 Puis il y a les crétins autorisés qui donnent dans la boutade, le verbe goguenard et mou, la phrase inutile comme le ministre de l’intérieur singeant Jean-Pierre Chevènement qui ne fut pas brillant le jour où il évoqua « les sauvageons ». En parlant de voyous qui essaient d’intimider la République et qui ne nous font pas peur, l’actuel ministre de l’Intérieur fit penser à ces personnages de dessins animés qui gonflent des muscles qu’ils n’ont pas ou à un roquet qui aboie mais n’intimide personne. On y va du discours sur la République, les quartiers de « non‑droit », des quartiers de « reconquête républicaine » (ça fait un peu retour de la colonisation) et tout d’un coup on découvre dans un curieux continuum qui a débuté dans les années 1980 qu’il y a des quartiers qui se sont, par force plus que par nature, ghettoïsés où la pauvreté et le chômage atteignent des taux records. À cette « découverte » on opposera les discours stupides et vide de sens comme quand le Premier ministre Jean Castex annonce sur France Info que l’État sera « intraitable ». Ceux-là sont aussi ceux qui propose de mettre des cataplasmes sur des jambes de bois. Une prime pour le travail de nuit des policiers, une rénovation des commissariats, le changement d’une voiture sur quatre sont des mesures qui mettent du baume au cœur des policiers mais qui ne traitent en rien le problème des violences dont ils sont la cible.

 

 Que n’ont-ils compris ces politiciens et ces policiers la réalité de la vie des gens dont tous sont fatigués de ces situations de violence et dont aucun n’approuve les trafics, mais où nombreux acceptent, en fermant les yeux et en se bouchant le nez, l’argent qui vient de ces trafics. Un épisode de la série « Un si grand soleil » sur France 2 a bien montré lors d’un épisode ce phénomène où une jeune fille accompagne sa mère au distributeur de billets et là rien : la carte est rejetée ; comment allons-nous faire les courses demande la jeune fille, il n’y aura pas de courses répond la mère ; puis rentrant dans leur immeuble elles trouvent une injonction à payer les loyers en retard sous menace d’expulsion. Alors, la jeune fille accepte ce qu’elle avait jusqu’alors refusé : dealer. Oui on ne doit pas voler, oui on ne doit pas tricher ni trafiquer, mais tout ça ce sont de mots de « riches » qui d’ailleurs pour certains d’entre eux pratiquent la fraude fiscale allègrement et autres joyeusetés en marge de la morale et de la légalité. Pour prêcher l’exemplarité il faut soi‑même être exemplaire ce qui n’est le cas ni de la police ni des politiciens. Je ne vise pas là les « dérives et les bavures policières » qui ne concernent qu’une infime minorité de policiers quoique durant les manifestations des Gilets Jaunes les bavures aient connu une ampleur certaine. Ce que je souhaite condamner, sans en faire un long développement, c’est l’attitude des syndicats de policiers qui au prétexte de « corporatisme » (ce qui est proche du communautarisme et pourrait conduire au séparatisme) soutiennent tout y compris l’insoutenable, dès lors qu’un policier est soupçonné d’avoir mal agi les syndicats hurlent comme des loups à l’atteinte contre leur corporation et le soutienne quoiqu’il ait fait. À cela ils ajoutent une critique systématique et récurrente contre la « Justice » et les magistrats. Comment dans ces conditions pourrait-on espérer que les gens puissent avoir un regard complaisant pour les policiers ? Ajoutons que dès qu’il y a un incident les télévisions en continu invitent un syndicaliste pour qu’il explique (de son point de vue, évidemment) l’incident comme si un syndicat de policiers pouvait représenter l’Autorité de l’État, et en règle générale nous sommes abreuvés des mêmes antiennes sur la délinquance, la culture de l’excuse, l’inutilité des sciences sociales, l’impérieuse nécessité d’augmenter les moyens et de renforcer le recours à la force. N’y a-t-il pas eu encore ce matin 15 octobre sur France Info un représentant d’un syndicat de policiers venir, publiquement donc, se plaindre de ce que l’instauration d’un couvre-feu aller leur apporter un surcroît de travail ? Dès lors les citoyens, même ceux qui n’ont rien à se reprocher, se sentent dans un état policier où les syndicats de policiers portent à eux seuls, ou presque, la « bonne parole » sociale et politique. Rare sont les interventions des représentants d’associations locales.

 

 Mais il n’est pas que les syndicats de policiers qui brisent l’exemplarité de l’État, il y a aussi et surtout les gouvernants eux‑mêmes. Nous pourrions ici développer la longue litanie des malversations des élus : tricheries diverses, fraudes variées, prévarications en tout genre, mais le mal est plus profond. Il est dans le fondement moral de la personnalité politique de la République : aujourd’hui rien n’empêche une personne à la moralité douteuse d’occuper de hautes fonctions étatiques. Est-il vraiment admissible que quelqu’un mis en examen puisse être président de l’Assemblée nationale, ministre chargé des comptes publics, haut-commissaire du commissariat au plan ? Est-il acceptable qu’un garde des sceaux puisse l’être et diligenter une enquête administrative contre des magistrats dans une affaire où il est impliqué, qu’une enquête judiciaire soit brutalement interrompue alors qu’une des personnes impliquées vient d’être nommée Premier ministre ? Est-il tolérable qu’un ministre de l’Intérieur ne nie pas avoir obtenu des faveurs sexuelles en échange de services qu’il a rendus ? On ne perdra pas de temps à développer l’affaire où le président de la République a soutenu et protégé un de ses très proches collaborateurs pourtant convaincu d’actes illégaux. De cela, ce manque d’exemplarité, résulte un affaissement de l’autorité de l’État.

 

 Tout cela est amplifié par une médiatisation enveloppante que ce soient par les médias traditionnels ou par les réseaux sociaux, qui est conduite de telle façon où l’exposition du fait l’emporte, voire submerge, toute explication. Quand, mais c’est rare, il y a explication celle‑ci se fait dans la confusion entre explication et cause, très rares sont les chercheurs convoqués pour discriminer les caractères du phénomène. L’information doit être rapide, courte et surtout spectaculaire. Donc, on ne traite jamais le problème à la racine ; on ne répond qu’aux effets pas aux causes, c’est d’ailleurs ce que le président de la République fait dans cette stupide histoire de séparatisme. Il ne faut pas nier le phénomène séparatiste, il ne faut pas nier les attaques contre les policiers, mais pour traiter ces problèmes il faut une analyse d’ensemble préalable à toute politique et surtout il faut éviter les interventions intempestives de syndicalistes et de politiciens, les prises de parole et les annonces creuses.

 

 La société, pas seulement en France, connaît en ce moment et depuis 40 ans une situation qui conduit entre autres à une « détestation » de la police par une partie importante, plus qu’on ne le croit, de la population qui quand elle ne déteste pas la police s’en méfie. Ce contexte amène les voyous (ils existent) à occuper un champ aussi social que territorial avec violence, une violence allant jusqu’au crime. Qu’on se souvienne de l’époque de la Prohibition et d’Al Capone, pour se souvenir du lien avec les conditions sociales et économiques de l’époque. Dans un raccourci que d’aucuns me reprocheront j’avance sans retenue qu’une société a la police et les voyous qu’elle génère.

 

 Répondre à la violence contre les policiers ne peut se faire qu’en prenant en compte l’ensemble des composantes de la vie sociale : le comportement et la « moralité » des élus, le choix des politiques policières et sécuritaires, l’impact des discours des uns et des autres, la responsabilité éthique des médias et des journalistes, les conséquences de la survalorisation de la violence dans les médias culturels et les conséquences d’une politique répressive à la place d’une politique éducative. Surtout il est dangereux de continuer à ignorer les conséquences de la dégradation des conditions de vie d’une grande partie de la population : ceux qui ont attaqué le commissariat de police n’habitent pas les beaux quartiers ; ils n’ont rien à perdre et ceux de ces quartiers « de reconquête de la République » qui avaient encore un peu d’espoir savent qu’on ne sort pas du ghetto si facilement qu’on le veut.

 

 Au bout de cette double cécité : sociale et politique, on a une délinquance qui se durcit, des policiers qui travaillent dans une institution viciée et qui sont victimes d’un État dépourvu d’autorité faute d’exemplarité et de volonté à vraiment traiter les problèmes à leur racine. Alors est-ce que la vraie question, et amorce de solution, ne serait‑elle pas « quelle société voulons‑nous, une société où les riches seraient moins riches pour permettre aux pauvres d’être moins pauvres ? »

 


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38 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 16 octobre 09:06

    Savez... Être flic, c’est facultatif, il reste encore d’honorables façons de gagner sa vie...

    Remplir son frigo en tapant sur ses camarades, c’est un choix, avec ses avantages et ses inconvénients, mais bon, une vie, ça s’assume.


    • Fifi35 Fifi35 16 octobre 15:38

      @Clocel
      Ce que vous écrivez est lamentable !
      Pensez-vous naîvement que vous pourriez vivre en sécurité sans police ?
      Et puis les forces de l’ordre, ce sont aussi ceux qui recherches et interpellent les agresseurs, les violeurs, les assassins, les dealers.
      Notamment grâce à eux, de nombreux attentats sont évités sur notre sol. Ces flics que vous dénigrez portent assistance et souvent au péril de leur vie. Vous ne pouvez écrire ces mots ineptes que grâce à eux. Ne voir que des matraqueurs relève d’une idéologie irresponsable !
      Il est grand temps cher camarade, de terminer votre adolescence et donc de vous responsabiliser, plutôt que de vouloir faire porter le chapeau (le képi ?) à un groupe professionnel bien défini.
      Le mécanisme du bouc-émissaire vous dit-il quelque chose ?


    • Clocel Clocel 16 octobre 15:48

      @Fifi35

      Oui oui... Je connais le couplet, vous fatiguez pas...

      J’arrive au terme de ma trajectoire, les seules fois où j’ai eu affaire à eux, c’était pour m’emmerder et me racketter...

      Franchement, je me serais volontiers passé de leur existence.

      Ils sont les gardiens de ceux qui entretiennent le chaos, qu’ils viennent pas couiner s’ils prennent des coups en balayant (fort mal) les écuries d’Augias.

      Ils appartiennent au problème, pas à la solution, ils ne sont là que pour préserver les inégalités.


    • Fifi35 Fifi35 16 octobre 15:53

      @Clocel
      Ce n’est pas un couplet, c’est aussi un autre visage de la police que vous n’acceptez pas il me semble, car même si certains d’entre-eux se comportent en salopards, la majorité sont comme vous et moi. 
      La police n’est que le reflet des citoyens, car ce sont des êtres humains, ni plus, ni moins.


    • Ruut Ruut 16 octobre 16:33

      @Fifi35
      Je partage votre désire d’une Police et d’une Justice qui maintiennent l’ordre et garantissent la paix et je comprends aussi la désillusion de Clocel par la réalité subie par le peuple de France ces dernières années par ces 2 instances.

      La réalité est très loin du besoin de la population.
      Espérons que la Justice redevienne Honorable et soutienne l’action de protection de la population de la police sans tomber dans l’abus des amendes (rackets) abusives.

      Si la récidive est si forte c’est que la décision judiciaire est inadaptée.
       
      La police n’est plus vraiment appréciée car elle n’est plus utilisée exclusivement pour garantir la paix sociale, mais, hélas, de plus en plus souvent, pour violenter la population.....


    • zygzornifle zygzornifle 16 octobre 16:40

      @Fifi35

      Quand il s’agit de rouer de coups et gazer voire pire des pauvres manifestants sans défense on peut compter sur eux mais quand le vent tourne ils viennent jouer les vierges effarouchées.
      J’en connais des flics de la Bac et autre et ils ne brillent pas par leur réflexion, ce sont plutôt des chiens d’attaque qu’autre chose et Darmanin est devenu leur chef de meute depuis que Castaner a été se planquer ailleurs ... 


    • Fifi35 Fifi35 16 octobre 20:45

      @zygzornifle
      votre avis sur la décapitation du professeur d’histoire à Conflans ?
      La police a t-elle neutralisée un pauvre innocent victime du système ?
      Moi je suis triste de voir la population en opposition avec sa police. Sans faire de politique, la police est là pour protéger la population. Si sa mission est « dévoyée », soit la population ne comprend plus ce que représente l’Etat, soit la police a oubliée sa mission première. La voie du milieu me fait penser que les deux sont responsables.
      Honneur à cet enseignant qui a sacrifié sa vie pour une idée de liberté.
      Honneur à la police intègre.
      Honneur aux citoyens qui préservent les valeurs de la République.


    • Fifi35 Fifi35 16 octobre 21:16

      @Fifi35
      A ceux qui ne pensent pas comme moi, j’aimerais vous lire afin de comprendre.
      Au moins Clocel et zygzornifle ont la courtoisie de me répondre, même si nos idées sont opposées !


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 17 octobre 15:11

      @Fifi35

      Un jour, notre maison a été cambriolée. Une dame que nous connaissions a vu le voleur sortir du terrain, l’a attrapé par l’épaule et lui a dit « Je te reconnaîtrai ». Elle est allée au commissariat et les policiers lui ont montré des photos de suspects. Elle en a reconnu un et elle était formelle. La police lui a dit qu’elle était trop petite pour pouvoir mettre sa main sur l’épaule et n’a donc rien fait.

      Elle a rencontré peu après le suspect dans un bus qui l’a reconnu et en est descendu aussitôt.

      Conclusion : La police ne défend pas nos intérêts.

      J’ai écrit une lettre au maire de notre ville qui a été outré mais n’a rien pu faire de plus.

       

      J’ai porté plainte à chaque PV que j’ai pris auprès du procureur pour atteinte à la constitution (droits de l’homme) et le procureur n’a jamais rien fait pour moi.

       

      J’ai porté plainte au procureur contre des DRH pour corruption et usurpation de fonction.

      Plainte pour complicités de concussion, d’attentat à la Constitution, de chantage.

      J’ai été convoqué au commissariat mais pour m’influencer pour que je retire ma plainte et malgré mon refus, ils n’ont rien poursuivi en justice à ma connaissance.

       

      Je suppose que c’est un peu pour tout le monde pareil sauf pour les plaintes pour racisme, antisémitisme, homophobie, négationisme.


    • Gabriel Gabriel 16 octobre 09:12

      Il est facile de trouver des raisons à la violence, il y en a plein ! Est-ce pour cela qu’il faut l’excuser, l’exonérer ? Quand va-t-on enfin s’occuper des victimes ? Combien de territoires perdus à cause de la lâcheté et du clientéliste politique ? Vendre de la drogue et détruire des vies rapporte plus que soigner et guérir, chercher l’erreur... Il y en a un peu marre de la pleurniche sur le passif du délinquant. J’aimerais bien voir comment les forces de l’ordre vont pouvoir faire respecter le couvre feux dans les banlieues, là je crois qu’encore une fois les politiciens nous prennent pour des cons ! Nous avons créé la justice pour qu’elle soit au-dessus de la vengeance mais parfois, devant la sauvagerie et l’horreur, pour faire face efficacement à des chiens enragés, il faut des loups…


      • The White Rabbit The White Rabbit 16 octobre 09:23

        Quand l’état n’a plus d’autorité, il ne reste plus à sa police que la force.

        Quand un petit président à talonnettes a décidé de gérer la police comme on gère une SARL, en basant tout sur les chiffres y compris les augmentations de budgets des commissariats, la police s’est muée en société de vigile en compétition avec les autres commissariats.

        Quand l’état n’ose plus augmenter les impôts mais préfère mettre des contraventions pour récupèrer le fric, le policier est devenu plus un taxeur qu’un protecteur du citoyen.

        Quand on multiplie ce type de police et qu’on déshabille la justice, il ne reste plus qu’une répression sans justice.

        Un exemple : la consommation de drogue.Plutôt que de réfléchir a une dépénalisation ou une légalisation encadrée et taxée, l’état a trouvé le moyen de taxer les consommateurs et dealers :


        "Le montant d’une amende forfaitaire concernant l’usage illicite de stupéfiants s’élève à 200 euros. Il ne peut pas être modifié par le policier, le gendarme ou l’agent public habilité attribuant la sanction.

        En cas de minoration ou de réduction, la somme à verser descend jusqu’à 150 euros. Il faut que le contrevenant soit en possession de moins de 10 grammes de cocaïne et 100 grammes de cannabis pour que cette contravention soit applicable.

        "


        C’est beau la France ! Une personne avec 9,5 gramme de cocaïne est un dealer mais ça lui coutera une taxe de 200 €. Idem pour un charbonneur avec 95 grammes de cannabis sur lui.


        • titi 16 octobre 16:13

          @The White Rabbit

          « Quand l’état n’ose plus augmenter les impôts mais préfère mettre des contraventions pour récupèrer le fric »

          Quand les flics arrêtent des délinquants, ils sont relâchés par la justice au bout de pas deux heures.

          Avec l’amende plus de passage par la case magistrat bisounours.

          C’est ça l’intérêt.



          • Ecureuil66 16 octobre 15:01

            situation qui conduit entre autres à une « détestation » de la police par une partie importante, plus qu’on ne le croit, de la population qui quand elle ne déteste pas la police s’en méfie. 

            il est clair que maintenant quand je croise des policiers je me demande si je suis bien en règle : tout ce qui se passe actuellement fait que l’insécurité est passée des voyous aux honnêtes citoyens, l’image de la police est totalement dégradée dans mon esprit 

            j’adhère tout à fait au contenu de votre article et en particulier sur le rôle des syndicats : c’est lamentable


            • Les bobos abrutis par des décennies de contre-valeurs préfèrent les racailles aux policiers. Ce qui s’est passé à Champigny méritait une réponse ferme et des interpellations matinales avec bouclage du quartier. Mais que voulez-vous, puisque l’autorité c’est du fascisme et que les pauvres jeunes sont victimes du racisme etc.


              • Abou Antoun Abou Antoun 16 octobre 15:35

                On a vu notre glorieuse police appuyée par des blindés, tenir tête à des hordes de gilets jaunes déchaînés à coups de grenades, de LBD, de gaz de matraque, etc...

                Et là ils se font mettre par une quarantaine de djeun’s.

                C’est quoi cette blague ?

                On ne nous dit pas tout ...


                • Fifi35 Fifi35 16 octobre 15:48

                  @Abou Antoun
                  Vous avez raison.
                  En cas d’attaque d’un commissariat, la police a le droit de riposter par les armes.
                  Les policiers peuvent faire feu lorsqu’ils sont agressés ou menacés par des individus armés, pour « défendre » une zone qu’ils occupent, si des sommations répétées restent sans effet

                  . L 435-1 du CSI.
                  Oui, on ne vous dit pas tout, on ne vous dira pas que des consignes de ne pas appliquer la loi sont prises pour éviter un embrasement des cités. Par contre, aucun risque du côté de la population honnête et laborieuse, la police a des directives de fermeté !


                • pipiou2 16 octobre 15:49

                  @Abou Antoun
                  C’est vrai, ils auraient du tirer dans le tas !


                • Kapimo Kapimo 16 octobre 17:13

                  @Abou Antoun

                  Effectivement, si des GJ s’en prenaient à un commissariat, on peut penser qu’il y aurait de très très longues peines de prison, voire des morts du coté des manifestants.


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 17 octobre 15:26

                  @Kapimo

                  Hervé Ryssen a pris 6 mois de prison ferme à Fleury Mérogis pour des opinions antisémites.


                • pipiou2 16 octobre 15:51

                  Les citoyens détestent aussi les pompiers, les enseignants, les agents de la SNCF et les urgentistes, et en fait c’est tout-à-fait normal ... ou bien.


                  • Fifi35 Fifi35 16 octobre 16:11

                    @pipiou2
                    Non pas tous les citoyens !
                    Juste une frange de la population qui se croit au dessus des lois.
                    Heu...En fait elle l’est !


                  • pipiou2 16 octobre 16:53

                    @Fifi35
                    Oui bien sûr, mais à écouter l’auteur c’est beaucoup plus qu’une frange.


                  • Fifi35 Fifi35 16 octobre 21:17

                    @pipiou2
                    En effet.
                    Dans une frange il y a beaucoup de cheveux !


                  • titi 16 octobre 15:53

                    Moi j’utilise tik tok ! comme les d’jeuns :)

                    Et j’ai vu une vidéo d’une voiture qui force un barrage de la police indienne.

                    Et ils font quoi les policiers indiens quand on leur fonce dessus ?

                    Ils tirent.

                    Je ne comprends pas que les policiers de Champigny n’aient pas fait usage de leurs armes.


                    • Fifi35 Fifi35 16 octobre 16:13

                      @titi
                      Parce que la loi n’autorise l’usage des armes que dans certaines circonstances bien précises.
                      C’est heureux, mais pas toujours adapté à la faune qui hante notre pays...


                    • titi 16 octobre 17:06

                      @Fifi35

                      Quand des flics se retrouvent enfermés dans une voiture incendiée, c’est prévu par la Loi ? c’est suffisant ? 


                    • Fifi35 Fifi35 16 octobre 20:47

                      @titi
                      Oui c’est suffisant !
                      Rien ne peut excuser une telle abomination !


                    • bebert bebert 16 octobre 16:06

                      De tous temps il a existé des chiens de garde, dernier rempart pour les tyrans 


                      • zygzornifle zygzornifle 16 octobre 16:33

                        Tiens, quand ce n’est pas des gilets jaunes a qui on crève les yeux et on arrache les mains on est moins offusqué ...

                        Je me souviens du pauvre livreur qui a crié 7 fois j’étouffe avant de mourir, je crains autant les flics que la racaille ....

                        Quand on leur en donne l’ordre les flics deviennent les bouchers du gouvernement.

                        Rappelez vous le massacre du 17 octobre 1961 qui est la répression la plus meurtrière de la police française, d’une manifestation d’Algériens organisée à Paris, (contre le couvre feu mais que pour les Algériens) une centaine de victimes que les flics ont balancés dans la Seine, croyez vous que cela ne peut pas revenir ?

                        Cela dépend des ordres donnés pas le gouvernement .... 

                        Tout ce qui porte un uniforme et a une arme est dangereux, comme le disait si bien Einstein, pas besoin de cerveau la moelle épinière suffit pour exécuter les ordres sans état d’âme ....


                        • titi 16 octobre 17:12

                          @zygzornifle

                          « une centaine de victimes »
                          D’après le FLN....


                        • Fifi35 Fifi35 16 octobre 20:52

                          @zygzornifle
                          vous digressez !
                          N’oubliez pas que beaucoup de flics étaient des appelés d’Algérie qui on vécu ces horreurs.
                          Cela ne les excusent pas, mais prenez conscience du paradigme.
                          Comment se fait-il que les harkis ont été exfiltrés bien après ceux qui manifestaient à PARIS ? Alors que beaucoup du FLN participaient à cette manifestation.
                          nous sommes à deux époques différentes, ne mélangeons pas tout !


                        • Samson Samson 16 octobre 17:57

                          "La société, pas seulement en France, connaît en ce moment et depuis 40 ans une situation qui conduit entre autres à une « détestation » de la police par une partie importante, plus qu’on ne le croit, de la population qui quand elle ne déteste pas la police s’en méfie.« 

                          A mon avis et bien plus largement, c’est à une détestation croissante de l’establishment qu’on assiste ! Et bien naturellement, elle se reporte En Marche vers Nulle Part sur ses cerbères.

                          Pour moi, »Force doit rester à la loi !« , ce qui est impossible sans une police pour faire respecter cette dernière. Maintenant, je m’interroge sur le glissement sémantique du rôle de »gardiens de la paix« qualifiant naguère nos policiers à l’actuel label de »forces de l’ordre", néo-libéral s’entend.

                          Donc non, je ne déteste certes pas la police ou ses représentants, mais je n’en reste pas moins extrêmement vigilant et prudent dans tous mes contacts avec les représentants des forces d’un ordre toujours plus inique, cynique et cruel !!!


                          • Le421 Le421 16 octobre 18:24

                            Combien de flics morts chaque année en France, pour raison de service, et combien de femmes décédées sous les coups de leur compagnon ?

                            Avec trompettes et clairons pour les premiers, dans le silence assourdissant pour ces dernières.

                            Tout est relatif Einstein

                            Tout ce qui est excessif est insignifiant Talleyrand

                            Vivre est dangereux, on est certain d’en mourir Moi  smiley


                            • pipiou2 16 octobre 23:15

                              @Le421
                              On ne parle pas des féminicides ?
                              Vous devez vivre dans un bunker et ne lire que Agoravox !


                            •  John  John 16 octobre 22:19

                              Je vois qu’il a plein de coms qui ont disparu en fait ... On n’a plus le droit de s’exprimer ... Ça devient magnifique ... Bonne nuit !


                              • Samson Samson 16 octobre 23:07

                                @ John
                                Pour ma part, je peux comprendre que mon propos ait pu paraître par trop cru, choquant ou haineux, et je sais en conséquence gré à la personne qui l’a fait modérer !
                                En lui présentant toutes mes excuses !


                              • 17/10/2020 - https://wp.me/p4Im0Q-47X

                                • La France à nouveau à la découpe, 75 ans après. Zone libre et zone oisive, telle est la nouvelle ligne de démarquation (avant les soldes divers), imposée par le seul ennemi de la France, son président. En 39/45 ils se levèrent pour la commune révolte (même s’ils ne furent pas nombreux) et contre l’envahisseur. Aujourd’hui, on ne bouge pas contre notre « p’tit juju en culottes courtes » (plus courtes que ses idées malsaines).

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