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Quand Romain Gary relativisait l’inceste

Le film « La promesse de l’aube » (sorti le 20 décembre 2017) vient de remettre en lumière le très beau livre éponyme de Romain Gary. Dans cet ouvrage, le double lauréat du prix Goncourt* donne un étonnant point de vue sur l’inceste...

Paru en 1960, La promesse de l’aube est un roman très largement autobiographique dans lequel Romain Gary raconte d’une manière profondément tendre et teintée d’humour les étonnants rapports qui l’ont lié à sa mère Nina. Une sacrée femme, cette Nina Kacew ! Ancienne actrice russe francophile extravertie – pour ne pas dire extravagante –, elle a porté à son fils unique un amour absolu, et développé pour lui une immense ambition au service de la France, à l’égal d’un Victor Hugo dont le portrait était omniprésent dans l’appartement de Wilno**. Un amour auquel a répondu, à sa façon, le jeune Romain, désireux en toutes circonstances, et quel qu’en soit le prix à payer pour sa fierté, de ne jamais décevoir les rêves de grandeur que nourrissait, et que proclamait publiquement, sa mère à son égard.

Romain Gary aborde de lui-même le thème de l’inceste comme si cette question allait de soi dans une histoire d’amour aussi fusionnelle que celle qui a unis cette mère excessive et ce fils sous influence. Mais c’est pour affirmer qu’il n’a jamais eu pour sa mère de « penchant incestueux », uniquement « des sentiments platoniques et affectueux ». Cela dit avant de préciser que malgré des « ancêtres tartares [...] qui n’ont dû trembler, si leur réputation est justifiée, ni devant le viol, ni devant l’inceste, ni devant aucun autre de nos illustres tabous », leur relation est restée exempte de cette dimension charnelle : « S’il est vrai que je ne suis jamais parvenu à désirer physiquement ma mère, ce ne fut pas tellement en raison de ce lien du sang qui nous unissait, mais plutôt parce qu’elle était déjà une femme âgée et que, chez moi, l’acte sexuel a toujours été lié à une certaine condition de jeunesse et de fraîcheur physique. »

L’obstacle aurait donc été l’âge et non le tabou universel qui, selon l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, constitue l’un des éléments majeurs de la fondation des sociétés, traduit dans le droit des nations par une prohibition quasiment unanime.

Romain Gary balaie pourtant ce tabou sans la moindre hésitation en ramenant l’inceste à une forme somme toute banale de la sexualité dans sa diversité : « Toutes les frénésies de l’inceste me paraissent infiniment plus acceptables que celles d’Hiroshima, de Buchenwald, des pelotons d’exécution, de la terreur et de la torture policières, mille fois plus aimables que les leucémies et autres belles conséquences génétiques probables des efforts de nos savants. Personne ne me fera jamais voir dans le comportement sexuel des êtres le critère du bien et du mal. La funeste physionomie d’un certain physicien illustre recommandant au monde civilisé de poursuivre les explosions nucléaires m’est incomparablement plus odieuse que l’idée d’un fils couchant avec sa mère. À côté des aberrations intellectuelles, scientifiques, idéologiques de notre siècle, toutes celles de la sexualité éveillent dans mon cœur les plus tendres pardons. »

« Infiniment plus acceptables », « mille fois plus aimables », « les plus tendres pardons » : difficile de faire plus tolérant, même si les faits et les lieux évoqués par Romain Gary en comparaison de ce qu’il nomme « les frénésies de l’inceste » relèvent pour la plupart de l’horreur et de la barbarie. Une tolérance qui ne manque pourtant pas de questionner dans la mesure où le brillant écrivain passe totalement sous silence ce qui se joue lors d’un inceste entre un parent et son enfant : un viol sur mineur par « ascendant légitime », autrement dit un crime dans le droit pénal de la plupart des pays occidentaux. En l’occurrence, Romain Gary « oublie » de quoi l’on parle : d’un (ou d’une) adulte qui, du fait de l’autorité parentale dont il (ou elle) dispose, se trouve en situation d’imposer ses propres pulsions sexuelles à un enfant peu ou pas du tout apte à comprendre la nature des actes qu’il est amené à commettre ou à subir.

Certes, les lois étaient moins répressives en 1960, et le regard porté sur l’inceste sans doute plus distant dans la mesure où l’on affectait en ce temps-là de ne pas savoir ce qui se passait au sein des familles. Cette réserve posée, comment Romain Gary – homme fin, cultivé et avisé des questions touchant la sexualité – a-t-il pu éluder de façon aussi légère le traumatisme majeur et durable qu’induit un inceste sur le psychisme d’un enfant, autrement dit d’une personne en cours de construction, sachant que la sexualité est précisément au cœur de ladite construction ?

N’en déplaise aux mânes de l’écrivain, l’inceste dépasse – et de loin – la cadre de la sexualité débridée et consentie entre adultes. L’inceste pèse en effet gravement sur l’équilibre mental de l’enfant atteint dans son intimité et a fortiori violé par un parent. L’inceste pèse également sur son développement sexuel et affectif, et durablement sur ses rapports aux autres dans une société où de tels actes sont possibles. Romain Gary a-t-il, en écrivant ces lignes, cédé à un désir plus ou moins conscient de provocation sur le sujet ? C’est possible, voire probable dans le contexte de l’époque.

Mais nous ne sommes plus en 1960, et cette pratique criminelle que constitue l’inceste parental ne bénéficie plus, de nos jours, de la même tolérance implicite dans notre société. Et c’est heureux tant le phénomène est présent sur le territoire dans toutes les couches de la population. En 2015, une étude (lien) réalisée par l’institut Harris Interactive pour l’AIVI (Association Internationale des Victimes de l’Inceste) a montré que 4 millions de Françaises et, à un degré moindre, de Français ont subi des agressions sexuelles ou des viols de nature incestueuse. 4 millions de victimes dont la plupart mettront de longues années, et trop souvent des décennies, avant de connaître enfin la résilience. Une réalité insupportable qui touche des personnes que nous côtoyons quotidiennement sans avoir conscience de leurs souffrances et des images qui les hantent.

Pour mémoire, rappelons qu’après avoir été récompensé d’un premier prix Goncourt en 1956 avec son roman « Les racines du ciel », Romain Gary a – fait unique dans l’histoire de l’académie – obtenu un deuxième prix Goncourt en 1975 avec le roman « La vie devant soi », publié (comme trois autres de ses livres) sous le pseudonyme Émile Ajar.

** Nom polonais de la capitale lituanienne Vilnius.

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91 réactions à cet article    


  • njama njama 11 janvier 08:53

    Bonjour Fergus

    J’ai vu le film, mais à aucun moment ne transparaissait il me semble l’ombre d’un désir incestueux. Au contraire, on y voit une mère possessive, démesurément aimante c’est vrai (en compensation d’une union qui fut désastreuse (?), d’un mari qui lui manqua de respect dit-elle sans plus de détails), mais terriblement directive, autoritaire, plus père que mère, patriarcale !
    Une mère « asphyxiante » (impression personnelle), mais comme l’enfant n’a qu’une mère, il n’eut d’autre choix que de faire avec. 

    A l’inverse du cas classique de l’inceste viol sur mineur, Romain Gary paraît le concevoir dans le sens du viol sur majeur, une relation œdipienne en quelque sorte ... à laquelle sa mère n’aurait certainement jamais consenti, il devait le savoir, l’âge n’étant qu’un prétexte. Il écrit l’idée d’un fils couchant avec sa mère, et non pas l’idée d’une mère couchant avec son fils, ce qui est révélateur de son fantasme (sexuel ?). L’inceste, c’est dans un sens, pas dans l’autre, avec rapport de domination de l’un majeur sur l’autre mineur, et relation non consentie.


    • Fergus Fergus 11 janvier 09:10

      Bonjour, njama

      Sur la nature platonique des relations entre le jeune Romain et sa mère Nina, le film est fidèle au livre, et l’écrivain se montre claire sur son cas personnel. C’est pourquoi je n’ai pas émis le moindre doute sur cette question.

      Ce qui m’a interpellé dans le livre, ce sont les réflexions incidentes - au delà de la question personnelle de nature œdipienne - que Romain Gary a émises de manière plus générale sur le phénomène de l’inceste en relativisant de facto cette pratique sexuelle dans la société et en passant totalement sous silence les traumatismes qui en résultent pour les enfants. 


    • Fergus Fergus 11 janvier 09:13

      Erratum : ... l’écrivain se montre clair... et non pas « claire » (aucun problème d’identité sexuelle) smiley


    • njama njama 11 janvier 09:33

      @Fergus
      N’ayant pas lu le livre, je suis content d’apprendre que le film lui est fidèle.

      Sur les réflexions incidentes, je trouve surtout que les comparaisons de Romain Gary sont tellement inconvenantes, incongrues, déplacées, ... qu’elles ne permettent même pas de faire un lien intellectuel entre la souffrance d’un inceste forcément tellement relative par rapport à Hiroshima, ou Buchenwald... tant, ce sont des causes et des événements sans commune mesure entre eux.
      La phrase  « Personne ne me fera jamais voir dans le comportement sexuel des êtres le critère du bien et du mal », si toutefois elle reflétait sa pensée, pose davantage questions si les relations ne sont pas mutuellement consenties.


    • Fergus Fergus 11 janvier 11:02

      @ njama

      « je suis content d’apprendre que le film lui est fidèle »

      Dans l’esprit, oui, c’est le cas, et Charlotte Gainsbourg (excellente) rend très bien le caractère parfois étouffant de cette mère atypique.

      Cela dit, il y a quelques différences, entre des personnages et des situations accentué(e)s dans le film relativement au livre, ou transposé(e)s à d’autres moments de la vie de Romain Gary. Qui plus est, le film donne plus d’importance à la 3e partie (la période militaire) que le livre.

      « je trouve surtout que les comparaisons de Romain Gary sont tellement inconvenantes, incongrues, déplacées »

      Vous avez raison, et il est évident que la lecture que l’on peut faire de nos jours de ce roman, dans une société plus sensibilisée aux dégâts de l’inceste, relativement à la lecture que l’on en faisait dans les années 60, est forcément très différente, l’absence totale de référence aux victimes étant de fait choquante. Cela dit sans remettre en cause le talent de Romain Gary, et en sachant que probablement de nombreux intellectuels avaient à cette époque le même type de regard sur l’inceste.

      « pose davantage questions si les relations ne sont pas mutuellement consenties. »

      A de très rares exceptions concernant des grands adolescents, il ne peut y avoir de « consentement » réel entre un adulte et un enfant, ledit consentement étant, lorsqu’il existe, le résultat d’une manipulation plus ou moins consciente de la part de l’abuseur.


    • njama njama 11 janvier 15:49

      @Fergus
      de l’inceste à la pédophilie, la frontière est parfois tenue ...d’autant plus que les deux sujets étaient assez également tabou


    • Fergus Fergus 11 janvier 16:10

      @ njama

      L’inceste reste largement un tabou, la pédophilie nettement moins et c’est heureux.


    • gueule de bois 11 janvier 16:21

      @Fergus
      Charlotte Gainsbourg (excellente)
      Je suis d’accord et c’est une exception. Habituellement elle est nulle, mais on dirait que le rôle est fait pour elle.


    • Fergus Fergus 11 janvier 16:29

      Bonjour, gueule de bois

      Je partage votre avis : Charlotte Gainsbourg est en général aussi médiocre actrice que médiocre chanteuse. Ce rôle est donc une exception qui doit être saluée.


    • zygzornifle zygzornifle 11 janvier 09:37

      il aurait eut un père alcoolique qui lui pétait le cul tout les soirs en le roustan avec ses potes de beuveries je me demande ce qu’il aurait écrit ....


      • Fergus Fergus 11 janvier 11:10

        Bonjour, zygzornifle

        Nul ne le saura jamais.

        Pour mémoire, le père de Romain Gary a quitté sa mère très tôt après sa naissance, et celle-ci ne s’est jamais remariée, toute sa vie étant tournée vers la réussite de ce fils auquel elle prédisait constamment un grand avenir : elle aurait voulu qu’il soit Heifetz, Nijinski, Pouchkine, Hugo, qu’il devienne un héros de l’aviation ou bien ambassadeur. Aiguillonné par cette constante et omniprésente ambition de sa mère, le fils ne l’aurait pas déçu ; hélas pour cette femme, elle est morte trop tôt durant la guerre pour voir qu’elle avait eu raison, malgré les multiples embûches de la vie. A cet égard, la fin du livre est particulièrement émouvante.


      • Paul Leleu 11 janvier 21:58

        @zygzornifle


        bien dit... d’ailleurs, Gary ne s’est pas posé la question à l’envers (si j’ose dire) : c’est peut-être parce-que l’inceste est si répendu (et tu) que des choses comme Buchenwald ou Nagasaki ont eu lieu... 

        peut-être que les acteurs de ces drames gigantesques, ont vu leur flamme de « frénésie » alimentée, justement, par des situations d’inceste (et autres). 

        Peut-être qu’une société plus juste et plus douce entrainterait moins de volontaires pour les punitions d’horreur... 

        en tous cas, je suis pas fan de cet écrivain, fils à sa maman. Un peu gnan-gnan

      • JL JL 11 janvier 09:48

        Bonjour Fergus,
         
        ’’... pour affirmer qu’il n’a jamais eu pour sa mère de « penchant incestueux », uniquement « des sentiments platoniques et affectueux »’’
         
        Je ne me souviens pas avoir éprouvé des sentiments platonique envers ma propre mère ! Les enfants ne font pas dans cette sorte de nuances. Je crois.
         
         « S’il est vrai que je ne suis jamais parvenu à désirer physiquement ma mère, ce ne fut pas tellement en raison de ce lien du sang qui nous unissait, mais plutôt parce qu’elle était déjà une femme âgée et que, chez moi, l’acte sexuel a toujours été lié à une certaine condition de jeunesse et de fraîcheur physique. »
         
        En transposant, on frémit en pensant à ce qu’il pourrait éprouver envers sa fille !


        • Fergus Fergus 11 janvier 11:20

          Bonjour, JL

          Les enfants ne sont effectivement pas à même d’évaluer la nature de l’amour qu’ils portent à leur parent de sexe opposé. Mais eu égard à la forme particulière des rapports entre Romain Gary et sa mère, sans doute a-t-il intellectualisé celle-ci très tôt, au contraire de la plupart des enfants qui ce sujet n’effleure même pas, ce qui a été mon cas.

          « on frémit en pensant à ce qu’il pourrait éprouver envers sa fille » 

          Romain Gary n’a eu qu’un seul enfant, avec Jean Seberg : Alexandre Diego. Pas de fille par conséquent. Mais je ne suis pas persuadé du tout qu’il aurait eu avec une fille un comportement déplacé ; comme je l’ai écrit dans l’article, je suis convaincu qu’il y a eu dans cette partie de ses écrits une part de provocation.


        • JL JL 11 janvier 11:29

          @Fergus
           
           mais je ne suis pas persuadé non plus !
           


        • gruni gruni 11 janvier 10:00

          Bonjour Fergus


          L’inceste, un sujet pour le moins difficile Fergus, les chiffres que tu donnes son évocateurs de l’étendu de ce fléau et peut-être encore en dessous de la réalité. Malheureusement, la société n’en finira jamais avec ça, mais il est nécessaire d’en parler.

          • Fergus Fergus 11 janvier 11:35

            Bonjour, gruni

            Un sujet « difficile » en effet.

            Les chiffres sont-ils « en dessous de la réalité » ? Nul ne peut le dire. Cependant l’enquête réalisée pour le compte de l’AIVI semble très sérieuse, très complète, et sans doute assez fiable.

            « il est nécessaire d’en parler. »

            Je le crois effectivement, et cela depuis que j’ai connu personnellement des enfants abusés* chez ma sœur et mon frère, parents d’accueil de la DDASS puis de l’ASE. A la même époque, j’ai en outre assisté à un procès d’assises concernant précisément des faits d’inceste.

            * Certains de ces enfants étaient suicidaires, et la plupart gravement perturbés.


          • Le Panda Le Panda 11 janvier 11:15

            Bonjour Fergus

            Comme le signale @gruni ce fléau ne date pas d’une époque récente. Les chiffres sont bien plus importants à priori que ceux que tu semble citer.

            Mais nous avons en reculant dans le sens des époques les Borgia et la liste serait trop longue, pour ne pas considérer ces faits comme pire qu’un fléau. Mais les responsables sont les humains.

            Pourtant combien d’ouvrages n’ayant pas eu le Goncourt parle de l’inceste comme un plat de consistance que les générations améliorent et cela est un désastre. Le prochain film qui sort ce mercredi en 8 traite de faits similaires réels en 2010. Donc qu’il faille se tenir informé et préventif c’est indéniable. Des mesures seraient à prendre pour légiférer face à de telles situations. En évitant ce type de film et de propagandes qui ne peuvent que provoquer masse d’interrogations pour certains entre le bien et le mal, C’est à mon sens des réels dangers.

            Cordialement


            • Fergus Fergus 11 janvier 11:41

              Bonjour, Le Panda

              « Les chiffres sont bien plus importants à priori que ceux que tu semble citer. »

              Qui peut l’affirmer ? Ce sont les chiffres de l’AIVI, et ils sont confirmés en termes de grandeur par des universitaires qui les trouvent plausibles.

              Face à ce fléau qui a en effet toujours existé, je crois que les pouvoirs publics ont pris conscience depuis des années de la nécessité d’agir en termes de prévention et de signalement. Mais il est évident que l’arsenal juridique et social n’est pas suffisant. D’où l’importance de tout ce qui peut contribuer à sensibiliser les personnes en capacité de signaler les abus constatés ou soupçonnés de manière tangible.

              Cdlt


            • Le Panda Le Panda 11 janvier 13:42

              @Fergus bonjour

              Mille excuses pour la faute de frappe, erratum : que tu sembles « L’express » va plus loin en se basant comme indiqué dans l’article puisqu’il estime à tort ou raison ce qui suit avec une vidéo dans le Lien

              Six pour cent des Français auraient été victimes d’inceste selon les résultats d’un sondage Harris interactive. 27% des personnes interrogées déclarent connaître au moins une victime dans leur entourage. La vidéo le prouve dans un cas précis ! 

              Quatre millions de Français seraient concernés. Selon les résultats d’un sondage Harris interactive pour l’Association internationale des victimes d’inceste (AIVI) rendu public mercredi, c’est le nombre de personnes qui auraient été victimes d’inceste en France, soit six pour cent de la population. Ce qui à la lecture de l’article donne des frissons dans le dos pour rester correct mais plus de 4 millions affirme t-il ? Mais l’avancée est indéniable dans le cadre du Code Pénal

              Je souhaitais apporter ce complément

              Cdt

               


            • Fergus Fergus 11 janvier 14:22

              @ Le Panda

              C’est précisément à cette étude que je me suis référé dans l’article.


            • simplesanstete 11 janvier 17:42

              Romain Kacew, le boucher en yiddish...rideau.


              La communauté qui relativise la dénomination du viol en..... circoncision , tout est lié où aliéné.

              • Fergus Fergus 11 janvier 19:10

                @ simplesanstete

                Désolé, ma réponse figure un peu plus bas par suite d’une fausse manip.


              • velosolex velosolex 11 janvier 18:49
                En termes d’horreurs programmés, Gary sait de quoi il parle. Il a été au premier rang, dans le nez des Lancaster qui ont bombardé l’Allemagne. Il a ramené l’avion en guidant par la parole l’’aviateur blessé aux yeux, rendu aveugle, dans un avion en lambeaux....
                 A t’il eu des rapports homosexuels avec un des membres de l’équipage ?....Je m’en fous. Je remarque qu’il y a une génération encore on l’aurait aussi brûlé pour ça....J’ai une certaine empathie pour ce type qui a eu le courage de rejoindre les forces de la France libre, qui a accroché sa peau au porte manteau d’une autre façon que Celine !
                Je ne crois pas qu’il fasse faire oeuvre d’inquisiteur pour tenter de retenir le lecteur par la manche pour ces lignes.. Parler de son oeuvre flamboyante aurait été plus intéressant. Quand on la lu on relativise les propos se cet affabulateur, joueur, séducteur, grand amoureux de la vie.....Gary nous parle de l’horreur absolue, technocratique, miliaire, celle qui raye dans l’horreur nucléaire des centaines de milliers de gens, de couples, et leurs étreintes, légitimes ou non....Le crime est avant tout la violence et la mort programmée, voilà ce qu’il dit. 
                Des rapports consensuels, consentis entre deux individus, cela le laisse froid, qu’ils soient cousins, frères et sœurs, ou mère et enfant, à coté de cette apocalypse. Il en rit ; Il sait d’où il vient....
                Certains inquisiteurs se sont ils amusés à voir si les cadavres coulés dans la lave de Pompei, étaient bien de familles étrangères ?.... 
                Je dirais que ces lignes malgré leur apparence parlent même d’autre chose que de la sexualité, mais d’une même conscience, d’une union totale entre deux êtres, et qu’il a choisi la force brute du sexe pour en parler., se moquant du comment il sera jugé par certains comme de son premier pays. traversé...On sait qu’il existe une résurgence de la sexualité devant la mort..... 
                D ’autre part je le répète ce type qui a toute sa vie était un grand joueur, faussaire, écrivain génial, polyglotte, brûlant ses vaisseaux, n’aime qu’une chose : Provoquer, chercher les limites, faire scandale, se déguiser, et faire un bras d’honneur. Mais avec de la classe, du risque, et de la générosité. 
                A la fin il devint peut être amer, surtout après la mort de Jean Seeberg, sa muse adorée. Il nous avait prévenu. A partir d’un certain moment notre ticket de train n’est plus valable. 

                 


                • Fergus Fergus 11 janvier 19:22

                  Bonsoir, velosolex

                  Je suis globalement d’accord avec vous, et mon propos n’est en aucun cas de faire un procès à Romain Gary, un homme et un auteur pour lequel j’ai beaucoup de respect, et qui était effectivement un provocateur comme l’a montré l’affaire de son « double je » Emile Ajar.

                  Il se trouve simplement que « La promesse de l’aube » est dans l’actualité et que l’inceste est un sujet qui me préoccupe du fait des dégâts qu’il occasionne sur les enfants qui en sont victimes. Or, l’inceste et abordé d’une manière à tout le moins surprenante dans ce livre dans la mesure où il est non seulement « relativisé », mais ses victimes totalement absentes des lignes que l’écrivain y a consacré. Le contexte des années 60 y est évidemment pour beaucoup, et tout en zoomant sur l’inceste, c’est ce que j’ai voulu montrer en ouvrant la porte à un débat...


                • velosolex velosolex 11 janvier 19:26

                  @Fergus
                  Je vous suis mieux ainsi, mais vous auriez du préciser dans votre texte ce propos. Ce qui m’a mis quelque peu en colère, car j’adore cet auteur dont fiction, fantasmes et vies parallèles se confondent en de multiples chausses trappes


                • chantecler chantecler 12 janvier 09:24

                  @Fergus
                  J’ai lu il y a peu son roman : « la promesse de l’aube ».
                  C’est effectivement une oeuvre d’écrivain ,
                  où il s’expose , je dirais une catharsis de son existence de l’enfance ,de l’ adolescence , de jeune adulte où tout est tracé , imposé par sa mère .. .
                  Sauf qu’il semble être dans un déni complet .
                  Il ne remet jamais en cause sa relation à sa mère que je qualifie de totale oedipienne , mais il me semble que cette dernière est un personnage limite , car effectivement si l’on peut parler de fantasmes incestueux , ils se retrouvent partagés entre les deux personnages , en miroir .
                  Dans son roman effectivement il n’y a pas de passage à l’acte , heureusement .
                  La trame de ce livre étant axée sur cette relation absolue , pathologique à mon avis , m’a laissé outre un grand malaise , un doute sur ce qu’il rapporte en périphérie .
                  Sur la crédibilité de ce qu’il nous conte .
                  D’ailleurs il disait lui même être ostracisé dans son entourage ,défiant .
                  Certes il a combattu , mais il fait étalage de ses victoires , médailles , comme preuve de sa bravoure .Et sa chance inouïe de se tirer indemne de toutes ses missions .
                  Peut être avait il effectivement la « baraka ».
                  Sa rencontre avec Charles De Gaulle a été aussi déterminante : il s’est soumis , donné à ce personnage , en qui il a vu bien évidemment un père spirituel .
                  R. Gary est un grand séducteur : sa culture ,ses conversations , ses paradoxes , son humour exquis , sa « grande beauté »- ses yeux bleus magnifiques , ses mimiques pour se montre sous son « meilleur profil » qu’il souligne souvent , qui le rendait un « tombeur » .(sa mère veillait tout de même , par se interventions , à ce que ses aventures féminines ne soient pas très sérieuses car une seule femme devait compter : elle )..
                  Il établit en outre un réquisitoire contre la psychanalyse qu’il rejette totalement.
                  Ce qui l’amène à faire passer pour absolument « normale » cette relation extrême , fusionnelle avec sa mère .
                  Du moins jusqu’à son décès, ce qui ne le libère pas pour autant .
                  Gary est un mystère .
                  Il l’a toujours été .
                  Il a écrit effectivement d’autres romans , marquants, comme « éducation européenne ».
                  La lecture de ce livre m’a laissé mal à l’aise .
                  Heureusement certaines anecdotes rapportées , son humour terrible , permettent d’en avancer la lecture .
                  Séducteur ....


                • Fergus Fergus 12 janvier 11:03

                  Bonjour, chantecler

                  Merci pour ce commentaire qui complète mon propos en allant encore plus loin dans l’expression du ressenti à la lecture de « La promesse de l’aube ».

                  « Il établit en outre un réquisitoire contre la psychanalyse qu’il rejette totalement »

                  C’est parfaitement exact, et le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est effectivement pas dans la nuance en termes de rejet, y compris en usant d’arguments spécieux Par exemple lorsqu’il prête aux psychanalystes l’interprétation consistant à dire qu’un coureur de jupons est en réalité un homme qui fuit une tendance homosexuelle ! Un rejet de la psychanalyse qui lui donne toute licence pour justifier ensuite la pratique de l’inceste comme n’étant qu’une variation humaine de l’amour physique parmi d’autres.

                  Je comprends donc votre gêne qui va au-delà de mon étonnement.


                • velosolex velosolex 12 janvier 15:37

                  @chantecler


                  Récit, roman ? On n’a bien du mal à faire entrer une prestidigitateur dans une armoire doublé d’un joueur de poker, sans qu’il disparaisse, ou ne réapparaisse sous un autre nom, dans un endroit qu’on ne soupçonnait pas. Il ne s’agit pas de s’avoir si ses romans racontent la vérité, mais sa vérité, et surtout si ses mensonges nous concernent. Fergus a choisi là à mon avis un bien mauvais exemple à épingler, car ce type à l’art du subterfuge, et de la provocation. C’est bien difficile avec l’art de faire oeuvre de juge, et de géomètre, en demandant à un clown de mettre de la mesure dans ses paroles. Plus d’un si est brûlé les ailes. Lui même à force de provocation et de farce se rendra compte qu’il a été trop loin dans cet histoire de Goncourt « revisited ». Son neveu, Paul Pavlovicht, si ma mémoire est bonne, ayant été invité en urgence à se saisir de son double Ajar.
                  Paul Pavlowitch, 58 ans, a personnifié Emile Ajar, Goncourt 1980 et ...
                   Les chroniqueurs et même la directrice du monde, si je me souviens se sont rendus au Danemark pour rencontrer Paul, absolument pas préparé, et qui bredouillait quelques phrases, qui ont alors curieusement augmenté son aura, et l’image « d’ours » qu’on prête aux grands romanciers. Chose intéressante tant ce qu’on projette sur notre interlocuteur est parfois bien plus important que ce qu’il dit. ...J’ai lu dernièrement un roman superbe, et ironique, sur la création, la mythomanie, le respect des admirateurs devant leur modèle...Cela s’appelle « l’ours est un écrivain comme les autres »...C’est une farce, où la raison et les juges sont invités, mais où le rire est vainqueur. 
                  « L’ours est un écrivain comme les autres » de William Kotzwinkle par la ...


                • Fergus Fergus 11 janvier 19:09

                  Bonjour, simplesanstete

                  Désolé, je ne vois pas le rapport entre le viol et la circoncision. En bref, je n’ai jamais cru à la théorie fumeuse de Dommergue.

                  En bref : Si les Juifs sont ce qu’ils sont sur la planète, ils le doivent principalement aux évènements qui ont accompagné la chute du Temple en l’an 70 : sur un modèle imposé par les Pharisiens, les Juifs, très majoritairement agriculteurs, ont été contraints d’éduquer leurs garçons dans d’exigeantes écoles rabbiniques. C’est ainsi que les Juifs, devenus savants, se sont détournés des métiers de la terre pour s’installer dans les villes d’occident en prenant le pas dans la plupart des domaines sur leurs contemporains des autres religions. C’est la jalousie née de cette prédominance intellectuelle qui a conduit les chrétiens, en s’appuyant sur l’alibi de la mise à mort du Christ, à ostraciser et à spolier les Juifs dès le haut Moyen Âge. Les pogroms ont suivi et insécurisé les Juifs partout en Europe occidentale et dans l’Empire russe. C’est de cette histoire que sont issus les Juifs tels que nous les connaissons aujourd’hui.

                  A toutes fins utiles : Les Juifs, grands absents de l’agriculture (avril 2016).


                  • velosolex velosolex 11 janvier 19:23

                    @Fergus

                    Je ne sais pas si en tenant deux poèles à la main on peut faire de la bonne cuisine kascher. 

                    Juste pour dire tout de même que le grand exode du pays par les romains est un mythe aussi entretenu et usé que celui de la traversée de la mer rouge, et que c’"est avant tout le grand prosélytisme qui a développé la religion hébraïque, en partant des foyers de l’est de l’europe.

                  • simplesanstete 11 janvier 20:45

                    @Fergus
                    Et bien saperlipopette, si vous ne le voyez pas, le rapport c’est que vous relativisez comme l’autre...franchement vous êtes IMMONDE, diabolique et négationniste, un coupeur de cheveux en quatre voir +, arraché avec les dents à l’ancienne , la 1ere pipe rabbinique à 8 JOURS. Dommergue n’est pas une théorie , des faits avec effet, c’est ce qui se passe, réalise devant nos propres yeux,une Haine Kolossale paradoxale sauveur / destructeur, révolution, c’est d’ailleurs la même position merdeuse de Soral, de Ploncard d’Assac et de Ryssen qui ne le mentionne même pas pas dans sa psycasjuive.

                    ILS NE SAVENT PAS CE QU’ILS FONT, non de dieu, vous êtes bouché.....doux jésus inc, des ventriloques spéculateurs, l’imagination au pouvoir, des androgynes, MERDE alors, de jésus à marx aux chiottes de l’histoire et des raconteurs d’histoires maintenant avec le cinéma et l’insu portable.

                  • simplesanstete 11 janvier 20:45

                    @Fergus
                    Et bien saperlipopette, si vous ne le voyez pas, le rapport c’est que vous relativisez comme l’autre...franchement vous êtes IMMONDE, diabolique et négationniste, un coupeur de cheveux en quatre voir +, arraché avec les dents à l’ancienne , la 1ere pipe rabbinique à 8 JOURS. Dommergue n’est pas une théorie , des faits avec effet, c’est ce qui se passe, réalise devant nos propres yeux,une Haine Kolossale paradoxale sauveur / destructeur, révolution, c’est d’ailleurs la même position merdeuse de Soral, de Ploncard d’Assac et de Ryssen qui ne le mentionne même pas pas dans sa psycasjuive.

                    ILS NE SAVENT PAS CE QU’ILS FONT, non de dieu, vous êtes bouché.....doux jésus inc, des ventriloques spéculateurs, l’imagination au pouvoir, des androgynes, MERDE alors, de jésus à marx aux chiottes de l’histoire et des raconteurs d’histoires maintenant avec le cinéma et l’insu portable.

                  • Fergus Fergus 11 janvier 20:55

                    @ simplesanstete

                    Ne vous méprenez pas, je considère la circoncision comme une pratique barbare qui devrait être éradiquée. Mais si elle douloureuse pour le bébé - malgré une sensation heureusement limitée à cet âge -, elle n’occasionne pas de traumatisme psychologique et ne remet pas en cause l’équilibre psychique de l’enfant contrairement au viol incestueux.


                  • simplesanstete 11 janvier 23:13

                    @Fergus
                    Le Dr Gautier que cite Dommergue montre bien que le système endocrinien est le siège des émotions, l’instrument de l’âme. Aucune argumentation sur ce qu’est le ’génie’ juif, ce complexe du sauveur, non monsieur votre réponse est de l’humaniste de l’inconsistance ambiante sans logique des faits les plus basiques. Le cinéma est ce qui plait le plus au coma des mortel sans destin, le fumeux prolétariat, ce qui se reproduit ! cette race est habitée par sa bite et la séduction vous ne l’avez pas remarqué, relié, compris non + . Quelle mollesse d’âme vous incarnez !.



                  • Self con troll Self con troll 11 janvier 23:39

                    @simplesanstete
                    Soyez compréhensif, vous qui n’avez pas de tête. Celle de Fergus est dans le sable.


                  • chantecler chantecler 12 janvier 09:29

                    @Fergus
                    Sur ce point je conteste .
                    Comment pouvez vous affirmer que la circoncision ne laisse pas de traumatisme ?
                    Il me semble d’autre part que cette pratique est extrêmement intrusive symboliquement .


                  • Self con troll Self con troll 12 janvier 10:22

                    @chantecler
                    Fergus sait tout. N’est-ce pas la caractéristique du Sage ?

                    Qu’y-a-t-il de moins racialiste que le discours de Dommergue, qui pointe une pratique dans la culture juive qui développerait (au conditionnel, je ne suis pas endocrinologue) un certain fonctionnement mental chez le mâle de la communauté ?

                    Ce fonctionnement qui empêche Attali de nous voir sous un autre angle que celui d’agent économique.

                    Qui sait si cette pratique ancestrale, au but initialement hygiénique à mon avis, n’a pas dérivé en volonté d’agir sur le gène (alors inconnu) pour se libérer des contraintes naturelles (ce que fait un esprit purement spéculatif) ?


                  • JC_Lavau JC_Lavau 12 janvier 10:51

                    @Fergus. A se demander s’il a eu des enfants : « malgré une sensation heureusement limitée à cet âge ».
                    Et c’est ça qui donne des leçons de morale...


                  • Fergus Fergus 12 janvier 11:07

                    @ JC_Lavau

                    Je ne fais que rapporter un fait avéré : à quelques jours d’existence, tous les médecins et les chercheurs sont d’accord pour dire que les terminaisons nerveuses du bébé sont très incomplètes et la sensation de douleur par conséquent très atténuée. C’est d’ailleurs pour cela que l’on peut voir des bébés ne pas réagir du tout à des piqûres d’insecte.

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