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Accueil du site > Actualités > Société > Todd et le vote des profs à travers le sondage de l’IFOP

Todd et le vote des profs à travers le sondage de l’IFOP

Si le dernier livre d'Emmanuel Todd est une bonne démarche, et une bonne réouverture de concepts cruciaux pour envisager la suite des conflits sociaux en France, le sondage de l'IFOP sur lequel il s'appuie pour parler du vote des profs est à comprendre dans son contexte, peu représentatif du corps professoral en France.

Emmanuel Todd vient de sortir un nouveau livre, Les luttes de classes au XXIè siècle. Il faut saluer la démarche et le travail proprement dit. Malgré des défauts, des analyses un peu rapides notamment, l’idée est bien. Les idées centrales sont d’une originalité audacieuse. On en notera deux surtout : l’homogénéisation de la société française, et son essai de classification de cette société par le concept de fausse conscience.

Nous ne rentrons pas dans les détails – ce n’est pas le but de ce texte, et nous nous en tenons à quelques remarques.

 

D’abord, l’homogénéisation. Sur les plateaux télé, on oppose souvent à Todd les études qui montrent, au contraire, des divisions profondes dans la société française, notamment celles de Jérôme Fourquet, Thomas Piketty ou de Christophe Guilluy. En fait, leurs analyses ne sont pas si opposées, bien qu’elles se fondent généralement sur les mêmes données chiffrées. C’est surtout que leurs bases de réflexion et leurs démarches ne sont pas les mêmes.

Todd pense à partir de variables historiques de grande envergure, par trentaines d’années, parfois par siècles. Il se fonde principalement sur l’évolution des structures familiales, celle du résidu religieux (qui a presque disparu), celle du niveau scolaire, et un peu celle du niveau de revenu. Aussi, il est définitivement revenu des représentants politiques, qu’il a maintenant en horreur irréversible. Après son livre sur Charlie, il a publié un gros livre à la papa pour se réconcilier avec le public, et maintenant, il s’adresse au peuple pour lui dire : « ce que vous avez fait pendant le mouvement des Gilets Jaunes montre que vous pouvez vous unir dans la diversité ; votre courage et votre inventivité peut être le début d’une lame de fond qui fera face à la violence économique qui ne cesse de croître ; gardez ce cap, l’unité peut se faire ». Assez classe.

Fourquet, pour ne citer que lui, pense sur des échelles plus courtes, et se concentre sur la nature et la forme que prennent les divisions internes en France. Or, il est indéniable que les oppositions internes à la société sont plus tranchées qu’avant, suscitent plus de remous. Comme on dit, les gens se radicalisent. De là, Fourquet s’adresse au hommes politiques. Piketty également. Ils expliquent le creusement des inégalités et des différences et disent aux élites : « Vous avez pulvérisé la société, tant par vos réformes que par votre spectacle ; il faut maintenant refonder un système de partage des richesses qui prenne en compte la diversité française ». il faut le dire : c’est surfait.

Mais toutes ces démarches coordonnées peuvent donner quelque chose de bien, si on garde le cap de Todd.

 

Ensuite sur la fausse conscience. D’abord je dois faire une remarque d’ordre personnel

Je suis particulièrment ému que quelqu’un essaie de remettre à la mode cette expression. Pendant toute mes études, je l’ai défendue jusqu’à l’épuisement – j’ai même produit un petit mémoire de quinze pages sur le concept. J’avais en tête que cette idée de Marx, et conceptualisée en profondeur par Joseph Gabel, était une notion injustement oubliée et qui pouvait permettre de reprendre Marx avec des lunettes plus adaptée au monde contemporain. Proche de la tendance situationniste, j’ai toujours conçu l’idée de fausse conscience comme la clef de voûte du système libéral qui, à la fois entretient la reproduction sociale des oligarques, et à la fois maintient le peuple dans la médiocrité, qui fait tenir l’économie et le spectacle.

Maintenant, il y a des critiques à faire sur la classification proposée par Todd, mais nous ne les ferons pas dans le présent texte. Ce qui compte, c’est qu’il ouvre le débat. Maintenant, c’est à nous de proposer de nouveaux modèles, en s’inspirant, d’ailleurs, des siens.

 

Globalement le livre est bien, et il est toujours rafraîchissant de voir Todd sur les plateaux télés. On regrettera peut-être qu’il soit généralement seul sur les plateaux, mais on le comprendra. Il a dû lui-même demander à ne pas se trouver au milieu de débats à plusieurs invités, pour ne pas avoir à se battre, comme c’est souvent le cas. C’est ce que le spectateur – dont moi – aime, mais il faut comprendre que ce n’est pas facile à vivre du tout, même quand on réussit à moucher les adversaires avec brio.

 

Nous voulons néanmoins réfuter un point de son livre, point qu’il souligne presque systématiquement dans ses interventions télévisées.

Il s’agit des données statistiques sur le vote des professeurs à la dernières élection présidentielle. Todd explique, sans préciser d’ailleurs le chiffre, que les profs ont voté majoritairement pour Macron. Il illustre généralement, tout de même, avec la statistique des professeurs agrégés : 50 % des agrégés auraient voté Macron.

Eh bien, c’est faux.

Ou plutôt, on ne peut pas donner ce chiffre comme ça, et l’Ifop, qui a fait le sondage, précise que ce chiffre en particulier doit être pris avec plus de précaution que les autres. Reprenons.

Le bilan de l'étude est disponible ici : https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/03/3751-1-study_file.pdf

Le sondage a été fait par l’IFOP une semaine avant le scrutin du premier tour sur un échantillon de 1001 membres du personnels enseignants. Ce n’est donc pas une enquête à sortie des urnes, mais une enquête d’intentions de vote.

Ensuite, il a été fait à partir d’une liste de professeurs déjà inscrits sur les listes électorales, et ne tient donc pas compte de ceux qui ne sont pas inscrits, comme s’ils ne s’intéressaient pas à la politique. Et puis, comme pour les chiffres officiels, l’enquête donne un chiffre de l’abstention, mais n’en tient pas compte dans ses calculs pour les intentions de votes positifs. Enfin, la question du vote blanc n’est jamais clairement posée.

Voyons d’abord les chiffres de l’abstention. À la question « Irez-vous voter ? »1, 73 % de l’ensemble du personnel enseignant a répondu « oui ». Il y a donc plus d’un quart, 27 %, des profs qui ne sont pas allés voter. Il faut dire ici que, selon le sondage, ce sont les profs agrégés qui sont allés le moins voter. À 61 %, ils sont loin des professeurs des écoles, votant à 89 %.

Ensuite, à la question « pour qui irez-vous voter ? », les choix proposés ne prenaient pas en compte le vote blanc, comme nous l’avons dit. Dès lors, nous pouvons dire que le sondage comporte une tare importante dans la formulation de ses questions. Car celui qui a l’intention de voter blanc a répondu « oui » à la première question, mais n’a pas trouvé sa réponse à la seconde. Sachant que la règle de l’enquêteur est de ne jamais donner de précisions sur les questions formulées par le chargé d’études, on ne sait pas comment ils ont fait.

Voyons maintenant les intentions proprement dites. Parmi tous ceux qui projetaient d’aller voter, 38 % ont dit qu’ils allaient voter pour Macron. C’est donc 38 % de 73 %, c’est-à-dire 27,74 %. C’est effectivement le candidat qui a rassemblé le plus de professeurs. Nous ne pouvons nier qu’il y a là un changement historique : les professeurs, votant traditionnellement à la majorité absolue à gauche, sont maintenant divisés. Mais ils n’ont pas basculé. Car, dans le même temps, les quatre candidats de la gauche réunie, Nathalie Artaud, Philippe Poutou, Méluche et Hamon, ont fait 40 % de 73 %, c’est-à-dire 29,2 %. Autrement dit plus que Macron. Les profs restent à gauche en majorité relative même s’ils subissent une division historique. Il faut le dire, si on a foi en ce sondage (ce qui n’est pas mon cas), on pourra juste dire que les profs, dont les conditions de travail et vie se sont terriblement détériorées2, qu’ils fatiguent à l’usure, qu’ils ont eu peur du FN, et que beaucoup ont vraiment cru que Macron était à gauche. Fait révélateur qui va dans ce sens : l’ancienne ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré ce matin (Mercredi 5 Février 2020) prendre conscience que Macron n’était pas de gauche.

Ce qui nous amène à la question des profs agrégés. Car si ce sont eux qui ont fait la différence, alors notre idée de professeurs trop fatigués pour voir l’illusion de Macron ne tient pas : les profs agrégés sont normalement dans une situation assez confortable pour réfléchir avant de voter.

Le chiffre que donne Todd est celui de l’IFOP : 50 %. Mais, une fois de plus, il faut prendre en compte la forte abstention des profs agrégés, et dire que c’est 50 % de 61 %, autrement dit 30 %, ce qui réduit considérablement le chiffre. Mais le pire reste à venir.

Sur tout le découpage des effectifs de profs interrogés, la ligne des profs agrégés, comme celle des maîtres auxiliaires, contient une astérisque. Il est ainsi précisé que l’échantillon de professeur agrégé était inférieur à 40 unités, et qu’il faut donc utiliser ce chiffre avec plus de précaution que celle posée par la marge d’erreur donnée en début d’étude. Dès lors, si on reprend leurs chiffres, cela donne :

61 % de votants sur 40 unités → 24 professeurs agrégés ont déclaré vouloir voter.

50 % de 61 %, donc 30 % sur 40 unités → 12 professeurs agrégés ont déclaré vouloir voter Macron.

Doit-on préciser pourquoi ce chiffre n’est pas fiable ?

 

Le fait est que ce problème de représentation des professeurs agrégés, mais aussi des maîtres auxiliaires, interroge sur les quotas de l’étude. Il est dit très rapidement au début du rapport que l’enquête a suivi la « méthode des quotas », en précisant : « sexe, âge, niveau de degré d’enseignement, statut ». Le « statut », variable à laquelle appartient le fait d’être agrégé, est donc le dernier facteur pris en compte dans la catégorisation des échantillons, et si on se base sur les deux seuls échantillons précisés dans l’étude, ce facteur n'est pas accordé avec une représentativité nationale. Expliquons.

1001 membres du personnel enseignant ont été interrogés. Moins de 40 parmi eux étaient agrégés, c’est-à-dire 4 %. De même que pour les maîtres auxiliaires. Or, sur la totalité du corps enseignant français, 11 % sont agrégés. Et 7,5 % sont des maîtres auxiliaires. De tels écarts faussent complètement la représentativité, d’autant qu’on ne sait rien des autres échantillons.

La question qui se pose alors, c’est : les statuts ont-ils une importance telle qu’il faille qu’ils soient représentés proportionnellement dans l’échantillon des enseignants interrogés ?

Pour y répondre, donnons des éléments sur les différences de statut.

Les instits de bases, qu’on appelle « professeurs des écoles classe normale », commencent à 1800 euros et finissent 31003, les professeurs agrégés de classe normale commencent à 2100 et finissent à 3800 et dans les classes exceptionnelles, ils commencent à 3800 et finissent à presque 50004. Il faut aussi préciser qu’un instituteur ne fait pas de conférence, n’écrit pas de livre, ni toutes ces choses qui augmentent le revenu d’un professeur agrégé de fac, et le font évoluer dans un réseau d’une classe sociale élevée.

Réponse : oui, le statut est important quand on parle d’intention de vote. Il l’est d’autant plus quand on traite des luttes de classes. Le sondage n’étant pas représentatif du corps professoral sur ce point, il n’est pas rigoureux de s’en servir pour traiter du vote Macron selon les classes sociales.

Et disons-le : si on peut douter que les agrégés qui ont voté Macron atteignent 50% de la totalité d'entre eux, il reste possible qu'il y en ait finalement plus de 50% parmi les votants. L'échantillon étant tellement infime, nous ne pouvons avoir aucune certitude.

 

Enfin, le statut de professeur agrégé n’est pas homogène en lui-même. Pour étayer mon propos, je parle ici de mon expérience dans les concours de professeurs en Sciences humaines.

Depuis le début des années 2000, le recrutement à l’agrégation est devenu, pour citer le professeur Kambouchner, directeur du jury de l’agrégation de philosophie en 2008, de la « science-fiction ». Avec 20 postes attribués sur 2000 candidats, ce même directeur du jury confessait ne pas être certain de réussir lui-même le concours s’il avait été dans l’obligation de le repasser.

Pour ne pas échouer, il faut être particulièrement disponible et consacrer son année au travail préparatoire. Il est presque impossible de le faire si on doit payer un loyer, ou si l’on a des soucis d’argent. L’agrégation, en Sciences humaines surtout, est aujourd’hui devenue essentiellement un marqueur de reproduction sociale, et a totalement perdu son rôle d’ascenseur social. Plus encore, elle qualifie un individu qui a sacrifié un an à une formation scolaire hystérique, quelqu’un de brillant, très souvent, mais sans inventivité aucune.

Au contraire, dans les années soixante-dix ou quatre-vingt, n’importe qui pouvait avoir l’agrégation. BHL, Field, Finky, tous ces mecs là, qui sont, en quelque sorte, une insulte aux pauvres agrégatifs d’aujourd’hui, n’ont pas du tout le même profil que nos agrégés d’aujourd’hui. Si on met de côté ces caricatures de branleurs, on doit tout de même dire que les agrégés plus anciens sont plus inventifs et moins rigoureux. Une part non négligeable sont des enfants du bas-peuple qui, issus du baby-boom, ont réussi, voire se sont embourgeoisés jusque dans leurs mœurs. Souvent, ils voient avec tristesse le déclin de leurs temps, mais déjà un peu vieux, ils préfèrent se consacrer à leurs travaux et ne plus penser à la politique. Parfois, aussi, mais bien plus rarement, ils glissent vers une vieille droite nostalgique.

Entre les jeunes angoissés et les vieux mélancoliques, une foule de nuances dessine le corps des agrégés, bien trop hétérogène pour que le chiffre de l’IFOP ait un sens quelconque.

Tous les professeurs agrégés que je connais ont voté Méluche, ou n’ont pas voté, et j’en connais une douzaine également. Mais ils refusent tous systématiquement de répondre aux sondages. Comme probablement la majorité des profs…

 

1La question est plus longue et plus précise mais, c’est important de le noter, elle ne parle pas du vote blanc.

2Selon une étude de l’INSEE sorti au moment des attentats de Charlie, enseignant était la profession qui subissait le plus d’insultes, avant même les flics.

3https://www.emploi-collectivites.fr/grille-indiciaire-etat-professeur-ecoles/0/5600.htm

4https://www.emploi-collectivites.fr/grille-indiciaire-etat-professeur-agrege/0/5573.htm


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34 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 février 08:43

    La vie politique est devenue un objet de marketing, un marché prédictif, ou marché de prédiction dans lequel la valeur des produits échangés dépend de la réalisation d’un évènement comme un résultat d’élections ou un résultat sportif. Il repose sur des modèles prédictifs appelés à tort « sondages », puisqu’ils ne servent pas seulement à mesurer, mais aussi (et surtout) à « prédire » (plus que « prévoir ») des évolutions de valeurs.

    Ce type de marché permet la réalisation de paris sur des pronostics. L’ensemble de ces paris exprimant la décision collective des agents du marché ainsi qu’une évaluation des probabilités d’occurrences des évènements ciblés, cette méthode peut être utilisée pour mesurer l’état de l’opinion sur différents sujets.

    Les états comme les multinationales ont recours à cette méthode de prédiction pour déterminer leurs stratégies.

    Le problème Todd, c’est qu’il n’est pas le commanditaire de l’étude en question, car dans ces « analyses », on ne rend publics que les chiffres qui arrangent le commanditaire et justifient ses choix.


    • Nick Corey 6 février 12:25

      @Séraphin Lampion
      « Le problème Todd, c’est qu’il n’est pas le commanditaire de l’étude en question, car dans ces « analyses », on ne rend publics que les chiffres qui arrangent le commanditaire et justifient ses choix. »

      Oui, m’enfin, il ne faut pas utiliser des chiffres faux, et encore moins les répéter partout à la télé... Surtout quand on est un spécialiste des chiffres. Il a su parfaitement critiquer d’autres statistiques, je trouve incompréhensible qu’il ne l’ait pas fait sur ce coup.
      J’aime beaucoup Todd  je suis fan, en un sens, mais je pense que là, il fait erreur. Il a une tendance à se précipiter souvent... Et il a un très gros problème avec la variable économique, problème lié certainement à son parcours.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 février 12:49

      @Nick Corey

      on est d’accord


    • Nick Corey 6 février 14:06

      @Séraphin Lampion
      Ce type de marché permet la réalisation de paris sur des pronostics.

      Exactement. En fait c’est grâce à cela que les boîtes de sondage vivent. Les clients en ont, en réalité, rien à foutre de ce que pensent les gens. Parfois même, ils commandent une étude de marché juste pour que c’est moins cher qu’un plan com, et qu’il y a un contact direct avec les clients...

      Une histoire qui montre bien l’illusion du sondage :
      J’ai bossé huit ans dans une boîte de sondage. En 2005 (j’ai le droit de le dire aujourd’hui) Apeule nous avait recrutés (mais pas que nous), pour faire des réunions de consommateurs à propos d’un produit qui n’existait pas encore, et qui s’est avéré être le smartphone.
      On a fait 8 réunions de 7 personnes en moyenne. 5 personnes au total ont dit qu’ils étaient vivement intéressés, Entre cinq et dix, curieux. Tous les autres (une quarantaine) ont dit : « oh ça suffit la technologie ». De mon point de vue, c’était un fiasco.
      À la fin de la dernière réunion, les clients étaient ravis, parce que parmi toutes les critiques qu’ils avaient entendues, il n’y en avait pas une à laquelle ils n’avaient pas pensée. Malgré tout le mépris que les consommateurs avaient vu pour l’objet, ils savaient que ça allait faire un carton. Ma boss m’a dit que ça s’était passé pareil pour le portable. Je me souviens qu’elle m’a dit : « je te paie mon billet qu’ils en ont tous un dans cinq ans. » Je crois qu’elle avait raison.

      Apeule ne voulait pas connaître l’opinion des gens, il voulait savoir si sa propagande pouvait en venir à bout. Apeule obtenait des informations sur le marché pour savoir comment ils pouvaient le faire basculer en leur faveur.


    • vesjem vesjem 8 février 09:30

      @Nick Corey
      le but de todd est d’utiliser son talent à démonter un système (du type oligarchique mondialiste) en se gardant de se faire passer pour gauchiste (nombreuses références positives au système démocratique anglo-saxon us ou gb ) ;
      pour arriver à ses fins , quelques petites entorses (comparées aux méga-mensonges du système mondialiste ) lui sont bien utiles et pardonnables


    • Kylo REN 42 Kylo REN 42 8 février 09:38

      @vesjem

      Yep !

      Tins, ça me donne d’ailleurs une de ces p... d’envie d’aller faire un carton avec Nono du côté du ball-trap de Montendre ce matin, moi... ne serait-ce que s’il y avait une ligne de TER directe depuis là où je me trouve, ou même si on se les pelait pas comme au Greenland pour sortir le VTT ! smiley - -


    • Nick Corey 8 février 11:40

      @vesjem
      Je suis d’accord avec vous d’une façon générale. J’ai hésité à produire cet article, d’ailleurs, et c’est pour ça que je commence par des remarques positives. Mon but n’est pas que cela le desserve.

      MAIS c’est gênant. Non, Todd, pas toi... C’est même un peu flippant. C’est peut-être le chiffre le moins certain de son livre, et c’est celui qu’il répète le plus sur les plateaux télé.

      Après, d’une façon générale, il a une idée très biaisée de ce qu’est le professorat en France. Probablement parce qu’il en fréquente et qu’il pense avoir une idée juste. Le niveau scolaire ne baisse pas depuis quelques années, mais depuis la stagnation éducative qu’il a lui-même décelée.
      La stat pertinente à ce sujet est...
      l’expérience des correcteurs de copies. Un correcteur corrige pas loin de 1500 copies par an venant de toute la France (lycée privé sous contrat). Tous les ans, il sonde le niveau scolaire dans sa discipline sur un panel plus important que celui de l’IFOP, même s’il ne sonde que les lycées privés. Or tous les correcteurs vous le diront, le niveau a commencé à baisser à la fin des années 90 et est en chute libre depuis 2005 (l’année de la loi ECTS, je me suis toujours demandé si ça avait un rapport). Moi j’ai fait ça entre 2009 et 2013, j’ai vu le niveau s’écrouler en philo comme en français (de façon globale métropole et dom, sur les mêmes écoles, avec les mêmes profs, aux mêmes moments de l’année). Ça ne se voit pas parce que chaque année on nous demande de gonfler les notes par rapport à l’année précédente.
      Todd critique l’INSEE sur sa manière de faire les chiffres, mais il semble ignorer que les consignes aux profs depuis les années 90 c’est de gonfler toujours plus les notes. Aussi les évaluations de fin de primaire (cm2) ont beaucoup changé entre les années 90 et 2010. À note égale, on ne qualifie pas le même niveau. Depuis une dizaine d’année, se présenter au bac latin suffit pour avoir 10.
      Mais Todd a un tel problème avec la clique Finky (et on le comprend) qu’il a toujours refusé ce fait, et aujourd’hui, il ne l’admet pas vraiment, et préfère dire que le niveau vient de commencer à baisser.
      Le fait est que la fausse conscience des trentenaires vient bien d’un manque d’éducation qui ne date pas d’hier, mais des années 90.

      Malgré tout, ce n’est qu’un détail dans sa théorie. Surtout, il est en phase offensive. Ça s’organise. Il va ptêt réussir à réconcilier Branco et Ruffin... Ils sont tout un petit groupe qui vient de se réveiller d’un long sommeil politique et on pourrait avoir des surprises d’ici 2022.


    • Albert123 6 février 08:50

      Tous les professeurs agrégés que je connais ont voté Méluche, ou n’ont pas voté, et j’en connais une douzaine également. Mais ils refusent tous systématiquement de répondre aux sondages. Comme probablement la majorité des profs…


      un echantillon représentatif de quelqu’un qui vit dans une bulle, comme la très grand majorité des personnes qui toute leur vie sont restés à l’école et expliquent le monde via le prisme déformé de la théorie et d’un entre soi protégé par les murailles d’un des nombreux temple républicain, 


      pour le reste vous n’avez pas determiner en quoi voter à gauche serait si supérieurement moral,


      ah si j’oubliais selon vous Macron n’est pas de gauche donc la gauche c’est bien,


      c’est foutrement orwellien et plus mieux mieux comme concept.


      • Nick Corey 6 février 12:46

        @Albert123

        « qui toute leur vie sont restés à l’école »
        Quand on en vient aux attaques ad hominem, c’est que l’on panique et qu’on ne sait plus quoi dire.
        Essayez de parler du texte plutôt que de vous énerver comme ça. C’est pas sain. Et puis vous vous trompez sur mon compte, c’est consternant.

        Bon après si vous êtes un troll, ok j’dis rien... Vous avez réussi votre coup... Bien joué


      • Albert123 6 février 14:29

        @Nick Corey

        « vous vous trompez sur mon compte »

        vous manquez d’assertivité, c’est ce qui manque à ceux que l’on a doté, via les institutions, d’un pouvoir hiérarchique. (Dans votre cas celui de l’autorité quotidienne dont vous bénéficiez sur vos élèves),

        aussi dès qu’il sont face à un individu sur lequel il n’ont aucun ascendant vous servez le fast food argumentatif classique :

        tout d’abord, accusation d’attaque ad hominem (alors qu’il s’agit juste du constat du biais cognitif propre aux membres de votre corporation, même si j’en conviens, cette autocritique n’est pas facile pour ceux qui passent des concours et sont persuadés de fait de faire parti d’une quelconque élite alors qu’il n’ont en fait que démontré leur parfaite soumission et leur parfait conformisme).

        ensuite tentative médiocre de déstabiliser l’adversaire en l’accusant d’être émotionnellement faible car énervé et malade (« panique » « pas sain »). 

        puis indignation à la petite semaine (« c’est consternant »).

        enfin dernière médiocre lame, l’accusation de troll qui se termine par la fausse abdication du faux jeton pas fair-play pour un sous tant son complexe de supériorité transparaît.

        bref ...

        donc je reprend et reformule, puisque le seul qui est en transe ici et qui ne sait plus quoi dire c’est vous même :

        Premier point en quoi vos 12 connaissances et votre salle des profs seraient plus légitimes que les statistiques utilisées par Todd, statistiques obtenues auprès de plus de 1000 sondés ?

        Second point, n’ayant pas défini au préalable ce qui caractérise la gauche, on voit mal ce qui justifie selon vous le fait que a) Macron ne soit pas de gauche et b) ce qui fait que la gauche serait un versant plus moral que l’autre (et donc un choix qui serait supérieur) ?

        Réponses :

        1. rien
        2. rien & rien
        merci donc de nous avoir exposé votre a priori et vos biais cognitifs.

      • Nick Corey 6 février 16:04

        @Albert123

        Je ne suis pas prof, je suis chargé de codif dans un institut de sondage bien connu... J’ai raté l’agrég.

        Après, la dernière phrase de l’article était une boutade, pas un élément sérieux. il est curieux que vous ne l’ayez pas compris.

        Maintenant, si vous continuez de m’insulter, comme dit un type qui a le même nom que vous :
        « J’vous signale »

        Bisous


      • Ruut Ruut 6 février 09:19

        Bientôt il ne restera aux travailleurs que la grève a la flamande smiley

        Se porter pale avec certificat médical.

        C’est très efficace et ne coûte presque rien au travailleur.

        ça force aussi l’employeur a prendre ses responsabilité et a régler les vrais problèmes.

        La grève honnête a la Française ne fonctionne plus, elle ruine juste les travailleurs.


        • Nick Corey 6 février 14:21

          @Ruut
          « La grève honnête a la Française ne fonctionne plus, elle ruine juste les travailleurs. »

          C’est ce qui apparaît, il faut le dire.

          Mais j’avoue croire qu’il y a un bluff sur les pertes économiques réelles de la France. C’est assez étrange, mais, alors que je suis certain que les experts ont exagéré les dégâts des GJ, je crois qu’ils minimisent ceux de la grève contre les retraites.
          On n’en parle pas, mais les ports de Marseille et de Fosses-sur-Mer ont été bloqués presque en permanence pendant deux mois. Les bateaux ont généralement déchargé à Barcelone ou à Gênes, ralentissant considérablement la logistique et le transport en France. Il y a eu des tentatives de relocalisation par le Havre (Tunisie France par le Havre, vois le détour), mais, vu les blocages ici aussi, les embouteillages à Dunkerque, certains sont allés jusqu’à Hambourg (le trafic maritime d’Anvers, c’est particulier, on y va pas trop à l’improviste) pour débarquer. Cas rare mais d’une absurdité qui montre que les pertes économiques sont massives.

          Après le pouvoir ne dira pas ça parce que ça pourrait donner du courage. Je suis convaincu que si, en mars, la sncf et la ratp relancent la grève, le pouvoir cède. Y a plein de secteurs qui ont fini par s’y mettre, et ils peuvent servir de relais en attendant que les cheminots se refassent.
          Comme dans DBZ quand ils se relaient contre Boubou.


        • Nowhere Man 6 février 09:43

          Un ami m’a fait remarquer en consultant les résultats des votes dans un bureau de notre ville le score « anormalement » élevé de Lepen. On était en 95. Une grosse caserne de gendarmerie alimente en électeurs ce bureau de vote...

          D’après Todd les flics,les CRS et leurs ennemis intimes gendarmes ont voté à 50% pour Lepen en 2017.

          Les agrégés votent majoritairement à droite ou ED depuis longtemps : salaires énormes pour 15h de cours par semaine dans des classes pratiquement choisis. Tous ces avantages sont totalement indépendants de leur compétences pédagogiques. Pourquoi changer ?


          • lcm1789 6 février 10:35

            @Nowhere Man

            Sur la police je ne sais pas Mais sur les agrégés tu dis n’importe quoi

            Il faudrait pour être sérieux regarder les résultats des élections professionnelles

            Et voir les consignes de vote liées

            Et se rappeler qu’il y a énormément d’agrégés nommés en collège y compris rep.


          • Nick Corey 6 février 13:34

            @Nowhere Man

            « D’après Todd les flics,les CRS et leurs ennemis intimes gendarmes ont voté à 50% pour Lepen en 2017. »

            Les études sont moins accessibles que celle pour les profs. Le lien internet pour l’étude CEVIPOF qui est la plus citée par les spécialistes (probablement la source de Todd) est une page « oops ». Il y a, sinon, le vote des miloufes :
            https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/07/Focus-199-Pour-qui-vote-les-casernes.pdf
            Et une « radioscopie du vote RN » :
            https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/03/3734-1-study_file.pdf

            Si quelqu’un retrouve une étude, qu’il n’hésite pas à mettre le lien sur cette page !

            Le problème du sondage sur les bidasses, c’est que la grille de lecture principale est la caserne, sans tenir compte des différences de grade, et de niveau de vie. Bon, chez les militaires, y a des excuses, vu leurs conditions au quotidien.

            Néanmoins, je pense que la stat de 50,1% pour le vote flic-RN, est à peu près conforme. Jusqu’à la chute du PC, les CRS étaient noyautés par le parti et obtenait des scores un peu conséquents. Je n’ai pas les données, mais ça devait tourner un peu au-dessous de 10%. Il y avait des résidus de maurassiens, une tendance nette à droite, mais probablement un quart de flics de gauche (PC compris).
            Il est vrai que l’électorat de Lepen est avant tout « prolo ». Or les flics, en France (ce n’est pas le cas dans la plupart des autres pays) se perçoivent comme des prolos, ce qui se comprend. Dans le basculement du vote prolo du PC au FN, ils ont suivi.

            Ce qui est le plus important, c’est ce qu’en dit Todd.
            Dans la mesure où Macron a un très grand besoin de la Police pour déformer les pays, il est contraint de faire une alliance implicite avec l’idéologie du FN, d’autant que les flics ont été très remontés contre lui à un moment.
            Il est notable que Lepen n’insiste pas trop ni sur les violence policières, ni sur la réforme des retraites. Depuis deux ans, elle essaie de se rapprocher des grands patrons, sans lesquels elle ne pourra avoir le pouvoir. C’est aussi pour ça qu’elle a abandonné son discours anti-euro.
            Elle s’en tient au minimum syndical, s’excite un peu pendant les élections, mais elle est bien plus calme que sous Hollandia. McRon, pour sa part, tape sur elle, mais il sait que c’est en parlant du diable qu’on le fait exister.
            C’est ce que Todd appelle le Macro-Lepenisme.

            Depuis Mitrand, c’est le sport tradi des politiques, mais avec McRon, ça prend une tournure particulière, notamment pour ce rapport particulier avec la gouvernance policière.
            Mais il ne faut pas oublier, non plus, que Le Père Pen était le premier défenseur des idées de Friedrich Hayek en France (pour une Europe ultra-libérale, pour une quasi-disparition de l’impôt sur le revenu et des impôts sur les sociétés) qu’il mêlait à un fond maurassien bien moins incompatible qu’on ne pourrait le croire (autoritarisme, xénophobie, racisme, eugénisme, etc). Or McRon est hayekien.
            Si on s’accorde sur l’idée que les propositions de la mère Pen qui font gauche ne sont pas sincères, on s’aperçoit qu’il y a une pont idéologique solide entre les deux.


          • Nick Corey 6 février 13:51

            @lcm1789
            « Il faudrait pour être sérieux regarder les résultats des élections professionnelles »

            Excellente remarque. Je n’y avais pas pensé. C’est probablement le meilleur support qu’on puisse avoir, puisque ça donne les effectifs, et avec les localités, on a une idée des niveaux de vie. Mais alors c’est du travail, quand même.

            Pour les consignes de vote, c’est particulier. Un prof, même instit à St-Gudule-de-Bijour, se trimballe souvent un esprit de contradiction tenace et suit probablement moins les consignes de vote qu’un ouvrier.

            Pour les agrégés en collège c’est 18%, ce qui n’est pas négligeable sans être très élevé.
            Pour parler de mon expérience. J’étais ds une bonne ZEP au collège. C’était folklo, mais je suis pas traumat...
            Les profs agrégés étaient souvent plus fins, plus subtils, mais j’en ai soupçonnés beaucoup d’être de droite, sans avoir pour autant de certitude. Ils donnaient parfois l’impression qu’ils venaient en ZEP pour justifier qu’ils étaient fondamentalement de droite (« moi-même je suis confronté à la misère, j’aide les miséreux, mais je pense que... »).

            Mais globalement, je reste d’accord avec vous : rien n’est sûr. Particulièrement pour le corps professoral (sans vouloir être anti-flic primaire, plus que pour les flics en tous cas), il est très difficile de déterminer les orientations de vote, et les impressions peuvent être très trompeuses.
            Je reste sur l’idée, aussi, que le corps professoral n’est pas assez homogène pour que ce sondage ait beaucoup de sens.


          • pemile pemile 6 février 14:19

            @Nick Corey « Il est presque impossible de le faire si on doit payer un loyer, ou si l’on a des soucis d’argent »

            Si l’on a des soucis d’argent tout court ?

            Si on ne paye pas de loyer parce que l’on dort dans sa voiture, c’est le manque de sommeil ou de nourriture qui va « gêner » la préparation du concours smiley


            • Nick Corey 6 février 14:24

              @pemile

              Un connaisseur... On en a chié, hein ?


            • pemile pemile 6 février 14:37

              @Aff le loup « Toujours coincée la touche « ? »... ? »

              Toujours à bégayer le troll smiley


            • Esprit Critique 6 février 19:55

              Les Pédagos vivent dans un monde clos. Ils ignorent des pans entier des problèmes réel de la société, le monde des smicards du privé.

              Quand on ne sait pas ça, les statistiques sont d’apparence impénétrables.


              • JBL1960 JBL1960 6 février 21:11

                Proche de la tendance situationniste 

                Aussi, puis-je vous soumettre cette compilation et notes à but éducatif et dans la gratuité prônée par Raoul Vaneigem par

                des extraits de son livre  : APPEL À LA VIE CONTRE LA TYRANNIE ÉTATIQUE & MARCHANDE de Raoul Vaneigem, Publié aux Éditions Libertalia en 2019 – En version PDF N° 154 de 20 pages que j’ai réalisée récemment ?

                Todd dit des choses très justes, mais sur le « vote » des profs, si vous êtes proche de la tendance situationniste vous savez, je pense, combien on s’attache à démontrer que voter n’est qu’une illusion démocratique ?

                Maintenant, je ne peux que conseiller, bien modestement, aussi bien aux profs, qu’aux élèves, comme à tous ceux qui en auront envie, et pour faire imploser le concept « bancaire » de l’Éducation de (re)lire : La pédagogie des opprimés de Paulo Freire. Ce PDF a été très partagé sur les Ronds-Points par de nombreux Gilets Jaunes, sur lesquels, ceux de Commercy, dans la Meuse, où de Saint-Nazaire, par exemple, se sont appuyés, entre autre, pour concrétiser Assemblée des assemblées et la Commune des communes. (Je le sais, car nous avons eu des retours, avec R71 qui l’a traduit, mais ne me demandez pas de statistiques...)

                JBL


                • Shawford Monarch42 6 février 21:12

                  @JBL1960

                  La HORDE du CONTREVENT, ça te parle ?????


                • Nick Corey 6 février 22:03

                  @JBL1960
                  Le père Vaneigem...
                  Il vieillit un peu je trouve, mais c’est fascinant qu’ils soit toujours bien combatif.
                  Merci pour les liens en tous cas

                  Sur le vote : oui bien sûr. À donf. Pas de souci.
                  Après, c’est le phénomène du vote qui est intéressant. « Pourquoi les gens votent ? » d’ailleurs, plus que « pour qui ? ». Quelles conséquences cela a sur la société réelle ?
                  Il existe une histoire du vote, qui a un sens, et qui mérite d’être étudié. Il y a aussi une pensée libérale du vote, qui donne beaucoup d’indication sur le monde dans lequel on vite.
                  J’ai envie de dire que le vote, c’est un peu la toile écran du Spectacle. Si le vote est une illusion, alors il faut étudier les mécanismes de cette illusion.

                  Après je vote pas, et à chaque élection, c’est la guerre avec les votants...

                  Sinon, quand je dis que je suis de tendance situ, c’est une question d’adn, de famille. Je suis né dans des discours situs. Mais j’ai pris mes distances, et je pense qu’il faut aller au-delà. La théorie générale situ est trop centrée sur la question de l’art, et finalement pas assez dans la politique. Y a pas assez de matière à la sortie. Juste de très bonnes intuitions. Peut-être même les meilleures du vingtième siècle, mais seulement des intuitions. Et puis Debord n’a jamais reconnu qu’il avait plagié Günther Anders, et ça c’est moche de sa part.
                  Aussi, la posture situ a fait beaucoup de mal à la contestation. Elle a à la fois effrayé les prolos, et séduit les bourgeois.

                  Enfin, voilà que je m’égare...


                • Nick Corey 6 février 22:06

                  @Monarch42
                  DamaZio.
                  Je suis pas fan, mais c’est peut-être parce que je suis jaloux.
                  Il a écrit un roman qui se passe dans un monde libertarien, qui s’appelle les Furtifs. J’aurai voulu l’écrire, mais il m’a devancé. Alors je dois être jaloux.
                  Il se la pète un peu quand même, non ?


                • Ruut Ruut 7 février 10:51

                  @JBL1960
                  Beaucoup de bêtises dans ce PDF.


                • BA 6 février 23:21

                  Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les grands gagnants des réformes sont les 5 % les plus riches.


                  Les 5 % les plus riches ont gagné 2905 euros par an.


                  Les 5 % les plus pauvres ont perdu 240 euros par an.


                  Source : Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE)


                  https://www.humanite.fr/sites/default/files/images/72559.HR.jpg


                  • Eric F Eric F 8 février 21:26

                    Todd évoque une « tendance générale » chez les enseignants, à savoir qu’ils ne sont plus aussi massivement à gauche que cela fut naguère. Alors on peut certes mettre des marges d’incertitude sur le « sondage » évoqué, mais vu son professionnalisme, il a certainement d’autres données que ce seul sondage pour corroborer cette tendance (par exemple une certaine poussée de syndicats plus conservateurs lors des élections professionnelles).

                    Ceci étant, Macron n’était pas autant perçu comme à droite lors des présidentielles de 2017 qu’il l’est désormais, il serait donc intéressant d’avoir un sondage actualisé « à mi-mandat » comparativement au reste de la population. Dans la mesure où le PS reste au plus bas, que la droite traditionnelle s’est effondrée et que LFI s’enfonce doucement, est-ce l’écologie qui recueille les déçus ?


                    • Nick Corey 9 février 02:41

                      @Eric F
                      Merci d’avoir indiqué un lien vers les élections pros.

                      Alors ce qu’on y voit surtout, c’est une large majorité d’abstention, de 58%. Elles ne sont donc que relativement représentatives de la pensée politique des enseignants. L’article indique également que la progression de 3 pts dans la participation par rapport aux précédentes est davantage due à une mobilisation de la droite, moins participante avant, plutôt que d’un basculement à droite.

                      « Macron n’était pas autant perçu comme à droite lors des présidentielles de 2017 »

                      La question me semble être : qui a été dupe en 2017 ? Je veux dire : à part les médias. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui le voyaient à gauche en 2017 ? J’ai dit dans l’article une chose de ce genre, mais je n’en suis pas tant persuadé.
                      Todd donne lui-même des éléments de réponse, quand il explique que Macron est le président le moins bien élu, c’est-à-dire qu’il y a un très grand nombre de ses électeurs qui votaient contre les autres plutôt que pour lui dès le premier tour. Il se base sur un coefficient que j’ai oublié, là, mais il y avait des sondages de sortie d’urne qui montraient qu’il avait battu Hollande sur ce terrain (qui avait battu tous les records).

                      Pour les profs, Todd n’a pas d’autres données. Il n’a que ce sondage qui est le plus rigoureux qui ait été fait sur la question. Il est même très bien ce sondage, si on est attaché à la représentativité des sexes et de l’âge. Beaucoup moins si on a en tête le niveau de vie des profs, ce qui semble avoir pourtant été une préoccupation de Todd.
                      Surtout, c’est le chiffre le moins fiable du sondage et c’est le seul qu’il utilise. 
                      Et surtout, il ne précise ni l’abstention massive, de 39%, ni le vote majoritaire à gauche plutôt que Macron. Surtout, comme il le dit, c’est faux. Selon le sondage, les agrégés n’ont pas voté Macron à 50%, mais à 30%. À 27,74% pour Macron sur tous les enseignants, avec probablement un fort taux de vote contre les autres, il est difficile de parler de fausse conscience sur le vote. Je pense surtout que le corps enseignants est résigné, désespéré.

                      Si on va plus loin, on peut aussi remarquer que, sur les plateaux télés, c’est le corps enseignant qui lui sert de référence principale pour analyser la classe CPIS, et que l’idée qu’il s’en fait à travers ce sondage pose problème. Il ne parle pas des avocats, des juges, des médecins, des medias, etc... Ni même des chercheurs.
                      D’une façon révélatrice, il a récusé, lors d’une intervention à La Procure, le terme « bourgeois intellectuel » que lui affublait un article, pas particulièrement négatif envers lui, d’un blog gauchiste. Mais s’il fait partie de la classe CPIS, il est bourgeois.
                      .


                    • Eric F Eric F 9 février 12:31

                      @Nick Corey
                      Merci de vos précisions. Je pense quoiqu’il en soit, malgré les taux abstention et différences de mobilisation d’une élection à l’autre, qu’il y a une évolution dans le monde enseignant, non pas massive mais tendancielle, qui correspond peut être à une moindre différence que naguère par rapport au reste de la population. Peut être le mode de recrutement et formation moins « spécifique » y contribue. Il est vrai aussi que problèmes de société (ethno-culturels, sécuritaires, familiaux, etc...) pénètrent davantage à l’« école », milieu naguère un peu préservé.
                      La chute du PS en 2017 est bien lié au fait qu’il ait été lâché par sa « clientèle historique ».

                      Concernant Macron, il faut se souvenir que le courant « socio-libéral » (aile droite du PS) s’y est rallié dès le premier tour, alors que le candidat du parti désigné par la primaire représentait une aile plus à gauche (notamment les « frondeurs »). Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, la grande majorité de l’électorat de droite était restée derrière Fillon (arrivé troisième, mais à 1 point). En tout cas le score de Macron au premier tour n’était pas inférieur à celui de ses prédécesseurs, mais le « delta » entre le premier et le second tour a été effectivement très amplifié par le rejet du FN (moins qu’en 2002 cependant).
                      Il n’est selon moi ni mieux ni plus mal élu qu’un autre président (sa popularité juste après l’élection a été élevée : 62% IFOP JDD), rappelons-nous qu’après l’élection de Hollande la droite avait contesté sa légitimité en faisant aussi un procès en « mal élu » (sur la base du score au 2d rour en % d’inscrits)
                      Le problème est surtout qu ’il a vite déçu, les mesures pour les « très riches » bien qu’annoncées au programme sont mal passées, surtout qu’elles ont été suivi de mesures impopulaires comme la baisse des APL et la hausse de la CSG sur les retraites. Il a dès lors perdu tout soutien de gauche -mais a compensé parfois par un renfort de droite-.


                      La terminologie « bourgeois intellectuel » est généralement utilisée avec une acception péjorative (genre : pas authentiquement populaire), on comprend que celui qui s’en voit affublé cherche à le récuser.

                    • Eric F Eric F 8 février 21:46

                      A propos du concept de « fausse conscience », il est probablement tombé en désuétude suite à son « renversement dialectique » pourrait-on dire, car ce concept ne pouvait mieux s’appliquer qu’à ceux qui ont adhéré au stalinisme (ou en mode mineur au soviétisme) comme la voie vers le bien être collectif.


                      • Nick Corey 9 février 03:00

                        @Eric F
                         suite à son « renversement dialectique »

                        Joli !
                        Oui, c’est, je pense, un des facteurs majeurs qui a vu son déclin. Après c’est un jet de bébé avec l’eau du bain tout de même.

                        Et d’une façon plus générale, le concept n’est pas de Marx que sous cette formulation. Pour faire cliché, j’ai envie de dire que les prisonniers de la caverne de Plafon sont déjà de magnifiques modèles de fausse conscience.

                        Je pense que c’est aussi l’illusion de la victoire libérale sur les communiss qui a donné l’impression qu’il ne pouvait pas y avoir de fausse conscience. Que les crises, les erreurs, ne pouvaient qu’être des petits détails, et non les symptômes d’un système paradoxal et incohérent, mais fascinant à bien des égards.
                        C’est parce que le système soviétique est tombé que les politiques refusent d’admettre que la logique libérale (même si elle s’exprime d’une façon stato-financière en France, un peu à la Pinochet) n’est pas bonne malgré les évidences qui se succèdent. Comme si maintenant que les soviets n’existaient plus, il n’y avait plus que Hayek, et que Keynes avait été en fait un sale communiss.


                      • Eric F Eric F 9 février 15:03

                        @Nick Corey
                        Le déclin du système de pensée marxiste dans l’intelligentsia en France est plus ancien que la chute des régimes sovétistes, mais est effectivement lié à la « désillusion » sur la réalité de ces régimes. Les auroproclamés « nouveaux philosophes » sont souvent dans cet courant sans alternative tangible en terme de modèle de société, sinon une approche globalement libertaire.

                        Le concept de « fausse conscience » me semble pertinent dans une certaine mesure (endoctrinement, imprégnation par l’« air du temps »...) mais il comporte un aspect condescendant, presque infantilisant, vis à vis d’une grande partie des classes populaires. Or ceux-ci ne sont pas forcément « dupes », mais peuvent se positionner par prudence -mieux vaut les miettes que tout perdre (principalement l’emploi) dans une anarchie qui peut résulter de l’insurrection-, ou par pragmatisme -le modèle capitaliste apporte une prospérité générale qui peut permettre de s’élever-. Alors, il leur est reproché une sorte de « désertion » par rapport à la solidarité de classe, où les problèmes individuels ou transitoires sont considérés comme des dégâts collatéraux pour l’objectif collectif idéalisé.

                        Par ailleurs, il serait inapproprié d’appliquer cette notion aux enseignants qui désertent le « camp de gauche » (si j’ai bien compris c’est ce que fait Todd)

                        , car ils appartiennent aux classes moyennes et non au prolétariat, et s’ils sont ou étaient de gauche, c’est par positionnement idéaliste -ou par mimétisme dans leur milieu- et non parce qu’ils « ne sont rien et n’ont rien à perdre ». 
                        Un autre aspect plus cynique est que les salariés du public et parapublic (dont les enseignants) sont souvent proches d’une gauche assez radicale car celle-ci défend leurs avantages catégoriels, c’est alors de l’ordre du clientélisme.


                      • Nick Corey 9 février 19:13

                        @Eric F
                        mais il comporte un aspect condescendant, presque infantilisant, vis à vis d’une grande partie des classes populaires.

                        Vous avez très certainement raison, et je pense que je ne suis pas bien placé pour m’en rendre compte, puisque j’ai appris ce terme par un chauffeur routier... Et que je l’ai surtout étudié dans un texte psychanalytique (de Gabel donc) presque illisible (et ennuyeux à lire) tant il regorge de termes techniques, qui atténue très certainement la charge condescendante.
                        Après, je le défend justement comme un terme technique à tendance psychanalytique, en me réduisant aux termes stricts : une conscience dont le contenu se trompe sur la réalité, qui dit le faux.
                        Aussi, je me demande quel mot, pour désigner une telle chose, n’aurait pas une connotation un peu péjorative et donc condescendante.
                        Conscience trompée, peut-être ? Mais en même temps ça déresponsabilise complètement.

                        Par ailleurs, il serait inapproprié d’appliquer cette notion aux enseignants qui désertent le « camp de gauche » (si j’ai bien compris c’est ce que fait Todd)

                        Oui, mais justement...
                        L’originalité de Todd est de dire qu’il y a moins de fausse conscience dans les classes « inférieures » que dans les supérieures. Pour Todd,
                        -Les hauts bourges, les 1% comme on dit, se croient libéraux et libres, mais ils sont étatiques et soumis à l’Allemagne.
                        -la classe CPIS exprime une fausse conscience qui se croit en démocratie, ne se rend pas compte de la baisse du niveau de vie, croit que le pays se divise entre Marine et McRon, la partie et les patrons, etc.
                        -Tandis que la « majorité atomisé », 50% (d’ouvriers et employés qualifiés, petits cadres artisans, petits commerçants, etc... qui ont constitué les GJ), sort de sa fausse conscience puisqu’elle a su désigner à peu près les responsables.
                        -Pour les ouvriers, 30%, il est plus difficile de déterminer la fausse conscience : l’abstention ne signifie pas une absence de conscience (là Todd est capable de le reconnaître, c’est étrange), et le vote Lepen peut, dans une mesure un peu sale certes, exprimer des formes de lucidité.
                        Voilà globalement le schéma de Todd.

                        Un autre aspect plus cynique est que les salariés du public et parapublic (dont les enseignants) sont souvent proches d’une gauche assez radicale car celle-ci défend leurs avantages catégoriels, c’est alors de l’ordre du clientélisme.

                        Vous n’êtes pas tendre avec les fonctionnaires. Je suis en partie d’accord avec vous, et je goûte votre style claquant.
                        Mais il me semble qu’en prenant le problème avec plus de recul, on s’aperçoit que cela n’est pas le problème des salariés publics et para, mais le problème de la gauche (autant pour moi ?).
                        On revient à ce dont nous parlions plus haut.
                        Le problème de la gauche, c’est qu’elle n’a plus de modèle. Alors elle ne parvient pas à trouver un équilibre entre son « avant-garde » utopiste (les zadistes, les mouvements de libération individualistes, etc...) qui ne peut pas servir de guide pour tout le monde, et son pragmatisme qui ne peut plus se réduire qu’à la conservation des acquis, donc un conservatisme, sans trop de projection d’avenir (la gauche est devenue punk : no futur)
                        Ce n’est pas le fait d’être dans le public de vouloir ça.
                        La plupart des fonctionnaires de droite défendent des programmes très libéraux : réduction des effectifs, paie au mérite, possibilité de licencier, autonomie des établissements (scolaires, médicaux, etc.), partenariat public-privé, voire investissements privés, etc. C’est juste qu’il y a peut-être moins de fonctionnaires de droite.
                        Tandis que les salariés du privé de gauche défendent le statut des cheminots, les avantages catégoriels, même quand ce n’est pas pour eux. Ils se disent solidaires.

                        Il y a une tendance aujourd’hui à croire que les fonctionnaires pensent tous comme des syndicats, et que les salariés du privé pensent tous comme des gens de droite. Mais c’est faux, et le rejet massif de la réforme des retraites en est un symptôme.

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