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Un petit monde Fantastique

Certains milieux font du diplôme l'élément central. Il est difficile de définir son identité sociale en dehors de ce critère. Heureusement, un petit monde fantastique existe où aucun CV n'est demandé.

En 1984 David Lodge écrivait « small word » traduit en français par « un tout petit monde ». Cet ouvrage a remporté un immense succès en décrivant le monde très fermé des enseignants-chercheurs.

J’évolue dans ce petit monde depuis maintenant 10 ans. Ce qui frappe c’est que ce cercle très fermé ne vous considère qu’en fonction de votre CV. Quel que soit votre interlocuteur, la première question que l’on vous pose est : « tu as soutenu ta thèse où » et la seconde « et tu as eu quelle mention ». On attribue donc un « pedigrée » à chacun en fonction de quelques critères objectifs : nom du directeur de thèse, école doctorale fréquentée, mention obtenue et articles publiés dans les revues classées. J’ai fini par croire que les individus existaient par leur CVs et leur diplôme.

Jusqu’au jour où j’ai intégré un autre monde, parallèle celui-là. Loin des contraintes académiques, un petit monde fantastique s’est construit, au sein d’un endroit atypique : un sauna. Ce qui stupéfait au premier abord c’est qu’on ne vous demande jamais votre diplôme, encore moins votre mention. Dans cet endroit réservé à la détente, les individus se croisent, se parlent sans a priori. Situation surprenante, il semblerait, que toutes les CSPs (catégorie socio-professionnelle) soient représentées. Comme je n’ai jamais pu m’empêcher d’investiguer sur les parcours des uns et des autres, j’ai découvert des profs, professions libérales, élus, ouvriers et employés. Mais là, pas de hiérarchie. Tout le monde sourit à tout le monde et chacun raconte sa vie, un peu comme au café du commerce.

J’ai une tendresse particulière pour ces gens qui ne font pas de manière. Ceux qui acceptent l’autre sans barrière. J’ai d’abord trouvé la situation curieuse et je me suis demandée pourquoi ce petit monde parallèle en est arrivé à voir se développer une tribu dont les membres sont liés les uns aux autres par un lien imperceptible. L’absence de code vestimentaire (tout le monde est en maillot de bain) facilite vraisemblablement la communication de mon petit monde fantastique. Dans ce petit monde, il est possible de croiser toute type de personne. Ce microcosme représente la société toute entière. J’ai beaucoup peiné à trouver ma place dans mon petit monde professionnel. Au contraire, j’ai été accueillie à bras ouverts par mon nouveau petit monde fantastique, ma nouvelle tribu. La construction d’une identité passe aussi par la découverte de chemins parallèles…

Au final, ce monde est plus proche de celui décrit par JJ. Goldman : « c'est un tout petit monde où s'abritent nos saisons petite boule ronde sous les ailes d'un avion et partout des gens qui dansent pour oublier un instant la nuit et le silence et les peines du présent  » que de celui de David Lodge.


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4 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 20 janvier 19:14

    Il y a les petits mondes, les joueurs de boules par exemple, ou les turfistes, ou les alpinistes ou encore, les plongeurs sous marins. Dans tous ces petits mondes vous serez accueillis parce que vous partagez la même passion. Ce qui rassemble ce petit monde, c’est la passion ou au moins l’intérêt pour quelque chose de précis, pour ne pas écrire « petit ».

    Notez que dans ces petits mondes, si vous arrivez comme un chien dans un jeu de quille ou comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, vous serez mise à l’index, voire rejetée.

    Et puis il y a le grand monde, celui dans lequel tout le monde se côtoie, où les personnes se rencontrent par hasard ou par nécessité, pour « gagner » sa vie, notamment. Un monde de concurrence pour simplement survivre.

    Il n’est pas illogique que dans ce monde structuré et donc hiérarchisé, votre place soit déterminée selon des critères définis en fonction de vos capacités. Après tout, ces gens ne sont pas, a priori, vos amis, ils ne vous connaissent pas, pourquoi prendraient-ils le risque de vous faire confiance sur votre bonne mine ?

    D’un autre côté, ils ont besoin de faire connaissance pour simplement sortir ou pour accomplir une tâche nécessaire. Sauf si vous êtes la seule personne au monde à pouvoir la faire, ils devront faire un choix entre plusieurs candidats. Alors vous ou une autre ? S’ils se trompent, ils seront sanctionnés. Ils ont besoin de se couvrir, d’une garantie, de s’abriter derrière des procédures. Les critères les plus objectifs sont le niveau d’étude, le diplôme, une expérience positive, une recommandation crédible.

    Plus le risque sera grand, plus ceux qui sélectionnent seront conformistes.

    Pour sortir, s’ils ont le choix, ce sera en fonction de leur classe sociale, de leur culture, des standards physiques imprimés dans leur cerveau, etc..

    Pour une embauche, ils choisiront un diplômé plutôt qu’un non diplômé, un homme plutôt qu’une femme, un blanc plutôt qu’un noir, etc..

    Et puis, parfois, il y a le hasard...


    • Etbendidon 20 janvier 22:26

      Ah OUI Agoravos est vraiment un petit monde fantastique pour trouver ce genre de narticle
       smiley
      Moi j’ai découvert un petit monde étrange, la pissautière publique en face de la mairie
      C fou le genre de personnages extraordinaires que l’on peut rencontrer
       smiley


      • Abou Antoun Abou Antoun 21 janvier 00:40

        Allez dans n’importe quel club sportif. Primo cela m’étonnerait qu’on vous demande votre CV, secundo si vous commencez par décliner vos diplômes vous n’allez pas vous faire de copains.
        @ Etbendidon. 
        En voilà un autre exemple qu’il est bon. Pompidou essayait de bluffer le Grand Charles en un tel lieu avec ses diplômes (agreg de lettres quand même). Les deux hommes assistaient alors à une représentation théâtrale et l’action se situait pendant l’entre-acte. Le général a cru bon de recadrer son premier ministre, qui pris de court, et pour rattraper la situation lâche ’belle pièce, mon Général’, et la dessus l’autre de rétorquer ’Pompidou, regardez devant vous !’.
        Je sais que ce n’est pas trop la discussion où il faut ’la ramener’ mais quand même dans ce petit monde étrange normalement on pisse, et si la prostate fait des siennes on pissote. En tout état de cause on ne pissaute jamais. Sans rancune.


        • zygzornifle zygzornifle 23 janvier 11:16

          c’est les 4 fantastiques ou les 4 fentes qui s’astiquent ??

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Auteur de l'article

Sophie Roux


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