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Accueil du site > Actualités > Société > Un train peut en cacher un autre

Un train peut en cacher un autre

L'affaire Weinstein est un drame, parce qu'elle révèle des pratiques douteuses mais aussi parce qu'elle use de victimisation et véhicule une misandrie excessives, masquant une situation dont bon nombre de tous sexes se seraient bien gardés d'exposer.

Dans l'affaire Weinstein, il y a Harvey. Cet homme se serait rendu coupable d'avoir échangé des carrières de femmes contre des faveurs obscènes. Elles sont nombreuses à lui reprocher cette ignominie, et si le nombre ne fait pas les preuves, il semble que l'étau se ressert dangereusement. En revanche, faire preuve de circonspection ici en apprend davantage encore sur cette sombre histoire : Harvey est loin d'être seul.

 

Le temps du revirement

L'affaire à peine éclatée, son épouse depuis 10 ans et de 24 ans sa cadette annonce leur séparation. 10 ans de mariage volent donc en éclat dès la publication des révélations, exactement au même moment que la prudence matrimoniale et décennale, consubstantielle aux couples de cœur. Quel surprenant hasard alors qu'il aurait justement été attendu une mise au point dans l'intime et une décision sous le coup de la tempérance et non de la seule exposition publique.

Dans les jours qui suivent, les grands noms s'expriment. Meryl Streep, si prompte aux envolées lyriques militantes aux bénéfices des femmes dans ce monde d'hommes qu'est Hollywood, accusant 40 ans de carrière et qui surnommait Harvey Weinstein « Dieu », ne savait pourtant pas. Son militantisme devrait en prendre un coup, sachant que Jessica Chastain dit l'avoir su dès le début de sa carrière (soit une douzaine d'années). Les époux Obama et Clinton sont consternés. Ayant occupés les plus hautes fonctions de l'État au pays de l'Oncle Sam, ce qui implique depuis PRISM qu'ayant pu être au fait de tout sur n'importe quel américain, ils ignoraient que celui qui les abreuvait de millions de dollars pour leurs campagnes électorales était un magna du sexe cavalier. Encore une facétie du destin certainement, alors que même des français comme Dupontel annoncent être au fait depuis des lustres.

Et que dire de ces innombrables photos de stars qui témoignent en masse de leur affection par un baiser affectueux au producteur souriant, qui rappellent au demeurant celles de Hugh Hefner ou de Larry Flint, sinon qu'elles sont des plus embarrassantes pour se joindre à la horde de dénonciatrices. Viol, harcèlement, comportement cavalier, dragueur, taquin ? Difficile de placer le curseurs pour ces actrices mais aussi les acteurs en général, soit à peu près tout Hollywood.

Bref, il ne faut pas s'y méprendre : la prompte dénonciation d'Harvey Weinstein de tous bords témoigne d'une volonté de tourner les projecteurs vers l'homme à terre, parce qu'il le mérite certes, mais surtout pour éviter qu'il soit braqué sur soi. Ce n'est plus une mascarade, c'est un immense bal des faux-culs.

 

#balancetonmec

L'emballement se produisit, comme il fallait s'y attendre. En effet, la cause des femmes déchaîne les passions, par principe car des injustices demeurent effectivement mais aussi par nécessité et esprit de revanche féministe. Le hashtag est lancé, un homme sera cloué au pilori par seconde, coupable ou non qu'importe car la cause est juste. Cet événement a permis plusieurs choses.

Tout d'abord il a effectivement permis de libéré la parole de celles qui, pour des raisons propres, ont été victimes de ces agissements mais n'ont jamais osé porter plainte ou pu prouvé leur malheur. Le cri sur les réseaux sociaux est un expiatoire de substitution à qui il faut rendre grâce.

Par sa propagation magistrale sur toutes les plate formes, il aura ensuite permis de montrer l'ampleur du phénomène, souvent relativisé ou ignoré. Il permet à tout homme de s'interroger sur ses propres actes et de faire preuve d'un peu d'introspection, ce qui est toujours une bonne chose en soi : le doute est gage de qualité.

En revanche, il a été le cheval de Troie de deux espèces de harpies : les affabulatrices et les féministes dogmatiques. Celles-ci usent du raisonnement spécieux qui s'appuyant sur le volume dénoncé et le cas Weinstein donc d'une propagation de ce comportement jusque dans les plus hautes sphères, en concluent que tous les hommes sont des porcs, en particulier au sommet et que la femme est toujours une victime. Il ne s'agit plus pour l'homme quelconque de faire preuve d'introspection mais bien alors de s'auto-juger pour se condamner sans appel, le mal est consubstantiel de son chromosome Y. Elles sont épaulées dans leur quête par celles-là, les affabulatrices. Car il en existe, qui par un ego surdimensionné prend toute demande d'heure dans la rue pour une drague fétide, qui psychologiquement instable, qui par un choc de cultures prend une parole pour une invitation, etc. Elles ne sont pas légions mais leur prise en compte est importante. Si tous les hommes ne sont pas des saints, ils ne sont pas tous le violeur de Clémentine Autain ou l'abject paternel de Christine Angot. Ces deux spécimens sont d'ailleurs condamnés par la grande majorité des hommes. Il faut donc faire preuve de prudence dans les conclusions des dogmatiques, qui peuvent vite contaminer l'esprit fragile d'une victime mais aussi de celles qui ne savent guère si leur homologue masculin au travail est un dragueur maladroit ou une réelle menace. Ces harpies travestissent le combat auxquelles participent les victimes, qui ne demandent qu'à expier leur malheur et non à condamner toute l'humanité.

Tomber dans la misandrie est justement le piège dont il faut se prémunir, au risque de décrédibiliser le combat mené par les victimes et par les féministes en bonne intelligence au sens large.

 

La convergence des luttes

La boucle est alors bouclée : tirer sur Weinstein puis tirer sur tous les hommes pour protéger la femme victime et innocenter l'entourage – large – de Weinstein. Mais si certaines le sont, le sont-elles toutes au fait ?

Il y a des victimes dans cette affaire, c'est une certitude. Des femmes qui pensaient qu'être belles et talentueuses suffirait à ouvrir les portes de la richesse folle et du succès planétaire. Candides au demeurant, car elles auraient dû pousser leur raisonnement plus loin. Rares sont en effet les actrices qui ne sont pas d'une beauté remarquable. Naturellement, s'il ne s'agit pas d'une condition sine qua non mais il semble que ce soit grandement facilitateur. Mais qui serait assez crédule pour penser qu'il suffit d'être belle et sexy à un entretien pour passer l'ardue sélection d'une audition qui conduit directement à la fortune colossale et à la renommée internationale ? Lorsque les enjeux sont énormes, le prix l'est aussi. C'est regrettable ici mais cela n'a rien de surprenant. Dès lors, jouer les effarouchées est un peu abusif.

Mais surtout, pour une candidate prude, combien d'autres avec un jugement de valeur différent ? Qui pour faire croire aujourd'hui que les candidates de téléréalité par exemple, ou les actrices comme Léa Seydoux, Marion Cotillard, doivent leur notoriété et donc leur compte en banque à leur seul talent et une beauté plastique ? Ce qui est abjecte pour certaines, comme la frivolité ou le népotisme, fait le bonheur d'autres. Ce qui est moral pour sculpter une image de femme fragile et délicate est pour certaines rejeté en masse, sans perversion ni conditionnement.

La récupération prend pourtant place : pour les féministes dogmatiques, ces peu scrupuleuses ci jouent alors la partition car elles sont les victimes de tout le système et ainsi n'ont d'autre choix que de se souiller dans ce monde machiste. Un peu hâtive comme conclusion, il ne faudrait pas non plus essayer de faire croire qu'Énora Malagré a du talent.

Le féminisme extrême crache son fiel pour laver l'affront, purifier la femme victime, tandis que l'entourage du producteur joue la surprise en découvrant le secret de polichinelle. Alors à l'unisson, main dans la main, le mantra est récité : plus jamais cette vilenie, il faut nettoyer ces écuries bien trop masculines d'Augias.

 

Ce procès est in fine celui des rentières à l'endroit du riche époux, des amis d'enfance venus se repaître aux repas de Gatsby dont les secrets sont connus mais tus, de l'homme tout entier à travers un seul en particulier. Le procès Weinstein n'est pas celui qui est présenté, il est l'échappatoire, le fumigène pour se dérober pour toute sa périphérie, de son épouse au président des États-Unis et une fois la fuite prise, il sera celui de tous les hommes, sans exception.

Et au milieu de ce théâtre, gît quelques victimes oubliées : les femmes abusées. Mais il n'y a pas d'argent à se faire, alors elles peuvent attendre que les puissants et leurs séides aient lavé leur honneur.


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14 réactions à cet article    


  • Satournenkare Satournenkare 17 octobre 19:00

    Hier matin sur France info, notre ministre de l’économie, Bruno Lemaire :
    Apathie/Toussaint : vous connaissez un ou des hommes politiques qui soi.en.t harceleur.s ?"
    Lemaire : non.
    Apathie/Toussaint : si c’était le cas, vous le/les dénonceriez ?
    Lemaire : non. Je ne suis pas un délateur.

    http://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/video-harceleurs-dans-le-monde-politique-bruno-le-maire-n-en-connait-pas-et-ne-les-denoncerait-pas_2422121.html


    • Christ Roi Christ Roi 17 octobre 22:54

      @Satournenkare
      Et donc ? Vous trouvez que sa réponse n’est pas digne ?


    • ZenZoe ZenZoe 18 octobre 09:03

      @Christ Roi
      C’était une question vague et à la con, et d’ailleurs on ne fait pas le procès d’un homme avant qu’il ait gaffé.


    • Croa Croa 18 octobre 17:20

      À Satournenkare,
      Il aurait raison de ne pas le dénoncer, sauf cas extrêmes de types très odieux. Par contre c’est bien de dire au copain à la main baladeuse que ça ne se fait pas, bien en face !


    • Satournenkare Satournenkare 19 octobre 09:36

      C’est vrai vous avez raison, c’est d’ailleurs pour cela qu’il faut soutenir le clergé qui couvre ses pédophiles, non ? C’est pourtant la même logique


    • Satournenkare Satournenkare 20 octobre 11:29

      @Christ Roi
      et vous lorsque l on confond délation et secours aux victimes, vous trouvez ça digne ?


    • Satournenkare Satournenkare 20 octobre 11:29

      @Croa
      Ce qui est cocasse est que vous aussi confondez la délation et le secours aux victimes. « Si votre voisin torturait son gosse, vous le balanceriez ? » "Non, je ne suis pas un délateur....


    • Gatling Gatling 17 octobre 19:44

      ouais.... c’est comme le duel Angot/Rousseau un cache misère de la condition féministe * 


      • bob14 bob14 18 octobre 06:43

        « De temps en temps une femme est un substitut

        convenable à la masturbation . Mais bien sur, il faut beaucoup

        d’imagination. »

        Karl Kraus


        • zygzornifle zygzornifle 18 octobre 09:31

          avec l’affaire Weinstein certaines actrice devenues fanées et sans succès vont l’accuser de viol afin de regonfler leur matelas de pognon .....


          Ce milieu c’est la débauche (rien qu’a se rappeler les soirées de débauche a St trop ou le show bizz allait se défoncer et se faire défoncer dans la villa du richissime producteur de l’époque) ,les soirées alcool drogue et sexe et on m’a toujours dit que pour être actrice ou top modèle il fallait coucher , cela fait parti des risques du métier , au moins elles n’ont pas de hernies discale comme leurs collèges qui mettent les conserves en rayon a l’hyper du coin pour le SMIC ....

          • Fergus Fergus 18 octobre 09:51

            Bonjour, Sapere Aude

            Beaucoup de réflexions très justes dans cet article, et vous avez raison de prendre du recul par rapport à la campagne qu’a déclenché l’appel « balancetonporc ».

            Pour autant, le buzz engendré autour de cette question du harcèlement des femmes est globalement une bonne chose à mes yeux, même si l’usage de ce tweet peut déboucher ici et là sur des dérives et des manipulations.

            Ce retentissement très large dans les pays occidentaux va en effet obliger les pouvoirs publics à prendre - et pas seulement en France - des mesures législatives et à renforcer l’arsenal judiciaire pour recueillir la parole des femmes victimes et engager des procédures appropriées, ce qui est trop rarement le cas.

            Comme je viens de l’écrire sur un autre article (de Pierre Allard) :

            Il est urgent de sortir des modèles religieux hérités de plusieurs millénaires d’histoire qui ont consacré dans les textes dits « sacrés » l’impureté et la soumission de la femme !


            • Fergus Fergus 18 octobre 10:06

              Le procès « sera celui de tous les hommes, sans exception. »

              Non, cela n’arrivera pas, même si quelques féministes exaltées, pour ne pas dire intégristes, sont tentées de le faire. Cela ne peut pas prendre, et c’est une bonne chose car ce serait injuste tant les comportements masculins sont divers, et le plus souvent respectueux des femmes.

              Qui plus est, le harcèlement n’est pas l’apanage des seuls hommes : même si elles sont moins nombreuses, des femmes se conduisent également de manière prédatrice avec les hommes. Je me souviens notamment d’une ex-collègue d’âge mûr qui, dans le service informatique où je travaillais alors, prenait plaisir à tenir des propos de corps de garde à des jeunes opérateurs, voire à leur mettre carrément la main au cul ! Une exception rare, fort heureusement ! 


            • sls0 sls0 18 octobre 16:29

              On prépare la paupérisation d’une bonne partie de la population mondiale qui se croit à l’abri de la pauvreté et que fait cette population ? Elle parle de l’affaire Wienstein.

              Quand elle sera bien ancrée dans la pauvreté cette population, elle trouvera normale cette promotion canapé, non par pour avoir un rôle mais pour bouffer.
              Je réside dans un pays où la pauvreté est à la mode, pour un boulot à 200€ ça couche sans problème.

              Continuez donc à vous focaliser sur des affaires Wienstein, vos filles pourront profiter de largesses de futurs Weinstein qui vous auront envoyé dans la pauvreté.
              Il y a 4 ans avec des étudiants en médecines ont avait prévenu les médias qu’une gamine de 11 ans faisait la pute dans un batey (canne à sucre). Les flics ont enfin bougé car normalement on ne bouge pas pour du pauvre.
              Un an plus tard une des étudiantes a discuté avec la mère. Elle trouvait que faute d’entrées d’argent la vie était plus difficile.
              La pauvreté fait que certains critères changent.
              Allez continuez à vous focaliser sur des histoires à la Gala ou ici Paris, pendant ce temps là on vous emmène à marche forcée vers la paupérisation.

              De la promotion canapé je la subis tout les jours mais de l’autre coté de la barrière et ce malgré que je suis plus proche d’un moine zen que d’un dragueur.
              Subir est un grand mot, mais il faut insister pour refuser parfois et trouver des arguments non blessants.


              • sls0 sls0 18 octobre 19:29

                @Pikashaw
                Culturellement ?

                Dans ma vie j’ai fait pas mal de pays pour le boulot ou ONG.
                Le pauvre dans n’importe quel pays fait ce que le riche lui dit de faire, si c’est coucher, il couche.
                Il y a 70-80 ans chez nous les petites bonnes engrossées par le maitre de maison ou son fils c’était assez courant.

                C’est la fin pour pas mal de ressources, la classe moyenne n’a plus d’utilité, on est reparti pour ce qui est la mode depuis la fin du néolithique, 1% de riches et 99% de pauvres.

                A la Jamaïque il y a encore le concours de la queen dance, ça date de l’époque où la plus jolie et qui dansait d’une façon très sensuelle pouvait prétendre au plumard du maitre et des avantages associés.


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