Avec un peu de retard pour cause d’une actualité trop riche, au point que j’ai dû faire 4 articles séparés en plus de cette lettre :

  • La relativité d’échelle en question discute la théorie de Laurent Nottale qui a été mise à l’honneur par le site, souvent très intéressant, des Automates intelligents. C’est l’occasion de se frotter à la science en train de se faire, en éprouvant par là même tout ce que l’on ignore encore malgré tous les savoirs accumulés.
  • Le sens de la vieillesse et de la mort est une méditation, à partir de l’interview de Jean-Claude Ameisen La longévité a-t-elle une limite ? dans « Pour la Science » (p20), sur la mort et la dégénérescence en essyant de montrer qu’ils font partie intégrante de la vie et comment ils prennent sens dans notre destinée humaine.
  • DCA, l’arme anticancer ? revient sur cette découverte, signalée déjà en février, de ce supposé remède miracle, mais surtout sur l’explication qui en est donnée permettant de comprendre comment la cause des cancers peut être métabolique, systémique, résultant d’une mauvaise oxygénation et de la désactivation des mitochondries contrôlant la respiration et la mort cellulaire.

De nombreuses autres découvertes du mois sont riches d’enseignement, que ce soit la confirmation des risques climatiques (qu’une hypothétique reforestation ne pourrait contenir), de la présence de l’eau sur Mars qui rend possible sa colonisation, de la complexité du cerveau qui ne se réduit plus à des zones trop localisées, ou de notre relative dégénérescence depuis que l’humanité s’est affranchie de la pression sélective (en recréant son propre milieu, passage de l’évolution à l’histoire).


Pour la Science no 355, Prédire pour prévenir


Pour la Science

A noter que Pour la Science vient de sortir un numéro spécial sur les virus (on a rendu compte ces derniers mois du bouleversement de nos anciennes conceptions, réévaluant la place des virus dans l’évolution).

- Génome allégé pour le vol, p30

La taille des génomes des oiseaux est trois fois plus petite que celle des mammifères, sans doute pour permettre la réduction de la taille des cellules et notamment celle des cellules osseuses. On comprend mieux la nécessité d’optimiser le génome pour qu’il prenne moins de place comme un programme informatique mais cette diminution daterait des Théropodes, ancêtres saurischiens des oiseaux, sans doute par intensification du métabolisme car "l’activité cellulaire est favorisée par une plus grande surface d’échange des cellules, relativement à leur volume, ce qui est le cas quand les cellules sont plus petites", ce qui aurai profité ensuite aux oiseaux.

Noter que les autruches ont des cellules plus grosses que les petits oiseaux !

- Les promesses de la plasmonique !, p38

Voilà un nouveau phénomène, les plasmons, et une nouvelle discipline, la plasmonique. Il s’agit à la fois de guider une onde lumineuse et de réduire sa longueur d’onde afin de pouvoir utiliser les transmissions optiques à échelle nanométrique. Une fine fente dans un métal produit effectivement un effet de surface qui fait entrer le métal en résonnance avec l’onde lumineuse, adoptant sa fréquence avec une longueur d’onde très réduite (d’un facteur 10), mais sans déplacement d’électrons et donc sans résistance ni absorption. Les vitraux exploiteraient cette propriété depuis longtemps. En dehors des microprocesseurs qui pourraient en bénéficier d’ici dix à vingt ans, les applications peuvent aller de diodes plus lumineuses à des lasers plus précis ou la destruction ciblée des tumeurs cancéreuses, jusqu’à un revêtement que la lumière contournerait, procurant invisibilité à un vaisseau spatial par exemple, mais là on est dans la science-fiction...

Les plasmons, ondes électroniques se propageant à la surface d’un métal, peuvent convoyer de la lumière. Des microprocesseurs ultrarapides, des détecteurs plus sensibles, voire des capes d’invisibilité, sont à la clef.

La lumière est un formidable moyen de faire circuler l’information. Les fibres optiques parcourent le globe et guident des signaux lumineux qui acheminent quantités de données sonores, visuelles ou autres. Cette capacité extraordinaire a conduit certains chercheurs à envisager que des dispositifs photoniques - qui canalisent et manipulent la lumière visible et d’autres ondes électromagnétiques - puissent un jour remplacer les circuits électroniques dans les microprocesseurs et autres puces informatiques. Malheureusement, la taille et les performances des dispositifs photoniques sont soumises à la limite de diffraction (...) l’opto-électronique utilisera vraisemblablement des longueurs d’onde de l’infrarouge proche, c’est à dire de l’ordre de 1,5 micromètre ou 1500 nanomètres. Le diamètre minimal d’une fibre ptique est alors très supérieur à la taille des dispositifs électroniques les plus petits actuellement sur le marché. par exemple, certains transistors de circuits intégrés en silicium ont des structures qui mesurent moins de 100 nanomètres.

Depuis quelque temps, cependant, les chercheurs étudient une nouvelle technique pour convoyer des signaux optiques à travers de minuscules structures nanométriques. Dans les années 1980, des expériences ont confirmé qu’en dirigeant des ondes lumineuses à l’interface d’un métal et d’un matériau diélectrique (un matériau non conducteur, tel que l’air ou le verre), on pouvait sous certaines conditions induire une interaction résonante entre les ondes et les électrons libres de la surface du métal (un métal, conducteur de l’électricité, contient des électrons mobiles, peu liés aux atomes ou molécules du métal). Cela signifie que les oscillations des électrons à la surface du métal correspondent à celles du champ de l’onde électromagnétique régnant hors du métal. Il en résulte des plasmons de surface, c’est-à-dire des ondes de densité d’électrons qui se propagent le long de l’interface, à la façon de vaguelettes (ayant) la même fréquence que les ondes électromagnétiques externes, mais une longueur d’onde beaucoup plus courte.

- 800 000 ans d’histoire du climat, p58

La recherche sur le climat bat son plein, ce qui est bien nécessaire mais on peut s’étonner que les données puissent changer à ce point encore. Ainsi on prédisait une période de refroidissement solaire d’ici un siècle, il semblerait qu’il n’en est rien, ce qui n’a rien de rassurant ! On n’en est décidément qu’aux débuts et il y aura sans doute d’autres rectifications ensuite... Par contre on confirme plutôt la tendance du climat à s’emballer par effet boule de neige, le réchauffement solaire produisant une augmentation des gaz à effet de serre qui augmentent la température...

Les glaces polaires sont des archives particulièrement utiles pour reconstituer la succession des glaciations, car elles nous renseignent sur l’évolution du climat et de l’atmosphère. Celles du Dôme c en Antarctique viennent en particulier de nous livrer les secrets des huit derniers cycles. Il apparaît que jamais au cours des derniers 650 000 ans, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) n’ont été - à la résolution près de nos mesures - aussi élevées qu’aujourd’hui.

Or, les données EPICA révèlent une très forte corrélation entre les variations passées de la température en Antartique et les concentrations en dioxyde de carbone et en méthane dans l’atmosphère, au cours des derniers 650 000 ans. (...) En d’autres termes, quand le climat change, les puits et soruces anturels de carbone changent en proportion, ce qui peut amplifier les changements climatiques.

Ainsi, les données EPICA suggèrent que la terre ne connaîtra pas de glaciation avant des dizaines de milliers d’années. Il ne faut pas compter sur l’orbite terrestre pour compenser l’effet de serre dû aux activités humaines !

Au Dôme C, le réchauffement naturel le plus abrupt qu’on détecte s’est produit lors de la dernière déglaciation, il y a environ 14 000 ans. La température augmentait alors à un rythme de 0,4°C par siècle (...) Si les rejets de gaz à effet de serre continuent (...) le rythme de réchauffement au centre de l’Antartique serait compris entre 1,5°C à 2,4°C par siècle, ce qui est donc 4 à 5 fois plus rapide que le plus rapide des réchauffements « naturels » des 650 000 dernières années....

Et encore, ces valeurs me semblent bien sous-estimées. En tout cas, Claude Allègre qui croyait pouvoir s’appuyer sur ces études pour affirmer que la quantité de CO2 était une conséquence et non une cause du réchauffement semble bien à côté de la plaque !

- Prédire les maladies autoimmunes, p62

Dans le sang, des molécules, nommées auto-anticorps prédictifs, apparaissent des années avant les premiers symptômes de la maladie dont ils sont spécifiques. Des tests permettant de les détecter amélioreraient la prévention.

Toute maladie auto-immune est grave et l’impact de ces pathologies est important. On a identifié plus de 40 maladies auto-immunes, parmi lesquelles figurent le diabète de type 1 (insulinodépendant), la polyarthrite rhumatoïde - une inflammation des articulations - et la maladie cœliaque - une intolérance au gluten. L’ensemble de ces pathologies représente la troisième cause de décès dans les pays développés, après les maladies du cœur et les cancers ; elles touchent environ cinq pour cent de la population et représentent des dépenses annuelles de santé de plusieurs milliards d’euros. Mais de récentes découvertes viennent égayer ce sombre tableau. Depuis dix ans, on a montré que le corps produit certains anticorps dirigés contre lui-même - nommés auto-anticorps - parfois dix ans avant que l’auto-immunité n’endommage les tissus - c’est-à-dire avant l’apparition des premiers symptômes. Les médecins pourraient-ils un jour effectuer des tests de dépistage systématique afin de chercher certains auto-anticorps et de prédire si une maladie spécifique est susceptible de se développer dans un futur proche ? (...) ce qui préviendrait ou retarderait l’apparition des symptômes.

A noter qu’il y aurait des auto-anticorps dans certains cancers. Pourraient-ils s’attaquer aux mitochondries ?

- Conséquences du théorème de Gödel en physique, p90
Jean-Paul Delahaye

Plus de 75 ans après sa découverte en 1930, le théorème d’incomplétude de Kurt Gödel (toute théorie formelle non contradictoire des mathématiques contient des propositions indécidables, c’est-à-dire dont on ne pourra démontrer ni qu’elles sont justes ni qu’elles sont fausses) suscite encore des interrogations et fait l’objet de compléments. De remarquables résultats viennent d’être obtenus par Leonid Levin, chercheur d’origine ukrainienne maintenant professeur à l’Université de Boston (ce logicien est célèbre pour avoir formulé en 1971, en même temps que Stephen Cook, la plus célèbre conjecture de l’informatique théorique, P ≠ NP). Les théorèmes de L. Levin renforcent la portée du résultat de Gödel et suggèrent que certaines informations propres au monde mathématique ne peuvent être extraites du monde physique.

Comme souvent avec Jean-Paul Delahaye, je ne suis pas sûr de bien comprendre et j’ai toujours l’impression d’une confusion entre le monde physique et le monde de l’information. La question est difficile et à l’époque où la démonstration de la conjecture de Poincaré fait intervenir la notion de « temps fini », j’avoue que j’y perds mon latin ! Ici, la physique intervient dans les mathématiques au titre du hasard, la question étant de savoir si un mécanisme aléatoire de production de règles finirait par aboutir à une version complète de l’arithmétique (complétée par des axiomes), c’est-à-dire ne possédant pas de formules indécidables (comme le bien connu « je mens »). Il semblerait que les limites physiques empêchent d’espérer en venir à bout. Fort bien. Cela pourrait signifier qu’il ne peut y avoir de complétude de la Physique non plus mais cela n’autorise pas, me semble-t-il, à mélanger la pensée et l’étendue comme des carottes avec des navets, la séparation entre les 2 ordres étant justement ce que L. Levin démontre !

En fait, pour ce que je peux en comprendre, la difficulté de compréhension vient du fait qu’on passe d’une interprétation quantitative de l’information, mesurant la complexité mathématique c’est-à-dire la compression de l’information, à une interprétation qualitative, génératrice et organisationnelle (règles). C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre qu’une « loi de conservation de l’information s’ajouterait aux lois de conservations déjà postulées en physique ». Cette loi ne serait pourtant pas la généralisation des autres lois de conservation mais un postulat d’indépendance entre processus physiques et informations mathématiques. Si on ne peut qu’approuver cette séparation des deux domaines, on peut contester que cela implique la conservation de l’information. Ce n’est pas parce que le monde physique ne peut rien nous apprendre sur le monde mathématique qu’il n’y a pas production et perte d’information. C’est sans doute vrai au niveau de la physique quantique, ce n’est plus vrai aux niveaux d’organisation supérieurs et il y a bien tout le temps perte d’informations dans le monde biologique et celui de la communication, ne serait-ce que dans notre mémoire !

Par contre, j’ai trouvé plus qu’intéressante la remarque que l’incomplétude n’est pas une vérité établie, elle n’est pas absolue, ce qui est une vérité c’est impossibilité de parvenir à la complétude, cela n’empêche pas de pouvoir progresser sur ce chemin.


Science et Avenir no 723, ’’Produisez votre énergie"


D’après Lee Smolin, dans « Rien ne va plus en physique », "Aujourd’hui, malgré tous nos efforts, ce dont nous sommes certains en physique théorique n’excède pas ce que nous savions dans les années 1970" (p18). C’est un peu exagéré car il y a eu beaucoup de progrès, notamment dans la compréhension des paradoxes quantiques, mais on atteint effectivement les limites de l’expérience dans une physique qui devient trop spéculative.

- De l’eau sur Mars !, p13

On en doutait fortement, pourtant il y aurait d’énormes réserves d’eau sur Mars et donc peut-être de la vie, mais surtout la possibilité de coloniser la planète...

C’est une véritable bombe glacée que vient de repérer la sonde européenne Mars Express : un dôme de glace d’environ 1000 kilomètres de diamètre, soit un volume de 1,6 million de kilomètres cubes composés à 90 % d’eau est tranquillement posé au pôle sud de la planète Rouge. Si l’on faisait fondre toute cette glace, un océan de 11 mètres de profondeur couvrirait la planète.

Cette réserve d’eau exceptionnelle a été estimée grâce au radar Marsis qui a permis de réaliser, pour la première fois dans l’histoire de l’exploration planétaire, des cartes topographiques du sous-sol martien jusqu’à une profondeur d’environ 3,7 kilomètre. Il a détecté d’autres dépôts de glace dans des séries de dépressions de 50 à 200 kilomètres de diamètre et d’un kilomètre de profondeur.

- Les vertus des tomates de mer, p25

En cultivant des tomates communes avec de l’eau de mer diluée, des agronomes italiens ont atteint des taux inégalés d’antioxydants dans les fruits. En effet, soumise au stress oxydant du sel, toute la plante produit en réponse des vitamines A, E et de l’acide lipoïque. Ce mode d’agriculture hors sol, sans influence sur le rendement, permettrait des économies d’eau potable dans les régions littorales arides...

- Une brebis à 15 % humaine, p27

L’animal créé par Esmail Zanjani, de l’université du Nevada (Etats-Unis), n’est pas génétiquement modifié. Il s’agit d’un « patchwork » de cellules ovines et humaines. Pour y parvenir, le chercheur a prélevé des cellules souches humaines et les a injectées dans l’abdomen d’un fœtus de mouton. Résultat, une brebis 15 % humaine qui pourrait pallier dans le futur la pénurie de greffons. Mais l’utilisation d’organes hybrides soulève déjà de nombreuses questions, notamment sur le risque de transmission de virus animaux.

- Un gène de résistance à la privation de sommeil, p26

Chacun de nous possède deux copies du gène Period3, appartenant à la famille des gènes dits de l’horloge ; mais ces deux copies offrent des différences d’un individu à l’autre (il y a le long et le court). Ces différences permettraient de distinguer les gens du matin de ceux du soir.

Selon un travail publié par ’’Current Biology’’, ce gène expliquerait aussi la résistance à la privation de sommeil. Des chercheurs britanniques ont constaté qu’après 40 heures de veille sans sommeil, certains sujets n’éprouvaient aucune difficulté à rester éveillé contrairement à d’autres. Et ils ont pu montrer que cette capacité à ne pas souffrir d’une longue veille est directement rattachée à ce gène.



Brèves et liens



Physique


- Prix Abel 2007 : le père de la théorie des grandes déviations récompensé

Agé de 67 ans, le mathématicien indien Srinivasa S. R. Varadhan, Courant Institute of Mathematical Sciences (New York) a reçu le prix Abel de mathématiques décerné par l’Académie des sciences norvégienne. Il est récompensé pour ses contributions fondamentales à la théorie des probabilités, notamment pour l’étude des écarts (déviations) aux lois des grands nombres et la création d’une théorie unifiée des grandes déviations, travaux qui ont dépassé largement le cadre des mathématiques pour se retrouver appliquées à la finance, aux assurances et à la physique (il s’agit de la probabilité de la production d’événements improbables, déviation par rapport la normale qui dépend du champ considéré, de l’incertitude sur la valeur pour la Bourse par exemple).

Le prix Abel, créé en 2003 par la fondation Niels Henrik Abel, en mémoire du mathématicien norvégien, pallie l’absence du prix Nobel de mathématiques.

Près de trente ans après Cramér, S. Varadhan a reformulé le problème des grandes déviations dans un cadre conceptuel révolutionnaire, où les fonctions de taux s’interprètent spontanément comme solutions d’équations découlant d’un principe variationnel élégant (minimisation d’une certaine « distance d’entropie »). Une série d’articles, rédigés avec la coopération de Monroe D. Donsker, ont révélé la puissance de cette approche nouvelle, qui a permis de clarifier et d’unifier une grande variété de phénomènes complexes, et qui depuis s’est distinguée comme la clef de voûte de cette branche des probabilités.

Trous noirs et trous de ver, la porte des étoiles !

New Scientist (en anglais) fait état de l’hypothèse faite par Thibault Damour et Sergey Solodukhin que les « trous noirs » pourraient bien être des « trous de ver ». Cela fait longtemps qu’on soupçonnait les « trous noirs » de pouvoir être aussi des « fontaines blanches » créateurs d’autres univers, mais s’ils se vident, ils perdent leur masse et leur état de trou noir ! Cette fois, c’est en essayant de modéliser ce que pourrait être un "trou de ver« , passant d’un point de l’univers à un autre très éloigné (comme  »la porte des étoiles") qu’ils se sont rendu compte qu’on ne pourrait le distinguer d’un trou noir, sinon peut-être par son absence de radiation de Hawking. Comme cela permettrait d’expliquer où passe tout ce qui tombe dans un trou noir, sans destruction de l’information quantique, il se pourrait que la plupart des trous noirs soient en fait des trous de ver ! Ceci dit, cela sonnerait le glas du projet de passer par un trou de ver car cela prendrait un temps infini... Tout cela est à prendre avec des pincettes mais ces hypothèses pourraient être testées au futur LHC, si on arrive à y produire des minis trous noirs ce qui est loin d’être sûr...

Solodukhin indique qu’un trou de ver pourrait se former plus ou moins de la même façon que les trous noirs, lors de l’effondrement d’une étoile. Les physiciens pensent que c’est le processus normal de formation d’un trou noir, mais pour Solodukhin, des effets quantiques pourraient stopper l’effondrement juste un peu avant la formation du trou noir, et conduire à celle d’un trou de ver.

Selon lui, ce mécanisme pourrait même être inévitable dans une vision plus complète de la physique unissant la mécanique quantique et la gravitation. S’il a raison, alors partout où l’on s’attend à ce que des trous noirs se forment, des trous de ver se formeraient à la place.

Les trous de ver, contrairement aux trous noirs, n’ont pas d’horizon des événements. Cela signifie que ce qui pénétrerait dans un trou de ver pourrait en revenir « intact ». En fait, les théoriciens indiquent qu’un certain type de trou de ver boucle sur lui-même, de sorte qu’il ne débouche pas sur un autre univers, mais mène à sa propre entrée.

Selon la forme du trou de ver, il pourrait falloir des milliards et des milliards d’années pour que ce qui y rentre en ressorte. Même les plus anciens trous de ver de ce type dans notre univers n’auraient pas eu encore le temps de nous retourner quoi que ce soit.

- Le collisionneur LHC dans la tourmente : retard important en perspective

Mauvaise nouvelle pour la communauté des physiciens des particules élémentaires. Le LHC, le plus grand collisionneur de protons du monde, ne fonctionnera probablement pas en 2007. Des supports des quadripôles magnétiques supraconducteurs, destinés à focaliser les faisceaux de protons dans l’accélérateur de 27 km de circonférence, viennent de lâcher lors de tests préliminaires au CERN.

Les dernières informations sont plus optimistes et maintiennent une ouverture en novembre 2007...

- Une planète « habitable » à vingt années-lumière de la Terre

On en fait tout un plat mais ce n’est que la première d’une multitude de planètes « habitables », pas de quoi crier au miracle. Quand à quitter notre Terre pour coloniser ce caillou qui est tout de même un peu lointain... Il ne faut pas se faire d’ilusion, nous n’avons pas de planète de rechange. On pourrait même y détecter une forme de vie, ce qui serait intéressant, mais la seule chose étonnante ce serait qu’on y découvre une vie évoluée, ce qui est beaucoup moins probable. Ce n’est pas de la vie qu’il faut s’extasier mais des organismes multicellulaires, bien plus rares, sans parler des animaux intelligents  !

L’étoile Gl581 est une étoile naine rouge (de très faible masse). Située à 20,5 années-lumière de la Terre, elle figure parmi les 100 étoiles les plus proches de notre système solaire et sa masse est de moins du tiers de celle du Soleil. Les naines rouges sont des cibles privilégiées pour la recherche de planètes habitables. En effet, ces étoiles étant relativement peu lumineuses, leurs planètes habitables orbitent près d’elles, et sont alors plus facilement détectables (2). De plus, les naines rouges sont les étoiles les plus nombreuses de la Galaxie : sur les 100 étoiles les plus proches de nous, 80 font partie de cette famille.

- L’énigme des neutrinos

Rien d’extraordinaire, ni de très neuf, mais article intéressant tout de même sur l’expérience MiniBooNE qui visait à vérifier l’existence de « neutrinos stériles » uniquement sensibles à la gravitation pour expliquer le manque de neutrinos solaires détectés. L’expérience n’est pas concluante mais les neutrinos pourraient expliquer la matière sombre et pourraient remettre en cause la symétrie CPT, ce qui aurait des conséquences importantes sur le modèle standard de la théorie relativiste des champs (avec, par exemple, un univers miroir du nôtre). De quoi justifier qu’on s’intéresse à cette particule mystérieuse, qui a sans doute une masse mais infime, un presque rien...

- Le rayonnement fossile sera-t-il un test pour la théorie des cordes ?

Enfin l’occasion de tester peut-être ces constructions théoriques si compliquées et entièrement spéculatives...

Benjamin Wandelt et Rishi Khatri, de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, viennent d’avoir une idée brillante. S’ils ont raison, il devrait être possible non seulement de mettre en évidence une variation dans le temps de la constante de structure fine, mais aussi de le faire sur une période très ancienne de l’histoire de l’Univers, celle des âges sombres.

- Interférences entre atomes, vers un laser à matière

Les condensats de Bose-Einstein sont toujours aussi fascinants, exhibant les propriétés ondulatoires de la matière !

Des chercheurs de l’Université de Penn State sont parvenus à mesurer, avec une précision record, le déphasage des ondes de matières résultant de la collision d’atomes de césium ultra-froids. La technique repose sur l’emploi d’une fontaine atomique du même type que celle que l’on retrouve dans certaines horloges atomiques. La performance ouvrirait la porte à la création de véritables lasers atomiques avec des condensats de Bose-Einstein.

Chaque atome est en fait une sorte de paquet d’ondes. Les chocs d’atomes sont par conséquent des collisions d’ondes entre-elles. Or, à de si basses températures, les ondes de matières des atomes de césium vont se comporter de façon particulière lors d’une collision. L’expérience a en fait consisté en paquets d’atomes formant une sorte de nuage, grossièrement sphérique, contenant environ un milliard de corps chacun.

Bien que la majeure partie d’entres eux vont passer les uns à côté des autres, comme si de rien n’était, une onde sphérique, analogue à celle d’un caillou tombant dans l’eau, est produite et entraîne une partie des atomes dans son mouvement. Ce genre d’onde de matière dans une collision quantique est baptisée d’ailleurs onde s et, en reprenant notre image d’horloge, les atomes de césium présents en son sein auront un décalage de leur horloge par rapport à celles du reste des atomes. Cette situation est représentée par le schéma suivant.

- Photosynthèse et mécanique quantique

La nature est presque toujours très optimisée et fait au moins aussi bien que nous (sauf si le but est autre, produire de l’électricité par exemple et qu’on n’est pas limité par les ressources organiques).

Des physiciens américains viennent de montrer que les électrons concernés dans les réactions de photosynthèse « échantillonnent » différents itinéraires (au point de vue des niveaux d’énergie) plus ou moins de la même façon que le font les ordinateurs quantiques (au moins en théorie) pour effectuer des recherches dans des bases de données non triées. Les chercheurs prétendent que leur découverte pourrait expliquer pourquoi la photosynthèse possède une efficacité que les batteries solaires artificielles sont bien loin d’égaler.

Quand le Soleil éclaire une de ces molécules, un électron est momentanément excité avant de transmettre son énergie à une molécule voisine de niveau d’énergie légèrement moins élevé. De cette façon l’énergie s’écoule « en cascade » de niveau en niveau jusqu’à atteindre un « centre de réaction » crucial où la photosynthèse se produit réellement.

- Le trou de la couche d’ozone se refermera dans 80 ans

Les prévisions changent, rien de sûr donc car le trou a continué à grandir alors qu’il devait se résorber bien plus vite !

Le trou de la couche d’ozone s’est stabilisé durant ces quinze dernières années grâce à une baisse de 90% des émissions de chlorofluorocarbures. Cette réduction devrait permettre au trou de se fermer d’ici 80 ans.

La superficie actuelle du trou dans la couche d’ozone est de 24 millions de km2, une surface comparable à l’Amérique du Nord. Mais s’il continue à s’agrandir légèrement au-dessus de l’Antarctique, il se résorbe sur le reste de la planète. Ruiz de Elvira explique qu’on a longtemps cru que les gaz des sprays étaient à l’origine de la disparition de la couche d’ozone alors qu’en réalité, ce sont les gaz des congélateurs qui ont causé le plus de dégâts.

- Le Pérou, un des pays les plus menacés par le changement climatique

La plus grande chaîne de montagnes tropicales glaciaires du monde, la Cordillère Blanche, dans les Andes péruviennes, est en train de virer au brun. En cause, la fonte accélérée des glaces séculaires qui la recouvraient, prémisse à de nombreux bouleversements.

la disparition des glaciers entraîne un autre problème, tout aussi vital, qui est le manque d’approvisionnement en eau du pays. Car ceux-ci alimentent des rivières, qui s’écoulent dans les vallées et fournissent l’eau potable aux villes tentaculaires qui se développent à leurs pieds, ainsi qu’à de nombreux bidonvilles sur la côte péruvienne du Pacifique. Elles alimentent aussi l’agriculture et les centrales hydroélectriques, qui fournissent 70% de l’énergie électrique de la nation. L’épuisement de cette source pourrait rendre toute cette zone inhabitable d’ici moins de 50 ans, or elle concentre les 2/3 des habitants du Pérou.

- Merveilles du monde menacées par le réchauffement climatique (wwf)

  • Le désert de chihuahua
  • Les tortues imbriquées
  • Les forêts tempérées de valdiviennes
  • Tigres et population dans les sundarbans
  • Les sources du Yang-tsé-Kiang
  • L’Amazone
  • Les glaciers menacés de l’Himalaya
  • Le déclin du saumon sauvage dans la mer de Bering et dans le pacifique Nord
  • La biodiversité marine de l’Afrique de l’est en suspend
  • Les forêts de l’Afrique de l’est également menacées

Biologie



- Climat : les effets pervers de la reforestation

Une reforestation mal pensée peut assécher une région !

Les résultats démontrent que les arbres absorbent jusqu’à la moitié des précipitations annuelles au sein même de la nappe phréatique, provoquant non seulement un appauvrissement hydrologique, mais surtout une augmentation de la salinité du sol, dont la concentration en sel peut atteindre un niveau vingt fois supérieur à celui de la pampa voisine. Il est à noter que cette constatation corrobore une étude parue dans Science en décembre 2005, qui au départ de plusieurs centaines d’observations effectuées sur des plantations d’arbres dans le monde entier, concluait à une réduction de 52 % de la quantité de ruissellement.

Ainsi donc, si dans certaines zones arides comme le Sahel la reforestation peut avoir des conséquences positives par la rétention d’eau qu’elle entraîne, les grandes cultures forestières peuvent avoir l’effet inverse et provoquer assèchement et même appauvrissement du sol par excès de concentration saline.

Un des arguments avancés en faveur de la reforestation est aussi la réduction du taux de carbone, piégé par les arbres. Mais le chercheur tempère cet avis en signalant que 44 millions d’hectares de forêt supplémentaire aux Etats-Unis ne réduiraient ce taux que de 10 %, et qu’il serait bien plus judicieux d’améliorer le rendement énergétique du parc automobile.

- La déforestation pour lutter contre le réchauffement ?

Cela semble bien paradoxal mais ce n’est pas la forêt qui nous sauvera. Ce n’est pas une raison pour couper la forêt, surtout pas les forêts tropicales qui elles sont vitales !

A cause de leur couleur foncée, les forêts absorbent le rayonnement solaire et favorisent le réchauffement climatique.

Notre étude prouve que seules les forêts tropicales sont fortement bénéfiques au ralentissement du réchauffement global

Mais des arbres supplémentaires dans les forêts boréales du Canada, de la Scandinavie et de la Sibérie pourraient réellement être contre-productifs. Dans ces régions, l’obscurité des arbres privilégie l’absorption de chaleur, là où des champs enneigés l’hiver auraient pu refléter les rayons du soleil.

- Coquillages en péril ?

On le savait, hélas, c’est un premier signe de la catastrophe biologique qui nous attend...

L’augmentation de gaz carbonique dans l’atmosphère a une conséquence moins connue que le réchauffement : l’acidification de l’eau de l’océan. Une équipe franco-hollandaise vient de repérer deux futures victimes : les moules et les huîtres.

- Invasion de crapauds mutants en Australie

Une nouvelle illustration des dangers écologiques de l’introduction par l’homme d’espèces étrangères désorganisant les équilibres locaux...

En 1935, une variété de crapauds buffles (Bufo marinus) a été introduite en Australie afin de lutter contre les invasions de hannetons. Problème : il faut maintenant lutter contre l’invasion des crapauds buffles. Problème annexe : les crapauds buffles sont en train de muter... et de devenir aussi gros que des petits chiens !

Alors que l’espèce d’origine mesure de 10 à 14 centimètres, ils atteignent quelquefois aujourd’hui la taille d’un petit chien et un poids de 1 kg. Un exemplaire de 37 centimètres du volume d’un ballon de football pour 2 kg vient d’être capturé, et le cas n’est certainement pas isolé.

Il est en train de tuer serpents et crocodiles qu’il rencontre sur son chemin. Comment ? Eh bien simplement parce qu’il est éminemment toxique, et que ces animaux, qui ne l’ont pas répertorié dans leurs archives de l’instinct, ne se gênent pas pour en avaler une bouchée... et en mourir. Sa peau sécrète en effet de la bufoténine (5-hydroxy-N, N-diméthytryptamine), une substance hallucinogène.

Les scientifiques estiment qu’il y aurait actuellement plus de 200 millions de crapauds buffles en Australie.

- La dégénérescence de l’homme
Le chimpanzé serait génétiquement plus évolué que l’homme !

C’est bien sûr ironique, ne concernant pas le développement intellectuel mais seulement les performances biologiques. En effet, les chimpanzés auraient continué à évoluer depuis leur séparation de la lignée humaine, améliorant leurs performances (de meilleures protéines par exemple) alors que pour l’espèce humaine, il y aurait eu plutôt dégradation, conséquence logique du fait que c’est une espèce qui se singularise par le fait de se soustraire à la sélection naturelle. Il n’est donc pas faux de dire que la civilisation est un facteur de dégénération (en dehors du cerveau tout de même) mais ce n’est en aucun cas un problème car l’humanité échappe à l’évolution en la remplaçant par l’histoire et l’évolution des techniques, bien plus rapide que la sélection naturelle. L’évolution de l’ADN est remplacée par la parole et par l’écrit grâce à un gros cerveau, ce qui permet de traiter les corps par la médecine. Il semble tout de même que cela implique la légitimité de prendre notre évolution en main par la thérapie génique, au moins la réparation des défauts génétiques, ce qui certes n’est pas sans dangers puisque nous en devenons entièrement responsables !

Un plus grand nombre de gènes avait évolué vers des voies salutaires chez le chimpanzé que chez l’homme. Ils interprètent ce résultat comme étant peut-être la conséquence d’une population simiesque nettement plus importante par rapport aux humains, ayant favorisé cette évolution.

- La science du rire

Le rire n’est plus le propre de l’homme... En tout cas, c’est bon pour la santé et pour les relations sociales !

Le rire provoquerait chez les animaux l’activation de circuits euphoriques, ce qui serait une indication pour l’interaction amicale en exprimant un message rassurant quant à l’intention de jeu et de non agression.

Selon le Dr Provine et le Dr Panksepp, le rire aide à contribuer au développement d’une hiérarchie sociale et à signaler l’amitié plutôt que l’agression. Le rire est donc un signe social. Le rire serait une réponse automatique, involontaire, et non un stratagème conscient...

- Découverte d’un squelette humain aux traits à la fois modernes et primitifs

Très douteux (fragmentaire) et contesté par certains, attendre confirmation...

Ces fragments, qui constituent le plus ancien squelette humain d’Eurasie orientale découvert à ce jour, sont âgés de 42.000 à 38.500 ans. Et si la plus grande partie des traits morphologiques qu’ils présentent correspondent bien à l’homme moderne, d’autres caractéristiques les apparentent plutôt à des lignées plus primitives.

Selon les théories les plus communément admises jusqu’à présent, une migration d’homo-sapiens venus d’Afrique orientale aurait envahi l’Europe et l’Asie il y a entre 65.000 et 25.000 ans, où ils auraient supplanté puis remplacé des populations autochtones plus primitives. Cette découverte démontrerait qu’il n’y aurait pas eu qu’une seule migration, et qu’il y aurait eu mélange de genres et de gènes.

- La biodiversité est fonction du temps

Comme dans l’évolution de l’univers, le temps a un caractère anti-entropique en ce que des structures de plus en plus complexes peuvent se constituer avec le temps. Cela n’empêche pas que le temps de complexification n’est pas linéaire, il y a des accélérations et des stagnations ou réductions brutales de la complexité même. Les moyennes sont trompeuses mais, ce qui est sûr, c’est qu’il faut du temps pour reconstituer des interdépendances complexes.

Les groupes à la diversité moindre apparaissent plus jeunes au plan évolutionnaire.

Les groupes dotés du plus grand nombre d’espèces étaient simplement ceux qui avaient survécu plus longtemps. Les analyses menées identifient ainsi le temps comme un déterminant primordial de la diversité des espèces chez les animaux.

Ces recherches donnent à réfléchir dans le contexte actuel de taux d’extinction sans précédent au sein de la biote terrestre : l’on perd rapidement ce que la nature a mis des centaines de millions d’années à construire, et que seul le temps peut permettre de réparer.

- Les dinosaures c’est du poulet !

On le savait déjà mais l’analyse d’un reste de protéine dans l’épaisseur d’un os de tyrannosaure, vieux de 68 millions d’années, confirme que c’est du poulet, du moins que c’est le poulet le plus proche !

- Les abeilles menacées par l’excès d’ondes électro-magnétiques

Dépassés par la pollutions électro-magnétique, l’électrosmog, les abeilles seraient menacées de disparition... Je ferais peut-être un article sur ce sujet qui est d’importance : les relais téléphoniques et les téléphones mobiles génèrent trop d’ondes électro-magnétiques qui désorientent les abeilles et les empêchent de retrouver leur ruche, menaçant ainsi leur survie. Ce n’est pas la seule menace qui pèse sur les abeilles. Il y a le gaucho, les OGM, l’introduction d’une espèce d’abeille géante importée d’Afrique au Brésil, qui a par la suite migré vers le Nord, ainsi que les conséquences d’une sélection génétique d’abeilles devenues du même coup vulnérables à un parasite endémique ! On ne sait ce qui est le plus déterminant mais on s’acharnerait à les faire disparaître, qu’on ne ferait pas mieux ! Sans abeilles l’homme ne survivrait pas 3 ans disait Einstein. C’est peut-être exagéré mais en tout cas, les abeilles sont absolument indispensables à la pollinisation des fleurs, au point qu’aux USA on paie très cher pour réimplanter des abeilles là où elles ont disparu !

- Le danger des téléphones portables n’est pas dans les ondes...
Du rôle des téléphones portables dans la propagation des maladies nosocomiales Les Echos 10/04

Il semble bien que ce ne soient pas les ondes qui sont le plus grand danger des téléphones portables pour les humains, contrairement aux abeilles, mais les microbes qu’ils véhiculent...

Une enquête réalisée en Turquie et présentée à l’Eccmid (Congrès européen de microbiologie) de Munich met en évidence le rôle des téléphones portables dans la propagation des maladies nosocomiales en milieu hospitalier ».

Près de 95 % du personnel en service dans un hôpital turc était porteur de téléphones « contaminés » par des bactéries.

Dans la moitié des cas, les enquêteurs ont relevé la présence de 2 ou 3 souches de bactéries différentes. Dans un cas sur quatre, il s’agissait de staphylocoques dorés et, dans la moitié de ces cas, il s’agissait de souches résistantes (SARM).

Malgré le caractère incomplet de cette étude, le Pr Herman Goosens (du département de microbiologie de l’hôpital d’Anvers, Belgique) estime qu’il faudrait entreprendre « une décontamination régulière des téléphones portables pour prévenir les infections nosocomiales et réduire les agents pathogènes multirésistants ».

- La génétique, un océan d’idées reçues
Le Figaro 27/04

Le Figaro publie un entretien avec le généticien Daniel Cohen, « découvreur de la première carte du génome humain, qui dissèque les liens entre génétique et comportement ».

Le débat sur le caractère inné ou acquis des comportements humains a pris une place notable dans la campagne électorale. Cela traduit un intérêt scientifique nouveau, mais souligne aussi la méconnaissance de nos concitoyens sur ces questions complexes.

Il y a un océan d’idées reçues qui circulent non seulement dans le grand public, mais aussi dans les milieux scientifiques non spécialisés. Il est faux de dire qu’un caractère dépend d’un seul gène, faux de dire que si c’est génétique, c’est héréditaire, faux de dire que le génome détermine le destin, que le comportement ne peut pas dépendre de facteurs génétiques...

Hormis pour une ou deux personnes sur cent, l’orthographe de notre génome ne permet pas de prédire avec certitude quoi que ce soit, qu’il s’agisse de notre santé, de notre longévité, de notre comportement. Le devenir d’un être ne dépend pas de son génome ou de son environnement ou du hasard, mais des trois à la fois.

- La vaccination des bactéries contre les virus

Le feuilleton passionnant des interactions entre virus et bactéries continue... Le magazine Pour la Science vient d’ailleurs de sortir un numéro spécial à ce sujet. Ici, il s’agit pour les bactérie d’intégrer une part du génome du virus pour s’en protéger un peu comme un vaccin, sans qu’on comprenne encore bien le mécanisme.

Pour se débarrasser de leurs ennemis, les bactéries stockent dans leur génome des copies de leurs gènes. Surprenant, le mécanisme est aussi incompréhensible...

Les chercheurs ont mis en présence une population de bactéries du lait et un virus connu pour les attaquer. A l’issue de ce combat microscopique, la population bactérienne était presque décimée. Presque mais pas tout à fait : certaines avaient trouvé la parade et menaient une vie normale. Le génome des survivantes a été analysé et il a révélé une caractéristique particulière : l’abondance de courtes portions d’ADN (dite CRISPR, de 10 à 50 nucléotides) répétées à l’identique un grand nombre de fois (jusqu’à 140) et séparées entre elles par une séquence qui, elle, reste unique et que l’on appelle faute de mieux un espaceur.

Une découverte étonnante : quatre espaceurs présentent des codes génétiques similaires à celui des bactériophages qui ont attaqué les bactéries. Les survivantes ont donc intégré une partie du code génétique du virus pour lutter contre lui.

Les multiples séquences CRISPR des bactéries seraient donc le souvenir de mauvaises rencontres. Un peu comme une vaccination, ces copies de génomes viraux dans les espaceurs serviraient par la suite à se défendre contre un attaquant de la même famille.

Le mécanisme en cause reste inconnu mais Sylvain Moineau penche pour une interférence ARN. Ce phénomène, par lequel un ARN inactive les ARN messagers chargés de construire de protéines, est considéré comme une défense contre les virus.

- Résultats prometteurs pour un candidat vaccin contre les tumeurs cérébrales

Un candidat vaccin pour le traitement des tumeurs récurrentes du système nerveux central a montré des résultats prometteurs dans une étude clinique préliminaire menée à l’Université de Californie à San Francisco.

Le Vitespen (Oncophage) est un vaccin thérapeutique qui cible de multiples antigènes de tumeurs et qui est élaboré à partir de protéines « heat shock » spécifiques des propres tumeurs du patient.

l’utilisation de Vitespen comme vaccin a permis de stimuler le système immunitaire des patients contre leurs propres cellules cancéreuses dans la totalité des 12 cas traités.

- Découverte de quelques mécanismes moléculaires des cancers
LE MONDE | 18.04.07

L’arsenal contre le cancer s’enrichit rapidement ! Cette découverte là semble bien à confirmer tout de même :

Une équipe de biologistes et de généticiens travaillant dans différents laboratoires publics et privés de Nancy et de Strasbourg annonce, dans l’édition datée du lundi 16 avril des Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), avoir identifié une série de mécanismes moléculaires jusqu’à maintenant inconnus qui semblent directement impliqués dans les processus cancéreux. Cette découverte laisse espérer de nouvelles avancées pour le diagnostic et la thérapie des cancers.

Nous sommes partis du constat que le génome humain contient environ 30 000 gènes et que ce qui était jusqu’ici connu concernant les mutations potentiellement cancéreuses ne permettait pas d’expliquer l’hétérogénéité moléculaire observée parmi les cancers, explique Bernard Bihain, président de Genclis, une jeune société de biotechnologie, qui a dirigé ce travail. Pour expliquer cette hétérogénéité, la recherche concernait essentiellement soit l’ADN soit les protéines. Sans résultats. Nous avons eu l’idée - un peu saugrenue
- d’aller explorer la zone intermédiaire, celle située entre l’ADN et les acides ribonucléiques (ARN) qui sont à la source de la production des protéines.

Nous avons eu la chance de pouvoir mettre en évidence que le processus cancéreux ne résultait pas des seules mutations de l’ADN, mais qu’il était conditionné par l’environnement de cet ADN. En d’autres termes, nous avons découvert la clef moléculaire qui fait qu’une lésion cancéreuse apparaît dès lors qu’ADN et ARN ne respectent plus les règles universelles du code génétique. Ce phénomène existe normalement à très bas bruit, mais a des conséquences pathologiques dès lors qu’il prend des proportions importantes.

Les cellules cancéreuses contiennent des protéines dont la séquence d’acides aminés était jusqu’ici inconnue. "Ces protéines représentent autant de cibles potentielles d’anticorps à visée diagnostique et thérapeutique".

- Seules les cellules souches deviendraient cancéreuses ?

C’est sans doute la découverte la plus importante (même si elle date déjà un peu) avec celle du potentiel du DCA.

Le Figaro en avait déjà parlé en janvier mais Science et Vie fait le point sur la question avec Dominique Bonnet. En effet, les recherches de Ruggero De Maria ont confirmé (il y a déjà 6 mois) d’autres recherches (John Dick et Dominique Bonnet en 1997 pour la leucémie, puis Peter Dirks et Muhammad Al Hajj pour les cancers du sein, de la prostate et du côlon) établissant que ce ne sont pas les cellules fonctionnelles qui deviennent cancéreuses mais les cellules souches, rejoignant les théories de Robert Bruce et Hugo Van der Graag dans les années 60 ou celles du Dr André Gernez. Daniel Louvard de l’Institut Curie déplore malgré tout qu’on n’ait pas de marqueurs fiables des cellules souches pour l’instant. En tout cas après l’émerveillement de constater qu’il y a des cellules souches partout, faisant espérer une régénération de tous nos organes, on découvre leur face sombre...

- Du sperme à partir de cellules souches ?
Le Figaro 18/04

Des chercheurs de l’université allemande de Göttingen annoncent avoir réussi à fabriquer des précurseurs de spermatozoïdes à partir de cellules souches de moelle osseuse prélevées sur des volontaires masculins.

Cette technique pourrait aussi offrir la possibilité à des couples de lesbiennes de procréer sans l’aide d’un homme si l’on arrive à obtenir ces mêmes précurseurs de spermatozoïdes à partir de cellules de moelle osseuse prélevées chez une femme.

Notre prochain objectif sera de voir s’il est possible de transformer ces grands précurseurs en spermatozoïdes matures en laboratoire. Un travail qui devrait demander de 3 à 5 ans d’expérimentations.

Déjà la même équipe anglo-allemande avait, à partir de cellules souches de moelle osseuse de souris, d’abord obtenu des spermatogonies qui, transférées dans des testicules de souris mâle pour « mûrir », s’étaient transformées en spermatozoïdes.

Elle avait aussi créé l’événement en juillet 2006 après avoir annoncé la naissance de 7 souriceaux nés après fertilisation d’ovocytes avec des spermatozoïdes obtenus à partir de cellules souches embryonnaires de souris. Avec un bémol inquiétant cependant. Ces souriceaux n’ont pas grandi normalement, victimes de plusieurs pathologies, en particulier des difficultés respiratoires.

On en avait parlé en août 2006.

- Aspirine : quel impact sur la mortalité des femmes ?

Au terme d’une étude portant sur 79.439 femmes, la prise d’aspirine à long terme s’avère bénéfique, réduisant la mortalité pour les femmes au moins, l’effet se faisant sentir au bout de 1 à 5 ans pour les maladies cardio-vasculaires et après 10 ans pour les cancers.

Les chercheurs ont établi que les femmes qui prennent régulièrement de l’aspirine présentent un risque de cancer diminué de 16%, et de mortalité réduit de 13% par rapport à celles qui n’en prennent pas. Les statistiques démontrent aussi que cet effet protecteur est plus important chez les non fumeuses et chez les personnes ayant arrêté de fumer.

Chan et coll. ont aussi constaté que les effets bénéfiques de l’aspirine étaient « cantonnés » aux femmes qui consommaient des doses modérées et à celles plus âgées.

On peut penser que la fluidification du sang est le facteur crucial avec l’âge.

- Des réflexes moins mécaniques qu’on ne croyait

Cette étude démontre qu’un mouvement reproduit avec précision est généré par un réseau de neurones dont le nombre et l’activité varient d’une fois sur l’autre. Ce mode de fonctionnement est semblable à celui des neurones du cortex cérébral.

Nos résultats contredisent les connaissances conventionnelles sur le fonctionnement de la moelle épinière. Jusqu’ici, nous pensions que les réseaux de neurones spinaux fonctionnaient de façon mécanistique, sans activité aléatoire.

La nouvelle découverte a permis aux chercheurs d’employer certaines théories sur les réseaux corticaux pour explorer la production de mouvement par la moelle épinière.

- Délocalisation du cerveau ?

Enfin on ne reste pas à une simple localisation des aires fonctionnelles du cerveau pour avoir une vision plus globale des mécanismes en jeu.

Une nouvelle technique d’analyse en imagerie électromagnétique des courants neuronaux par magnétoencéphalographie (MEG) (1) vient d’être mise au point par les chercheurs de l’équipe de Modélisation et méthodes en imagerie cérébrale dirigée par Sylvain Baillet au Laboratoire de neurosciences cognitives & imagerie cérébrale (CNRS). La résolution temporelle de cette technique permet d’observer le cerveau en action à la milliseconde près.

Contrairement à l’hypothèse plus simple selon laquelle seule l’activité de la région cérébrale de la main en mouvement afficherait des similitudes avec certaines caractéristiques de l’acte moteur, ces résultats démontrent qu’un ensemble étendu de régions cérébrales doit se mettre en parfaite résonance et en total cohérence avec la vitesse du mouvement de la main pendant la réalisation de cette tâche.

- 11 ème Journée mondiale de la maladie de Parkinson

La vraie solution d’avenir sera de détecter la maladie au plus tôt, par des symptômes précurseurs comme le somnambulisme, le syndrome des jambes sans repos, l’insensibilité aux odeurs, et de stopper la maladie grâce aux neuroprotecteurs qui seront peut-être disponibles d’ici 5 ans.

- Après 60 ans, pamplemousse et pastèque pour les neurones
Le Parisien 18/04

Malgré la remise en cause de leur utilité car ce ne serait pas la cause du vieillissement et la prise de suppléments n’améliorerait pas statistiquement la longévité, le stress oxydatif reste un facteur crucial de la santé surtout pour les personnes âgées :

La consommation de pamplemousses, mais aussi de pastèques, de mangues, de fraises, de cerises, d’abricots..., freine le vieillissement du cerveau.

Manger ces fruits retarderait le processus de vieillissement des cellules, grâce à leur apport en lycopène et en zéaxanthine, des caroténoïdes présents dans ces aliments.

De nouvelles études devront être menées pour comprendre exactement comment agissent ces aliments sur nos neurones. A priori, les scientifiques pensent qu’ils neutralisent l’effet du « stress oxydatif », c’est-à-dire l’oxydation des cellules de notre cerveau.

- Dangers des antioxydants ou de la vitamine A ?



Venons-en à l’étude contreversée sur les antioxydants qui semble contredire tout ce qu’on sait par ailleurs :

Les résultats que nous avons observés dans ces essais cliniques, avec les antioxydants mentionnés, n’ont pas été différents de ceux de nos deux précédentes études, c’est-à-dire que nous n’avons pas mis en évidence que les suppléments d’antioxydants avaient un effet préventif. En fait, nous avons été surpris de constater que les suppléments d’antioxydants, c’est à dire vitamine A, E et beta-carotène, étaient associés à une augmentation significative de la mortalité dans 47 des essais cliniques associés à des populations à faible risque.

Comment expliquer cette contre-performance ? alors que nombre d’études montrent l’importance des antioxydants pour lutter contre les maladies dégénératives ou contre le cancer sans compter les fumeurs, le stress et de nombreuses maladies. D’une part, il faut dire qu’il est toujours préférable d’obtenir vitamines ou antioxydants dont on a besoin par la nutrition (fruits et légumes). Manger n’importe quoi sous prétexte qu’on prend des compléments alimentaires n’est sûrement pas bon pour la santé ! Surtout, on peut reprocher d’avoir choisi la vitamine A, alors qu’on sait qu’elle est assez dangereuse au-delà d’un certain seuil, et même la vitamine E qui devient nocive quand elle est en excès. Pour ces vitamines, tout comme pour la vitamine D, il faudrait un bilan vitaminique tel que préconisé par le Pr Luc Montagnier pour rétablir l’équilibre au lieu de l’aggraver.

Par contre la vitamine C ne présente pas de contre-indication apparemment, sinon qu’à l’excès elle peut charger les reins. Il y a aussi d’autres antioxydants qui ne sont pas des vitamines et qu’on trouve dans les fruits et légumes mais aussi le vin ou le café. Il ne s’agit donc pas de mettre en cause le résultat de cette étude mais bien plutôt son interprétation, ses approximations, ses lacunes, ses erreurs. Les vitamines sont utiles dans de nombreux cas mais, certes, on ne peut faire n’importe quoi ni continuer à en prendre à l’aveuglette. Il est bon de montrer que cela peut être dangereux à condition de ne pas nier les bienfaits que cela peut apporter quand c’est bien diagnostiqué !

- L’hypovitaminose D : il n’y a pas que les enfants qui sont concernés

La preuve, on peut manquer de vitamine D (surtout dans les pays du Nord et quand on vieillit) mais trop de vitamine D est très mauvais aussi !

On a tendance à penser que, dans le monde moderne occidental, les problèmes d’hypovitaminose n’existent pas ou peu, et que dans ce dernier cas il s’agit plutôt d’une mauvaise hygiène alimentaire qui peut être réglée par un simple changement de régime ou, plus facilement encore, par la consommation de compléments vitaminiques. Les ravages causés par le scorbut (hypovitaminose C) ou le béribéri (hypovitaminose B1) semblent être relégués au passé ou aux pays pauvres. En ce qui concerne la vitamine D, elle est considérée de très longue date comme un composant essentiel de la santé nutritionnelle de l’enfant chez lequel un déficit est synonyme de rachitisme. Mais ce n’est qu’assez récemment que le rôle de la vitamine D dans la santé osseuse de l’adulte et du sujet âgé, a été mis en évidence. Cette prise de conscience remonte au milieu des années 1970, au moment où le dosage du 25-hydroxyvitamine D sérique, marqueur fidèle du statut vitaminique D, est devenu cliniquement disponible. Une équipe de chercheurs britanniques a donc voulu déterminer la prévalence de l’hypovitaminose D chez leurs concitoyens, l’influence du régime alimentaire et les facteurs de risque. Les résultats de leurs travaux viennent d’être publiés dans l’American Journal of Clinical Nutrition.

- Le café diminue-t-il les risques liés aux maladies cardiovasculaires ?

Voilà encore ce qu’il faut prendre avec précaution car les vertus du café sont évidentes, surtout pour les personnes âgées, mais il ne faut pas trop en abuser et cela dépend des gens car le café peut détraquer l’intestin et faire mal à l’estomac, ce qui peut avoir des répercussions sur l’état général à la longue. Il vaudrait mieux ne pas dépasser 3 cafés par jour, mais il ne faut pas s’en passer non plus, il y a trop de bonnes choses dedans (voir la fiche café).

D’après une étude épidémiologique, le café réduirait les risques de mortalité dus à des maladies cardiovasculaires. Une étude menée sur un échantillon de seniors de plus de 65 ans buvant régulièrement du café montrerait que ceux-ci risquent moins de mourir de maladie cardiovasculaire que ceux qui en boivent très peu ou pas du tout.

Le café est riche en antioxydants et cela diminuerait les risques d’inflammation coronarienne. Bien entendu, ces personnes ne doivent pas souffrir d’hypertension sévère, la caféine n’étant pas recommandée pour ces personnes car elle crée de la tachycardie.

D’après les chercheurs de cette étude, le café réduirait les causes de décès de 53%.

- Les bienfaits du vin contre le diabète
Un composant du vin amplifie les capacités physiques des souris, Technology Review numéro 1

En plus de toutes ses autres vertus, le vin soulagerait du diabète. Inutile de rappeler là aussi qu’il faut garder la mesure et boire avec modération, quoiqu’il parait qu’il faudrait boire beaucoup plus pour en bénéficier vraiment mais on sait à quel point il est dommageable de trop boire, surtout régulièrement. Le bon équilibre est toujours difficile à trouver !

Des chercheurs de l’Université Louis Pasteur, à Strasbourg, et de la société Sirtris Pharmaceuticals ont montré que le resvératrol, un composant chimique du vin rouge déjà étudié pour son influence sur le vieillissement, renforce les défenses des souris contre l’obésité et contre l’insulino-résistance.

La molécule améliore également leur endurance, ce qui leur permet de courir deux fois plus longtemps que des souris normales avant de montrer des premiers signes de fatigue.

Les chercheurs ont également constaté que les souris ayant reçu une injection de resvératrol développaient des mitochondries volumineuses et très actives (organismes de la cellule qui convertissent les nutriments en énergie).

Cet effet serait le résultat de l’activation d’un gène appelé « SIRT1 », l’équivalent chez les mammifères d’un gène présent chez la levure et connu pour retarder le vieillissement.

Sirtris Pharmaceuticals a lancé une série de tests cliniques sur un composé dérivé du resvératrol prévu pour traiter le diabète de type II.

- Un lien entre dépression et diabète mis en évidence chez les personnes âgées
Le Monde, 25/04

Ce n’est pourtant pas chose nouvelle et, ce qui peut étonner, c’est que ce soit une nouvelle ! Ce qui est nouveau pourtant c’est que la dépression semble précéder le diabète des vieux alors qu’on pensait plutôt, avec quelques raison, le contraire ! On savait déjà que le stress avait un rôle dans ce type de diabète.

Une équipe américaine a mis en évidence chez des sujets âgés une association entre l’existence de signes de dépression et la survenue d’un diabète de type 2.

Chaque année, entre 1989 et 1999, les chercheurs ont fait passer un test de la dépression à ces personnes âgées de plus de 65 ans chez qui, au départ, on n’avait décelé aucun diabète.

Ils ont ainsi pu montrer que les sujets présentant des signes de dépression - qu’ils soient occasionnels ou persistants - développaient de manière significativement plus importante un diabète nécessitant la mise en route d’un traitement par des médicaments.

Le risque relatif de devenir diabétique était de 50 à 60 % plus élevé pour les personnes ayant des signes de dépression.

- La poussière, nid de bonne humeur ?
Libération 17/04

Plus on est exposé à une certaine espèce de bactéries, plus nage dans le rose notre santé mentale, selon des chercheurs de l’université de Bristol et de l’University College London, en Angleterre.

Les bactéries ont un effet semblable aux antidépresseurs en stimulant dans le cerveau la production de sérotonine, le neurotransmetteur qui fait qu’en cas de manque on plonge en dépression. Notre étude permet de comprendre comment un système immunitaire sain est important pour maintenir une bonne santé physique et mentale.

L’étude nous pousse également à nous demander si nous ne devrions pas passer plus de temps dans la poussière et dans la boue !

- Du sang pour piéger le VIH
Courrier International numéro 858

On ne sait si cela aboutira mais c’est une voie astucieuse exploitant le fait que les globules rouges sont les seules cellules sans ADN, pouvant donc attirer les virus sans leur permettre de se reproduire.

Courrier International publie un texte du New York Times, qui explique que « des chercheurs américains veulent utiliser les globules rouges pour empêcher le VIH ou d’autres virus de s’installer dans le corps ».

Robert W. Finberg, professeur à la faculté de médecine du Massachusetts, et ses collègues « ont eu l’idée de transformer des globules rouges en pièges à virus chez des souris ».

Ils ont pris pour appât une protéine de surface appelée CAR qui attire le virus coxsackie. Les résultats de ces expériences se sont révélés très prometteurs, mais les chercheurs n’ont pas réussi à éradiquer le virus ».

Il sera un jour possible de transfuser des patients séropositifs avec des globules rouges modifiés. Les globules rouges attireraient les virus et les éloigneraient des lymphocytes, permettant ainsi au système immunitaire du patient de se reconstituer.

- Un liquide nano qui stoppe les hémorragies en quelques secondes
Le Monde

Le Monde consacre un court article aux travaux de Rutledge Ellis-Behnke, chercheur du département des sciences cognitives et du cerveau du MIT (Etats-Unis), réalisés sur des hamsters en collaboration avec l’université de Hongkong. Le journal indique que ces travaux « pourraient apporter une toute nouvelle technique pour soigner les attaques cérébrales, réparer certaines lésions de la moelle épinière et, en prime, aboutir à un produit hémostatique miracle ».

M. Ellis-Behnke a mis au point un liquide qui, au contact de tissus salés, comme ceux du corps, se transforme instantanément en gel aux multiples propriétés.

Le Monde explique que le principe actif est à base de peptides qui « s’auto-assemblent pour former des fibres en forme de ruban pouvant atteindre plusieurs millimètres de long ». N’importe quelle hémorragie est stoppée en 15 secondes .

Les applications commerciales pourraient déboucher d’ici 3 à 5 ans.

- Création d’une valve cardiaque à partir de cellules souches
Le Monde, 04/04

Le quotidien britannique The Guardian a annoncé qu’une équipe médicale et scientifique multidisciplinaire au sein du Harefield Hospital de Londres était parvenue à créer in vitro une valve cardiaque à partir de cellules souches issues de la moelle osseuse.

Cette première mondiale ne serait qu’une étape vers la création, par les mêmes voies biotechnologiques, d’un organe cardiaque à la fois complet et battant.

Sir Yacoub annonce que les premiers essais expérimentaux à partir de cette valve seront menés sur des animaux dès cette année. Il pronostique que si ces essais se révélaient positifs, de telles valves prothétiques cardiaques pourraient être greffées sur l’homme avant la fin de cette décennie.

- Une oreille électronique implantée sur un patient
Le Parisien, L’Humanité 11/04

En décembre dernier à l’hôpital Edouard-Herriot à Lyon, une prothèse auditive électromagnétique a été implantée entre la peau et la boîte crânienne d’un patient de 22 ans souffrant d’aplasie auriculaire. C’est-à-dire qu’il est venu au monde sans l’oreille gauche.

L’engin révolutionnaire a déjà permis à l’oreille du patient de gagner 40 décibels. D’un coût de 2 500 euros, longue de 5 cm et plate, la prothèse comprend un microphone, un processeur, un transducteur (un capteur délivrant le message à l’oreille interne) et une batterie rechargeable.

Seule contrainte : il faut une heure par jour pour recharger la batterie, grâce à un boîtier qui s’aimante sur la tête.

- Un implant dentaire distributeur de médicaments

il se présente sous la forme d’une prothèse dentaire destinée à être implantée dans la bouche d’un patient. Il se compose d’un réservoir, d’une valvule, de deux capteurs et de divers composants électroniques.

Les deux capteurs ont pour fonction, l’un de surveiller la quantité de médicament délivrée, et l’autre de déterminer la concentration de principe actif dans le liquide avant de le libérer. Sur la base de ces mesures, un circuit électronique équipé d’un microprocesseur ouvre ou ferme une valvule et règle ainsi la quantité de médicament libéré.

Un système de liaison sans fil permet à l’appareil de signaler l’épuisement de ses réserves, ou d’en régler le fonctionnement sans devoir intervenir physiquement.

- L’éthanol, plus nocif pour la santé que l’essence


Selon une étude américaine parue dans Environmental Science & Technology, « les voitures et camions roulant à l’éthanol seraient plus polluants que les véhicules n’utilisant que de l’essence, provoquant davantage de maladies et de décès ».

Ce carburant génère beaucoup moins d’émissions de dioxyde de carbone et réduit donc l’impact du transport automobile sur l’effet de serre.

Mais la combustion du superéthanol produit une belle quantité d’oxydes d’azote et de composés organiques volatils (les COV), notamment de l’acétaldéhyde. Ces COV réagissent ensuite pour former de l’ozone (O3), un puissant oxydant dangereux pour la santé (même si, dans la stratosphère, il nous protège des ultraviolets solaires).

L’augmentation de la quantité d’ozone dans l’atmosphère conduirait à une progression notable des problèmes respiratoires par rapport à la situation où les voitures continueraient à rouler à l’essence classique.

Si l’ensemble du parc automobile actuel était converti pour utiliser de l’éthanol, le nombre de décès liés à la pollution augmenterait de 4 % environ aux Etats-Unis.

Technologie


- Produire du biocarburant à partir de petit-lait !

Voilà un biocarburant vraiment bio mais ce n’est qu’une goutte d’eau...

Produire de l’éthanol à partir du petit-lait (ou lactosérum), sous-produit obtenu lors de la fabrication du fromage. Cette matière première, qui jusqu’à présent était éliminée, est quasiment gratuite,

L’entreprise espère produire d’ici 2008 dix millions de litres de bio-éthanol « laitier », dans une usine construite à cet effet à Leppersdorf, près de Dresde, a précisé M. Müller, PDG du groupe Theo Müller.

- Réduction des déchets nucléaires

« L’Atomic Energy Council » (AEC) a annoncé que le volume des déchets nucléaires de la centrale de Kuosheng, sur la côte nord de Taiwan, avait été réduit en 2006 de 65% grâce à une nouvelle méthode de solidification.

- Progrès dans les cellules solaires en plastique

Déjà, en 2005, ces chercheurs avaient obtenu un rendement de 5 %, une valeur atteinte également par une équipe de Siemens en 2004. Dans un article à venir dans Applied Physics Letters, l’équipe annonce avoir dépassé 6 %. Leur technique consiste à créer à l’intérieur du polymère un réseau de nanofilaments qui augmentent la mobilité des charges électriques.

On considère que les cellules solaires souples deviendraient économiquement viables à partir d’un rendement de 8 %. Elles resteraient moins efficaces que les cellules au silicium et leurs 12 % mais leur prix serait plus faible et leur utilisation bien plus commode. Optimiste, David Carroll espère atteindre 10 % en 2008.

- SmartFish : premier vol d’un (petit) avion alimenté par une pile à combustible

Une aviation non polluante en vue ? Ce n’est encore qu’une maquette...

- Une batterie fonctionnant à partir d’air pur additionné d’un peu d’hydrogène

Les performances des batteries sont une insulte à la science. L’avenir, assez proche, ce sont des batteries/condensateurs à base de naotubes de carbone mais en attendant, tous les progrès sont bons à prendre.

Cette batterie fonctionne au moyen de deux électrodes couvertes d’hydrogenases mises en contact avec de l’air pur auquel a été ajouté de l’hydrogène sous une concentration de seulement 3%. Ces hydrogenases sont des enzymes que l’on trouve chez des bactéries, en l’occurrence le Ralstonia metallidurans, un des plus anciens organismes monocellulaires de notre planète puisque son apparition remonte à 2,5 milliards d’années.

Ralstonia metallidurans oxyde donc l’hydrogène dans son métabolisme, produisant de l’eau sous forme de déchet ainsi que le dégagement d’énergie observé. Ce processus naturel fonctionne avec un taux d’hydrogène de seulement 3%, ce qui est inférieur au seuil d’inflammabilité de ce gaz, qui est de 4% environ, assurant ainsi une bonne sécurité en cas d’application pratique.

- La robotisation des objets

Prenons un objet ou une infrastructure de notre quotidien, une lampe, un meuble ou un bâtiment. Augmentons sa perception de son environnement en le dotant de capteurs ou tout simplement en lui permettant d’enregistrer les interactions usuelles dont il fait l’objet (pression d’un bouton, branchement à une prise électrique) : cet objet commence à avoir un “monde” qui lui est propre.

Ajoutons maintenant une mémoire et cet objet devient historique : il se rappelle ce qui lui est arrivé. À ce stade, les micro-événements sont simplement enregistrés sans analyses supplémentaires.

- Qwerkbots : des robots contrôlés par Internet

Des petits robots faciles à monter soi-même et controlés par votre ordinateur ou par Internet avec une liaison wifi, pour surveiller son domicile à distance ?

Parmi les "recettes" déjà disponibles figure la réalisation d’un petit robot à roue avec son appareil-photo qui peut être utilisé pour garder un oeil sur son domicile ou sur son animal de compagnie depuis son travail ou son lieu d’étude. Une autre "recette" en cours de développement inclut des capteurs environnementaux de la qualité de l’air et de la pollution sonore.

- Imprimer un os !

un système permettant de créer, à l’aide d’un ordinateur et d’une imprimante 3D, des implants biocéramiques tridimensionnels destinés aux greffes ou aux reconstructions osseuses.

- Première micropuce pour ordinateur quantique en Europe

L’institut de traitement de l’information quantique de l’université d’Ulm a réalisé la première micropuce européenne utilisée dans des expériences qui permettront de développer l’ordinateur quantique du futur.

Le physicien Stephan Schulz et le professeur Ferdinand Schmidt-Kaler ont développé le prototype d’une micropuce linéaire tridimensionnelle qui piège plusieurs atomes ionisés Ca+ de manière isolée. Chaque ion piégé représente alors un bit quantique, qui correspond à un bit d’un ordinateur actuel.

L’objectif est d’atteindre un stockage et un traitement d’environ 100 bits quantiques.

- HDV : le disque holographique prépare son entrée

sur ce disque, le HVD (Holographic Versatile Disc) sont stockées autant d’informations que dans 830 DVD, ou 4900 CD. Ou encore 11.900 heures de vidéo codées en Mpeg-4, soit un total de 3,9 téraoctets (un téraoctet équivaut à 1000 gigaoctets).

Le prix de l’appareil, aux alentours de 18.000 dollars, et du support, 180 dollars le disque, le destinera avant tout à l’entreprise, et aux medias de type WORM (gravure unique), car l’effacement n’est pas encore possible techniquement. De plus, le HVD doit aussi être confiné dans une cartouche étanche à la lumière, qui risque de l’altérer.

- Gare à la “bulle” nano !

Michael Berger, de Nanowerk, qui entend démystifier ce marché, rappelle qu’on confond souvent les “nanotechnologies évolutionnaires” -qui améliorent des produits ou processus existants en y insérant des composants plus petits, ou bien en exploitant les possibilités offertes par la matière à l’échelle nano-, et les nanotechnologies “révolutionnaires” -qui visent à fabriquer, atome par atome ou molécule par molécule, systèmes, outils et produits. Ces dernières, visionnaires et encore hypothétiques, n’ont encore aucune perspective financière. Les premières, par contre, sont largement utilisées par des sociétés telles que L’Oréal, Toshiba, BMW, Nokia ou Bayer.

- RFID pour tous

La RFiD Gazette a recensé 15 des utilisations les plus étonnantes des puces à radio-identification, que l’on puisse trouver :

  • sur des marathoniens afin d’automatiser le chronométrage de leurs courses (voir aussi La traçabilité de l’individu mobile : vers la surveillance désirée),
  • dans des cocottes-minutes pour optimiser la durée de cuissons des plats,
  • sur des fromages pour en améliorer la traçabilité -et lutter contre leur contrefaçon-,
  • sur des balles de golf pour pouvoir les localiser plus facilement lorsqu’elles se perdent dans les buissons,
  • sur des ruches afin d’en empêcher le vol (semble-t-il fréquent pour certaines abeilles utilisées pour polliniser),
  • sur des robots servant de guides pour aveugles dans les rayons des supermarchés,
  • dans des WC “intelligents dotés d’un détecteur qui émet des alarmes sonores et visuelles, et coupe l’arrivée d’eau en cas de fuite ou de débordement ; certes, cela arrive plutôt rarement, et le dispositif est assez complexe à installer, mais ce genre de désagrément pourrait causer des milliers de dollars de dégâts, sans parler des risques sanitaires, selon le fabriquant (qui commercialise également un aquarium à installer en lieu et place du réservoir des toilettes)
  • sur des cadavres en lieu et place de l’étiquette placée sur les doigts de pied, afin de pouvoir les ramener à leurs proches et d’éviter les désagréments dus à l’odeur et à la décomposition, lors des catastrophes naturelles (Verichip les avait testées suite à l’ouragan Katrina)
  • sur des jetons de casino afin de surveiller la façon de parier et de dépenser des joueurs, mais aussi de détecter les tricheurs, de les empêcher d’utiliser des jetons non certifiés, ou de voler ceux des autres joueurs
  • sur des malades en passe d’être opérés afin d’éviter aux chirurgiens de se tromper de patient, de partie à opérer, et d’opération à effectuer.
  • - Nanotopie : utopie ou dystopie ?

    Résultat de l’interrogation d’artistes et designers sur les impacts sociaux, culturels et éthiques des nanotechnologies.

    Chris Hand, avec Guerilla Fab, imagine ainsi un futur où des activistes imprimeront des cellules photovoltaïques avec de simples imprimantes pour contourner les monopoles des fournisseurs d’énergies.

    Jessica Charlesworth, avec l’impressionnant Nanonoia, imagine que les nanocapteurs savent reconnaître les virus et les bactéries présents dans nos environnements. Intégrés à nos systèmes immunitaires, ils réagissent comme un sixième sens et nous indiquent, à même la peau, ce a quoi nous sommes confrontés.

    Alice Wang, avec Nanoweapons touche aussi fort et évoque les souffrances silencieuses de personnes empoisonnées par des nanoparticules utilisées comme des armes, qui dégradent et affectent les corps.

    Michael Burton, avec Nanotopie, décrit un avenir où les plus démunis utiliseront leurs corps comme ferme ou usine pour produire des organes, du sang, des cheveux...

    Dans un tout autre genre, Christopher Woebken évoque de nouvelles interfaces, organiques et évolutives, nous permettant, comme du sable, de façonner et recomposer les objets qui nous entourent.

    Susanna Hertrich, avec Homedustry imagine un monde où tout un chacun pourra exécuter des processus industriels complexes depuis chez soi, comme le recyclage de l’eau. Dans les années 50, n’imaginait-on pas déjà que nous saurions générer notre propre énergie nucléaire à domicile, comme on imagine pouvoir recycler l’eau avec des nanofiltres demain ?

    - Le futur des biotechnologies ?

    Ce ne sera sans doute ni aussi horrible ni aussi beau mais il y a quand même de quoi s’inquiéter !

    Richard Hayes, directeur du Centre sur la génétique et la société, basé à Oakland, Californie, dresse quatre “scénarios plausibles” de notre “futur biopolitique” dans le dernier n° du magazine World Watch (en VF) :

  • Triomphe du transhumanisme libertarien (”libres marchés, libre choix, libres corps“)
  • Une famille, un futur (les religieux dominent le monde, la naturopathie supplante les biotechechnologies)
  • La course aux armements techno-eugéniste (seuls les Chinois génétiquement sains peuvent procréer, l’armée s’empare de la recherche, des terroristes créent un virus menaçant l’humanité)
  • Pour le bien commun (les Nations Unies adoptent une convention sur la biomédecine et les droits de l’homme en... 2020).
  • - Les USA relancent leur programme de surveillance globale

    De quoi faire peur ! On peut espérer qu’il y a loin du projet à la réalisation tant il est impossible de gérer trop d’informations. Nos libertés sont toujours menacées, toujours à reconquérir !

    En combinant nanotechnologies, biologie et chimie, le Defense Science Board (conseil scientifique de l’armée américaine) espère pouvoir déployer des outils de surveillance invisible, permanente et globale, avec un minimum de personnel dans le cadre d’un programme d’”observation et d’enregistrement ubiquitaire“

    - La Russie se prépare à la colonisation industrielle de la Lune

    "L’heure est enfin venue d’envisager une mise en valeur industrielle de la Lune. Il faut le faire compte tenu du caractère limité des réserves terrestres de matières premières minérales et du développement rapide de la civilisation", déclare-t-il. Et d’évoquer aussi la possibilité de transporter les matières nocives dans l’espace au lieu de les conserver sur Terre.

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