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Analis

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  • Analis 9 janvier 2011 10:15

    Une autre piste de réflexion, dans une optique fortéenne :

    Des chutes mystérieuses et inexpliquées d’oiseaux ont été rapportées à toutes époques. Avant qu’existaient des armes chimiques ou électromagnétiques. On les a parfois rapprochées du phénomène mystérieux de pluies de poissons, grenouilles, crevettes ou autres. Si l’explication « rationaliste » habituellement avancée est que les animaux en question ont été aspirées par une tornade, elle ne résiste pas à l’examen des faits. Ces chutes d’oiseaux leur ressemblent entre autres par la sélectivité.

    Phénomène inexplicable, donc. Il n’est pas étonnant que certains disent que c’est un avertissement lancé par les esprits de la Terre ou par les extra-terrestres. Il est inévitable que de telles explications émergent, en l’absence d’hypothèses crédibles ; bien que je ne voie pas quel serait le point du message. 



  • Analis 8 janvier 2011 14:43

    Ouattara n’est pas un saint, c’est certain. Pas plus que Bédié, l’inventeur de l’ivoirité. Ouattara est sans doute soutenu par les européens et les états-uniens parce qu’il apparaît comme un économiste formaté aux théories dominantes.

    Mais cela ne change rien au fait que selon toutes apparences, Ouattara a été élu, et que le vrai problème de la Côte-d’Ivoire est Gbagbo. Est-il l’objet de davantage d’assauts que d’autres fraudeurs, Gnassingbé, Conté, Bongo etc... ? Indiscutablement. Est-il pire que tous ceux-là, ou que Mugabé ? Certainement pas. Encore que c’est la première fois à ma connaissance qu’un pouvoir en place dénonce la fraude des opposants, et qu’on puisse toujours discuter de l’ampleur de la fraude lors de l’élection de Faure Gnassingbé, aurait-elle changé le résultat final ?

    Il y a diverses raisons à cette différence de traitement. L’importance économique de la Côte-d’Ivoire, sans doute. Encore qu’elle n’ait guère de pétrole, contrairement au Gabon et au Nigéria. Elle n’est pas aussi diversifiée que celle de ce dernier. Entrent au moins autant en compte le fait que la fraude en question risque cette fois de mener à une guerre civile. Que les pays de la CEDEAO n’ont pas envie de voir une situation à la zimbabwéenne se mettre en place à leur porte. Que Gbagbo a fini simplement par leur taper sur les nerfs, à force de les rouler dans la farine. Et que Obama porte une attention plus importante à l’Afrique que ses prédécesseurs. Et enfin, parce que les institutions internationales ont décidé de siffler la fin de la récréation, après avoir porté Gbagbo à bout de bras pendant 8 ans.

     

    Car avec la propagande de Gbagbo, président persécuté, seul contre tous depuis 8 ans, on retrouve là les fantasmes paranoïaques de complot international, destinés à resserrer l’unité autour du chef. Tout le monde en veut à Gbagbo, tout le monde en veut à la Côte-d’Ivoire. Ce n’est jamais Gbagbo qui a tort, quoi qu’il fasse. Ce sont les « autres » qui toujours présentent sous un jour mauvais ses bonnes actions, car ils sont animés par une haine fanatique et irrationnelle envers Gbagbo et la Côte-d’Ivoire ; notons d’ailleurs comment les suiveurs de Gbagbo se considèrent comme les seuls représentants de la Côte-d’Ivoire, en annexant le peuple ivoirien à leur propagande. Le vrai peuple ivoirien, s’il existe, a voté contre Gbagbo. Cette assimilation abusive est certes un classique de ce type de discours, elle n’en reste pas moins indécente.

    La vérité est bien différente de « Gbagbo persécuté » : il a été élu en 2000 à l’isue d’une élection mouvementée, dont Ouattara avait été écarté. Il a accédé au pouvoir déjà entre autres grâce aux pressions étrangères, alors que Bédié ne voulait pas reconnaître le verdict des urnes. Il a ensuite mené une désastreuse politique ethnocentriste et inspirée par l’ivoirité. En conséquence de quoi, les nordistes et les occidentaux se sont rebellés, et l’auraient renversé sans l’intervention française. Bien ingrat, l’homme n’en a tiré aucune leçon, a continué dans les mêmes errements, a tout fait pour fausser le jeu électoral en faisant le maximum pour maintenir l’exclusion de nombreux électeurs dans le Nord, a systématiquement torpillé l’action des premiers ministres, a écoeuré plusieurs présidents et émissaires africains, et a même, comble de tout, accusé les français d’être responsables de la situation de partition du pays. Il est exact que Chirac lui a été hostile durant plusieurs années, et a exercé un intense lobbying contre lui au niveau international ; mais c’était quand même après l’avoir sauvé grâce à l’opération Licorne.

    Mieux, Gbagbo s’est permis de faire un « mandat » supplémentaire, aussi long que le premier, sans être investi par les urnes. Cela grâce à la communauté internationale, qui a accepté de l’adouber à titre provisoire - ce qui pour Gbagbo voulait dire perpétuel, grave source de désaccord avec les instances internationales. [ironique] On ne peut que comprendre le courroux de Gbagbo. Il a été obligé de retourner devant les urnes par la tyrannique ligue internationale. [mode ironique off] Doublement ingrat, donc Gbagbo, d’accuser d’avoir un parti-pris contre lui les mêmes pays grâce auxquels il est resté au pouvoir plus longtemps que ce la constitution lui autorisait. Et il n’est retourné devant les urnes que parce qu’il avait acquis la certitude (à tort, mais c’est une autre histoire) qu’il l’emporterait, après avoir multplié les chausse-trappe.

    Triplement ingrat, même. Après le départ de Chirac, il n’avait plus les français contre lui. Sarkozy cherchait à le ménager et avait signifié que les différents personnels étaient enterrés, qu’il allait aider Gbagbo à faire repartir les choses du bon pied dans son pays. Et maintenant, bien sûr, Sarkozy n’est qu’un diable de plus decidé à couler la Côte-d’Ivoire. En réalité, Gbagbo n’est qu’un profiteur, un produit ordinaire de la Françafrique, qui compte hypocritement sur ses réseaux français pour le tirer d’affaire. On lui a laissé plein de chances, il n’a jamais voulu les saisir, dégoûtant plus d’un négociateur africain. Mais Gbagbo est définitivement une nuisance pour son pays. Après les Touré, Conté, Eyadéma, Mugabé, Arap Moi etc... qui tous ont contribué à amener l’Afrique où elle était. Assoifé de pouvoir, à l’instar d’un Saddam Hussein ou d’un Jonas Savimbi, ingrat, hypocrite, corrompu, menteur, mauvais joueur, contempteur de la légalité, fraudeur, xénophobe, meurtrier et indécent. Trouvez-vous un autre héros pour combattre le colonialisme.



  • Analis 22 décembre 2010 11:56

    3/3

    Il semble que la presse, après avoir mis en évidence les faits de corruption, change de stratégie dans ce dossier : il ne s’agit pas de renoncer à l’idée d’un lien entre l’attentat et les commmissions, mais d’essayer de faire porter les soupçons sur les intermédiaires séoudiens et libanais. Après Libération qui à la suite de l’entretien avec Michel Mazens essaye déjà d’écarter la piste d’une vengeance des services pakistanais, Marianne se demande (n°710 du 27 novembre) si ce ne serait pas en fait les intermédiaires floués qui se seraient vengés. Cependant, ils notent que « l’essentiel des commissions (85 % de 550 milions de francs) a pourtant été versé dans les mois qui ont suivi la signature du contrat. Puis la France a interrompu le paiement du solde de ces commissions, probablement pour se mettre en conformité avec sa nouvelle législation et sous la pression, amicale mais ferme, des Américains. Un intermédiaire, frustré de quelques dizaines de millions de francs, a-t’il pu se venger ? On n’en sait rien. Reste à comprendre pourquoi, dans cette hypothèse, il aurait attendu si longtemps pour le faire ? »

    Le motif apparaît certainement un peu léger. L’essentiel des commissions avait été versé, y compris les douteuses. Après tout, c’est ce qui ressort des comptes de campagne de Balladur, si on soutient qu’ils ont effectivement été servis par ces rétrocommissions. Il reste cependant à savoir s’ils n’ont pas été alimentés par les fonds secrets de Matignon ; scandaleux et immoral, mais c’était légal à l’époque, ce qui le rend doublement scandaleux et immoral. La validation rocambolesque de ces comptes par le Conseil Constitutionnel est un autre scandale, qui confirme un peu plus que la France n’est qu’une république bananière.

    Il reste toujours le problème du délai ; et pourquoi avoir attendu la mise en place d’une protection pour les personnels de la DCN.

    Serge Raffy essaye d’avancer une autre explication, un peu alambiquée et peu convaincante, dans Le nouvel observateur (n°2403 du 25 novembre, pp.60-62) :

     

    ......

    Que vient en effet de mettre au jour le magistrat ? Que Jean-Marie Boivin, en septembre 2001, a été chargé par les autorité« s françaises de négocier un arrangement avec l’intermédiaire Andrew Wang, à Genève, et qu’il lui aurait remis la somme de 83 millions de francs contre son silence et la reconstitution des contrats originaux de toutes les commissions liée aux frégates de Taïwan. Prudent, Boivin a conservé les documents dans son coffre de l’UBS à Zurich. Dans le milieu des intermédiaires, cette entorse au blocage des commissions par Jacques Chirac provoque l’indignation et la colère. La DCN et certains contacts au ministère de la Défense sont alors menacés de représailles.  »Cette piste d’une vengeance du réseau floué, en l’occurence celui du Libanais El-Assir et du Saoudien Cheikh Ali Ben Musalam, est de plus en plus plausible, souligne un policier chargé de l’enquête. Les deux hommes étaient très liés aux services secrets pakistanais et aux réseaux terroristes islamistes. Ali Ben Musalam, décédé curieusement en 2004 dans des conditions mystérieuses, était connu pour financer les mouvements les plus radicaux au Pakistan. A-t’il été victime d’une opération « homo » (une exécution) par les services français à cette époque ?"

    ......

     

    Il reste d’autres questions au sujet de l’affaire des rétro-commissions : comme Me Morice l’a affirmé, les intermédiaires ont-ils essayé de faire chanter le gouvernement français ? Ont-ils obtenu gain de cause ? Si oui, ils n’avaient alors plus de contentieux avec ce dernier. Mais il se pourrait qu’on ait essayé de les faire taire. Takieddine a notamment affirmé au Canard Enchaîné avoir fait l’objet de menaces.

    Dans l’optique qu’essaient de promouvoir ces journaux, les services pakistanais reviennent par la petite porte, au travers de leurs implications avec les réseaux djihadistes et les séoudiens. Jean-Dominique Merchet et Frédéric Ploquin rappèlent dans l’article de Marianne que « l’affaire se complique du fait de l’implication des services secrets pakistanais, l’Inter-Services Intelligence (ISI), qui financent et instrumentalisent des réseaux... » Le tout sans rappeler bien sûr les liens profonds entre la CIA et l’ISI. Donc, des intégristes séoudiens et libanais en ligue avec des félons pakistanais. Tout ceci fait très VO, loin des magouilles de la CIA et autres services occidentaux. Un Alexandre Adler pourrait s’y retrouver. Les apparences sont sauves au final.

    Les faits vont dans un sens différent : que les auteurs de l’attentat n’aient pas attaqué alors que les employés de la DCN n’étaient pas protégés indique que l’assault du 8 mai 2002 doit sans doute se comprendre dans le contexte du 11 Septembre. Vus les doutes sérieux autour de leur identité, le thèse d’une attaque sous faux drapeau destinée à enraciner la France dans la guerre contre le terrorisme en sort renforcée.

     



  • Analis 22 décembre 2010 11:51

    2/3

    Une affaire de corruption sur les rétrocommissions du contrat Agosta, qui concernent un certain nombre de personnalités politiques françaises de droite, proches d’Edouard Balladur. Là encore les autorités françaises ont essayé de la dissimuler, à la demande des deux mêmes présidents. Seraient donc mouillés notamment, directement ou indirectement, outre les deux nommés, un certain nombre de personnalités de droite comme Edouard Balladur François Léotard, Alain Juppé etc...

    Différents éléments ont surgi en faveur de leur existence. Notamment par le biais des responsables de la DCN et des hommes politiques impliqués dans l’enquête secrète menée en 1995-96. Mais ils ont tendance à se contredire entre eux.

    Charles Millon affirme qu’en 1995 Chirac fraîchement élu lui a demandé d’enquêter sur les contrats Agosta et Sawari 2, évoquant des soupçons de rétro-commissions, mettant notamment sur écoute certaines personnalités.

    Michel Marzens confirme l’arrêt des rétrocommissions sur le contrat Agosta ; mais il ne pense pas qu’il y ait un lien avec l’attentat de 2002

    Villepin est quelque peu revenu sur l’enthousiasme de ses premières déclarations, et est désormais quasiment sur la même ligne : il y a eu arrêt de certaines commissions, versées à des non-pakistanais ; il évoque l’existence des rétrocommissions, mais pour lui il ne s’agit que d’un soupçon, il affirme qu’il n’a pas vu de preuves décisives ; il n’a aucune raison de penser qu’il y a un lien avec l’atttentat de 2002.

    S’y ajoutent celles de Alain Juppé, qui confirme l’arrêt du versement de certaines commissions sur des contrats « pas clairs », mais ajoute n’avoir jamais vu de preuves de l’existence de rétrocommissions ayant pu servir notamment à financer la campagne d’Edouard Balladur. Donc à fortiori pas de raisons de voir un lien avec l’attentat de Karachi. Rétrocommission dont il n’était d’ailleurs même pas au courant de l’existence, la chose relevant de la Défense, domaine réservé de Chirac. Curieux que les deux n’en aient jamais parlé, quand même. Et si Charles Millon avait demandé des écoutes, c’était à Matignon de donner l’autorisation. Au total, un constat pas si différent de celui de Villepin, ou de Millon, qui affirme lui aussi ne pas avoir pu trouver de preuve définitive. Ce qui est toujours mieux que Raffarin, qui affirme n’avoir été au courant de rien...

    De son côté, Jacques Dewattre, directeur de la DGSE de 1993 à 2000, a nié avoir mené une enquête sur le contrat Agosta à la demande de Millon : http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

    Ces contradictions ne sont guère étonnantes, car certains de ces hommes sont désormais liés à Sarkozy ; et de toute façon ni Villepin ni Chirac n’ont intérêt à ce que toute la lumière soit faite.

    Cependant, il n’y a pas de preuve de lien entre les deux affaires. En dépit de l’insistence parfois pesante qu’une certaine presse mainstream a pu mettre dessus. Ce qui est en soi suspect. Les journaux en question sont en général prompts à éttoufer toute mention de terrorisme d’Etat, notamment autour du 11 Septembre. Défendre l’hypothèse d’une responsabilité de réseaux au sein de l’Etat pakistanais ouvre une brèche qui peut mener à remettre en doute l’origine de nombreux autres attentats-suicide. Car c’en était bien un, avec un kamikaze.

    Il est curieux aussi qu’après avoir braqué les projecteurs sur cette théorie en juin 2009, les mêmes médias, de droite et de gauche, ont brusquement cessé de s’occuper de l’affaire dès que des éléments plus sérieux ont surgi, venant renforce l’hypothèse de l’existence de ces rétro-commissions. Ce qui va contre toute logique. Plus récemment, certains journaux de gauche ont relancé l’affaire, clairement afin de gêner Sarkozy. Mais ils ont dans le même temps changé de fusil d’épaule au sujet de l’origine de l’attentat.

    On peut noter que cette campagne a débuté peu après que la justice pakistanaise ait sorti des éléments incriminants pour Musharaf et certains de ses séides. Ce dont la presse française ne s’est pas fait du tout l’écho. Ecran de fumée ? 

    Si Juppé a particulièrement insisté dessus, une chose est apparente depuis longtemps : les pakistanais n’avaient pas été concernés par l’arrêt du versement des commissions douteuses, qui n’étaient pas liées au versement de celles qui leur étaient destinées. Comme l’avait déjà établi la mission d’information parlementaire dans son rapport du 12 mai 2010. De plus, comme le note Le canard enchaîné (n°4700 du 24 novembre), ils ont bénéficié de conditions particulièrement avantageuses :


    ......

    Les Français ont même poussé l’amabilité jusqu’à accorder aux Pakistanais, fin 1999, un rééchelonnement de plusieurs années du paiement des sous-marins, qui devait initialement s’achever en 2005. Puis, au sein du Club de Paris, ils ont obtenu, en décembre 2001 - soit seulement six mois avant l’attentat -, le réaménagement de la dette pakistanaise de 38 milliards dans des conditions jugées « exceptionelles » par le quotidien économique « Les Echos » (11/09/2002). Les Pakistanais n’avaient alors pas vraiment de raisons d’en vouloir aux Français. Au contraire.

    Cette hypothétique vengeance se heurte aussi à une incohérence chronologique. L’attentat est en effet intervenu six ans après la fermeture du robinet ordonnée par Chirac, en mai 1996. « Un tel délai est incompréhensible, explique au »Canard« l’un des responsables de la DCN à Karachi. Jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, nous étions une bonne centaine de Français sur place, sans aucune protection, et nous représentions une cible facile pour d’éventuelles représailles. Pourquoi n’avoir pas frappé à ce moment-là ? En 2002, nous n’étions plus qu’une trentaine, et un dispositif de protection avait été mise en place depuis 2001, ce qui rendait une attaque plus difficile. »

    Mais hélas, pas impossible...

    Hervé Martin


    La thèse selon laquelle la décision de Jacques Chirac d’un lien avait entraîné une vengeance pakistanaise semble avoir définitivement pris du plomb dans l’aile. Celle liant l’attentat à la vente à l’Inde de sous-martins Scorpène paraît aussi très affaiblie.

    Le seul élément probant était le fax que Randall Bennett aurait donné à l’ancien procureur anti-terroriste Michel Debbacq (les écrits de Thévenet ne pouvant pas être vraiment considérés comme une preuve), mais ce dernier en a vigoureusement nié l’existence, dans un entretien à L’Express, toujours dans le n°3072. Pourtant, il n’a engagé aucune procédure envers les auteurs du Contrat, qui affirmaient qu’il leur en avait parlé en détails. Qui se moque de qui ?





  • Analis 22 décembre 2010 11:43

    Cette explication, selon laquelle les coupables seraient des gradés qui se seraient vus couper les fonds et étaient poursuivis par la justice, me paraît peu convaincante. Des gens au fond du trou, qui seraient traqués par les autorités pour corruption n’iraient pas attirer sur eux l’attention de ces mêmes autorités en réalisant un attentat. Qu’ils aient pu le faire suppose qu’ils conservgaient encore tous leurs liens, car une action aussi difficile implique qu’ils aient gardé leur influence. Il est de plus peu vraisemblable que l’ISI ait coupé les liens ave cles groupes terroristes. C’est la version officielle du 11 septembre qui dit cela. Mais l’ISI et le gouvernement pakistanais ont fait récemment l’objet de très graves accusations de soutien et de manipulation de groupes terroristes, tant au Pakistan qu’en Afghanistan.

    Je pense que la justice et la presse, dans cette affaire, nous égarent, en mettant en avant l’hypothèse d’une vengeance de certains agents pakistanais en raison du non-paiement de certaines commissions. Il y a en effet des raisons sérieuses de douter de la version officielle de l’attentat du 8 mai 2002. Mais il n’y a aucune preuve que ce soit pour ce motif, bien au contraire.

    Il convient de distinguer deux affaires distinctes :

    une affaire sur l’attentat de Karachi comme attaque sous faux drapeau. Des éléments que les autorités françaises ont essayé de dissimuler à la demande de Jacques Chirac, puis de son successeur Nicolas Sarkozy.

    Cette hypothèse est certainement supportée par des éléments sérieux, mais qui ne sont curieusement habituellement pas discutés par la presse et le juge Trévidic. Les moindres n’étant pas ceux que... le juge Bruguières a fourni lors de son interview à L’Express n°3072 (19 mai dernier) :

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/bruguiere-la-clef-de-l-attentat-de-karachi-n-est-pas-a-paris_893012.html


    ......

    En quoi les éléments fournis par les Pakistanais étaient-ils inexacts ?

    D’abord s’est posé le problème de l’explosif utilisé lors de l’attentat. Le résultat de nos analyses à partir de prélèvements effectués sur place était formel. Il s’agissait de tolite, un explosif militaire, composant du TNT. Pour les Pakistanais, c’était du nitrate, le même explosif que celui qui avait été utilisé contre le consulat général des États-Unis à Karachi, en juin de la même année. Ils voulaient nous convaincre que les auteurs étaient les mêmes. Face aux contradictions, ils nous ont présenté successivement quatre pistes différentes. En avril 2003, j’ai rédigé une commission rogatoire internationale (CRI) d’une trentaine de pages et j’ai voulu me rendre sur place.

    Vous n’allez à Karachi qu’en 2006, trois ans après la CRI. Comment expliquer ce délai ?

    Je me suis heurté pendant des années à un blocage pakistanais. Il y avait toujours une bonne raison pour empêcher ma venue. Une fois, c’était le tremblement de terre au Cachemire, une autre l’affaire des caricatures, ou des élections locales à venir. Enfin, lorsque je me rends à Islamabad et à Karachi en mars 2006 avec des enquêteurs, je suis courtoisement reçu. Mais dès que nous nous attaquons au fond du dossier, ça se passe plutôt mal. On nous refuse catégoriquement de refaire l’expertise litigieuse sur les explosifs. A ce moment-là, des attentats secouaient tous les jours le Pakistan. On comptait jusqu’à 100 morts par semaine. J’ai bien senti que l’attentat de 2002 n’était vraiment pas une préoccupation pour eux.

    ......

    Ces éléments vont dans le même sens que ceux donnés par Michel Debbacq aux auteurs du livre Le Contrat, selon qui la scène du crime avait été nettoyée rapidement. On notera aussi l’étrange incapacité des experts officiels à s’accorder sur les explosifs utilisés. Un trait qui revient souvent dans les analyses d’attentats controversés, comme ceux de Madrid le 11.3.2004 et de Londres le 7.7.2005.

    Il y a de nombreuses suspicions au Pakistan d’attentats sous fausse banière attribués aux islamistes. L’opposition locale a à plusieurs reprises dénoncé des personnalités de l’ancien gouvernement Musharaff d’orchestrer les campagnes de terreur. Les moindres suspicions n’étant celles portées sur le meurtre de Benazir Bhutto et une attaque contre un meeting de soutien au juge démis de la Cour Suprême Iftikhar Muhammad Chaudhry le 17.7.2007. D’après Courrier International n°1018 et The Daily Lahore (6 mai 2010), Musharaf et l’ancien directeur du renseignement Najeem Ejaz risquaient des poursuites devant la Haute Cour de Lahore.

    http://www.courrierinternational.com/article/2010/05/06/l-avenir-s-assombrit-pour-musharraf

    La perspective d’un attentat sous faux drapeau pour l’attaque contre la DCN est donc crédible. Cela expliquerait que les autorités pakistanaises aient fait traîner l’enquête durant si longtemps. Celui apparaît plus plausible que le fait que cet attentat « n’était pas une priorité pour elles ».

    (Post très long, divisé en trois parties)

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