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bob de lyon

Très tôt épuisé par l’école mais cossard infatigable, je me suis enfoui insatiablement dans l’activité la plus facile : la lecture… de n’importe quoi et de n’importe qui… avec, ce qui n’arrange rien, une passion désordonnée pour la guitare.
1960, époque bénie des horizons possibles.
Mais un jour, il a bien fallu se remettre à l’ouvrage et remonter le temps pour gagner le pain quotidien du ménage. Donc je m’y suis remis. Math, physique, Français et toutes sortes de spécialités techniques ou administratives.
L’entreprise nationalisée* qui m’avait embauché offrait à ceux qui voulaient se bouger le cul la possibilité de s’instruire. Elle pensait qu’il valait mieux des salariés éclairés que du personnel inculte.
Autre temps où l’investissement servait le bien public et l’intérêt général.
Je l’en remercie. Elle m’a permis de faire une belle carrière et finalement de vivre heureux.
* Ne cherchez pas, cette entreprise de service public n’existe plus, sacrifiée sur l’autel de l’ultralibéralisme par M. Jospin, trotskiste atrabilaire. Bien entendu cette réflexion n’engage que moi.

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Derniers commentaires



  • bob de lyon 5 juin 2019 18:47

    @MAIBORODA
    Je vous remercie Monsieur..

    Faudra bien un jour que je m’y colle à raconter l’histoire de cette jeune polonaise et de sa sœur, orphelines à cette époque et toujours vivantes.



  • bob de lyon 5 juin 2019 12:57

    Tiens donc ! À propos des femmes responsables de tout…

    Dans les années cinquante, ma maman divorça d’un alcoolique profond, brutal et rétif au travail. Elle le fit pour protéger son fils d’une espèce de prédateur incontrôlable et vénéneux. Elle demanda et obtint une déchéance de paternité pour prévenir l’avenir de son rejeton. Elle avait raison, ce choix s’avéra judicieux par la suite.

    D’origine italienne, une fréquentation de l’école en pointillé, sachant à peine lire et écrire (mais compter : oui !), seulement diplômée de la vie, pour se nourrir elle et son fiston et permettre à celui-ci d’aller un peu plus longtemps à l’école que nécessaire, elle affronta l’existence avec seulement ce qu’elle avait appris : travailler !

    Donc elle travailla, chevillée à sa machine à coudre pendant des journées semblables à de longs fragments d’éternité mais toujours attentive à l’éducation du fils.

    « Ne fais pas n’importe quoi avec les filles, il faut les respecter, ne soit pas grossier et si il y a une faiblesse amoureuse, tu devras assumer ! »

    J’étais prévenu.



  • bob de lyon 5 juin 2019 11:57

    Mon grain de sel.

    Au fil de l’exploitation de nouveaux territoires, l’esclavage est la naissance d’une nouvelle forme de capitalisme de rente. Dans l’ordre, nous trouvons d’abord les Portugais, puis les Espagnols, ensuite les Hollandais, suivent de près les Anglais, enfin, plus tard les François, bons derniers parce très occupés auparavant à s’étriper sur des thèmes majeurs, à savoir : Marie – la maman de Jésus – était-elle vierge, mais aussi sur un point de vocabulaire fondamental à éclaircir entre transsubstantiation et consubstantiation. Débats endormis mais toujours ouverts.

    Des Africains, solides et résistants, devaient remplacer les Autochtones, survivants de massacres, trop peu nombreux et assez nonchalants devant le labeur obligatoire, mais aussi les premiers travailleurs blancs européens[1] importés par rafles mais si fragiles sous les tropiques.

    Les rendement financiers, comparés à d’autres activités de ces époques, n’étaient pas très élevés[2]. Un capitaine de navire négrier ne pouvait tolérer trop de pertes dans sa marchandise[3] sinon à risquer d’écorner capital et bénéfice ; il était attentif à un minimum de soins pendant la traversée. L’équipage parfois était encore plus mal traité[4].

    Le moteur de l’esclavage c’était donc la cupidité, lié au ratio de l’efficacité et du moindre coût ; rien de nouveau sous le soleil.

    Pour rester dans l’esprit de Madame Angot, j’ai le récit de ma belle-mère.

    Début 1943, petite paysanne âgée de 17 ans, elle allait vendre régulièrement ses œufs sur la place du marché de Tarnow (Pologne). Un jour, alors que bien installée, inopinément, tous les accès de la place sont bloqués ; vigoureusement aidée par quelques coups de crosse assénés par de solides gaillards de son âge, elle dut grimper dans un des nombreux camions en partance pour l’Allemagne en compagnie de quelques personnes juives. Oświęcim étant sur le parcours, un arrêt obligatoire permit à ces personnes de descendre du véhicule.

    Ma belle-maman, gratuitement, cultiva donc le jardin et entretint le bétail du IIIe Reich chez un couple de propriétaires vieillissants plutôt charitables[6] ; elle y rencontra mon beau-père, prisonnier de guerre.

    Surprise ! Dans les années 1980, elle reçut de la RFA une petite indemnité, solde de tout compte, pour activité non-salariée de la période 1943-1945. Mon beau-père n’a rien reçu.

    Elle n’a jamais eu de nouvelles des personnes rencontrées dans le camion. 


    [1] Un écueil important : les jésuites accompagnateurs n’appréciaient pas l’exploitation des chrétiens.

    [2] Actuellement, le taux versé aux actionnaires dans certaines activités – maison de retraite, autoroute,… se situe entre 14 et 17 % ; pour la traite négrière, activité à hauts risques – piratages, maladies, tempêtes,… le taux n’aurait jamais dépassé dans le rare et meilleur des cas 6 % .

    [3] Veuillez m’excuser de cette apparente brutalité, mais c’est pour rester froid comme un plan comptable.

    [4] Il m’est d’ailleurs difficile de comprendre pourquoi Jean-Marie Arouet, esprit lucide de son temps et que j’apprécie, investit dans cette entreprise antillaise gonflée d’aléas.

    [5] Désagréable à écrire, mais étaient-ils autre chose que du bétail pour leur propriétaire ?

    [6] Leur fils effectuait une forme de tourisme en Union soviétique.



  • bob de lyon 29 mai 2019 13:10

    Vous avez raison…

    Mouflet, je me suis retrouvé devant un escadron de gardes mobiles parce que dans une manif pour l’indépendance… à l’époque je courrais vite !

    Je retiens la réflexion de Fellag : « La France a raté la décolonisation et l’Algérie a raté son indépendance ».

    Reste à savoir comment est enseignée l’Histoire de chaque côté de la Méditerranée.

    Les mythes ont la peau dure…



  • bob de lyon 29 mai 2019 10:23

    Quand même quelques écueils à cette ouverture… Quid des mémoires* concurrentes de 1954 à 1962… qui fera le premier pas et tendra la main ?

    France, elles ont commencé au niveau de l’État : reconnaissance de Charonne, Maurice Audin, 17 octobre 1961, reconnaissance du massacre de Sétif (2015)… procès Aussaresses, mais au niveau associatif c’est plus difficile et laborieux et encore maintenant : Pieds noirs installés dans le Midi, Harkis, Algériens arrivés depuis 1962, leurs descendants nés sur ce territoire et bégayant leur identité confuse, montée du vote d’extrême droite née de la guerre d’Algérie… 

    Algérie : la mémoire officielle historique est celle dictée par le FLN, très utile pour garder le pouvoir mais donc à réécrire et à quel prix face aux mémoires individuelles : Krim Belkacem… Messali Hadj… la Kabylie… L’Islam… Harkis. Qu’en est-il à cette heure ?

    Rappel anecdotique : c’est François Mitterrand qui a saisi la main de Helmut Kohl à Verdun.

    L’impasse mémorielle dépassée et tout irait mieux pour les affaires (peut être) ; c’est un préalable mais…

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