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chiwawa

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  • chiwawa 1er juillet 2013 20:06

    Bonjour matthius,

    L’idée que présente votre article est intéressante mais il est malheureusement erroné sur trop d’aspects.

    La fourniture d’accès à Internet par un individu, entreprise ou association, au public, requiert une déclaration à l’ARCEP (licence déclarative L33-1). Cette déclaration crée deux obligations :

    - Déclaration annuelle du chiffre d’affaire généré (pour taxation si vous dépassez 1M€, gratuit sinon)
    - Capacité d’identification des abonnés lors de requêtes judiciaires

    Cette deuxième obligation suppose que chaque abonné soit techniquement identifiable, c’est une obligation. L’identification se fait normalement par l’adresse IP de la requête motivant la réquisition, dans le cas ou chaque abonné dispose d’une ou plusieurs adresses IPv4 ou IPv6.

    Dans le cas où, comme vous le suggérez, l’accès mutualisé ne porte pas suffisamment d’adresses, alors il vous faudra partager ces adresses (technique de traduction, ou NAT) qui est problématique pour de nombreuses raisons techniques, et qui impose de loguer l’activité de chaque membre, donnant un pouvoir dangereux à l’administrateur du système : celui d’espionner ses voisins.

    Une architecture plus simple est possible : distribution à plat d’un sous-réseau public. Pour cela il faut avoir autant d’adresses que d’abonnés (plus les adresses des machines de service). C’est compliqué pour IPv4 avec la pénurie, mais encore possible, y compris en utilisant un accès à Internet grand public au travers duquel vous monteriez un tunnel vers un opérateur IP capable de vous fournir ces adresses.

    Viens ensuite le problème de coût et de responsabilité de la boucle locale : le cuivre est cher (70ct/m pour un câble ethernet, contre moins de 20ct/m pour de la fibre). Mais si vous êtes dans une grande ville et en habitat collectif, alors il est probable qu’un opérateur d’immeuble se soit déjà manifesté. Il s’agit généralement d’Orange ou SFR, mais dans le cas de l’Ain, ce peut être le SIEA.

    Dans ce cas, il est interdit par convention de redonder la boucle locale posée par l’opérateur d’immeuble, vous ne pouvez donc pas obtenir l’accord du syndic pour poser vos câbles. Il vous faudra proposer un service radio (WiFi) ou utiliser les fibres en place (bon courage pour obtenir un contrat, quelques membres de la Fédération FDN y travaillent).

    Enfin, concernant les services annexes : TV et téléphone :

    - Pour le téléphone, un accès propre à Internet (sans NAT, avec IP publiques, et sans filtrages, qui sont interdits par le code des communications électroniques), suffit à pouvoir souscrire à un forfait SIP chez OVH par exemple. C’est probablement l’offre qui sera la plus adaptée.

    - Pour la TV, vous ne pouvez pas récupérer les flux d’autres accès. Vous pouvez au mieux capter des flux TNT et satellites, et les rediffuser sur les boitiers de vos abonnés (des boitiers à au moins 120€ et un serveur à 3000€ environ sont nécessaires). Pas de VOD, le montage d’un tel business est trop coûteux pour quelques dizaines de prises. Pas non plus de chaines à péage, la certification des contrôles d’accès coûte plusieurs dizaines de milliers d’euros. Il n’y a donc pas réellement de solution.

    Votre approche se limite donc à un service d’accès à Internet simple, ce qui est une bonne chose, mais ne répondra pas aux attentes de la plupart des utilisateurs potentiels, ce qui posera un problème de rentabilité de l’accès mutualisé.

    Il est très improbable que le syndic accepte de porter la responsabilité de ce montage, il faudra donc qu’un individu se dévoue et de préférence qu’une association se constitue. Alors vous rencontrerez un risque supplémentaire : si les abonnés quittent le réseau, peu importe la raison (mais ce sera sûrement pour des dysfonctionnements ou des problèmes humains), alors ceux qui restent devront assumer les coûts de fonctionnement, qui seront répartis sur moins de personnes. Serez vous prêts à assumer tous les coûts à vous seul ?

    Bref, l’idée est bonne, mais :
    - La réglementation est plus subtile que ce que vous semblez imaginer
    - Les contraintes réglementaires liées au déploiement du FTTH empêcheront ce genre de déploiements en zones denses
    - A peu près aucun syndic ne s’emmerdera à travailler pour ça
    - Vous ignorez les coûts du marché, les réalités techniques de l’exploitation d’un réseau IP, et ce qui est techniquement faisable ou souhaitable. Avec votre montage et même sur un grand ensemble, il est très improbable de pouvoir faire vivre un tel réseau à moins de 20€/mois/abonné.

    Bref, ça partait d’un bon sentiment, mais je vous suggère de supprimer cet article, il est dangereux en l’état.







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