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Clément Heinisch

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  • Premier article le 20/04/2019
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Derniers commentaires



  • Clément Heinisch 24 avril 12:27

    @machin

    Merci beaucoup pour votre compliment ! Je suis honoré d’être crédité du pouvoir de transformer l’eau (bénite) en vin. Même s’il s’agit de piquette, j’estime qu’il s’agit d’un bon début. La prochaine fois, promis, le vin sera buvable.

    Blague à part, votre commentaire n’apporte pas grand chose de constructif. A part juger en bloc, je ne vois pas quelle est son utilité.



  • Clément Heinisch 22 avril 13:33

    @rogal

    Bonjour,

    Je comprends votre étonnement ! Mais ne souscris pas à votre lecture univoque.

    En effet la pensée chrétienne a introduit dans le monde antique trois idées subversives pour l’époque.

    Liberté de penser : ne pas rendre un culte à César comme à un dieu a valu aux premiers chrétiens mensonges, calomnies, persécutions, jusqu’au martyre. Rome tolérait tout, sauf qu’on ne rende pas avant tout un culte à César. Le « rendez à César » n’a pas été accepté par le pouvoir civil. Et c’est bien sur cette base que les grands prêtres demandent la mort du Christ.
    L’apôtre Paul avant sa conversion persécutait et lapidait les chrétiens. Pourquoi ? Parce qu’ils pensaient différemment.

    Fraternité universelle : pour le Christ notre prochain est tout être humain, en particulier celui qui souffre, et pas seulement celui de notre clan (famille, religion, nation). « Aimez vous les uns les autres » est un horizon qui est donné avant tout à ceux qui souhaitent suivre le Christ, certes, mais il est ouvert à toute l’humanité, et dans la pensée du Christ, nous sommes tous frères et sœurs, membres les uns des autres par notre humanité, d’une ; de deux, parce que tous fils et filles du même Père.

    Égalité : le Christ a fait éclater le tribalisme juif de l’époque pour ouvrir à l’universalité son enseignement. Ceci était à l’époque, et pour les Juifs et pour les Grecs et les Romains, un scandale Chez les Juifs il avait une distinction (qui existe encore) entre le peuple élu et les autres peuples. Chez les Romains comme chez les Grecs la société était constituée en castes. Il y avait les citoyens et les autres, inférieurs. Dans la pensée chrétienne tous sont enfants du même Dieu, et les distinctions de castes, civiles ou culturelles, ne sont pas fondamentales, elles ne touchent pas la nature profonde de l’Homme, elles sont relatives.
    Comme dit l’apôtre Paul : « en Christ il n’y a plus ni homme ni femme, ni juif, ni grec (...) », ce qui ne signifie pas la disparition des particularités, mais signifie que ce qui compte dans la perspective chrétienne, ce sont les personnes, considérées comme strictement égales entre elles.

    Ces trois idées ont fait leur chemin plus ou moins malheureusement au sein de L’Église et de la société. Il n’en reste pas moins que la pensée chrétienne a posé ces idées comme des germes dans le monde.
    Certes il y avait dans la pensée grecque et dans la pensée romaine des éléments qui convergent vers les mêmes notions, mais jamais la société n’avait été auparavant confrontée à une pensée qui mettait en pratique ces idées au point de menacer, selon le pouvoir civil, son équilibre même, fondé sur des exclusions et un esprit tribal.

    Que L’Église n’ait pas toujours suivi cette théorie ne signifie pas qu’elle ne l’a jamais mise en pratique.
    Et surtout, même si elle ne l’avait jamais mise en pratique, ce qui n’est pas le cas, cela n’empêcherait pas que ces notions de liberté, égalité, fraternité sont chrétiennes.

    Pour résumer, le Christ a une pensée diamétralement opposée au tribalisme. Le tribalisme a des avantages (sécurité, pérennité des structures, etc), mais n’est pas soutenable à long terme. Ce qui fait vivre, c’est se confronter à ce qui n’est pas soi.



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