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clothilde

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  • clothilde 10 juillet 2007 01:01

    Pour certains, la spéculation sur l’identité de ces responsables entoure des agences de renseignement telles que la NSA, le FBI, et la CIA. D’autres croient que c’est la Maison Blanche. Un troisième groupe croit que différents personnages comme Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Jed Bush, George Tenet, et Donald Rumsfeld, sont les vrais architectes des attaques. Alternativement, d’autres combinaisons possibles de malfaiteurs et organismes ont pu travailler ensemble. Dans son écrit, « Quel est votre niveau ‘HOP’ ? [HOP désigne les quatre catégories décrites ci-dessous] » [13] Nicholas Levis classe les opinions sur les attaques en quatre catégories principales :
    - L’histoire officielle : Oussama Ben Laden est le responsable, du détournement des avions par dix-neuf fondamentalistes musulmans, la Maison Blanche n’ayant reçu aucun avertissement.

    - La théorie de l’incompétence : Accepte l’histoire officielle mais blâme la Maison Blanche, le FBI, la CIA, la NSA, et les autres, pour ne pas avoir suivi les nombreux avertissements. C’est la ligne prise, avec une énorme affaire de dissimulation et de changements de direction, dans le rapport de la Commission du 9/11.

    - LIHOP (« Laissons les Arriver au But » ) : Il y a un certain nombre de variations sur celle-ci. Il y est principalement sujet de la manière dont les factions des autorités américaines et le secteur privé se rendaient compte des plans des pirates de l’air mais n’ont rien fait pour les arrêter, puisque le 9/11 était en conformité avec les objectifs politiques.

    - MIHOP (« Les Faire Arriver au But ») : Les autorités US ou les forces privées ont projeté et ont effectué les attaques. Pour les sceptiques, le dénominateur commun est leur croyance qu’au moins un des éléments de la présentation officielle du 9/11 est inexact. Pour ceux qui versent dans l’hypothèse radicale MIHOP, un prémisse principal est que les tours jumelles — comprenant le bâtiment 7 - s’effondrèrent par démolition contrôlée avec des explosifs : Que c’était un travail intérieur. La partie des interprétations techniques de cette déclaration fut directement réfutée dans un rapport d’approximativement 10.000 pages écrites par le National Institute of Standards and Technology (NIST), qui prétendit que ce fut le carburant des avions de lignes qui perturba la structure des tours et que cela les fit par la suite s’effondrer. [14] Le NIST ne peut pas donner d’explication satisfaisante sur pourquoi le troisième bâtiment, le WTC 7, s’est effondré sans avoir été heurté par un avion. [15] Steven E. Jones, Professeur de physique à Brigham Young University dans l’Utah, rejette les déclarations du NIST au sujet des tours jumelles. Il dit, par exemple, comment des témoins oculaires ont observé que l’acier de chacun des trois gratte-ciel avait fondu (dans certains cas, l’acier fut trouvé rougeoyant jusqu’à trois semaines après l’attaque) et avait été tordu d’une manière qui peut avoir été provoqué seulement par ce qu’il décrit comme des « charges de découpe » installées au préalable. Selon Jones, ces charges se composaient de thermite, HMX, ou RDX, des substances explosives utilisées seulement dans les démolitions contrôlées. Un autre point important pour Jones est que les feux dans les bâtiments et le carburant des avions de ligne (la température maximale pour le carburant d’avion est de 1000 degrés de Celsius) n’ont pas produit de chaleur suffisante pour fondre l’acier — qui exigerait des températures entre 1550-1990 degrés Celsius — pendant l’heure ou l’heure et demi qui a mené à l’effondrement des tours jumelles. [16] Les déclarations de Jones sont soutenues par les données de l’ingénieur Jim Hoffman. Après l’analyse de vidéos et de photos des événements, Hoffman conclut que chacun des trois bâtiments est tombé presque symétriquement, à une vitesse proche de la chute libre, et directement en bas sur leurs propres fondations. Selon Hoffman, la vitesse de l’effondrement, la pulvérisation du béton en poudre « laiteuse », et la présence de nuages de poussière horizontaux observés à côté du WTC 7, sont associées à l’utilisation d’explosifs placés à l’avance dans les bâtiments. [17]

    Beaucoup ne croient plus l’explication officielle et sont convaincus que l’effondrement des tours était un travail intérieur — soit que les autorités « ont laissé faire » soit qu’elles « l’ont fait ». Beaucoup ayant placé leur confiance dans d’autres hypothèses ont joint leur force sous la protection de l’organisation 9/11Truth [18] — une organisation ad hoc formée pour exister jusqu’à ce que la dernière question sans réponse au sujet du 9/11 obtienne sa réponse. 9/11Truth a rassemblé un groupe représentatif de la société ; des membres avec différentes allégeances politiques dirigent les mêmes organismes et groupes de pression. Cette coopération est principalement centrée sur des réunions, des démonstrations, la production des films documentaires, des forum Internet, des publications en ligne, et des conférences. Au Royaume-Uni, une branche locale de 9/11Truth appelée JulySeventhTruth [19] a été montée. Elle est nommée ainsi parce qu’elle cherche à rassembler ce qui est arrivé lors les attaques terroristes à Londres le 7 juillet 2005.



  • clothilde 10 juillet 2007 01:00

    Il peut aussi sembler suspect que George Bush maintint les autorités américaines dans une recherche allégée d’Oussama Ben Laden, le principal suspect derrière le 11 septembre. Le Général Richard Myers déclara aussi que la guerre en Afghanistan ne concernait pas la recherche de Ben Laden. [8] Un ancien agent de la CIA, Gary Berntsen, déclara en outre que l’administration Bush laissa Ben Laden s’évader quand il fut acculé dans une poche des montagnes de Tora Bora en Afghanistan en 2001. [9] Il est aussi connu que les renseignements américains eurent parfaite connaissance de l’endroit où était Ben Laden dès juillet 2001 quand il fut soigné pour l’état de ses reins dans un hôpital américain de Dubaï aux Emirats Arabes Unis. [10] Quelques mois plus tard, en septembre, il reçut aussi des soins dans un hôpital militaire de Peshawar au Pakistan, sous la surveillance du renseignement pakistanais. [11]

    L’existence des circonstances et des témoignages qui contredisent les aspects de l’histoire officielle mena quelques personnes et groupes à rechercher des explications alternatives sur ce qui arriva le 9/11. Une véritable jungle des théories sur ce qui se produisit vraiment aux USA il y a cinq ans prit naissance. Des théories déployées dans plusieurs directions se relièrent ensemble. Une comparaison des différents avis est présentée dans le livre New Pearl Harbor - Questions inquiétantes au sujet de l’Administration Bush et le 9/11 (2004), par David Ray Griffin, Professeur de Théologie à Claremont en Californie. Il présente un prémisse clef dans le livre : La responsabilité des attaques du 9/11 peut largement être attribuée à d’anciens membres néo-conservateurs du groupe d’experts (think tank) Projet pour un Nouveau Siècle Américain (PNAC), devenus maintenant acteurs principaux de l’administration Bush. Dans le document « Reconstruire les Défenses de l’Amérique : Stratégies, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle Américain » (2000), [12] écrit par des membres du PNAC, ceci est déclaré : « Le processus de transformation, même s’il apporte des changements révolutionnaires, est susceptible d’être long, en absence d’un événement catastrophique catalyseur comme un nouveau Pearl Harbour ».

    Le titre du livre de Griffin se réfère aux déclarations du PNAC sur la transformation de l’Amérique militaire nécessitant « un nouveau Pearl Harbour ». Griffin regarde cette citation à la lumière du principe judiciaire du cui bono ? [dans quel intérêt ?] et conclut que le 9/11 était précisément le catalyseur dont l’administration Bush avait besoin. Pour Griffin, il est donc probable que les USA ont orchestré un incident de ce genre pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, comme la réduction des libertés civiles aux USA par l’introduction du Patriot Act. Qu’ils ont choisi d’envahir des pays du Moyen-Orient en considérant cela comme une simple extension de la coopération que les USA avaient déjà avec l’élite du pouvoir d’Arabie Saoudite, des renseignements pakistanais (ISI), du régime taliban, et des régimes d’Asie Centrale. Et pour Griffin, l’ordre du jour au Moyen-Orient et en Asie Centrale est tout à fait évident : C’est au sujet du contrôle de la production et du transport pétrolier par l’intermédiaire des pipelines et des camions-citernes. Griffin ne pointe aucun personnage spécifique responsable de l’organisation des attaques du 9/11. Il déclare seulement qu’il y a différents avis sur cette question.



  • clothilde 10 juillet 2007 01:00

    Un autre rapport controversé de témoin est venu de l’ouvrier d’entretien, William Rodriguez qui travaillait dans la tour nord le 9/11. Dans une interview au New York Magazine, [5] il déclara avoir entendu en premier une énorme explosion alors qu’il était au second sous-sols du gratte-ciel et témoigna de l’aspect des victimes, la peau brûlée de leurs bras par le feu dans la cage d’ascenseur. Après l’explosion au second sous-sol il en entendit une autre au dessus. C’était le Boeing 767. Williams fut le dernier rescapé survivant au Ground Zero du WTC. Il fut salué comme héros et invité à visiter George Bush et la Maison Blanche. Plus tard, quand il tenta de donner de la publicité à son histoire d’explosion au second sous-sol, il fut rejeté par les autorités américaines. Il a maintenant entamé une poursuite judiciaire contre ces mêmes autorités sous le Statut RICO, une action judiciaire conçue à l’origine pour poursuivre les familles de la Mafia.

    A côté des rapports de témoins décrivant une démolition contrôlée des tours jumelles avec des explosifs, des critiques de l’administration Bush croient il y a plusieurs ensembles de circonstances entourant le 9/11 qui donnent de bonnes raisons de suspecter la véracité de l’histoire officielle. C’est un fait qu’aucun des quatre avions détournés ne fut arrêté par les avions de combat. Cela combiné au fait que la majorité de l’Armée de l’Air étaient engagés dans des exercices militaires, donna poids au soupçon que la force de défense aérienne américaine avait donné l’ordre de « se retirer » de sorte que les attaques terroriste puissent se dérouler sans encombre. Une autre événement suspect est que le WTC 7 — aussi connu sous le nom de Bâtiment 7 — un gratte-ciel de 47 étages, s’effondra sans avoir été heurté par les avions. Réciproquement, les bâtiments adjacents sont toujours intacts.

    Alors qu’elle arrive à tout prévenir des attaques, l’Agence de Sécurité Nationale (NSA) prétend avoir surveillé des conversations, entièrement traduites en été 2001 — en temps réel — entre Mohamed Atta et Khalid Shaikh Mohamed, ayant soulevé des inquiétudes. Dans l’une des conversations, Khalid a soi-disant donné à Atta le feu vert pour les attaques ; La NSA devait donc être prévenue.

    En rapport avec les enquêtes qui auraient pu mener à l’arrestation des pirates de l’air, l’agent Colleen Rowley du FBI prétend que les directeurs du FBI ont intentionnellement empêché ses investigations sur Zacarias Moussaoui — alors qu’il fréquentait l’école de vol de Minneapolis. Ils ont fait cela en dépit des avertissements reçus des renseignements français. Rowley croit que, si le FBI avait approuvé son enquête, il aurait pu découvrir les plans de Moussaoui comme ceux de plusieurs autres pirates de l’air inscrits dans les écoles de vol. [6] Certains croient que les importantes sommes d’argent transférées des renseignements pakistanais (ISI) à Mohamed Atta les jours avant le 9/11 sont la preuve de la coopération entre l’ISI, la CIA, et Al-Qaida. [7]



  • clothilde 10 juillet 2007 00:59

    11. September - en innsidejobb ? Par Kim Bredesen

    paru sur « Le Monde diplomatique » norvégien.

    Le 9/11 était-il un travail intérieur ?

    De plus en plus les gens aux USA sont convaincus que les autorités américaines dissimulent leur participation à la tragédie du 9/11. Les déclarations des témoins, estampillées confidentielles pendant plusieurs années, prouvent maintenant que la démolition contrôlée a peut-être eu lieu. Le gouvernement US avait de longue date prévu un tel incident — comme l’indique le document de défenses Républicain Reconstruction de l’Amérique de 2000. L’organisation 9/11Truth croit que les USA ont probablement orchestré un incident de ce genre pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, comme la restriction des libertés civiles US par l’introduction du Patriot Act. Il apparaît maintenant qu’en 1962 le chef militaire le plus haut d’Amérique conçut un plan d’attaque préméditée sur les américains, qui impliquaient l’abattage d’un avion de ligne, de sorte que la responsabilité puisse être portée sur Cuba. Alors pourquoi cela devrait être exclu aujourd’hui ? Beaucoup croient aussi que les renseignements pakistanais ont coopéré avec la CIA et Al-Qaeda parce qu’ils ont transféré d’importantes sommes d’argent au pirate de l’air Mohamed Atta dans les jours débouchant sur le 9/11. Ils ont même eu Ben Laden sous surveillance pendant la période de son traitement dans un hôpital militaire de Peshawar au Pakistan, en septembre 2001. La plupart d’entre nous auraient trouvé étrange que l’impact d’un avion de ligne soit insuffisant pour écrouler un gratte-ciel. Donc, peu doutèrent de ce qui frappa les tours jumelles le 11 septembre 2001 ou de l’identité des malfaiteurs. Cependant, les années passant, plusieurs personnes et groupes, en Amérique du Nord et en Europe, commencèrent à douter que cela soit forcément exact. Pour eux, un ensemble de circonstances contradictoires entourant les attaques ne correspondent pas aux explications des autorités américaines et de la Commission du 9/11 nommée par le Congrès. [1]

    L’une des raisons principales de ce doute est qu’il y a des témoins du 9/11 qui décrivent des événements ne correspondant pas aux événements de l’histoire officielle. [2] Un exemple est donné par les spectateurs qui ont entendu et vu ce qu’ils pensaient être des explosions autour des tours jumelles avant que les avions les heurtent. Des policiers pensèrent qu’elles ressemblaient « à des implosions planifiées ». [3] Le pompier Richard Banaciski déclara ceci : « Cela semblait comme à la télévision quand ils font sauter ces bâtiments. Cela semblait provenir de tout autour comme une ceinture, toutes ces explosions. » Stephen Gregory, le Commissaire Assistant au Feu déclara : « J’ai vu un flash flash flash au niveau le plus inférieur du bâtiment. Vous savez, comme quand ils démolissent un bâtiment ». [4]



  • clothilde 9 juillet 2007 14:09

    Voila ce qu’attends Mr Bush pour « quitter » l’Irak :

    L’Irak occupée cédera-t-elle son pétrole aux « majors » ? par Arthur Lepic*

    Après avoir renversé le seul gouvernement au monde qui prétendait ne plus libeller ses contrats pétroliers en dollars, la Coalition anglo-saxonne tente de contraindre l’Irak occupée à céder ses revenus pétroliers aux compagnies occidentales. Une grève générale du secteur pétrolier irakien a retardé la signature des contrats les plus déséquilibrés du siècle

    Quatre ans après l’invasion de l’Irak par les troupes anglo-saxonnes, Washington, Londres et Canberra tentent de régulariser au regard du droit international le pillage auquel ils se livrent. Les conventions internationales sont formelles : des troupes d’occupation ne peuvent confisquer à leur profit les richesses d’un pays en général et le pétrole en particulier. Aussi, après une première période de mise en coupe réglée par une société privée habilement dénommée « Autorité provisoire de la Coalition » [1], le pouvoir a été remis durant une seconde période à un gouvernement fantoche, retranché dans la zone verte de Bagdad. Il répondait à une double fonction : d’une part créer des forces de sécurité capables de soulager les troupes d’occupation et, d’autre part, fermer les yeux sur l’évaporation quotidienne de 200 000 à 300 000 barrils de pétrole. Le moment est venu d’entrer dans une troisième période au cours de laquelle les forces d’occupation pourront laisser aux Collaborateurs la responsabilité de l’ordre public et concentreront leur activité sur la protection des puits pétroliers, tandis que des contrats léonins légaliseront le pillage pour les décennies à venir.

    C’est dans ce contexte qu’une grève des ouvriers du secteur pétrolier irakien, lancée le 4 juin 2007, a paralysé la principale zone productrice au Sud du pays et a interrompu les exportations légales de pétrole durant plusieurs jours. Celles-ci atteignent officiellement jusqu’ici 2 millions de barils par jour ; une catastrophe pour les compagnies étangères en comparaison des 3,5 millions de barils quotidiens avant l’invasion de mai 2003.

    Parmi ses revendications, outre l’annulation de mesures ayant sérieusement dégradé les conditions de travail et augmenté le taux de chômage dans le secteur, la Fédération irakienne des syndicats du pétrole, qui représente 26 000 travailleurs, demande à être consultée à propos du très controversé projet de Loi sur les hydrocarbures [2]. Elle demande également que soit annulée l’augmentation générale du prix des carburants à l’intérieur du pays, qui aggrave une situation économique déjà pénible pour la population. Les responsables syndicaux affirment agir au nom du peuple irakien et dénoncent en particulier, dans le projet de loi, la privatisation des revenus pétroliers de leur pays dans des « conditions scandaleusement profitables » pour les compagnies étrangères. Dès le début de la grève, le gouvernement de Nouri Al Maliki a fait encercler les grévistes par ses troupes et lancé des mandats d’arrêt contre les leaders syndicaux, les accusant de « saboter l’économie », pendant que des avions de chasse états-uniens survolaient les manifestations [3]. Les miliciens ont jusqu’ici refusé de mettre en application ces mandats d’arrêt. Inquiet de voir se tarir la fontaine à dollars, Nouri al-Maliki a finalement formulé quelques promesses aux grévistes pour qu’ils reprennent le travail, mais ces derniers savent pertinement que le combat est loin d’être terminé.

    Deux avis de grève avaient été successivement reportés au mois de mai, suite à des tentatives de négociation avec les syndicats initiées par le gouvernement Maliki. Ce dernier tente depuis le mois de février de faire passer cette loi conçue sous la supervision du département d’État états-unien malgré l’opposition d’un grand nombre de parlementaires, d’un groupe de 60 experts irakiens du secteur pétrolier et de l’ensemble des syndicats, bref contre l’avis de la population qui vit maintenant depuis quatre ans sous occupation militaire étrangère.

    L’enjeu : 10 % des réserves mondiales de pétrole Avec 10 % des réserves mondiales de pétrole, l’Irak aiguise les appétits des principales compagnies d’autant plus que les coûts d’exploitation y sont parmi les plus bas au monde. Les déclarations de l’actuel vice-président des États-Unis, Dick Cheney, alors qu’il était pdg de la société Halliburton et les travaux de la commission secrète sur l’énergie qu’il avait dirigée en 2001 ne trompaient guère sur ses intentions, une fois Saddam Hussein renversé et les réserves pétrolières irakiennes de nouveau accessibles aux compagnies anglo-saxonnes [4]. Inquiétée par la stagnation du cours de ses actions et par la diminution des retours sur investissements, l’industrie pétrolière anglo-saxonne redoutait à l’époque d’être définitivement exclue de la plus riche zone pétrolifère au monde. Le discours de Dick Cheney fit alors figure de promesse qu’une fois parvenu à la Maison-Blanche, grâce aux dons des majors, il remettrait celles-ci dans la course. Dès l’invasion du pays par la coalition pétrolière, le cours des actions d’Exxon, BP-Amoco et Shell repartit à la hausse de manière spectaculaire et sans autre explication que la perspective de gras dividendes pour leur actionnariat, dont elles étaient privées depuis la nationalisation du secteur pétrolier par Saddam Hussein en 1972 [5]

    Dans le cadre du projet Future for Iraq lancé par le département d’État états-unien en avril 2002, soit un an avant l’invasion, le groupe « Pétrole et énergie », convoqué quatre fois entre décembre 2002 et avril 2003 et dont faisait partie M. Bahr al-Ulhoum, qui deviendra ultérieurement ministre du pétrole dans le pays « libéré », exprimait ses conclusions comme suit : l’Irak « doit être ouvert aux compagnies internationales aussi rapidement que possible à l’issue de la guerre » ou encore « Le pays doit instaurer un environnement commercial propice de manière à attirer les investissements dans les ressources pétrolières et gazières ».

    En effet l’argument le plus souvent avancé pour justifier la privatisation des revenus pétroliers irakiens (en cours) ou iraniens (ardemment souhaitée pour l’avenir), dans la presse liée aux grands groupes financiers, est celui du besoin d’investissements massifs, que les pays en question ne sauraient débloquer, en vue d’augmenter la production pour répondre à la demande toujours croissante des pays consommateurs. Or ce raisonnement entre en conflit direct avec les intérêts des États producteurs : à la différence des compagnies qui doivent maximiser leurs profits à court terme pour verser dans l’année des dividendes à leurs actionnaires, les États doivent gérer leurs ressources nationales en pensant à leurs ressortissants et aux générations futures. Dans le contexte du désormais certain déclin de la production globale de pétrole dans les prochaines années, les compagnies pétrolières privées ont intérêt à tout pomper tout de suite, puis à vivre de la pénurie. Au contraire, les États producteurs ont intérêt à étaler la production dans le temps.

    L’intervention de BearingPoint Dans le but d’organiser la privatisation de l’économie irakienne, le département d’État des États-Unis a fait appel à la société BearingPoint. Celle-ci a été créée en 2002, à l’issue du scandale Enron, en fusionnant les branches consulting de KMPG aux États-Unis (qui avaient « réorganisé » les économies des États post-soviétiques dans les années 90) et d’Arthur Andersen en France. Cette nouvelle société mène ses activités conjointement avec l’USAID dans plus de 60 pays, principalement en Afghanistan et en Irak, mais aussi en Serbie et en Égypte [6]. La SEC (Security and Exchange Commission), organisme états-unien de contrôle des activités financières, examine de près ses comptes depuis quelques années, sans que toutefois la procédure n’aboutisse. Cette commission lui a même récemment confié la réorganisation de son système de fichiers, ce qui en dit long sur les liens de BearingPoint avec l’administration [7].

    En Irak l’USAID attribue tout d’abord à Bearingpoint, dès 2003, un contrat de plus de 200 millions de dollars pour aider à développer le « secteur privé compétitif », contrat que BearingPoint a elle-même rédigé pour l’USAID, ce qui lui a valu d’être épinglée par le Center for Corporate Policy de Ralph Nader comme l’un des principaux profiteurs de guerre [8]. Ce contrat consiste à organiser, sous la supervision d’une autre entreprise privée, la Coalition Provisional Authority, l’attribution des revenus pétroliers aux entreprises états-uniennes chargées de la reconstruction comme Halliburton [9]. Tandis que les dix premiers milliards de dollars du fonds des revenus pétroliers irakiens sont dépensés en contrats de reconstruction, quatre autres milliards disparaissent dans la nature. Et ce n’était qu’un début.

    Ce vide juridique et cette opacité étaient nécessaires pour le pillage du pays tant que les objectifs nobles de l’invasion occupaient toujours le devant de la scène, car les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie se sont toujours défendus d’avoir envahi le pays pour ses ressources pétrolières. Le 18 mars 2003, le Premier ministre britannique Tony Blair déclarait que « Les revenus pétroliers, que certains désignent à tort comme notre objectif de guerre, devraient être placés dans un fonds destiné au peuple irakien et administré par l’ONU ». Paul Wolfowitz, grand architecte de la destruction de l’État irakien et secrétaire adjoint à la Défense au moment de l’invasion, déclarait pour sa part « Il s’agit là d’un pays qui peut véritablement financer sa propre reconstruction assez rapidement. ». Si le premier exprimait un souhait qui ne l’engageait à rien dans les faits, le second mentait par omission : certes l’Irak pouvait financer sa reconstruction, mais pas se reconstruire lui-même, alors la véritable question était plutôt de savoir qui reconstruirait l’Irak, encaissant au passage les revenus pétroliers.

    Après avoir dilapidé les fonds existants de manière spectaculaire [10], Paul Bremer se chargea de trancher en faveur de... Halliburton et consorts, réputés pour leur surfacturation systématique des contrats publics, et courroies de transmission de l’endettement des pays riches en ressources vis-à-vis de la Banque mondiale, dont Wolfowitz héritera plus tard la présidence, en guise de récompense peut-être. Maintenant que l’occupation du pays s’auto-justifie, à savoir qu’elle vise officiellement à stabiliser la situation chaotique qu’elle crée elle-même, la priorité pour les puissances de la Coalition est de profiter de l’atmosphère de terreur pour faire passer la loi sur les hydrocarbures (Iraq Hydrocarbon Law) qui permettra de déplacer les revenus pétroliers de l’État vers les compagnies pétrolières étrangères.

    Cette fois encore c’est BearingPoint qui est chargée par le département d’État de la rédaction de la proposition de loi. Une première version a été aussitôt adoptée par le gouvernement de collaboration de M. Maliki en janvier 2007. [11].

    Parallèlement, une importante opération de lobbying auprès des décisionnaires irakiens est organisée. Des représentants des principales compagnies pétrolières étrangères (BP, Shell, ExxonMobil, Chevron, Total et Eni), réunies au sein d’une organisation appelée Centre International des Taxes et Investissements (ITIC, International Tax and Investment Centre), font part de leurs doléances au gouvernement britannique dès 2004. Ce dernier, après leur avoir indiqué sa stratégie visant à influencer le gouvernement irakien, transmet ces doléances au ministère des Finances irakien et organise une rencontre à Beyrouth, en janvier 2005, entre les représentants des majors et les ministères irakiens du Pétrole, des Finances et du Plan. Par ailleurs, un ancien cadre de BP est chargé dès 2003 de rédiger un cahier des charges destiné au gouvernement irakien afin que celui-ci prenne des décisions conformes aux attentes de BP. Il est probable que les autres pays impliqués dans ces négociations en aient fait de même, mais les documents déclassifiés depuis ne permettent pas de l’établir avec certitude [12]. L’invitation faite à Total pour participer à ces décisions peut expliquer au moins en partie le fléchissement de la position de la France concernant l’occupation de l’Irak à partir du début 2005.

    Les parlementaires irakiens, pour leur part, ne prennent connaissance du projet de loi qu’en janvier 2007, au moment de son adoption par l’administration de M Maliki. Est-il alors surprenant qu’une telle proposition, rédigée par un cabinet de consultants spécialisé dans le démantèlement des services publics, et appuyée par une campagne de lobbying des compagnies étrangères auprès d’un gouvernement fantoche, rencontre une telle opposition de la part des parlementaires et syndicats ?

    La méthode : les contrats PSA Le plus inquiétant reste la nature même de ce projet de loi. Basé sur un type de contrat appelé « contrat de partage de production » (production sharing agreement, ou PSA) qui n’a plus cours au Moyen-Orient depuis les nationalisations des années 70, elle garantit aux compagnies étrangères des retours sur investissements anormalement élevés sur une période exceptionnellement longue, termes que les intéressés justifient par la situation sécuritaire du pays ! De fait, durant une période d’amortissement des investissements indéfinie, les PSA assurent à l’investisseur étranger un pourcentage des recettes, alors que le type de concession le plus répandu dans les pays producteurs prévoit un retour fixe, calculé en fonction du coût de production et non du prix de vente final, sur une période définie. Très souvent la compagnie nationale prend même le contrôle intégral des opérations et empoche tous les revenus après la période d’amortissement, comme c’est le cas en Iran pour de nombreux gisements (contrats « buyback »). Lorsqu’un contrat PSA est en vigueur, la compagnie étrangère n’a plus qu’à prétendre cumuler les investissements, réels ou non, et prolonger ainsi ses prérogatives. C’est la situation que connaît actuellement la Russie, le seul pays ayant d’importantes réserves mais ayant signé des PSA. Ces contrats furent négociés sous l’administration corrompue de Boris Yeltsine dans les années 90, ce que l’administration Poutine actuelle regrette amèrement. Elle a néanmoins réussi à en révoquer certains (Shell sur les gisements de Sakhaline, pour des raisons environnementales) et à limiter les investissements étrangers dans les futures concessions.

    Les termes des PSA qui seront conclus par l’Irak avec les majors, en vertu de la loi proposée, porteront la part revenant aux majors à une tranche comprise entre 60 à 70 % des revenus dans une période d’amortissement allant jusqu’à 40 ans, et les majors empocheront 20 % des profits à l’issue de cette période. Pour comparaison, le contrat PSA négocié - mais non appliqué pour cause d’embargo - par Saddam Hussein avec Total en 1992 pour l’exploitation du gisement géant de Majnoun était à 40 % et 10 %, pour une période de retour sur investissements de 20 ans, ce qui reste dans la moyenne des PSA. Les conditions exceptionnellement avantageuses pour les majors dans la proposition de loi irakienne sont officiellement justifiées par la situation sécuritaire du pays. Ne voulant pas exposer leur personnel, les majors exigent de solides garanties de retours sur investissements. Coïncidence, l’escalade militaire décidée par George W. Bush a aggravé la situation sécuritaire et renforcé les arguments des majors pour exiger des marges toujours plus extravagantes.

    Il est d’ailleurs intéressant de noter que BearingPoint affirme travailler en tenant compte du pic pétrolier [13]. En effet, pour les grandes compagnies pétrolières, signer aujourd’hui des PSA dans un pays comme l’Irak constitue une garantie de garder la tête hors de l’eau une fois le déclin global entamé, et contribue à maintenir à flot leurs économies nationales respectives. Ici, les intérêts des compagnies pétrolières anglo-saxonnes et des États de la Coalition se rejoignent. De plus, les retours sur investissements calculés en proportion des revenus du pétrole priveront l’économie irakienne de milliards de pétrodollars à mesure que les prix augmenteront, ce qui est une certitude d’avenir compte-tenu du pic de production. Dans le scénario habituel, les revenus pétroliers restant au pays producteurs sont finalement consacrés en grande partie au paiement de contrats surfacturés par Halliburton et consorts pour la construction d’infrastructures civiles, ainsi qu’au remboursement des dettes.

    Qu’adviendra-t-il de ces milliards de bénéfices supplémentaires récoltés grâce à l’augmentation du prix du baril ? La loi irakienne sur les hydrocarbures prévoit bien entendu qu’ils puissent être rapatriés à l’étranger, contrairement à d’autres législations pétrolières qui en obligent le réinvestissement dans l’économie nationale. Le chapitre intitulé « Régime fiscal » stipule ainsi que « les compagnies étrangères ne sont soumises à aucune restriction pour ce qui est de sortir les profits du pays, et ne sont soumises à aucune taxe pour cela ». En outre, tout litige entre l’État irakien et une compagnie étrangère doit être arbitré par une cour internationale et non pas irakienne. De fait, si le gouvernement irakien demande un jour des comptes sur les cargaisons fantômes qui n’ont pas cessé de quitter les terminaux de Bassorah depuis la période d’embargo de l’ONU, la « communauté internationale » se réserve le droit d’être juge alors que c’est elle qui profite de ces cargaisons, sans quoi elle aurait déjà imposé un système de mesure [14]. Finalement, sur les 80 gisements découverts en Irak, seuls 17 resteront sous contrôle majoritaire de l’État central irakien avec le passage de cette loi.

    Jusqu’à présent les obstacles au passage de cette loi par l’Assemblée nationale irakienne sont de plusieurs ordres. Aux résistances des syndicats évoquées ci-dessus viennent s’ajouter la réticence de la minorité kurde du Nord (deuxième région productrice du pays après le Sud majoritairement chiite) qui entend gérer ses ressources pétrolières de manière autonome. Ainsi les autorités kurdes ont déjà attribué plusieurs contrats de partage de production et même déclaré la mise en place de leur propre ministère du Pétrole, sous le regard bienveillant des puissances occupantes, qui affirment pourtant souhaiter l’unité du pays et le partage de la rente pétrolière. S’étant vus promettre une rapide émancipation en échange de leur collaboration avec l’occupant, les Kurdes réalisent un peu tard qu’au lieu de devoir partager la rente pétrolière avec leurs compatriotes sunnites et chiites, ils vont devoir en céder une bonne partie aux majors occidentales, ce qui n’est pas forcément pour leur plaire.

    Ces derniers jours, l’amiral Fallon, puis John Negroponte, numéro deux du département d’État, se sont rendus à Bagdad pour faire pression sur le gouvernement Maliki afin qu’il accélère l’adoption du projet de loi sur les hydrocarbures. Car George W. Bush n’a pas plus l’intention d’exposer encore ses troupes que de les retirer du pays. Simplement, il souhaite imposer une privatisation de ses revenus pétroliers à un État irakien en situation de faiblesse et sous la menace des baïonnettes, puis replier ses troupes dans des bases permanentes selon un « modèle coréen » souvent évoqué ces temps-ci à Washington. Mais avant, les parlementaires irakiens doivent décider du sort de leur économie nationale pour les 40 prochaines années. Autour d’eux, pour les aider à prendre leur décision, se tiennent 120 000 GI’s et autant de mercenaires armés jusqu’aux dents, prêts à déclarer accomplie la deuxième mission de la Coalition du pétrole en Irak. La première consistait à inverser le mouvement initié par Saddam Hussein et Hugo Chavez au sein de l’OPEP en rétablissant le dollar comme monnaie de transaction pétrolière en Irak et sauver ainsi l’économie états-unienne. La deuxième consiste à assurer, pour 40 ans au moins et donc bien au-delà du pic pétrolier, le monopole des majors occidentales sur le pétrole irakien et mitiger ainsi le déplacement du pouvoir pétrolier vers les pays du Moyen-Orient.

    http://www.voltairenet.org/article149203.html

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