Je ne suis pas croyant et je n’aime pas trop les religions en général, mais pour le coup qu’une institution aussi ancienne que l’église se montre peu encline à céder aux sirènes de l’hystérie et de l’extrèmisme - celles-là même qui produisent des monstruosités comme Outreau ou la récente loi sarkozyenne sur l’enfermement à vie - et ce à contre-courant de ce qui est devenu non pas "politiquement correct" mais "politiquement obligatoire", ça me semble plutôt sage et salutaire. Maintenant il faut voir au cas par cas chaque situation particulière et ne pas tomber dans l’excès inverse, mais on est arrivé aujourd’hui dans de telles extrémintés sur tout ce qui tourne autour de la pédophilie qu’il devient souvent difficile de départager la sagesse de l’excessif.
En tout cas, je conçois qu’une institution qui, théoriquement du moins, prône l’amour du prochain et la compassion se refuse à abandonner ses fidèles même délinquants ou criminels au milieu de cette curée que deviennent peu à peu la loi et justice républicaine, poussée par Sarko, Dati et toute la clique. Il n’est pas impossible que dans 50 ou 100 ans, lorsqu’on parlera de ce qui se passait maintenant, on dise : l’église seule a su garder la tête froide.
Le problème des partisans de ce genre de mesure sarkozyennes c’est qu’ils mélangent souvent deux choses : répression et protection des victimes. Il faut savoir si on est mû par un souci d’éviter des victimes, ou d’aider celles qui existent déjà, ou bien par une sorte de haine contre l’agresseur. Satisfaire son désir de taper sur le criminel en le justifiant par la nécessiter d’éviter des victimes, c’est de l’esqroquerie intellectuelle.
Si on se donne pour but d’éviter les victimes, il faut être prêt à laisser son ressentiment de coté si besoin. Une mesure répressive du genre de celle que propose Dati ne fera jamais baisser le nombre de victimes. Les exemples de pays qui appliquent des lois hyper-répressivent démontrent sans aucune ambiguïté que la criminalité ne baisse pas pour autant. On cite l’allemagne ou les pays-bas ou l’angleterre qui appliqueraient déjà des mesures comme celles votés en ce momen chez noust : y a t-il moins de viols d’enfants en allemagne, en angleterre ou aux pays-bas ? J’en doute fort... Alors à quoi ça sert de faire des trucs pareil si ça ne fait pas baisser le nombre de victimes ? Uniquement à satisfaire ses instincts de revanche et de haine contre le criminel ? Comme c’est beau...
Les solutions qui marchent sont à chercher dans la prévention et - s’il est question de problèmes psychiatriques - dans les soins DES LE DEBUT, et non pas après 15 ans à moisir dans une prison. Alors évidement c’est plus doux pour l’agresseur réel ou potentiel que la castration chimique ou l’enfermement à vie... Mais ça, au moins, ça donne une véritable chance de faire baisser le nombre de victimes.
Ce n’est pas la même chose... La loi prévoit déjà que quelqu’un qui est soumis au régime du bracelet mais le transgresse est puni, en général par un retour en prison. S’ils retournent dans un centre psycho-judiciaire au lieu de la prison, pour le coup ce n’est pas plus mal.
Ensuite on peut être pour ou contre le systeme de bracelet au lieu de la détention, mais au moins on reste dans les principes de la justice et de la loi.
Il y a tout de même de bonnes chances que cette loi ne soit, de toute façon, jamais appliquée...
Le seul aspect qui serait applicable immédiatement est l’aspect rétroactif que propose certains amendements. Ces aspects là seront censurés par le conseils constitutionnel car contraire à la constitution. La loi finale ne sera donc appliquable que dans 15 ans. D’ici là, le sarkozysme aura fait long feu (je ne peux pas imaginer qu’il dure 15 ans !!) et l’alternance aura permis à un gouvernement plus sage d’abroger cette loi, ou de l’amender suffisement pour qu’elle n’ai plus de substance.
Ce qui dit ce « principe de réalité » c’est qu’il existera toujours des criminels et que prétendre qu’il existe une « arme ultime » est totalement irréaliste.
Ce qui dit aussi le principe de réalité c’est qu’il est stupide de vouloir soigner quelqu’un après 15 ans de prison... Pendant 15 ans, ce quelqu’un sera dans une cellule entre quatres murs et des barreaux, à la disposition de tous les psychiatres du monde ! Soit on considère que le type est malade et dans ce cas on le soigne immédiatement après le procès, on n’attend pas 15 ans en le laissant pourrir dans l’école du crime qu’est la prison !! Soit on considère qu’il est criminel auquel cas on luis donne une peine au delà de laquelle on considère qu’il a payé sa dette.
Cette mesure de rétention après la peine transgresse les principes de justice. Elle est indigne de la France. Badinter n’est effectivement pas un sain, je ne suis pas toujours daccord avec lui, mais sur ce coup il a 1000 fois raison. Avec Sarko, Dati et toute la clique on s’avance droit vers le gouffre les yeux fermés. Heureusement qu’il reste quelques rares personnes comme Badinter pour nous prévenir. Malheureusement, il ne sont guère écouté.
Nous pourrons pas dire, le jour où nous regretterons tout ça, que nous n’avions pas été prévenus...
Quand à cette loi en passe d’être voté, tout ce qu’on peut espérer est que le volet rétroactif soit censuré par le conseil constitutionnel, comme il le devrait. Du coup la loi ne s’appliquera que dans 15 ans, et d’ici là il reste un peu de chance qu’un gouvernement plus sage, à la faveur d’une alternance, l’abroge. Il reste donc un espoir qu’elle ne soit jamais appliquée, même si elle est votée.