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Jacques-François Bonaldi

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  • Premier article le 27/02/2008
  • Modérateur depuis le 19/05/2009
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Derniers commentaires



  • Jacques-François Bonaldi 28 février 2008 23:42

    a ronchonaire

     

    Non, c’est moi qui l’ai mis sur Agoravox. Oui, je crois avoir le droit de parler de Cuba où je vis et travaille depuis exactement trente-sept ans.Ce qui n’est pas le cas de tant de gens qui s’expriment sur elle. Ce que je ne fais pas au sujet de la France, parce que je ne me risquerais pas à me prononcer sur une réalité et une société desquelles je suis coupé depuis tant de temps.



  • Jacques-François Bonaldi 28 février 2008 23:33

     

    à ALCHIMIE

     

    Je suis désolé de vous avoir fait attendre, mais je ne dispose pas de mon temps à ma guise. En tout cas, ce n’est pas très gentil de votre part de dire que je « ponds » : je crois avoir écrit des analyses sérieuses à partir d’un vécu cubain qui remonte à maintenant plus de trente-cinq ans. Contrairement à beaucoup qui parlent pour ne rien dire parce qu’ils ne connaissent absolument rien de la Révolution cubaine, je crois pouvoir exposer les choses sous un autre jour.

     

    Votre analyse de la Révolution [Pour moi un peuple de révolutionnaires c’est un peuple qui vit dans la contestation permanente, un peuple qui peut apostropher violemment ses dirigeants ou encore descendre dans la rue pour contester les décisions du pouvoir. Un peuple dont chaque individu peut traiter librement ses concitoyens de veaux.] s’applique bien mal à Cuba, puisque son peuple en a déjà fait une : sans un peuple révolutionnaire derrière, la Révolution cubaine n’aura pas duré face aux agressions étasuniennes. Je ne vois pas pourquoi le peuple cubain descendrait dans la rue pour contester ses dirigeants pour le simple plaisir de se croire « révolutionnaire » ! Et si le peuple cubain n’apostrophe pas violemment ses dirigeants, c’est sans doute parce qu’il n’en voit pas la raison profonde, non à cause de la terreur que Castro ferait régner sur lui. Le peuple cubain est révolutionnaire précisément dans la mesure où il maintient une révolution depuis cinquante ans malgré un environnement géostratégique et local (à deux pas des USA) absolument défavorable. Soyez sûrs que si la Maison-Blanche ne voyait pas à Cuba une révolution, elle se démènerait pas tant pour la liquider.

     

    Quant au fait que le peuple cubain ait réélu Fidel pendant si longtemps, c’est tout simplement pour les raisons que je donne dans cette deuxième partie. Je vous y renvoie. Je vois pas en quoi le fait de réélire un révolutionnaire comme Fidel ne serait pas un acte révolutionnaire ; pour les Cubains, le réélire est précisément perpétuer la Révolution. Comme quoi, « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ».

     

    Vous écrivez : Pour ce qui est de la mortalité infantile et de l’envoi de médecins à l’étranger, je pense la France fait aussi bien que Cuba, maintenant parlons du reste. Voyez-vous deux de mes enfants sont myopes, et je suis particulièrement heureux de vivre dans un pays où la grande majorité des citoyens a la possibilité de se faire opérer de la myopie. Qu’en est-il à Cuba ? Ceci n’est bien sûr qu’un exemple.

     

    Vous vous engagez vraiment sur un mauvais terrain. La mortalité infantile en France (cinquième puissance économique) est inférieure à celle de Cuba, mais rappelez-vous que Cuba est un pays pauvre du Tiers-monde et installé sous les Tropiques : aucun autre pays sous-développé ne peut afficher, dans les mêmes conditions climatiques et économiques, les indicateurs de santé de Cuba (5,6 p. 1000).

     

    Quant au fait que la France ferait « aussi bien que Cuba » dans « l’envoi de médecins à l’étranger », alors là vous n’y êtes plus du tout ! Aucun pays ne peut se comparer à elle dans ce domaine. Le jour où autant de médecins français (par rapport à la population totale) travailleront à l’étranger que n’en travaillent aujourd’hui de médecins cubains, le monde reposera, je vous l’assure, sur des valeurs morales autres que celles qui ont cours à notre époque.

    Je n’ai pas le temps de chercher les derniers chiffres actualisés. Je vous donne ceux que j’ai sous la main (les quantités ont augmenté depuis 2006) :

     

    De 1963 à 2005, un total de 104 437 coopérants cubains a travaillé dans 101 pays. De 1966 à 2005, Cuba a diplômé 5 972 médecins et 4 555 techniciens de la santé de plus de 100 pays. Durant cette même période, Cuba a collaboré à la création de douze facultés de médecine et travaillé dans trente-huit autres de différents pays. Elle a aussi contribué à la création de deux écoles de soins infirmiers.

     

    Actuellement, 29 594 coopérants cubains de la santé, dont 19 598 médecins, travaillent dans 68 pays. Dans le cadre du Programme de santé intégral (PSI), 3 126 coopérants travaillent dans 28 pays, y offrant une couverture de santé communautaire et d’aide à 62 millions de personnes. Ils ont offert 245 516 083 consultations durant ces sept dernières années de coopération. Ils ont soigné sur le terrain 82 926 918 patients. Et sauvé 1 391 907 vies, cinq fois plus que la quantité de victimes provoquées par les catastrophes survenues en Amérique centrale, en Indonésie, à Sri Lanka et au Pakistan (280 000 décès).

     

    FORMATION DE RESSOURCES HUMAINES DE SANTÉ

     

    Cuba a diplômé 45 352 étudiants de 129 pays depuis 1961. Rien qu’en 2005, elle a diplômé comme médecins 8 903 jeunes étrangers de 28 pays, dont 554 provenant de 20 pays font actuellement la spécialité de Médecine générale intégrale (MGI) à Cuba.

     

    À la rentrée 2005-2006, Cuba comptait 27 182 boursiers étrangers, dont 21 911 de 120 pays faisaient des études de médecine. Cette année-ci, elle diplômera comme médecins 1 629 étudiants de 56 pays. 10 715 étudiants de 10 pays font des études à Cuba dans le cadre du Nouveau Programme de formation médicale.

     

    Cette année-ci, 305 professeurs cubains exercent dans 24 facultés de 17 pays. Par ailleurs, 536 étudiants font des études de médecine dans des facultés créées par Cuba, dont 99 en Gambie, 182 en Guinée équatoriale, 104 en Érythrée, 61 à Timor-Leste et 90 en Guinée-Bissau. Au Venezuela, 12 940 médecins se forment dans ce genre de facultés.

     

    Cette année-ci, Cuba a inauguré une école de soins infirmiers à Dominique où se forment 79 élèves, et prévoit d’en ouvrir une autre pour 100 élèves au Belize. Par ailleurs, 510 jeunes en provenance de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-Grenadines et de Saint-Kitts-et-Nevis font des études similaires à Cuba. 

     

    AIDE MÉDICALE EN CAS DE CATASTROPHES NATURELLES

     

    Depuis le triomphe de la Révolution, Cuba a dépêché 32 brigades médicales dans 18 pays où avaient lieu de graves dommages causés par des cyclones, des tremblements de terre, des inondations et d’autres catastrophes naturelles. Ainsi, en 2005, une brigade médicale s’est rendue à Sri Lanka et une autre en Indonésie à la suite du tsunami.

     

    La Révolution a créé en septembre 2005 le Contingent Henry Reeve en vue de secourir les sinistrés du cyclone Katrina aux USA, une aide qui a été repoussée. Quelques jours après, 688 membres du Contingent partaient au Guatemala frappé par des inondations et des éboulements de terrain.

     

    À la suite du séisme survenu au Pakistan le 8 octobre 2005, une brigade de 2 564 coopérants cubains s’est rendue sur place où elle a fait 1 743 244 consultations, hospitalisé 10 687 personnes et opéré 14 506 patients dans 32 hôpitaux de campagne dotés d’équipements de pointe qui ont été ensuite donnés au gouvernement pakistanais à la fin de la mission.

     

    Par ailleurs, 602 coopérants de l’Henry Reeve sont partis en février 2006 en Bolivie touchée par des inondations et 120 sont actuellement en Indonésie, avec deux hôpitaux de campagne, secourant les sinistrés du tremblement du 27 mai dernier.

     

    COOPÉRATION EN OPHTALMOLOGIE

     

    L’Opération Miracle a démarré le 8 juillet 2004. Depuis, et jusqu’au 3 juillet 2006, elle a permis d’opérer de la vue 327 586 patients de 28 pays (14 des Caraïbes, 12 d’Amérique latine, plus Cuba et le Venezuela). Un total de 189 coopérants cubains, dont 110 médecins, travaille dans les pays où se déroule le programme.

    Cuba a par ailleurs équipé et mis en marche sept centres ophtalmologiques en Bolivie, deux en Équateur, un au Venezuela et un au Guatemala. D’autres centres similaires sont en cours de coordination et d’exécution à la Jamaïque, en Uruguay, au Mexique, au Panama, en Haïti et au Mali, entre autres.

     

    Au Venezuela, la Mission Miracle a bénéficié à 3 285 821 personnes (soit 1 habitant sur 8). Et plus de 200 00 patients ont été opérés.

     

    La Mission Miracle en est actuellement à un million de personnes, des pauvres sans moyens, ayant retrouvé la vue GRATUITEMENT. Elle opère des patients atteints de cataracte, de glaucome, etc. Vous voyez que nous sommes loin d’une simple opération de la myopie. Ce même programme se déroule à Cuba. Ainsi, dans la province de Pinar del Río, tous les habitants ont suivi un examen de la vue pour détecter les problèmes éventuels, de myopie, etc., et des affections plus graves.

     

    Dans le cas de la médecine, vous pouvez constater que l’apport de Cuba dépasse largement le simple envoi de médecins. Tous les élèves étrangers à Cuba se forment gratuitement. L’Ecole latino-américaine de médecine forme actuellement des milliers d’élèves issus des couches pauvres (même des Noirs étasuniens) qui n’ont pas les moyens de se payer des études.

     

    Je vous le répète : le jour où les pays riches en feront proportionnellement autant que Cuba, la face du monde changera un peu...

     

    Je vous réponds précisément parce que vous dîtes n’avoir rien contre Cuba. Parfait. Alors, renseignez-vous, allez sur les sites internet cubain pour savoir ce que disent les Cubains d’eux-mêmes. Ce sera toujours mieux que n’absorber que des ragots haineux, comme on en trouve chaque fois que quelqu’un met sur Agoravox un texte qui s’efforce d’avoir une autre approche. Comme vous pouvez le constater à propos de mes deux analyses. A voir la haine irrationnelle que suscite la Révolution cubaine, on se dit que ceux-là, en bons libéraux, seraient prêts à pendre haut et court tous les habitants de l’île.

     

    Bien à vous.

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