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Étirév

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  • Étirév 11 juillet 08:04

    Zoroastre : remettons les pendules à l’heure !
    C’est le premier Zoroastre (Zarathustra) qui fut le promoteur de la révolution religieuse chez les Iraniens et le fondateur du sacerdoce masculin.
    A moins, cependant, que des Prêtres obscurs n’aient créé la légende de Zoroastre pour donner à leur nouvelle institution un fondateur entouré d’un prestige presque divin.
    En effet, l’existence de Zoroastre (ce personnage qui a quatorze apparitions destinées sans doute à copier les incarnations de Vishnou) est légendaire aucun fait historique ne l’a jamais confirmée, elle est restée enveloppée d’obscurité, quoiqu’il soit devenu un des prophètes les plus célèbres parmi ceux qui ont attaché leur nom à une religion.
    « Il faut remarquer, dit René Guénon, que le nom de Zoroastre désigne en réalité, non un personnage particulier, mais une fonction, à la fois prophétique et législatrice ; il y eut plusieurs Zoroastres, qui vécurent à des époques fort différentes ; et il est même vraisemblable que cette fonction dut avoir un caractère collectif, de même que celle de Vyâsa dans l’Inde, et de même aussi que, en Égypte, ce qui fut attribué à Thoth ou Hermès représente l’œuvre de toute la caste sacerdotale. » (La Crise du monde moderne, p.9)
    Aussi les auteurs de l’antiquité et les orientalistes modernes n’ont jamais pu fixer l’époque à laquelle il avait vécu.
    Toute la morale de Zoroastre est basée sur le système hypocrite qui consiste à prendre dans l’ancienne religion les idées féminines et à les donner comme des idées nouvelles émanées de l’esprit de l’homme, tant qu’il s’agit d’idées générales. Mais lorsqu’il s’agit des questions morales, c’est-à-dire des relations de l’homme et de la femme, la préoccupation constante de l’instinct masculin apparaît ; l’idée dominante qui vient de lui et qu’il met dans sa loi, c’est d’obliger la Femme à se livrer à lui.
    Ainsi, « une des fautes les plus graves dont une fille peut se rendre coupable, c’est de rester volontairement vierge.
    « Lorsqu’une fille est nubile, elle est en droit de se présenter devant son père, son frère, ou celui qui est chargé d’elle, et de lui demander un mari. Si ses parents repoussent obstinément sa prière, ils commettent un crime dont ils auront longtemps à se repentir ».
    Nous prenons cette citation dans la Philosophie orientale de M. Charma, et elle nous suggère des réflexions qu’on pourrait adresser à tous les traducteurs modernes : c’est que, d’abord, la femme ne dépend pas encore d’un homme, père ou frère, puisque les anciennes coutumes de la Gynécocratie ne sont pas encore détruites, mais seulement attaquées ; il faudra des siècles pour les remplacer. Ensuite, le « mariage » et par conséquent le « mari », c’est-à-dire l’union exclusive avec un seul homme, ne peuvent pas encore, à cette époque, être légalisés ; c’est le système que l’on tend à introduire, mais qui n’est pas encore accepté et ne le sera qu’avec le Droit romain et le Catholicisme.
    Le culte de la nouvelle religion : la magie
    L’histoire nous dit que c’est le second Zoroastre qui créa la magie ; ce qui semble vouloir dire que c’est à une seconde génération de prêtres que l’on doit cette création.
    Les Mages sont des hommes qui prétendent faire des choses extraordinaires ; ils s’entourent de mystères, créent un surnaturel exubérant qui, une fois les limites de la Nature franchies, s’égare dans toutes les aberrations ; ils cherchent à étonner les esprits simples, qui aiment le merveilleux, et se prétendent doués du pouvoir de faire agir des forces occultes ; ils invoquent les morts, les font parler ; ils prétendent commander aux éléments ; ils veulent conjurer les tempêtes, faire pleuvoir, suspendre la marche des maladies ; ils vont jusqu’à prétendre transformer, pour un temps, l’homme en animal. Ils ont avec eux toute la gamme des fous et s’adonnent à toute la variété des miracles.
    Cette manifestation de la mentalité masculine, qui a existé dans tous les temps, répond à une loi psychique : Quand l’âme de l’homme descend par suite des appels de la vie sexuelle, quand son esprit devient inquiet et instable, ne comprend plus la valeur des actes à accomplir, au lieu de prendre une décision, il imite les autres.
    Quand il prend la place de la Femme, il imite la Femme. C’est ce que, dans les temps modernes, nous avons appelé la réflexion sexuelle ; dans l’antiquité, cela s’appelait « spéculation », de spéculum (miroir).
    Mais, ne comprenant pas ce qui émane de la pensée féminine, ne connaissant pas la limite de cette pensée, qui lui semble infinie, son imitation est maladroite, elle est outrée, il va au-delà, s’égare parce qu’il se met dans le domaine des choses qu’il ne peut pas comprendre.
    L’enseignement des Magiciennes reposait sur la puissance de leur esprit qui leur faisait connaître les lois de la Nature sans s’égarer dans un sens ou dans l’autre. Cela s’appelait « la Magie blanche ».
    Le Mage qui veut l’imiter tombe tout de suite dans le miracle, en cherchant à sortir de sa nature pour s’élever jusqu’à celle de la Femme ; il dépasse les bornes de la puissance humaine. Cela s’appelle « la Magie noire ».
    Les « masculinistes » modernes enseignent que la Magie se composait originairement des connaissances que Zoroastre avait acquises, soit par ses études, soit par ses voyages et surtout par le séjour qu’il fit dans les Indes, où il s’instruisit à l’école des Brahmines.
    C’est le thème habituel de tous les romans de ce genre. De retour en Perse, Zoroastre aurait commencé à donner un enseignement à ses adeptes, disciples comme lui du culte du feu, symbole de l’Etre suprême.
    Quant à la grande science de la Déesse Vesta, elle est réduite à des opérations appelées Magie, tenues secrètes et que l’on ne communique pas au vulgaire, parce que les femmes protesteraient.
    En effet, elles avaient appelé Magie blanche la vraie science qui ne produit que de bons effets ; elles appelaient, dès lors, Magie noire ou goétie, celle des prêtres qui ne servait qu’à faire du mal.
    Rappelons que l’enseignement mystérieux donné dans les Mystères s’appelait Théurgie, mot qui indiquait le pouvoir mental qui résulte des facultés spirituelles que les modernes appellent l’intuition féminine.
    D’abord cet enseignement s’était appelé la Magie. Il faisait partie du sacerdoce et ne se donnait que dans les cryptes des Mystères, à l’ombre des autels où les Déesses manifestaient leur présence, depuis que des hommes audacieux les avaient imitées en créant l’enseignement des erreurs qu’on appelait « la Magie noire ».
    À l’issue de la nouvelle forme religieuse chez les iraniens, Ahura-Mazda, qui était la divinité Perse, devenu Ormuzd, ne sera plus le principe féminin ; il deviendra un principe cosmique mâle et surnaturel.
    Les partisans de l’ancien régime Théogonique ayant été vaincus, quittèrent la Bactriane et allèrent se fixer dans l’Inde et dans d’autres pays ; les sectateurs du régime nouveau gardèrent la Bactriane et les pays voisins.
    C’est-après cette révolution que la Divinité des Perses fût représentée sous une forme masculine, entourée des grandes ailes qui symbolisaient l’Esprit féminin. On donna à ce nouveau Dieu la barbe de l’homme, mais on lui laissa la robe de la Déesse.
    L’antique Iran, qui vit fleurir l’Avesta, le Livre sacré des anciens iraniens, qui eut une longue et splendide prospérité aux époques lointaines antérieures à la réforme de Zoroastre, combien la décadence de la race est profonde aujourd’hui !



  • Étirév 10 juillet 04:50

    Valérie Bugault nous rappelle dans son ouvrage « Les raisons cachées du désordre mondial », qu’ après 1789, la France est passée d’une monarchie qui avait pour contre-pouvoirs tous les corps intermédiaires, à une oligarchie financière dénuée de tout contre-pouvoirs, le tout sous le vocable trompeur de démocratie. La démocratie, nous dit-elle, est le vêtement dont se pare le pouvoir sous le prétexte qu’existe une représentation populaire (pouvoir législatif). Mais cette représentation est, dans les faits, c’est-à-dire concrètement, catégorielle et non pas populaire parce que contrôlée par des partis politiques sous influence des puissances d’argent.
    Rappelons à ce propos la Note sur la suppression générale des partis politiques de Simone Weil (la philosophe, pas l’autre).
    Aussi, toute élévation du type humain demande un régime aristocratique. La démocratie avilit en abaissant les bons, c’est une tyrannie qui s’exerce par un mouvement de traction morale, de bas en haut ; elle fait descendre, elle empêche les meilleurs de s’élever, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empêchant ainsi l’éclosion des types supérieurs, elle supprime le respect et rend les petits insolents.
    René Guénon, à propos de la démocratie (La crise du monde moderne), dit : «  il nous faut encore insister sur une conséquence immédiate de l’idée « démocratique » qui est la négation de l’élite entendue dans sa seule acception légitime ; ce n’est pas pour rien que « démocratie » s’oppose à « aristocratie », ce dernier mot désignant précisément, du moins lorsqu’il est pris dans son sens étymologique, le pouvoir de l’élite. Celle-ci, par définition en quelque sorte, ne peut être que le petit nombre, et son pouvoir, son autorité plutôt, qui ne vient que de sa supériorité intellectuelle, n’a rien de commun avec la force numérique sur laquelle repose la « démocratie », dont le caractère essentiel est de sacrifier la minorité à la majorité, et aussi, par là même, la qualité à la quantité, donc l’élite à la masse. La « démocratie », est intimement liée à la conception « égalitaire », c’est-à-dire à la négation de toute hiérarchie : le fond même de l’idée « démocratique » c’est qu’un individu quelconque en vaut un autre, parce qu’ils sont égaux numériquement, et bien qu’ils ne puissent jamais l’être que numériquement. Une élite véritable ne peut être qu’intellectuelle ; c’est pourquoi la « démocratie » ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité n’existe plus, ce qui est effectivement le cas du monde moderne. Seulement, comme l’égalité est impossible en fait, et comme on ne peut supprimer pratiquement toute différence entre les hommes, en dépit de tous les efforts de nivellement, on en arrive, par un curieux illogisme, à inventer de fausses élites, d’ailleurs multiples, qui prétendent se substituer à la seule élite réelle ; et ces fausses élites sont basées sur la considération de supériorités quelconques, éminemment relatives et contingentes, et toujours d’ordre purement matériel. On peut s’en apercevoir aisément en remarquant que la distinction sociale qui compte le plus, dans le présent état de choses, est celle qui se fonde sur la fortune, c’est-à-dire sur une supériorité tout extérieure et d’ordre exclusivement quantitatif, la seule en somme qui soit conciliable avec la « démocratie », parce qu’elle procède du même point de vue. »
    Et l’égalité c’est la fin d’une race, « tous dégénérés », « tous fous », tous égaux dans la bêtise ou dans la bassesse.

    Il n’y à qu’à voir les taux d’audience des emissions d’Hanouna !



  • Étirév 9 juillet 12:41

    « Heureux les heureux. » (J.L. Borges)

    liber enim librum aperit (Un Livre donne accès à un autre)



  • Étirév 5 juillet 05:54

    L’immense crise des besoins humains a pour point de départ le besoin de vérité.
    Avant de pouvoir dire : Voilà ce qu’il faut, il faut pouvoir dire : Voilà ce qui est.
    Toutes les actions des hommes semblent n’avoir qu’un but ; le bonheur.
    Qu’est-ce donc que le bonheur ? Quelle en est la base ? Où en est la mesure ?
    Les philosophes libertaires, qui s’occupent beaucoup de la question, nous répondent : Le bonheur c’est, pour chaque individu, la faculté de satisfaire librement tous ses besoins physiques, intellectuels, moraux.
    Or, nous voyons que l’homme, livré à lui-même, c’est-à-dire à l’impulsion de ses instincts, jette l’humanité dans un abîme de douleur. Nous voyons que, non seulement, il fait souffrir les autres, mais qu’il est lui-même victime de sa liberté puisque la première chose qu’il fait c’est d’en abuser.
    Et comment en abuse-t-il ?
    En se donnant des jouissances matérielles. Ses sens demandent des satisfactions que sa raison réprouve et c’est cependant à ses sens qu’il obéit.
    Un vieux dicton allemand dit : « La nature est parfaite partout où l’homme n’y apporte pas son tourment. »
    Voilà qui va sembler un étrange paradoxe, l’homme ne peut être heureux qu’à la condition de ne pas diriger lui-même sa vie, de confier à la femme ses plus graves intérêts, de lui confier le soin de lui rendre deux choses qu’il n’a pas su conserver et qui contiennent tous les éléments du bonheur : la Vérité et l’Amour.
    L’homme ne devrait réclamer qu’une liberté : la liberté d’être heureux, qu’un droit, le droit de savoir et d’aimer.
    Mais la vérité, le bonheur, l’amour, sont des choses qu’on a supprimées de ce monde, des choses dont on n’ose pas parler ; il semble que l’on commet un crime quand on ose être heureux. Si ce n’est la raillerie qui vous accueille c’est la réprobation ouverte, car votre bonheur blesse toujours une jalousie, une petitesse, une méchanceté.
    C’est que « Satan », le mâle méchant et envieux, qui a renversé le monde, n’y a mis que des souffrances, votre bonheur le tourmente !
    Et quand nous voulons vous tirer de l’enfer que cet homme-là vous a créé, quand nous voulons poser les bases de la vraie morale et vous rendre toutes les joies légitimes, vous rendre la liberté du bien et toutes les saintes amours, c’est nous que l’on accuse de propager des théories anti-sociales.
    C’est que, pour eux, la société c’est le malheur, c’est la misère, le néant, la mort ; ils la veulent ainsi.
    Nous, nous la voulons autrement. Nous voulons la vie et tout l’épanouissement de l’être. Nous voulons donner à l’homme un bonheur fait de grandeurs et non de plaisirs dégradants ; nous voulons l’affranchir du mal des autres et du sien en lui donnant une nouvelle direction morale. Nous l’exhortons à avoir, une bonne fois, assez d’énergie pour secouer les entraves que les mauvais instincts opposent à son élévation morale et aux grandes satisfactions qui en sont la conséquence.
    Ecoutez ceci, vous qui prétendez au bonheur : perfectionnez-vous, car le bonheur est dans la perfection.
    Donc, à ceux qui vont nous dire : « Qu’allez-vous faire de l’homme après cette révision générale que vous prétendez faire ? Que lui restera-t-il quand vous aurez repris à l’homme tant de fonctions sociales ? » Nous répondrons :
    D’abord que nous ne prétendons pas modifier la Société actuelle, mais donner les bases d’une société nouvelle, laquelle ne sera, au début, qu’une « expérience sociale » tentée dans un petit coin, sans gêner personne, sans toucher à l’ancien monde puisqu’il satisfait encore un grand nombre de gens.
    Ensuite, que dans ce monde nouveau nous rendrons l’homme à ses facultés naturelles, de manière que ce qu’il fera il le fera bien, et il en aura la gloire en même temps que la responsabilité.
    Ce que l’homme fait bien c’est :
    - Dans le domaine intellectuel : les arts, la poésie, certains genres de littérature, l’observation des faits ;
    - Dans le domaine industriel : l’application de la science à l’industrie, l’exploitation de la terre, l’exploration de la mer, et toutes espèces de fabrication.
    Ce qu’il fait mal c’est ce qui relève de la pensée abstraite :
    - Trouver les lois de la Nature et les expliquer, c’est-à-dire faire la science abstraite.
    - Trouver les lois de la morale et les appliquer, c’est-à-dire diriger les consciences et faire l’éducation de la jeunesse.
    - Formuler les lois de la Justice et récompenser ou punir avec équité.
    Tout cela est à la femme. A elle la science qui demande du génie ; c’est-à-dire de l’intuition, à l’homme l’art qui demande du talent.
    Quand l’homme veut s’occuper de la science il en fait un art. Il a fait tous les arts industriels, l’art médical, l’art chirurgical, etc., et va même jusqu’à faire de la guerre un art ! Sur le terrain des choses abstraites il n’a fait qu’une œuvre de tâtonnement, d’imagination, de sentiment.
    Et c’est ici le lieu de rappeler ces paroles de Berkstein :
    « L’homme donnera l’idée confuse, brutale, énergique ; la femme la rendra sage, claire, possible.
    « La femme a une finesse, une sagacité que l’homme est loin de posséder à un degré pareil, sous peine de s’exposer à perdre ses qualités viriles. »
    Il nous appartient donc de rétablir les choses telles que la Nature les a faites, de montrer à chacun ce qu’il est afin de refaire de vraies femmes et de vrais hommes, c’est-à-dire de les rendre tels que la Nature a voulu qu’ils soient.



  • Étirév 3 juillet 13:55

    Les Fées, les druides et la langue déformée

    Après le déluge de Ram, Les Druides jusque-là fidèles à la science sacrée, se divisèrent. Les vrais initiés continuèrent à servir la sainte cause, mais les esprits faibles se laissèrent entraîner dans la voie de la révolte et s’affranchirent peu à peu de la direction féminine.

    Chaque manifestation féminine est toujours suivie d’une manifestation masculine.

    Les femmes viennent d’instituer le culte de l’Esprit, les hommes vont instituer le culte de la Force.

    Les Druides vont changer la science. Celle qu’ils vont faire sera l’expression de l’orgueil masculin.

    La fatuité fait reconnaître le Druide, qui ne comprend plus la pensée abstraite, mais fait des grammaires, pose des règles de langage, défait la langue primitive et prétend imposer ses réformes et ses lois absurdes.

    Le déluge de Ram avait fait régner la grande nuit sur la pensée humaine, la grande rébellion avait tout changé, la langue comme les idées.

    La Femme était obligée de se taire, terrorisée. C’étaient les hommes qui exprimaient leurs sentiments et ils étaient mauvais.

    D’abord, ils verront dans la Fée (Fata) le Fatum, c’est-à-dire le destin qu’il faut subir. Ce n’est plus une chose qui est désirée c’est une chose imposée et qui cause une fatigue, Fatigo, en même temps que Fastico qui désigne l’homme fatigué, épuisé. Donc il rend la Fée responsable de ses fatigues, alors qu’elle ne s’est adressée qu’à son esprit. Mais son enseignement, dont on ne veut plus, est représenté maintenant comme une chose magique, Fascino, qui consiste à faire des charmes, à jeter des sorts pour nuire aux hommes, et le mot Fascinum va signifier charme, maléfice. Tout cela servira d’excuse à l’homme fatigué, pour exprimer son dégoût, son dédain, son mépris, Fastidio, et le mot Fastiditus va signifier « rejeté », « méprisé », « dédaigné ». Tout cela va se traduire en lui par de l’aversion, de l’orgueil, de la morgue, de l’arrogance, Fastidium, et alors le mot tant respecté, tant exalté, va devenir un terme de mépris. La pauvre Faée va devenir Fæcis, Fæx, mots qui signifieront lie, bourbe, vase, dépôt, résidu !... Fæx populi : la lie du peuple, la plus vile populace.

    Mais comme, malgré tout, les mots gardent leur prestige, des hommes imiteront les anciennes Fées, ce qui les fera accuser de sottise : Fatuitas. En effet, quand la Fata est masculinisée, elle n’est plus que le Fat, et Fatuus désignera l’insensé, le sot, l’impertinent, le fou, le bouffon.

    Puis viendront ceux qui feront la langue pendant l’époque de la mythologie, et pour eux Fatua deviendra l’épouse de Faunus.

    Nous venons de voir comment l’évolution du mot donne la clef de l’évolution des idées, et comme ce système de psychologie éclaire l’histoire de la formation des langues.

    Nous n’avons considéré le mot Faée (Fée) que dans ses altérations latines. Nous avons aussi à le considérer dans ses altérations grecques.

    La première chose à considérer, c’est le changement d’orthographe qui résulte de la prononciation des lettres grecques. En effet, ici l’F va se changer en Ph. Ainsi la Fée va devenir Phæthusa, mais on lui donnera un frère Phaéton, fils du soleil, qui sera lui-même Phœbus, et de là viendra le mot Phara, d’où Phare.

    Il ne faut pas oublier que le Grec est le plus grand orgueilleux et le plus grand masculiniste du passé.

    Les Celtes écrivent avec les mêmes caractères que les Grecs, mais ceux-ci ont défiguré la langue ; ils ignoraient l’idiome celte, dont le leur tirait cependant son origine.

    Les Grecs et les Latins ne nous ont transmis aucun mot de la langue celtique sans donner à ces mots une terminaison conforme au génie de leur langue, à son euphonie. Pomponius Méla dit que la prononciation des mots gaulois et leur mécanisme étaient si difficiles à saisir, qu’il était impossible aux Romains et aux Grecs de citer un seul de ces mots dans leurs ouvrages sans en altérer la forme et le sens.

    Comment nier l’influence de la Femme quand d’un seul mot qui la désigne : Fée, on fait tant de choses ? Et nous n’avons pas fini.

    Si nous cherchons l’origine des langues égyptienne et hébraïque, nous allons aussi y trouver des racines celtiques, et d’abord le mot racine Faée. Ce mot va devenir faraï ou pharaï, parler, et c’est de ce mot que les Egyptiens feront le mot Pharaon (l’inspiré qui parle). Et les Hébreux, de cette même racine, feront Prophétesse (premier oracle) ; les Grecs qui copiaient tout en feront le mot Philippique (Discours).

    Les mots Pharao, Pharaonis, resteront dans la langue grecque, mais qui les rapprochera de l’ancienne Fata ? Qui saura que le nom de Phasias, donné à Médée, en vient, ainsi que Phædra dont on fait la fille de Minos ?

    Les Fées sont toujours là.

    Pour les voir, il suffit d’arrêter de regarder son nombril et aussi son portable.

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