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jean-jacques rousseau

Citoyen francais

Tableau de bord

  • Premier article le 19/04/2007
  • Modérateur depuis le 05/10/2010
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Derniers commentaires



  • jean-jacques rousseau 1er mai 2016 17:58

    @grrrz
    Pour ce qui est l’héritage nietschéen de la formule du Conatus, je ne saisis pas l’intérêt de votre remarque. Car si vous comprenez la notion de conatus comme « le désir vital » ou même « de puissance d’être », qu’est ce qui vous empèche de concevoir ou supposer l’existence d’un « sur-homme » dont le conatus serait orienté vers « la toute-puissance » et « la domination du monde » tel que l’entend plus ou moins Nietsche et les théoriciens nazis ? D’autant plus que chez Spinoza la valeur morale est relative et conditionnée par ce « désir vital » et que toute notion d’éthique que ce soit au sens Aristotélicien ou Platonicien, voir chrétien est clairement réfutée tout au long de sa doctrine ? C’est à dire que l’éthique au sens classique n’a pas lieu de s’appliquer dans le cas de ce « sur-homme » ou de ce criminel (comme on voudra) puisqu’il agit ainsi par ordre naturel...
    Spinoza est un auteur assez contreversé, à son époque déjà il ne répondait à ceux qui lui présentaient des objections à ses écrits que par des pirouettes logiques dont on essaie encore de comprendre le sens - s’il s’en trouve un. Prenez deux personnes éduquées en philosophie et ils ne s’entendront pas sur le sens à donner à un même extrait de l’Ethique. On peut légitimement se poser la question de savoir si Spinoza comprenait lui-même la raison et la finalité de sa propre philosophie. Ceci d’autant plus qu’il y relativise la notion de Vérité qui n’est plus que relative à son objet et non un absolu, donc ne prétendant pas lui-même à la Vérité absolue comme il serait irrespectueux de prétendre le contraire et ne pas dire que son système est probablement absolument faux. Vous me direz qu’à son époque d’intolérance et de fanatisme il n’y avait pas intérêt à faire comme si « ce qui se conçoit bien s’explique clairement, et les mots pour le dire viennent aisément ». Soit. Qu’il avait plutôt intérêt à écrire en latin et entourer ses propos de précautions talmudiques. Peut-être. 
    Ce que je retiens c’est que si il y a des éléments de sa pensée qui méritent une réflexion approfondie et qui se trouvent féconds, on ne peut guère en dire autant pour la plus grande part de son oeuvre. Il y a des absurdités criantes comme par exemple ces pages où Spinoza nous explique comment est Dieu et pourquoi il ne peut être et exiger de la créature autrement que d’après la pensée de Maitre Spinoza... Ce qui est révélateur d’un fond de prétention délirante et de bêtise crasse. Ce que Niels Bohr dénonce indirectement dans sa réponse à Einstein qui prétendait : « Dieu ne joue pas aux dés » : « Ce n’est pas à nous de dire à Dieu comment Il doit conduire le monde ».
    Je veux bien admettre que j’ai mal lu Spinoza, soit. Mais l’argument peut se retourner ; qui aurait donc bien lu Spinoza ? Et au-delà de son théïsme aussi ridicule que révélateur et sa maitrise de d’une rhétorique équivoque, est-ce que tout Spinoza mérite d’être lu voire « bien » lu ? Je ne le crois pas. Spinoza est un philosophe secondaire quoiqu’interessant sous certains points... trés limités. Le reste ne vaut pas cette perte de temps et de sens. Il suffirait presque de lire ses disciples pour s’apercevoir des limites de son système et la disfonction, des vices de ses conceptions rationnalistes et matérialistes. Comme le disait le Christ, « c’est aux fruits que l’on peut juger de la valeur. » Regardez donc s’agiter et pérorer Lordon prisonnier de ses contradictions et faisant jonglerie de diversions et cela laisse facilement deviner en quoi Spinoza fut son maître à penser.



  • jean-jacques rousseau 30 avril 2016 13:29

    @Serge ULESKI

    "Mais serait-il inutile de surprendre le sophiste à l’instant de son syllogisme, au milieu de sa geste corruptrice et obscurantiste, avant que l’oeuvre de confusion et de division ne soit achevée ?« 

    1. « Pourquoi ce diagnostic devrait-il s’appliquer, comme a priori, à Frédéric Lordon ? »

    Non ce n’est pas à proprement parler ici d’un diagnostic. L’extrait que vous citez vient du chapeau de l’article, il fait partie d’une accroche, d’un propos préliminaire. Jusqu’ici je ne démontre rien et je ne pose pas de diagnostic. jusqu’ici je souligne simplement le rôle particiulier de Frédéric Lordon comme « leader d’opinion » et idéologue« dans le mouvement #NuitDebout. Vous pouvez réfuter à ce moment ces termes comme celui de polémiste mais si en théorie vous voulez argumenter sur l’horizontalité, la spontanéïté du mouvement, il vous sera difficile de convaicre quiconque en disant que Lordon n’est pas idéologue, »leader d’opinion« ni polémiste.

    Ce que je dis - par référence à l’Agora athénienne dont je parle par ailleurs - c’est que le lieu du débat politique et démocratique se trouve être investit depuis les origines par des stratégies complexes de manipulation et de diversion. C’est à en croire certains le but primaire que se fixe la philosophie (j’aurai envie de dire »le système philosophique antique ou classique) de déjouer ces manipulations mentales en contredisant les formules spécieuses de certains orateurs parfaitement éduqués en rhétorique. Mon questionnement fait donc référence originelle à la joute intellectuelle et philosophique de cette époque. Je le conviens tout le monde ne partage pas cet intérêt pour la philosophie ou l’Antiquité mais je m’étonne que vous n’ayez pas fait ce lien. Sinon vous conviendrez que cette phrase que vous citez n’est qu’une formule générique, qui fixe le cadre d’une controverse générale et non personnelle.

    Donc ce n’est pas - a priori - que je pose ce diagnostic sur Lordon ou quelqu’un de son entourage. Puisque ce n’est qu’après ce propos introductif que je me propose de rassembler des éléments et de faire apparaitre les fausses raisons, les paradoxes, les contradictions et les impossibilités à la fois théoriques et dans les propositions pratiques de Lordon. Ce qui me permet de l’accuser de sophiste sans trop de difficultés (ni même de contradiction sérieuse de la part des lecteurs) et justifier ainsi du titre. 

    Au-delà du discours spécieux de Lordon je regarde plus loin. Je pense que c’est cela qui vous a fait réagir. Attaquer Lordon c’est aussi envisager qu’il ne soit pas seul à titer profit d’une certaine manipulation, que celle-ci ait une portée plus grande et intéresse plus de monde. C’est pourquoi je parle de congruence. J’avoue que le terme soit un peu hermétique et qu’il vaille le détour. On parle de congruence pour désigner le « fait d’être adapté, de coïncider. » En sociométrie on dira : « concordance entre l’attitude d’un sujet envers un autre et l’attitude similaire qu’il en attend en réponse ». J’aurai pu employer le terme de convergence ou de synergie mais ils me semblaient peu correspondre. Ce que j’exprime c’est qu’il semble y avoir plusieurs intérêts et stratégies qui jouent de concert sans qu’on puisse établir de relations précises entre elles. Tout cela pour dire qu’au delà du sophisme il y a obscuration du sens (obscurantisme) ensuite oeuvre de désorietation, de division et d’affaiblissement des forces dans la lutte. 

    2. Il faudrait savoir : soit cette parole est la sienne, soit elle est aussi celle de ceux qui partagent ses analyses. Que voulez-vous dire ? Et si cette parole était vraiment la sienne (ce dont je doute puisque l’artiste n’a conduit sa carrière académique qu’en recolant les morceaux de pensée des uns et des autres, je ne suis pas sûr qu’il soit capable d’un raisonnement autonome, basé sur autre chose de des prégugés ou des lieux communs. Pour cela je pense qu’il s’est trompé d’époque, il eut été plus valorisant pour lui d’être scholaste à la Sorbonne sous Buridan ou disciple inquisiteur dans la Compagnie de Jésus d’Ignace de Loyola) en quoi n’aurait-on pas le droit de la contredire, de retrouner contre-lui ses propres déclarations ou d’en dénoncer les implications politiques ? Est-ce au nom de la liberté d’expression ? Est-ce au nom d’une impunité spéciale ? Est-ce au nom du droit de dire n’importe quoi à n’importe qui ?

    De plus il faudra demander à quel moment les textes, propos et discours engagent leur auteur et à quel titre ? Lorsque Lordon approuve la folie d’un encadrement supra-national des politiques nationales à quel moment s’engage t-il, que cela signifie t-il, quels en seront les conséquences directes ou indirectes sur le plan juridique par exemple ? L’engagement est une notion admirable mais tellement vaporeuse lorsqu’il n’est pas sur document timbré, lorsque les termes de l’engagement ne sont inscrits ni validés nulle part. Non Lordon ne s’engage pas. Ce serait plutôt le genre à envoyer de braves gens au casse-pipe et les regarder depuis son salon à fumer la sienne. Croyez-vous qu’il serait ce glorieux héro populaire qui irait dans les manifs proteger de son petit corps fluet ou de son verbe agressif des femmes et des enfants des coups de matraques et de flash-ball ? Dans quel monde vivez-vous Serge Uleski, de quel engagement parlez-vous ? Dites-nous en plus !

    3. Pourquoi Lordon devrait être disqualifié ? Par prudence je dirai. On ne peut pas engager de lutte sérieuse ni même de réflexion approfondie avec un tel trublion délirant dans les parages, ce n’est tout simplement pas possible ! Ni d’ailleurs avec des Chantal Mouffe, des Philippe Marliere et consorts. Il serait tellement utile de dénoncer la malhonneteté intelectuelle de ces gens qui se prétendent « à gauche » pour y semer le désordre et y organiser l’impuissance du Peuple. Ceci en cherchant à destabilliser tout « consensus populaire et trans-partisan et le miner par une dialectique politicienne », « en plaçant l’esprit de faction au-dessus de l’intérêt commun ».
     
    Je pense avoir suffisament démontré dans ce texte. Si vous y voyez des incohérences ou des objections sérieuses ne vous gênez pas d’en faire part. J’apprécierai particulièrement une contribution aussi stimulante.

    Pour le reste je me souviens avoir commenté un texte de vous sans que vous ayez daigné répondre. La teneur de vos propos et votre attitude m’ont prévenu. Il n’est pas étonnant que vous veniez maintenant à la défense (faiblarde) de Lordon puisqu’en tant qu’agent provocateur anarcho-libertaire vous semblez faire partie de la même mouvance douteuse.



  • jean-jacques rousseau 23 avril 2016 21:34

    @wesson
    Mon cher Wesson je ne vous reconnais plus. Il semble loin le temps où vous nous écriviez des articles intéressants. Mais je comprends votre choix et je respecte cette décision altruiste et exemplaire « d’économiser le temps du lectorat ».
    Pour ma part si j’ai pris la peine d’écrire cet article c’est par le sentiment d’une nécessité. Je vous accorde que le style en est ampoulé, mais la longueur ne dépendait pas de moi mais de l’exigence de démontrer et d’argumenter ce propos le plus précisément possible. Si vous vous en concluez que je déteste #Nuit Debout ou Lordon, c’est peut-être que mes digressions vous ont découragé ou que je n’ai pas choisi les arguments les plus pertinents. En vérité mon sentiment, mon affect comme dirait l’autre, sur ce pseudo-philosophe importe peu, ce que je réfute c’est sa philosophie boiteuse et sa prétention - sans fondement rationnel, ni projet réaliste, ni fin utile - à manipuler les foules. Sur ce point je pense que vous pouvez m’entendre.
    Je suis désolé de vous voir obliger de citer Onfray à mon adresse, personnage dont la dérive islamophobe discrédite les travaux et le parcours à mon sens.
    Je vous prie de m’excuser pour cette perte de votre temps précieux, en espérant que ce « spectacle de Noël » vous ai plutôt amusé et que vous en gardiez une certaine joie.



  • jean-jacques rousseau 23 avril 2016 14:40

    @lsga
    Je ne suis pas dupe sur votre activisme de troll mondialiste sur ce forum. Mais vous soulevez quelques points intéressants auquel je souhaite répondre.
    Sur le plan personnel je ne me considère pas comme « nationaliste », du moins pas selon votre conception stigmatisante. Mon « nationalisme » est celui des volontaires de l’An II de la République, pour qui la Nation était un idéal sublime, la seule richesse et la seule cause, celle d’un peuple solidaire, libre et souverain.
    Sur la question de « l’existence physique » de la Nation, si on considère selon la définition juridique de Duguit et la doctrine française : "la nation est le titulaire originaire de la souveraineté« et dispose tous les attributs de la personnalité, la conscience et la volonté. Rousseau parle d’un corps moral et collectif. Cela voudrait dire que les juristes de la Révolution française auraient transposé la doctrine du »double corps du Roi« pour l’appliquer à la Nation. Dans ce cas la Nation aurait effectivement à la fois un corps physique constitué par l’ensemble des individus composant l’État (selon la première définition) dont la conscience serait »collective« et la volonté »générale« et subirait un destin »commun« et une personnalité morale dépositaire naturel et légitime des attributs juridiques de souveraineté (seconde définition).
    Donc si vous voulez je suis »nationaliste« dans le sens où je considère comme vitales les questions d’unité, de solidarité nationale et que pour moi  »la nation est le titulaire originaire de la souveraineté« .
    Sur mon approche de la Révolution française votre méprise est flagrante. Rien que mon pseudonyme aurait dû vous en dissuader, sinon il suffisait de lire correctement pour éviter de trancher dans le vide. Je peux résumer ma position en deux phrases : Dans la Révolution française c’est la subversion d’une partie de l’Aristocratie (v.« faction d’Orléans ») et de la Bourgeoisie qui a permis le renversement de la royauté, le peuple à lui-seul ne l’aurait pu et les masses n’ont servi comme force d’appoint qu’un projet subversif d’élites aristocratiques et parlementaires. Le résultat obtenu est que ces classes »supérieures« ont pu accéder au pouvoir pour faire prévaloir LEURS libertés particulières au détriment de l’intérêt général, de la justice sociale et de la stabilité politique.
    Je ne suis pas royaliste, et encore moins aristocrate, mais la comparaison des systèmes politiques me permet de considèrer ce régime de gentlemens-marchands comme une imposture historique. Une imposture fondée sur une idéologie moderniste et biaisée des libertés publiques et des droits de l’homme et du citoyen ne proposant qu’une égalité formelle, contraire aux principes d’un bon gouvernement. Car comme le dit Rousseau :  »Sous les mauvais gouvernements cette égalité n’est qu’apparente et illusoire, elle ne sert qu’à maintenir le pauvre dans sa misère et le riche dans son usurpation. Dans le fait les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien. D’où il suit que l’état social n’est avantageux aux hommes qu’autant qu’ils ont tous quelque chose et qu’aucun d’eux n’a rien de trop."
    L’inaptitude au gouvernement, à l’administration de la Justice, à la réparation des inégalités réelles et la paix sociale, à la sauvegarde de l’environement, à la défense de la souveraineté nationale de cette faction aristo-bourgeoise est flagrante. D’ailleurs la stratégie européiste (ou celle mondialiste), et avant cela le choix de la défaite face au nazisme, n’est que la conscéquence de l’incompétence politique native de cette clique oligarchique.



  • jean-jacques rousseau 14 avril 2016 23:08

    Faute d’avoir clarifié les problématiques de base, rien n’est dit d’utile ici par G. Gasteau sur « Nuit debout » ou F. Lordon.

    A l’auteur
    En introduisant son propos par une référence au pseudo-manifeste « Nous ne revendiquons rien » de Lordon, l’auteur commet une lourde erreur. De celle qui condamne le contenu et la forme du discours. Ainsi de « nuit debout » - si il y a dans ce mouvement quelque chose d’original ou de déterminant à identifier - nous n’en connaîtront rien. Toute l’analyse rationnelle du mouvement se détournera dans l’amalgame que voudra bien en tirer Lordon, sous une double casquette, à la fois comme protagoniste et commentateur. C’est ce qu’on peut assimiler à un dérapage dans l’ornière subjectiviste (la mare du spinoziste et de son Conatus), une fausse manoeuvre qui ne méritait pas validation de la part du PCRF.

    Au PCRF
    Ici je m’adresse directement aux responsables de la « communication » de ce mouvement :
    - Si vous pensez pertinent dans ce cas de vous appuyer sur la crédibilité ou la rigueur d’analyse d’un Frédéric Lordon, accepteriez-vous qu’on en parle ouvertement et en mesure de démontrer avec exactitude son incohérence (intellectuelle, politique, sociologique) totale ?

    - Mais votre propos est ailleurs. Vous semblez profiter de la popularité temporaire du sophiste pour rebondir sur des thématiques qui vous tiennent à coeur telles : la double dénonciation d’une « construction » euro-atlantique référentiel commun à la droite et à la « gauche » néolibérale en place, Parti Maastrichtien Unique« et ; »cette UE supranationale des guerres atlantiques« que (Lordon ne dénomme pas ainsi dites-vous...) enfin ; la social-fascisation en cours consistant à transposer en droit national les sommations de Bruxelles.

    Hum ! Le pari est audacieux. N’avez-vous pas le souci, en profitant d’un tel tremplin gravitationnel, de risquer d’être attiré dans son horizon, dans cet orbite dit de »convergence des luttes«  : si instable, si mal préparé, sans cadre légal ou conventionnel de plateforme, en clair un aventurisme qui risque à un moment ou un autre de s’effondrer sur lui-même ?

    En bref
     »Nous revendiquons contre la loi mais nous affirmons que nous voulons un autre monde que celui qui réengendre sans cesse des lois comme celle-là. Tant que nous resterons dans le seul registre revendicatif, nous n’en finirons pas de devoir parer les coups les uns après les autres dans ce registre exclusivement défensif où le néolibéralisme nous a enfermés depuis trois décennies.« 

    C’est quand même drôle de lire ça. Et heureusement que Lordon utilise un »nous" collectif sinon le subterfuge serait trop évident. Personnellement Lordon ne revendique rien de tel puisque au fil de sa logorrhée [1] nous avions tout loisir d’entendre ou lire autre chose :

    1. « Il entre dans l’idée même d’une communauté de politique économique de se donner des règles qui encadrent les politiques économiques nationales... [...] L’idée générale énoncée abstraitement que nous pourrions envisager quelque chose comme un espace politique européen, n’a rien pour me déplaire. » [2]

    2. « Contre la tentation des clopinettes, qui se contentera d’un bout d’allègement de dette par-ci ou d’une détente temporaire de contrainte budgétaire par-là, le « plan A-plan B » ne peut donc avoir d’autre objectif que maximal : la déconstitutionnalisation et la repolitisation intégrales de toutes les questions de politique économique. Objectif « maximal » au regard seulement des démissions politiques de la gauche en matière européenne, dont la mesure se trouve ainsi donnée, quand il s’agit en réalité de l’objectif minimal de toute démocratie digne de ce nom : qu’il soit permis aux instances représentatives de discuter et de rediscuter de tout, tout le temps. Spécialement des contenus de politique économique, dont il est inconcevable qu’ils aient été soustraits à la délibération politique ordinaire, et qui doivent impérativement, et intégralement, lui être rendus. Mais la délibération de qui au juste ? Celle d’un parlement de l’eurozone, normalement. Sauf qu’il n’existe pas. [...] qu’à la condition expresse de poser très explicitement les deux questions suivantes : 1) l’Allemagne accepterait-elle que toutes les dispositions économiques et monétaires actuellement sanctuarisées dans les traités soient remises à la délibération parlementaire ordinaire ; et 2) l’Allemagne accepterait-elle d’être mise en minorité [...] » [3]

    3. « Contre un certain syndicalisme couché, ce qui naît en ce moment serait plutôt de l’ordre du mouvement debout. Comme on sait, le mouvement, entendu en ce sens, commence par le rassemblement. Des gens ont opiné que simplement manifester une fois de plus sur des trajets convenus, c’est-à-dire « revendiquer », ne serait plus suffisant. En conséquence de quoi, ils ne rentreront pas chez eux et se retrouveront quelque part pour commencer quelque chose de tout autre. Nuit Debout, [...] dit assez son nouveau rapport au « cadre » : « leur faire peur »… Nous rassembler, ne pas rentrer, ne pas revendiquer : concentré d’inquiétante étrangeté en effet pour les administrateurs de cadre. Et c’est vrai que, même si nous ne connaissons pas encore bien notre force, ce qui ne fait peut-être que commencer ici a tout du cauchemar pour l’Etat, qui voit ses grand-peurs s’aligner dans une conjoncture astrale du pire : la hantise de la convergence, l’abandon « en face » de la revendication, son remplacement par des affirmations.

    Il se pourrait en effet que nous soyons sur le point de vivre un de ces moments bénis de l’histoire ou des groupes ordinairement séparés redécouvrent ce qu’ils ont de profondément en commun, ce commun massif institué par le capitalisme même : la condition salariale. Salariés maltraités d’aujourd’hui, lycéens et étudiants, maltraités de demain, précarisés de toutes sortes, mais aussi toutes les autres victimes indirectes de la logique générale du capital [...] C’est que, quand ils abandonnent le registre infantile de la revendication, les gens retrouvent aussitôt le goût du déploiement affirmatif — effroi de l’Etat qui s’est réservé le monopole de l’affirmation. »

    Si les deux premiers sont explicites : ils en disent assez long sur l’engagement européiste supra-nationaliste de Lordon et par là se passent de commentaire. Le dernier point mérite d’être mis en valeur.
    On note la transition bizarroîde entre le cadre capitaliste, la condition salariale et l’autorité étatique. Pour Lordon l’Etat serait la cible idéale d’un mouvement social qui doit remettre en cause sa légitimité. Il prétend réanimer un syndicalisme debout par une revendication sociale tout azimut des salariés contre le capitalisme (propriété des moyens de production même publique) ce qui doit menacer l’Etat.
    On discerne mal la cohérence de cette pensée sachant que cette exigence de gain de compétitivité du marché du travail français - et son intégration dans le droit français, procèdent d’une injonction/directive de Bruxelles - échappe complètement à un supposé « monopole de l’affirmation ». Or les normes capitalistes qui influent sur l’économie et la société française sont inscrites dans les traités, ce que Lordon célèbre comme « l’encadrement des politiques économiques nationales » dans un « espace politique européen » qui n’a rien pour lui déplaire.

    Tout au moins peut-on conclure que Lordon souhaite participer à une révolte immature confusément libéral-libertaire selon une opération de déstabilisation de l’Etat-Nation au bénéfice de commanditaires oligarchiques, dans le cadre d’une stratégie à volet double déstabilisation-vassalisation concue Outre-Rhin ou Outre-Atlantique.
    ---
    [1] Logorrhée : Littéralement, diarrhée verbale, ou incontinence verbale. Trouble du langage caractérisé par un besoin irrésistible et morbide de parler.
    (Littéraire)
    Long discours creux ; verbiage. Flux de paroles inutiles et incohérentes. Blabla prétentieux pour présenter des banalités ou une analyse plus ou moins cohérente et fondée. 
    [2] L’Européisme a-t-il eu raison de l’Europe ? Emission France-Culture (9/04/14) que l’on peut aussi écouter ici.
    [3] Plan A, plan B ? Plan C ! Frédéric Lordon, (1/10/215)

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