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Laurent Herblay

Laurent Herblay

Passionné de politique depuis tout jeune, gaulliste avant tout, appréciant Philippe Séguin et Jean Pierre Chevènement. J'ai milité au sein de Debout la République. Je tiens un blog politique quasi journalier depuis janvier 2007.

Tableau de bord

  • Premier article le 11/02/2009
  • Modérateur depuis le 17/02/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 15 février 2009 11:39

     @ Yena Marre

    La balance commerciale de l’Union Européenne est globalement équilibrée, mais très largement déficitaire avec la Chine (environ 200 Mds il me semble). La balance commerciale de l’Allemagne est largement excédentaire au global, mais essentiellement en Europe. Le déficit avec la Chine (récent) est compensé par des excédents réalisés avec les Etats-Unis par exemple.

    Le montant colossal de l’excédent de la Chine vis à vis de l’UE fait que nous sommes dans un rapport de force en notre faveur. Si nous établissons des mesures protectionnistes, la Chine ne répondra pas forcément car ils ont beaucoup plus à perdre d’une guerre commerciale (leur 200 Mds d’excédent).

    D’ailleurs, la Chine est beaucoup plus protectionniste que l’Europe. Il s’agirait d’un simple réalignement des pratiques européennes sur les pratiques chinoises, comme le je dis dans l’article. En effet, les droits de douane pour les automobiles sont encore de 30% en Chine et la Chine a imposé à Airbus la construction d’une usine d’A320 sur place.

    Le dogmatisme ultralibéral de l’Europe fait accepter n’importe quoi à nos commissaires européens alors que les Etats-Unis et les pays asiatiques ont une attitude beaucoup plus pragmatique.

    @ Marc Blanchard

    Je suis d’accord sur le fait que de nouvelles formes de consommation peuvent changer beaucoup de choses (privilégier le local). Avez-vous lu Muhammad Yunus, le prix Nobel de la paix 2006, l’homme qui a inventé le micro-crédit au Bangladesh. Il a des théories très intéressantes sur le "social business" ?

    En revanche, je ne partage pas votre point de vue sur la théorie du complot d’une certaine élite. Autant je souscris à l’analyse d’une bulle, autant je ne crois pas qu’il y ait une volonté délibérée d’exploiter la misère humaine. Je crois beaucoup plus à un problème de système économique et à l’absence d’alternative crédible qui pousse la plupart des élites à embrasser un système, dont en plus elles bénéficient.

    C’est aussi ce que soutient Joseph Stiglitz, le prix Nobel d’économie qui a dénoncé les pratiques du FMI dans les pays émergents. Autant il est extrêmement dur avec les agissements du Fonds, autant il refuse toute théorie du complot, arguant même que la plupart des agents du Fonds pensent bien faire.

    @ Rofo

    Je ne crois absolument pas à une conversion du PS aux thèses alternatives en économie. La synthèse de Martine Aubry est restée coincée dans une pensée économique très libérale finalement, d’autant plus que l’aile gauche du PS (Mélenchon, Généreux) est partie, ne laissant plus que des partisans de la pensée économique dominante. DSK est sans doute allé le plus loin dans cette direction.

    Je me considère comme un gaulliste (et donc opposé à Sarkozy), mais je trouve que le PS est beaucoup trop libéral sur les questions économiques. La dérive libérale du PS n’est plus rattrapable aujourd’hui. Les convertis au néolibéralisme sont souvent plus dogmatiques que les partisans de toujours.



  • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 14 février 2009 17:54

     @ JL

    C’est vrai. J’aurai pu être plus clair. En fait, ce que je veux dire, c’est que le libre-échange non régulé finit par déprimer la demande (quand son effet dépressif sur les salaires n’est plus compensé par l’endettement), ce qui finit par affecter les pays exportateurs, qui sont les principaux défenseurs du libre-échange.

    Le PIB Allemand a baissé de 2,1% au 4ème trimestre (plus de 8% en rythme annuel), le PIB Japonais de plus de 10%, ce qui devrait amener ces pays à se poser des questions sur leur modèle économique, qui est frappé encore plus durement que les autres en cas de crises.

    J’espère que cela est plus clair.

    @ Yena-Marre

    Je crois qu’entre le libre-échange non régulé et l’autarcie, il y a beaucoup de possibilités. Aujourd’hui, l’Europe est beaucoup plus ouverte que beaucoup de pays (Etats-Unis, Chine et Japon). Nous pourrions donc devenir un peu plus protectionniste sans provoquer de réactions massives. De toutes les façons, l’UE a une balance commerciale quasiment équilibrée. Nous ne craignons rien, au contraire des nations dont la balance est très largement excédentaire.

    On pourra toujours objecter que l’Allemagne pourrait y être opposée, mais comme son excédent est essentiellement réalisé avec l’Europe (les Allemands sont en déficit avec la Chine), alors, des restrictions au commerce avec les pays non européens ne leur posent pas de problème.

    Ces restrictions n’ont qu’un seul but : permettre une hausse des salaires dans les pays développés, qui va développer la demande et finira par bénéficier aux pays émergents qui profiteront de la plus grande croissance des pays développés.



  • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 12 février 2009 18:12

     @ Julius,

    Les politiques et les gouvernements ont bien sûr une grande part de responsabilité dans la crise puisque ce sont eux (de droite comme de gauche d’ailleurs) qui ont permis la déréglementation commerciale, financière et monétaire des 30 dernières années.

    Sur le fait que le gouvernement a poussé les Américains à s’endetter, là, c’est un peu fort. Je vous conseille la lecture du livre de Paul Jorion sur les subprimes (L’implosion) qui décrit très bien les abus du secteur bancaire quand on abandonne toute idée de réglementation (les prêts 2-28, Interest Only...). D’ailleurs, aux Etats-Unis, un Etat, la Caroline du Nord, dès 1999, a empêché de nombreux abus, preuve que la réglementation peut avoir un rôle très positif.

    Sur les taux de la Fed, je crois que c’est une mauvaise dispute. Le problème est que quand la Fed a remonté ses taux courts à partir de 2003-2004, cela n’a eu aucun impact sur les taux longs car il y avait un afflux de liquidités consécutif à tous les disfonctionnements du système financier mondial (déficit Américain, démultiplication de l’effet de levier), qui a poussé les taux à la baisse alors que l’action de la Fed visait justement à faire remonter les taux. N’oublions pas non plus que les taux courts Américains étaient à 5,25% à l’été 2007, 1,25 point de plus que ceux de la BCE. La Fed a davantage agi que Trichet pour lutter contre la bulle financière !

    Sur la réglementation des banques, même s’il y a bien sûr un cadre légal encore présent, elles sont moins réglementées qu’hier, et en tout cas pas suffisamment, ce que montre la crise.

    Quand à l’appauvrissement des classes populaires, s’il est moins perceptible en Europe qu’aux Etats-Unis, je vous invite à lire Robert Reich ou Paul Krugman : le salaire minimum est passé de 8 à 5,15 dollars de puis 1966 en dollars constants. Le salaire moyen des ouvriers a baissé de plus de 10% depuis 30 ans. Il y a des multitudes de travaux sur le sujet. En France, le pouvoir d’achat de 80% de la population stagne (et encore, nous sommes un des pays qui s’en tire le mieux). Même une revue ultralibérale comme The Economist l’admet.

    @ Marco

    Complètement d’accord : les Etats sont de plus en plus corsetés, notamment en Europe et en revanche, les entreprises gagnent une liberté d’action de plus en plus grande.

    @ Tous

    L’emploi du terme "anarchie" a surpris ou choqué certains. Il est réfléchi et pesé et je remercie ceux qui sont allés chercher les définitions pour le justifier. La déréglementation économique appelée et réalisée par les néolibéraux a abouti à une forme d’anarchie économique où seuls les intérêts particuliers s’expriment, les Etats n’étant plus là que pour recoller les morceaux à grand frais quand le système menace de s’auto-détruire. Cette absence de commandement ou d’autorité me semble donc caractéristique de l’anarchie.

    Je crois que l’emploi de ce terme permet de mieux lever le voile sur le fond de la pensée néolibérale, qui est camouflée par les termes de mondialisation / globalisation / déréglementation qui sont trop positifs. En fait, ils souhaitent juste un capitalisme sauvage, une absence de règles qui est donc une forme d’anarchie.



  • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 12 février 2009 18:09

     @ Julius,

    Les politiques et les gouvernements ont bien sûr une grande part de responsabilité dans la crise puisque ce sont eux (de droite comme de gauche d’ailleurs) qui ont permis la déréglementation commerciale, financière et monétaire des 30 dernières années.

    Sur le fait que le gouvernement a poussé les Américains à s’endetter, là, c’est un peu fort. Je vous conseille la lecture du livre de Paul Jorion sur les subprimes (L’implosion) qui décrit très bien les abus du secteur bancaire quand on abandonne toute idée de réglementation (les prêts 2-28, Interest Only...). D’ailleurs, aux Etats-Unis, un Etat, la Caroline du Nord, dès 1999, a empêché de nombreux abus, preuve que la réglementation peut avoir un rôle très positif.

    Sur les taux de la Fed, je crois que c’est une mauvaise dispute. Le problème est que quand la Fed a remonté ses taux courts à partir de 2003-2004, cela n’a eu aucun impact sur les taux longs car il y avait un afflux de liquidités consécutif à tous les disfonctionnements du système financier mondial (déficit Américain, démultiplication de l’effet de levier), qui a poussé les taux à la baisse alors que l’action de la Fed visait justement à faire remonter les taux. N’oublions pas non plus que les taux courts Américains étaient à 5,25% à l’été 2007, 1,25 point de plus que ceux de la BCE. La Fed a davantage agi que Trichet pour lutter contre la bulle financière !

    Sur la réglementation des banques, même s’il y a bien sûr un cadre légal encore présent, elles sont moins réglementées qu’hier, et en tout cas pas suffisamment, ce que montre la crise.

    Quand à l’appauvrissement des classes populaires, s’il est moins perceptible en Europe qu’aux Etats-Unis, je vous invite à lire Robert Reich ou Paul Krugman : le salaire minimum est passé de 8 à 5,15 dollars de puis 1966 en dollars constants. Le salaire moyen des ouvriers a baissé de plus de 10% depuis 30 ans. Il y a des multitudes de travaux sur le sujet. En France, le pouvoir d’achat de 80% de la population stagne (et encore, nous sommes un des pays qui s’en tire le mieux). Même une revue ultralibérale comme The Economist l’admet.

    @ Marco

    Complètement d’accord : les Etats sont de plus en plus corsetés, notamment en Europe et en revanche, les entreprises gagnent une liberté d’action de plus en plus grande.

    @ Tous

    L’emploi du terme "anarchie" a surpris ou choqué certains. Il est réfléchi et pesé et je remercie ceux qui sont allés chercher les définitions pour le justifier. La déréglementation économique appelée et réalisée par les néolibéraux a abouti à une forme d’anarchie économique où seuls les intérêts particuliers s’expriment, les Etats n’étant plus là que pour recoller les morceaux à grand frais quand le système menace de s’auto-détruire. Cette absence de commandement ou d’autorité me semble donc caractéristique de l’anarchie.

    Je crois que l’emploi de ce terme permet de mieux lever le voile sur le fond de la pensée néolibérale, qui est camouflée par les termes de mondialisation / globalisation / déréglementation qui sont trop positifs. En fait, ils souhaitent juste un capitalisme sauvage, une absence de règles qui est donc une forme d’anarchie.

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