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Luc DUSSART

Luc DUSSART

Consultant en tabagisme, VALOR Consultants, Neuilly

Une solution clé en mains d’accompagnement non médical de la cessation du tabagisme en entreprise.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/06/2006
  • Modérateur depuis le 02/01/2007
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Derniers commentaires



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 9 juin 2006 15:59

    @ citoyen

    Certaines phrases de mon envoi au Forum « Fumer dans les lieux publics : pour ou contre ? » le 1er juin dernier ont été ’modérées’ avant publication le ... 9 juin. Mes craintes d’avoir été complètement censuré le 5 juin étaient donc infondées.

    Six éléments ont été censurés. Trois sont des références à des médecins (qui doivent déranger eux aussi apparemment), trois sont des critiques concernant la politique de santé publique en France. Les voici restituées entre crochets dans leur contexte :

    - - - - - -

    ... prétendus substituts. [Son site : www.sansnicotine.com]. Il s’agit d’un médecin, ...

    Les médecins, ils obéissent aux ordres, [ceux de l’OMS, de l’OFT (Office Français de Prévention du Tabagisme)] et de tous ceux ...

    La médecine a perdu la tête. [on a retrouvé « Du Prozac dans l’eau potable » titrait cet été David Servan-Schreiber dans Le Monde (fin août de mémoire).]

    financés par les labos... [Il est temps d’arrêter le massacre. Le problème des aides à l’arrêt, c’est non pas un problème médical, c’est le problème de la médecine.]

    On confond médecine et santé. [Le Ministère de la Santé est en réalité le ministère de la Médecine, qui est piloté par l’industrie pharmaceutique en sous-main.]

    ... : ils ont été censurés. [Je cite ici le Pr Molimard, dans son bel ouvrage ’La fume’, Sides, 2003. Molimard sait de quoi il parle en matière d’arrêt du tabac, ce qui n’est pas le cas de tant de tabacologues plus ou moins co-optés qui n’ont pas fumé...]

    - - - - - -

    Merci de votre vigilance : il est intéressant de noter ce qui est jugé incorrect dans le Forum du Gouvernement. Merci à Agoravox de permettre la libre expression.

    Une loi de 1905 a séparé l’État de l’Église. Je me demande si l’Institution Médicale n’a pas pris la place vacante de cette dernière dans la régulation sociale.



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 7 juin 2006 08:04

    Merci beaucoup pour ces références. Je me procurerai l’ouvrage de Patricia Churchland, qui date déjà de 1986 : il semble qu’elle soit au cœur des questions difficiles. Cela semble assez pointu en effet.

    Je ne savais pas non plus que l’effet de l’ibogaine sur l’addiction tabagique avait été étudié. Je vais regarder cela de plus près. Cela reste une substance hautement narcotique ce me semble. Le produit tel quel a peu de potentiel chez les industriels du médicament car il s’agit d’herboristerie et la protection intellectuelle (brevet) est limitée... Il est possible qu’il reste donc un épiphénomène pour ce qui concerne l’aide à l’arrêt du tabac. Un transparent 52 de la présentation de New York le 25 février dernier est explicite sur les obstacles au recours à cette substance A suivre cependant. Merci encore.

    Ceci me donne l’occasion de solliciter votre avis : les fumeurs de tabac sous la forme cigarette ne cherchent en général pas un effet particulier du produit. Le tabagisme a ceci de particulier que l’on ne sait pas vraiment avec quel projet on fume, si ce n’est de ressembler à un acteur que l’on a vu fumer à l’écran (et qui généralement est sponsorisé par l’industrie cigarettière), faire comme le grand frère, se donner un genre ou encore tout simplement s’occuper plutôt que de rester les bras ballants... C’est très différent de l’alcoolique ou du fumeur de cannabis, qui recherche une ivresse, ou du consommateur de stimulants. Le fumeur fume sans raison : c’est la raison pour laquelle il est éthiquement acceptable de l’inciter à mettre un terme à une dépendance furtive, omniprésente et cependant incompréhensible.

    L’addiction se caractérise par une saillance : c’est le terme que l’on donne au comportement auquel on aura recours dès que l’on cherche à stimuler son cerveau en accroissant la sensation de plaisir. Il y a bien une saillance dans le tabagisme : quelle que soit la situation vécue, ennui, stress, besoin de concentration, désir de relaxation, qui sont respectivement contradictoires par paires, le fait de fumer apporte une sensation - fugace - de bien-être.

    Mais il y a une différence notable que je ne sais pas bien analyser ni en mesurer la conséquence. La saillance du junkie ou du joueur pathologique se concrétise par une centration de tous les instants d’éveil sur du comportement alors que le tabagisme ne crée pas cette polarisation. Est-ce dû au fait que le tabac est en vente libre dans un magasin proche, à un prix réduit ? La vie du fumeur ne tourne pas autour du tabac. Ce serait plutôt l’inverse : la fumée l’entoure à longueur de journée. Tout se passe comme si les fumeurs ne savaient pas pourquoi ils fument, dans quel but. Dans ces conditions, un comportement alternatif, fut-il aidé par une substitution a moins de chance d’éliminer la dépendance.

    Vous dites aussi qu’il y a avantage à associer pharmacothérapie et intervention cognitive : il a été reconnu qu’associer une thérapie comportementale et cognitive (TCC) accroissait les chances de succès d’un accompagnement du sevrage avec palliatifs nicotiniques.

    Pour ce qui est de mes propres interventions psychocognitives, j’ai constaté - empiriquement - que l’usage prolongé de patchs ne rendait pas l’abstinence durable plus probable et que les patchs étaient un facteur de rechute. Sur la base de cette observation qui s’impose à tout esprit scientifique, avant les théories, je déconseille d’associer les deux protocoles palliatifs + TCC dans le cas du tabagisme d’un fumeur sans co-morbidité. La première raison est que la promesse de gain par rapport au placebo est minime (j’ai lu de l’ordre de 3% seulement en évaluation contrôlée). Une autre étude à plus long terme par Yudkin indique que l’écart n’est pas significatif. Il n’est pas correct de le cacher.

    Les TCC seules sont relativement efficaces, mais je suis en peine de trouver une évaluation comparative contrôlée avec et sans le protocole pharmacologique considéré comme étant la référence (c’est à dire comparant TCC avec ou sans palliatifs, les thérapies psychologiques ne s’évalauant pas de la même faàon que les traitement allopathiques). S’il n’y a pas recours à un produit susceptible de servir d’étalon placebo, les modes d’évaluation contrôlée valables en biomédecine ne sont plus utilisables : et comme on ne sait pas évaluer on affirme que ce n’est pas évalué. On boucle, comme le serpent qui se mord la queue. Ce type de raisonnement tautologique doit être écarté.

    Je préfère déconseiller l’usage de tout palliatif nicotinique pour une autre raison : ils n’aident pas la réappropriation d’une identité de Non Fumeur. Celui-ci est abstinent grâce au palliatif mais reste fumeur dans l’image de soi. Un fumeur à qui il manque quelque chose. En terme d’apprentissage d’une renaissance à la vie sans tabagisme, le palliatif est un frein. Je montrerai en détail comment dans un prochain billet. L’usage d’une aide médicamenteuse n’a pas que des avantages (cela déresponsabilise notamment) et dans le cas des palliatifs nicotiniques pour le sevrage tabagique la balance est défavorable. C’est la raison de l’intitulé de mon papier.



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 6 juin 2006 16:50

    Bravo pour ces mots censés. Le problème n’est pas le tabac, mais l’addiction au tabac.

    De la même façon il est des façons socialement et personnellement acceptées de consommer de l’alcool : même les animaux savent à l’occasion s’enivrer.

    L’addiction au tabac, je la nomme tabagisme.

    Halte au tabagisme : oui ; c’est une souffrance autoentretenue, comme toute addiction. Le Musée du Fumeur à Paris, bel endroit, fait bien cette différence entre consommation encadrée, voire ritualisée et addiction prégnante : http://www.museedufumeur.net (c’est un lieu culturel).



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 6 juin 2006 10:48

    @ Hume

    J’ai vu des contributions sur Internet relatives à la neuro-psycho-immunologie : il est probable que c’est par une approche pluridisciplinaire que l’on avancera. Mais il faut beaucoup de courage pour se lancer dans cette voie : comme ces émigrés qui ne sont reconnus ni d’un pays ni de l’autre (je pense aux Harkis), et rejetés partout. La Science aime bien les disciplines et la discipline, l’obéissance à un maître.

    Jean-Pol Tassin à l’INSERM a publié récemment sur ces problèmes d’addiction, avec une couverture médiatique remarquable dans Le Monde. J’ai l’impression que vous connaissez cela mieux que moi. Ma réflexion fut la suivante : on cherche sous le lampadaire, comme l’homme qui a perdu ses clés. Mais rien ne dit que les clés ne soient pas plus loin, dans l’ombre. Ce que je veux dire par là, c’est que la science a besoin de budgets pour se financer (c’est le lampadaire) et que l’on cherche surtout là où il y a un levier industriel potentiel. D’où la focalisation sur la pharmacochimie.

    J’apprenais hier une décision de l’OMS visant à réformer le système mondial de la recherche pharmaceutique. Il ne tourne plus rond, et les pays pauvres ne veulent plus financer les chercheurs des pays riches. Ils n’en ont pas les moyens de toute façon...

    Je comprendrais donc votre focalisation personnelle sur des sujets où il y a potentiellement un travail rémunéré derrière : c’est humain.

    Ce que je tente de montrer c’est qu’il existe des pistes bien débroussaillées maintenant permettant à opérer la bascule sur OFF par l’utilisation du seul esprit. Ce n’est pas cher à apprendre, reproductible sans coût et inusable ! Donc il n’y a pas vraiment de budget pour paver cette voie déjà tracée , parfois au prix d’une prise de risque importante en termes économiques.

    En suivant Antonio Damasio (L’erreur de Descartes et autres ouvrages), on vérifie bien l’interaction du physiologique et du cognitif. Ce que je crois possible de tester avec quelques expériences simples, c’est la capacité du cerveau à considérer le craving comme un leurre, à ne plus y attacher d’importance et d’émotions négatives. J’ai mis au point un geste mental, que je nomme ‘Gommenvie’, qui permet au fumeur de s’affranchir de sa sensation de manque. L’inspiration en vient de Peter Kelder, auteur d’une petite merveille de littérature intitulée Les 5 tibétains (Vivez Soleil, 1989, ISBN 2 88058 398 5, original US © 1985, Washington, Harbor Press). C’est un remake du mantram hindhou, avec des accents de ce brave Emile Coué (dénigré en France parce que pas assez académique, son empreinte aux USA fut plus pérenne). Académiquement cela ne relève pas du corps mais de l’esprit. Et je ne sais si ma technique serait opérante dans le cas de dépendance autre que le tabagisme. Mais ce phénomène mental qui permet de reprendre le contrôle ne fait aucun doute. Mon job est de le permettre sur commande et non d’attendre qu’éventuellement il survienne de façon spontanée ou provoquée accidentellement. Quelques heures de formation y pourvoient et le problème est réglé, presque infailliblement.

    Personnellement je ne suis pas favorable à la prise de contrôle de l’étude des phénomènes psychologiques par les sciences expérimentales. La médecine a ses modèles, la psychologie et le fonctionnement de l’inconscient en a d’autres. On veut à tout prix rendre rationnel ce qui ne l’est pas : erreur méthodologique. D’ailleurs l’influence de l’irrationnel prime sur le rationnel dans notre vie quotidienne. Je n’irai pas voir un médecin caractériel même si c’était un puits de science : chacun met le curseur où il lui plaît. Et ce qui plaît est de l’ordre de l’irrationnel (pensons à l’amour !). Il y a là une tentation totalitaire. La science n’a pas de valeur éthique par elle-même : voyons Tchernobyl, le sang contaminé, etc...Je ne prends pas la science comme une religion du savoir.

    Je me suis dans le passé intéressé à la mise sous contrôle, au sens statistique, des proces-sus de changement humains, comme l’apprentissage par exemple. Peut-on assurer, au sens de l’assurance de la Qualité, qu’un élève va apprendre quelque chose ?

    Il y a bien les modèles de l’ISO, repris par l’AFNOR. Mais le terme du processus, ce que l’élève va avoir acquis ou appris, cela dépend d’abord de ses motivations, du sens qu’il met dans l’acte d’apprendre ce que l’on lui propose. J’en suis arrivé à la conclusion que l’on peut assurer le processus ... à condition de lâcher la prise du contrôle précisément. Cela est tout à fait paradoxal.

    La science expérimentale est basée sur la logique d’Aristote, et l’exclusion du tiers : une qualité est A ou n’est pas A mais ne peut être par exemple et A et non A. Mais qu’est-ce qui prouve que le fonctionnement du cerveau obéit à cette logique ? Aristote ne le disait pas : il disait seulement que c’était simple de raisonner comme cela.

    Pour revenir à nos problèmes d’addiction, je suis convaincu que la logique aristotélicienne est mise en défaut. Et tant que l’on se limitera à une science qui la présuppose, on ne saurait décrire ce qui se passe. On ne voit pas le relief avec une seule longue vue : il faut une binoculaire.

    Pour en revenir à votre proposition de recherche FONDAMENTALE, je propose alternativement que l’on remette en cause plutôt certains fondements mêmes de notre exploration du réel. La psychologie a fait sa mue depuis Freud (ce qui ne fut pas chez lui sans de sérieux états d’âme...), et le tableau proposé échappe aux évaluateurs de l’INSERM : c’est beaucoup trop COMPLEXE pour eux, qui veulent toujours tout maîtriser et comprendre. C’est au contraire en acceptant une part d’inconnu, de non maîtrisable impossible à reproduire expérimentalement, que l’on avancera (vous pointez notamment le problème de la différence, naturelle dans la construction du cerveau à cause de sa plasticité par ex.). En d’autres mots, les scientifiques positivistes droits dans leurs bottes ont du mal à quitter le piédestal que le XXème siècle leur a permis de bâtir : le prix à payer est lourd d’avoir à se remettre en question sur les fondements même de sa légitimité et de ses connaissances. Une révolution intellectuelle est requise : à la fois diplômé en sciences dures (chimie) et en sciences molles (formation), je sais qu’inventer une cohérence, même partielle et transitoire, n’est pas facile. On y perd quelques cheveux ! Mais comme le plongeur sous-marin, ce que l’on découvre alors est coloré et merveilleux : un monde nouveau se dévoile, au prix du risque. Michel Serres rappelait récemment dans sa chronique sur France Info que ’péril’ est à la racine du terme ’expérience’. Plongez donc ! C’est profond, vertigineux parfois. Bonne chance !



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 5 juin 2006 22:24

    @ Anonyme

    Merci de ce témoignage, qui creuse encore la trace. On peut être et avoir été un gros fumeur et arrêter sans ressentir grand chose. Vous faites porter votre difficulté sur le rituel : je n’y crois pas, il ne joue que dans les premières semaines après l’arrêt. Ce point est exagéré comme je vais vous le préciser.

    Ne pas fumer fait mal nul part !!

    Tout se passe dans la tête. Distinguons pensée relative à la cigarette et envie de fumer.

    L’envie, c’est comme la faim. C’est un signal qui se transmet entre les organes et le cerveau : « c’est le moment de ta dose, sinon tu vas être mal ».

    Ce signal ne fait pas mal en soi.

    Il y a l’interprétation de ce signal, ce que je vais nommer la pensée relative à la cigarette. « En fumant, je sais que je vais calmer cette tension, je vais pouvoir à nouveau me concentrer sur le papier que je dois finir, etc... »

    Une pensée c’est anodin en soi : on peut penser que l’on va gagner à l’Euromillions. Faites un test : restez le plus longtemps possible câlé sur cette idée que vous avez gagné le gros lot. Combien de temps cela occupe votre esprit ? Faites le test : vous auriez mérité de le gagner ce petit magot si vous étiez capable de penser sans interruption plus d’une minute d’affilée. L’esprit s’y refuse. Son job, c’est de fournir une pensée après une autre pensée.

    Alors pourquoi pense t-on si souvent à la cigarette quand on cesse de fumer ? Parce qu’au lieu d’accepter cette pensée, normale, déclenchée le plus souvent par des messages internes, le fumeur abstinent la repousse : elle lui fait peur.

    Paradoxalement en repoussant la pensée, on l’incite à revenir : c’est par ce processus que se créent les obsessions. Comme un boomerang.

    Accepter l’idée que l’on va penser à la cigarette permet d’y faire face sans appréhension. Ce n’est pas cette peur de refumer qui va vous faire refumer...

    Vous n’êtes plus obsédés par l’envie de fumer : c’est cool. Vous voila durablement tranquille. Bravo !

    Permettez que je vous assure que mettre à jour le message ’Juste une petite’ serait prendre un risque sérieux. C’est comme pour l’alcool : une fois que l’on a été dépendant, c’est quasiment pour la vie. Il suffit de ne pas refumer celle-la : cool. Si vous pensez que vous n’en avez plus besoin, votre femme vous aura rendu un fier service. Sinon faites comme si c"était le cas. Ca marchera ! (J’ai bien conscience que ce genre de conseil peut prêter à sourire, mais du moment qu’il est opérant, faut pas s’en priver).

    Longue vie à vous sans tabac. On est mieux, hein ?

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