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Luc DUSSART

Luc DUSSART

Consultant en tabagisme, VALOR Consultants, Neuilly

Une solution clé en mains d’accompagnement non médical de la cessation du tabagisme en entreprise.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/06/2006
  • Modérateur depuis le 02/01/2007
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Derniers commentaires



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 6 juin 2006 10:48

    @ Hume

    J’ai vu des contributions sur Internet relatives à la neuro-psycho-immunologie : il est probable que c’est par une approche pluridisciplinaire que l’on avancera. Mais il faut beaucoup de courage pour se lancer dans cette voie : comme ces émigrés qui ne sont reconnus ni d’un pays ni de l’autre (je pense aux Harkis), et rejetés partout. La Science aime bien les disciplines et la discipline, l’obéissance à un maître.

    Jean-Pol Tassin à l’INSERM a publié récemment sur ces problèmes d’addiction, avec une couverture médiatique remarquable dans Le Monde. J’ai l’impression que vous connaissez cela mieux que moi. Ma réflexion fut la suivante : on cherche sous le lampadaire, comme l’homme qui a perdu ses clés. Mais rien ne dit que les clés ne soient pas plus loin, dans l’ombre. Ce que je veux dire par là, c’est que la science a besoin de budgets pour se financer (c’est le lampadaire) et que l’on cherche surtout là où il y a un levier industriel potentiel. D’où la focalisation sur la pharmacochimie.

    J’apprenais hier une décision de l’OMS visant à réformer le système mondial de la recherche pharmaceutique. Il ne tourne plus rond, et les pays pauvres ne veulent plus financer les chercheurs des pays riches. Ils n’en ont pas les moyens de toute façon...

    Je comprendrais donc votre focalisation personnelle sur des sujets où il y a potentiellement un travail rémunéré derrière : c’est humain.

    Ce que je tente de montrer c’est qu’il existe des pistes bien débroussaillées maintenant permettant à opérer la bascule sur OFF par l’utilisation du seul esprit. Ce n’est pas cher à apprendre, reproductible sans coût et inusable ! Donc il n’y a pas vraiment de budget pour paver cette voie déjà tracée , parfois au prix d’une prise de risque importante en termes économiques.

    En suivant Antonio Damasio (L’erreur de Descartes et autres ouvrages), on vérifie bien l’interaction du physiologique et du cognitif. Ce que je crois possible de tester avec quelques expériences simples, c’est la capacité du cerveau à considérer le craving comme un leurre, à ne plus y attacher d’importance et d’émotions négatives. J’ai mis au point un geste mental, que je nomme ‘Gommenvie’, qui permet au fumeur de s’affranchir de sa sensation de manque. L’inspiration en vient de Peter Kelder, auteur d’une petite merveille de littérature intitulée Les 5 tibétains (Vivez Soleil, 1989, ISBN 2 88058 398 5, original US © 1985, Washington, Harbor Press). C’est un remake du mantram hindhou, avec des accents de ce brave Emile Coué (dénigré en France parce que pas assez académique, son empreinte aux USA fut plus pérenne). Académiquement cela ne relève pas du corps mais de l’esprit. Et je ne sais si ma technique serait opérante dans le cas de dépendance autre que le tabagisme. Mais ce phénomène mental qui permet de reprendre le contrôle ne fait aucun doute. Mon job est de le permettre sur commande et non d’attendre qu’éventuellement il survienne de façon spontanée ou provoquée accidentellement. Quelques heures de formation y pourvoient et le problème est réglé, presque infailliblement.

    Personnellement je ne suis pas favorable à la prise de contrôle de l’étude des phénomènes psychologiques par les sciences expérimentales. La médecine a ses modèles, la psychologie et le fonctionnement de l’inconscient en a d’autres. On veut à tout prix rendre rationnel ce qui ne l’est pas : erreur méthodologique. D’ailleurs l’influence de l’irrationnel prime sur le rationnel dans notre vie quotidienne. Je n’irai pas voir un médecin caractériel même si c’était un puits de science : chacun met le curseur où il lui plaît. Et ce qui plaît est de l’ordre de l’irrationnel (pensons à l’amour !). Il y a là une tentation totalitaire. La science n’a pas de valeur éthique par elle-même : voyons Tchernobyl, le sang contaminé, etc...Je ne prends pas la science comme une religion du savoir.

    Je me suis dans le passé intéressé à la mise sous contrôle, au sens statistique, des proces-sus de changement humains, comme l’apprentissage par exemple. Peut-on assurer, au sens de l’assurance de la Qualité, qu’un élève va apprendre quelque chose ?

    Il y a bien les modèles de l’ISO, repris par l’AFNOR. Mais le terme du processus, ce que l’élève va avoir acquis ou appris, cela dépend d’abord de ses motivations, du sens qu’il met dans l’acte d’apprendre ce que l’on lui propose. J’en suis arrivé à la conclusion que l’on peut assurer le processus ... à condition de lâcher la prise du contrôle précisément. Cela est tout à fait paradoxal.

    La science expérimentale est basée sur la logique d’Aristote, et l’exclusion du tiers : une qualité est A ou n’est pas A mais ne peut être par exemple et A et non A. Mais qu’est-ce qui prouve que le fonctionnement du cerveau obéit à cette logique ? Aristote ne le disait pas : il disait seulement que c’était simple de raisonner comme cela.

    Pour revenir à nos problèmes d’addiction, je suis convaincu que la logique aristotélicienne est mise en défaut. Et tant que l’on se limitera à une science qui la présuppose, on ne saurait décrire ce qui se passe. On ne voit pas le relief avec une seule longue vue : il faut une binoculaire.

    Pour en revenir à votre proposition de recherche FONDAMENTALE, je propose alternativement que l’on remette en cause plutôt certains fondements mêmes de notre exploration du réel. La psychologie a fait sa mue depuis Freud (ce qui ne fut pas chez lui sans de sérieux états d’âme...), et le tableau proposé échappe aux évaluateurs de l’INSERM : c’est beaucoup trop COMPLEXE pour eux, qui veulent toujours tout maîtriser et comprendre. C’est au contraire en acceptant une part d’inconnu, de non maîtrisable impossible à reproduire expérimentalement, que l’on avancera (vous pointez notamment le problème de la différence, naturelle dans la construction du cerveau à cause de sa plasticité par ex.). En d’autres mots, les scientifiques positivistes droits dans leurs bottes ont du mal à quitter le piédestal que le XXème siècle leur a permis de bâtir : le prix à payer est lourd d’avoir à se remettre en question sur les fondements même de sa légitimité et de ses connaissances. Une révolution intellectuelle est requise : à la fois diplômé en sciences dures (chimie) et en sciences molles (formation), je sais qu’inventer une cohérence, même partielle et transitoire, n’est pas facile. On y perd quelques cheveux ! Mais comme le plongeur sous-marin, ce que l’on découvre alors est coloré et merveilleux : un monde nouveau se dévoile, au prix du risque. Michel Serres rappelait récemment dans sa chronique sur France Info que ’péril’ est à la racine du terme ’expérience’. Plongez donc ! C’est profond, vertigineux parfois. Bonne chance !



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 5 juin 2006 22:24

    @ Anonyme

    Merci de ce témoignage, qui creuse encore la trace. On peut être et avoir été un gros fumeur et arrêter sans ressentir grand chose. Vous faites porter votre difficulté sur le rituel : je n’y crois pas, il ne joue que dans les premières semaines après l’arrêt. Ce point est exagéré comme je vais vous le préciser.

    Ne pas fumer fait mal nul part !!

    Tout se passe dans la tête. Distinguons pensée relative à la cigarette et envie de fumer.

    L’envie, c’est comme la faim. C’est un signal qui se transmet entre les organes et le cerveau : « c’est le moment de ta dose, sinon tu vas être mal ».

    Ce signal ne fait pas mal en soi.

    Il y a l’interprétation de ce signal, ce que je vais nommer la pensée relative à la cigarette. « En fumant, je sais que je vais calmer cette tension, je vais pouvoir à nouveau me concentrer sur le papier que je dois finir, etc... »

    Une pensée c’est anodin en soi : on peut penser que l’on va gagner à l’Euromillions. Faites un test : restez le plus longtemps possible câlé sur cette idée que vous avez gagné le gros lot. Combien de temps cela occupe votre esprit ? Faites le test : vous auriez mérité de le gagner ce petit magot si vous étiez capable de penser sans interruption plus d’une minute d’affilée. L’esprit s’y refuse. Son job, c’est de fournir une pensée après une autre pensée.

    Alors pourquoi pense t-on si souvent à la cigarette quand on cesse de fumer ? Parce qu’au lieu d’accepter cette pensée, normale, déclenchée le plus souvent par des messages internes, le fumeur abstinent la repousse : elle lui fait peur.

    Paradoxalement en repoussant la pensée, on l’incite à revenir : c’est par ce processus que se créent les obsessions. Comme un boomerang.

    Accepter l’idée que l’on va penser à la cigarette permet d’y faire face sans appréhension. Ce n’est pas cette peur de refumer qui va vous faire refumer...

    Vous n’êtes plus obsédés par l’envie de fumer : c’est cool. Vous voila durablement tranquille. Bravo !

    Permettez que je vous assure que mettre à jour le message ’Juste une petite’ serait prendre un risque sérieux. C’est comme pour l’alcool : une fois que l’on a été dépendant, c’est quasiment pour la vie. Il suffit de ne pas refumer celle-la : cool. Si vous pensez que vous n’en avez plus besoin, votre femme vous aura rendu un fier service. Sinon faites comme si c"était le cas. Ca marchera ! (J’ai bien conscience que ce genre de conseil peut prêter à sourire, mais du moment qu’il est opérant, faut pas s’en priver).

    Longue vie à vous sans tabac. On est mieux, hein ?



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 5 juin 2006 22:02

    Merci de ce commentaire, bien humoristique.

    Beaucoup de fumeurs rechutent : s’ils ne rechutaient pas, tous auraient arrêté depuis longtemps un comportement ruineux qui leur empoisonne la vie. C’est le propre de ce produit, et il est optimisé pour la rechute avec des adjuvants et préparations chimiques pour que son effet soit encore plus violent dans le cerveau.

    Donc la question revient à : comment prévenir la rechute ? Car cesser de fumer, beaucoup de ceux qui l’ont fait quelque temps, reconnaissent que ce n’est pas si difficile que ça...

    La médecine préconise la ’poubelle’ : on remplit une poubelle avec des petits papiers incitant tous à l’arrêt. Un jour, peut-être, la poubelle est pleine et comme la soupe, ça déborde ! On arrête. Une fois, puis deux, etc.. jusqu’à ce qu’on se lasse de cesser de fumer, que l’on réalise enfin qu’on ne gagne pas contre le tabagisme. La bataille est perdue, la guerre est perdue : c’est la reddition sans condition l’unique porte de salut.

    Ce discours sanitaire, nous prévenant des effets nocifs de la fumée à l’horizon de 20 ans, se combine bien avec des politiques répressives.

    Je suis partisan d’une politique répressive mais avec d’autres arguments. Il faut interdire de fumer parce que tout bonnement les fumeurs ont du mal à le faire et que cela les aidera. Ils le disent dans les enquêtes : 54% des fumeurs sont favorables à l’interdiction de fumer au travail ...

    Interdire de fumer fera baisser leur consommation : c’est précisément leur souhait.

    Mais on peut aussi critiquer cette politique en reconnaissant que l’on ne combat pas un désir avec une interdiction : au contraire, il se potentialise.

    Ma recommandation serait la suivante : pointer, chez chaque fumeur, de façon individuelle, les sensations et sentiments qu’il aura de trouver la vie plus belle sans fumer. Alors il devient possible de pousser le désir de fumer par un autre désir : celui d’être Non Fumeur.

    Cette tactique est bonne, d’une part parce qu’elle fonctionne parfaitement (avec les adultes au moins) et d’autre part parce qu’elle évite de transformer nos pauvres fumeurs dépendants en paria sociaux ou victimes expiatoires.

    Il y a du bonheur à redevenir non fumeur. L’argument probant vient du fait que ceux qui se sont libéré du tabagisme n’ont aucune envie de remettre le couvert. Plus jamais ça !

    En pratique donc, un savant dosage de bâton et de carotte, bien positionné dans le temps d’un projet collectif, semble à recommander.



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 5 juin 2006 21:39

    @ Hume

    Merci de ces critiques gentiment présentées. Cela m’aide à affiner mon propos.

    Oui le tabagisme est un comportement hautement addictif. Je ne dirais pas que c’est une ‘drogue’, réservant ce terme pour les substances modifiant les états de conscience, ce qui n’est que très marginalement le cas du tabac couramment consommé.

    Non il n’est pas établi que ce soit la nicotine qui soit la responsable - unique - de cette dépendance. C’est un discours de vendeur de palliatifs : les contestations scientifiques abondent, quand bien même elles seraient étouffées par nombre de parties-prenantes du business Tabac (dont les autorités de santé, qui sont face à la contradiction du financeur de Bercy).

    Banaliser l’arrêt de la clope ? Oui, d’une certaine façon je propose de mettre le sujet sur la table en le sortant des cénacles médicaux. Un sondage réalisé par le site stop-tabac.ch, l’un des 5 sites les plus visités dans le monde toutes langues (occidentales) confondues sur la cessation du tabagisme, a ré-vélé que l’ouvrage que 90% des francophones achètent pour arrêter la cigarette est celui de Allen Carr, le ‘fumeux’ comptable anglais qui a fait fortune avec sa ‘méthode’. Fumeur : oui, et sa vie fut un calvaire. Fumeux : moins sûr, quand bien même les tabacologues qui m’en ont parlé n’y ont rien vu d’intéressant. Si l’on veut voir Venus, vaut mieux un télescope qu’un pied à coulisse : on voir ce pour quoi on a développé des instruments. Les instruments de la science médicale sont diablement réduc-teurs de la réalité et ne voient pas pourquoi le public plébiscite ce petit ouvrage mal écrit.

    Vous citez le cas de l’homéopathie. Effectivement ce que j’en ai lu, et ceci m’a interpellé, c’est que l’action de la pilule serait d’envoyer une information. J’utilise cette image avec la métaphore suivante. La scène : un bord de plage, un homme guette l’horizon, la nuit. Soudain il voit un court éclair, celui d’une lampe-torche sur un sous-marin resté au large. Le signal de cette torche est ténu, mais l’information est passée. Il n’y a pas besoin d’un gyrophare pour savoir que le navire est prêt à la suite de l’action.

    L’analogie avec le tabagisme la voilà : il suffit d’une petite bouffée de fumée pour renvoyer au cer-veau le signal que l’on est redevenu fumeur. Rares sont ceux qui ont joué à ce jeu sans rechuter quelques jours ou quelques semaines plus tard.

    La médecine ne sait pas très bien encore exploiter les sciences de l’information. Il y bien l’immunologie et les hormones, mais les modèles sont encore un peu trop simples apparemment pour y intégrer l’homéopathie. Encore une fois la science est dépendante de ses instruments, et l’instrumentation pour comprendre comment l’homéopathie fonctionne - car c’est le cas d’après ce que j’ai lu - semble encore trop limitée.

    Est-ce que fumer est une addiction ? Qu’entend-on par addiction ? Il en existe des dizaines de modè-les différents, pas tous compatibles entre eux. On peut envisager un modèle où l’addiction serait une information dans la tête de celui qui se comporte de façon addictive. Je travaille beaucoup avec ça, et de façon plutôt utile pour mes clients. Je ne crois pas, au vu de mes constats de terrain, UN MOT que la cessation du tabagisme dépende de la quantité fumée, présente ou cumulée dans le temps. C’est comme si le fumeur avait sans le savoir, très vite d’après certains (Valleur à Marmottant pour ne pas le citer) appuyé sur le bouton :Fumeur = ON. Si l’on considère la dépendance comme cela, ce que je fais, cesser de fumer revient à trouver le bouton et à le basculer sur OFF.

    CA, ON SAIT LE FAIRE ASSEZ FACILEMENT ET RAPIDEMENT - QU’ON SE LE DISE !

    C’est d’ailleurs un processus courant, qui m’est personnellement arrivé, presque par surprise un sa-medi matin à 9h30 : je suis dans ma tête redevenu Non Fumeur. Imaginez ma joie ! Je n’ai plus re-touché à la fumée depuis et n’ai vraiment mais vraiment aucune envie de remettre ça. Les anciens fumeurs sont rares, qui veulent délibérément remettre cela un jour. Au pire ils me disent : quand je serai vieux, une petite de temps en temps. Alors ils sont en danger de rechute bien avant, et il convient de leur expliquer les mécanismes de sensibilisation qui sont très prégnant avec le tabagisme ( le crack ou la coke, même si la base neurologique sous-jacente est possiblement différente comme l’a montré récemment Tassin du Collège de France - sur des rats). Quand on est libéré, on n’a pas envie de retourner au cachot. Je parle volontiers d’affranchissement du tabagisme, comme on parle d’affranchissement pour un esclave. Cesser de fumer est bien sortir d’un esclavage.

    Les modèles de l’addiction rendent bien compte de cette prison - comportementale et/ou physiologi-que - enfermant l’addict : s’il ne s’adonne pas à son addiction, il est en souffrance. S’il n’y a pas de plaisir à fumer, ce que je prétends contrairement au discours médical, il y a en fumant soulagement d’un état de tension dû au manque. Les fumeurs réguliers adultes comprennent ça assez facilement. On appelle cela le craving, la recherche effrénée d’une cigarette, même s’il faut faire une heure de déplacement pour ça (j’ai connu un fumeur étant redescendu d’un refuge assez haut au dessus de Chamonix pour acheter des cigarettes ... et remonter de nuit pour sa course du lendemain !).

    Comment permettre à un addict de sortir de son comportement addictif qui n’est qu’une séquence in-définie de souffrances renouvelées ? Pour la cigarette, on a trouvé les patchs. Mais pour la cyberdé-pendance, la boulimie ou le jeu pathologique, quelle chimie va t-on inventer ? Je préconise de se pencher non pas sur ce qui fait qu’un homme ressemble à un rat avec lequel on peut faire une foule d’expériences contrôlées, mais sur ce qui fait qu’un fumeur cesser un jour de fumer sans réelle diffi-culté. Il y a une base neurologique, mais aussi la capacité du cerveau à traiter l’information. Com-ment permettre au fumeur de basculer l’interrupteur sur OFF ? Voila ce qui m’intéresse et j’ai constaté que les patchs n’y aidaient pas et même étaient source de difficulté.

    La chimie permet d’esquiver le travail cognitif nécessaire : contre-productif à 90%.

    La longue période où la rechute peut intervenir se compte en décennies : les patchs ne garantissent pas la sortie de la dépendance psychologique. C’est précisément ce sur quoi nous faisons porter notre formation (car redevenir Non Fumeur, cela s’apprend indiquent de nombreux experts dont le Pr Moli-mard). Une fois que la dépendance psychologique est traitée, le comportemental et le physiologique deviennent des épiphénomènes sans réelle importance (pour des fumeurs sans co-morbidité dois-je préciser).

    Une addiction se différencie d’une maladie : on peut guérir de la seconde, mais la première restera durablement en mémoire.

    Ce que je constate reprendre le contrôle de ses pensées relatives à la cigarette est possible en quel-ques heures. Et ce peut être même fait sans lassitude ! Il faudra qu’on m’explique pourquoi des fu-meurs invétérés, dont encore une fois j’ai fait partie, peuvent cesser de fumer comme de façon miraculeuse, sans stress, sans prise de poids, sans syndrome de sevrage passés on va dire deux ou trois jours (nécessaires effectivement à un rééquilibrage physiologique). J’ai aidé une ancienne infir-mière qui a suivi à ma demande son acidité urinaire : + 1,5 pH en un mois. Son corps a certes été secoué, mais dans sa tête, elle a assuré avec calme et lucidité. Le choc du sevrage brutal tel que je le pratique est absorbé sans difficulté (encore une fois par un fumeur sans co-morbidité, car dans ce domaine je n’ai pas de références statistiques).

    Pour parvenir à cette reprise de contrôle, différentes techniques existent : l’hypnothérapie est bien connue et évaluée (et dénigrée par une partie du corps médical, plus en France que dans les pays anglo-saxons...). Il existe d’autres possibilités, qui ne sont pas évaluables par la science médicale (toujours cette question des instruments) : le plus souvent un bricolage pragmatique de techniques psycho-cognitives plus ou moins inspirées de travaux scientifiques et ayant fait la preuve se leur effi-cacité opérationnelle. A défaut de pouvoir utiliser ces techniques, la médecine propose ses médica-tions. OK pour moi, je consulte aussi mon médecin (fumeur...). Mais ce que je trouve inacceptable c’est de dénigrer toutes ces alternatives plus rapides faisant appel à l’intelligence et/ou l’inconscient du fumeur. C’est bien connu la science n’aime pas l’inconscient : il existe cependant et il est plutôt puissamment à l’œuvre, même à ses dépens, dans l’esprit d’un tabacologue.

    En déclarant malade chaque fumeur, on en fait un assisté. Cela me fait penser au rôle de la religion dans certains pays actuels et de façon plus précise en France du temps de la royauté. Tout français était dépendant et du roi et de Dieu. La Révolution Française y a mis le holà. Il me semble que le moment est venu de fixer des bornes à la médecine allopathique, avant qu’elle nous abreuve de dro-gues diverses - et largement inefficaces en ce qui concerne le tabagisme - au quotidien. On lui de-mande d’évaluer les psychothérapies maintenant : à quand le tour de la psychologie ? Et de la théologie ?

    Le discours médical enfin n’est pas audible par les fumeurs comme l’ont montré les travaux de Falo-mir-Pichastor : les médecins auront beau répéter que fumer est nocif pour la santé, le nombre de fu-meurs réguliers ne réduira pas pour autant.

    Les protocoles médicaux recommandés et diffusés dans des centre spécialisés sont lourds, onéreux. Et moins efficaces avec des consultations individualisées que ceux d’intervenants privés en entreprise dont un benchmarking a établi la performance : il n’y a pas photo. Les premiers sont satisfaits de 30% de réussite (cf. des papiers dans Le Monde début 2004), les seconds dépassent régulièrement 50% (et certains remboursent en cas d’insuccès !!). Les employeurs mis en demeure de respecter la loi Evin ont vite fait leur choix. C’est en entreprise qu’aujourd’hui le tabagisme recule le plus vite.

    Etre scientifique, c’est d’abord reconnaître de la valeur aux faits. Les faits existent. Arrêter de fumer peut être facile et rapide. La médecine, avec son mauvais trousseau de clés, s’acharne sur la serrure. La promotion de ses fausses solutions rend les choses encore plus problématiques, les fumeurs se demandant pourquoi cela ne marche pas développent une résistance à l’idée qu’il leur est possible de cesser de fumer sans traumatisme. D’autres ont découvert quelques ‘passe-partout’ assez polyva-lents, presque banals effectivement. Je m’efforce de le faire savoir : cela peut les aider à trouver la sortie.



  • Luc DUSSART Luc DUSSART 5 juin 2006 16:46

    Il y a des fumeurs qui cessent de fumer avec des patchs et tant mieux pour eux. Il y en a d’autres qui y sont arrivé avec l’acupuncture ou une technique dérivée. Il y en a qui sont arrivé ’comme ça’, sans rien... La majorité en fait.

    Le but de mon papier n’est pas de dézinguer les patchs : on a 10% de chance de réussite d’après les scientifiques qui ont fait les expériences contrôlées. Ce qui est mieux que rien.

    Ce que je mets en cause c’est la prétention à l’unique vérité du ’scientifiquement validé’ précisément. Il y a des méthodes qui ne sont pas validées ni validables par la médecine qui donnent de meilleurs résultat que les patchs. Il y a une intense communication pour faire croire que c’est LA solution. Ce qui est pour le moins inexact.

    La science n’a pas le monopole ni du savoir ni de la vérité : ceux qui ont des croyances spirituelles en savent quelque chose. Les mythes ont forgé l’humanité et ils n’ont précisément rien de scientifique : doit-on les rejeter pour cette raison ?

    Ce que j’ai personnellement constaté sur mes clients, c’est que ceux qui voyaient une utilité d’user de patchs avaient en général un autre problème qui les empêchaient de cesser sereinement de fumer. Les patchs pour les malades : why not ? si ça peut aider.

    Mais en règle générale, il est plus facile de trouver une solution pour cesser sans patch que de cesser avec. Les patchs ont comme défaut, parmi d’autres désagréments bénins, de ne pas ôter la frustration. Ceci se traduit par une prise de poids, mal vue par les temps qui courent.

    Bref, si tu as cessé de fumer avec des patchs très bien, je suis content pour toi. Mais pour ceux qui ont essayé sans succès ou qui vont le faire, mon message est de ne pas écouter aveuglément la publicité pharaonique des laboratoires. Il existe des solutions plus faciles, plus pérennes, plus rapides aussi.

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