En direct, m’ssieurs’dames, nous pouvons observer comment se forme lentement mais sûrement la prochaine crise de rire et d’angoisses conspiranoïaques qui nous clouera d’effroi dans nos fauteuils ou nous y tordra, selon la brise médiatique. Si en août, nous n’avons toujours pas notre congélateur nucléaire portable pour aller à la plage, ce sera très certainement à cause de la confrérie de la grande griffe sur le pétrole et celle des adorateurs de la bouilloire à fission. Ils nous volent délibérément le Graal énergétique pour nous vendre de la crasse souterraine et des briquets atomiques gros comme des églises. Intolérable ! Mais qu’attendent les vrais scientifiques, c’est à dire ceux à qui il reste un peu de croyance en quelque chose, pour écrire une science qui s’adapte à nos idéaux au lieu du contraire ? C’est pas ça la Démocratie ! Seule une vraie science démocratique peut repousser les frontières de l’impossible !
RENNES – L’anthropologue et économiste Paul Jorion, ancien
financier qui avait prévu la crise des subprimes, estime que le futur
président devra d’abord tenir compte de la gravité de la situation et
« stopper la spéculation ».
Q : Qu’attendez-vous du président après son élection ?
R :
J’attends tout d’abord qu’il prenne des mesures tenant réellement
compte de la gravité de la situation, comme cela a pu être fait en 1933
par Franklin Roosevelt. Si c’est Nicolas Sarkozy qui est réélu,
j’attends qu’il fasse – mieux vaut tard que jamais – ce qu’il a promis
en septembre 2008, à savoir refonder le capitalisme. Si c’est François
Hollande qui est élu, j’attends des mesures dans le même ordre d’idées,
mais plus radicales, à savoir mettre en place les éléments du système
qui remplacera le capitalisme dont la faillite a été constatée en 2007.
Q : Que devra-t-il faire en premier ?
R :
Stopper la spéculation. Je le réclame depuis 2007. Ce n’est pas
compliqué : il y avait deux articles qui l’interdisaient dans le code
pénal (art. 421 et 422) et un autre dans le code civil (art. 1965). Ils
ont été abrogés en 1885 sous la pression des milieux d’affaires, au
terme d’une campagne qui a duré près de trente ans. Il suffit de
restaurer ces articles.
Q : Ce qu’il ne devra surtout pas faire ?
R :
Il ne devra surtout pas se mettre aux ordres du Fonds monétaire
international (FMI) et prendre des décisions qui poursuivent la mise en
application du programme ultralibéral de cet organisme depuis
soixante-dix ans, et qu’il impose en ce moment à la Grèce.
Tenez, le hasard fait bien les choses, cela vient de sortir et c’est très bien dit :
« Les spéculateurs ne font que leur travail : nous irons vers la
restructuration des dettes, les taux vont flamber, il est donc
intelligent de spéculer contre la France car il y aura beaucoup d’argent
à gagner. Après, ou on laisse faire (et on ne se plaint pas) ou on
interdit. » http://www.les-crises.fr/bfm-13-04-2012/
Évidemment, qu’interdire la spéculation seulement en France ne résoudrait pas le problème. Mais, une loi n’est pas la propriété de la Nation qui la promulgue en premier sinon qu’elle est le produit d’une nécessité ressentie durant une période historique et ce sentiment fut très certainement partagé par d’autres peuples au même moment. C’est ce fil historique brisé qu’il faut renouer. Ne soyez pas simpliste dans la critique à la critique. Je vous rappelle que toutes les mesures que vous proposez sont, elles-aussi, des décisions politiques devant passer par le Droit, des lois.
D’autre part, le culte au marché est bel et bien moribond. Une autre paire de manches sera de se soustraire à la contre-offensive qu’il prépare ( menaces explicites, nouveaux produits financiers comme le marché à terme sur les obligations françaises que vous citez... ) contre toute tentative politique de le dompter.
« Il n’en sera que plus facile, ensuite, de s’attaquer au casino spéculatif. »
Je pense que c’est le contraire. Tant que la spéculation continuera à tourner au niveau actuel, les acquis sociaux s’effriteront car la ponction des capitaux de l’économie réelle vers la bulle spéculative se traduit en endettement des entreprises, des ménages et donc, in fine, en dette publique puis en appels à la restriction budgétaire.
Fermer ce casino est très simple, du moins en France. Paul Jorion crie dans le désert depuis des années qu’il faut rétablir les lois interdisant la spéculation, abrogées à l’entrée du 20ème siècle.