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Mwana Mikombo

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  • Mwana Mikombo 10 mai 2013 20:27

    Egalement bonjour à Chalot et à Jaja



  • Mwana Mikombo 10 mai 2013 20:16

    Louphi

    Bonjour

    J’interviens rarement sur les articles qui, soit ne concernent pas l’Afrique, soit relèvent de la politique politicienne ou des discussions entre européens. Je suis régulièrement vos discussions avec Chalot et Jaja. Je peux dire que c’est grâce aux positions que vous développez que j’ai pu vraiment commencer à m’intéresser sur Staline et l’URSS. Jusqu’à présent, je tenais ma vision sur l’URSS que sur la base de la propagande des anarchistes et des trotskistes. Vous avez aidé à faire évoluer cette vision. La documentation que vous fournissez accable l’anarchisme et le trotskisme. Je constate que la grande majorité des personnes qui intervienne sur ce site est de tendance soit trotskiste, soit anarchiste. On peut dire que c’est normal car dans chaque pays, les idées dominantes sont toujours les idées de la classe dominante. Donc, Merci.

    Chalot

    La remarque de Louphi sur votre article ci-dessus comme quoi on ne peut pas être anti-impérialiste à Bamako et soutenir la mouvance homosexuelle à Paris est très juste. Vous feriez bien d’y méditer. Il en est de même de Victor Hugo et du siècle dit « Siècle des Lumières » dont presque tous les philosophes sont des théoriciens du racisme anti-noir.

    En Afrique, nous connaissons bien la collusion voire la confusion que les sectes maçonniques homosexuelles entretiennent avec les régimes néocoloniaux. Ces obédiences sont progressistes en Occident, mais impérialistes en Afrique.

    Jaja

    Je trouve votre tutoiement de louphi très impoli. J’ai l’impression que vous n’avez pas le sang froid. Il est normal quand les points de vue s’entrechoquent qu’il y ait des étincelles, que des expressions parfois même à la limite de l’insulte fusent. De là à tutoyer des gens avec qui on n’a aucune familiarité et qu’on n’a jamais vu, çà relève du manque d’éducation la plus élémentaire. Cà discrédite d’emblée la cause même que vous défendez. En toute chose, il faut savoir garder la mesure de la politesse. Le post qui a sauté est le mien. Je peux vous le réafficher. Mais auparavant j’aimerais avoir un petit échange avec louphi. J’espère qu’il réagira.




  • Mwana Mikombo 10 mai 2013 12:44

    @l’auteur


    Article bien fait. Merci.



  • Mwana Mikombo 3 mai 2013 16:01

    @Résistance

    Les bases de données des organismes statistiques américains ne suffisent apparemment pas pour apprécier l’impact de la présence chinoise en Afrique. Clamer haut et fort que « La Chine ne pille pas l’Afrique », c’est faire fi des intérêts économiques qui sont à la base des relations d’une grande puissance capitaliste comme la Chine avec les zones coloniales comme le continent africain. C’est faire croire que la Chine est présente en Afrique simplement et uniquement pour les beaux yeux des africains. Cela n’a pas de sens.

    Sans avoir besoin des données statistiques des relations économiques Chine-Afrique qui ne sont pas monnaie courante, il n’y a qu’à constater empiriquement la floraison des établissements chinois sur les marchés africains en Afrique même et en Europe. Partout, les Chinois font pousser des magasins bien achalandés spécialisés uniquement sur les produits africains en tous genres. En Europe par exemple, si on veut consommer africain, il faut s’adresser aux magasins chinois qui se confondent ainsi avec les magasins africains dans tous les domaines de la vie quotidienne : habillement, alimentation, cosmétique, et même la commercialisation de la musique qui est pourtant le domaine d’excellence des  africains. Allez dans les banlieues de Paris, vous constaterez que c’est un patron ou une patronne chinoise qui vous renseigne sur les toutes dernières nouveautés et évolutions de la musique africaine pour tous les styles même les plus traditionnels. Même si la personne au comptoir est africain, vous ne tarderez pas à voir surgir le patron chinois ou la patronne chinoise. Le monopole des chinois (asiatiques) sur les marchés africains est visible. On ne peut pas dire que les profits de ce monopole servent à alimenter les économies africaines. Sur place en Afrique même, sur le plan agricole, les « investisseurs chinois » s’installent et exploitent souvent les terres expropriées aux paysans par les gouvernements africains liés par les accords avec la Chine. Ces paysans sont ensuite employés sur leurs terres par les nouveaux propriétaires chinois sans avoir accès aux produits exploités qui sont commercés par les patrons chinois sur les marchés internationaux. Bien entendu, la Chine tire des bénéfices substantiels de sa présence en Afrique. Bien sûr, les chinois ne sont pas les seuls à bénéficier de ces cessions de terres.

    Sur un plan historique, la Chine a fait son entrée économique en Afrique au lendemain des indépendances dans les années 1960. C’était la concrétisation des accords politiques et économiques passées entre la Chine Populaire sous Mao Tsé Toung et les grandes puissances européennes ainsi que les USA. Rappelons que de 1949 (instauration de la République populaire de Chine par la révolution) à 1971, la Chine populaire n’était pas membre de l’ONU. Son admission se heurtait au refus des Etats-Unis et des puissances d’Europe car la Chine Populaire soutenait les mouvements de libération dans le monde, surtout en Afrique en concurrence avec l’impérialisme russe. Le marché fut donc conclut entre la Chine Populaire sous Mao et les puissances occidentales. Aux termes de ce marché la Chine Populaire s’engagea à livrer les mouvements de libération qu’elle soutenait en Afrique et, en contrepartie, les puissances occidentales s’engagèrent à admettre la Chine à l’ONU en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité avec droit de véto. De 1956 à 1970 environ, la Chine Populaire sous Mao remplit sa part de contrat. Tous les mouvements indépendantistes africains soutenus jusque-là par la Chine Populaire furent livrés aux occidentaux et liquidés. Ainsi, ayant exécuté sa part du contrat, la Chine populaire fut admise à l’ONU comme membre permanent du Conseil de Sécurité avec droit de Véto le 25 octobre 1971.

    La présence de la Chine en Afrique n’est donc motivée que par le partage du juteux gâteau africain à la même table que les puissances coloniales occidentales.




  • Mwana Mikombo 26 avril 2013 09:39

    Cher Lonsi Koko

    La divergence que vous relevez est effectivement l’abime qui nous sépare. Je prendrai un exemple assez significatif pour illustrer mon propos. Prenons l’Europe, sous l’occupation Nazie (1939-1945). Encore que le nazisme était un produit de l’esprit de prédation européen né sur le sol européen et visant en premier lieu les européens. Ce qui n’est pas le cas des traites négrières européennes et arabes en Afrique, ni du colonialisme, ni du néo-colonialisme, phénomènes venant d’Occident.

    Donc, pendant que les nazis occupaient l’Europe, supposons que les pays occupés, la Pologne, la Norvège, l’Autriche, la France pour ne citer que ceux-là, se soient dits :

    - l’occupation allemande est devenue une réalité ;

    - la seule façon de revivre en harmonie dans les espaces avant l’occupation réside dans les accords bilatéraux en matière d’immigration, d’emploi et de commerce…

    - vouloir redéfinir les frontières tracées par l’Allemagne nazie reviendrait à susciter des guerres comme dans les Balkans ; Il faut éviter que l’Europe soit mise à feu et à sang ;

    - l’avenir des peuples de l’Europe ne réside pas dans les massacres, les guerres, pour s’approprier une portion du territoire ; il dépend plutôt de la capacité des européens à travailler ensemble à savoir gérer de commun accord les espaces transfrontaliers, à bâtir des stratégies régionales et continentales…

    - l’Europe doit parler d’une seule voie dans le monde.

    C’est ainsi que raisonne Lonsi Koko concernant l’Afrique. Et c’est bien ainsi que raisonnaient les partisans du régime nazi dans les pays européens occupés. En France en particulier, ce raisonnement était le fondement de la propagande et de la politique du régime pro-nazi de Vichy. La suite, vous devez certainement très bien la connaître. Le régime nazi et ses supporters ont été balayés et bannis dans toute l’Europe et dans le monde entier par les peuples européens coalisés dans un profond et vaste mouvement de libération impliquant la Russie soviétique et appuyé par les Etats-Unis d’Amérique sans oublier les troupes africaines mobilisées par les colonisateurs et désignées méprisamment par l’expression « tirailleurs sénégalais ». En France, le terme  collaboration désigne précisément le régime de Vichy, partisan et support local de l’occupation nazie. Ce terme de collaboration s’applique parfaitement à Gaspard-Hubert B. Lonsi Koko au regard de la situation du Congo et de l’Afrique. Et l’Afrique, voici tout un continent qui est envahi, massacré, occupé, dévalisé, dépeuplé, pillé, brigandé, dans tous les sens et tous les coins, depuis des siècles et des siècles voire des millénaires, par l’Occident ! Et sur ce continent, aujourd’hui, l’idée même de collaboration n’effleure presque personne chez les autochtones, surtout même parmi les plus cultivés ! Pourtant la colonisation y est même encore fumante et continue de battre son plein ! C’est un grand miracle réalisé par l’Occident, d’avoir déshumanisé à ce point l’être humain, le nègre, au point de lui faire adorer son bourreau ! L’Europe serait dans cette situation si le nazisme s’y était éternisé. Voilà le nœud de la divergence : l’esprit et la culture de la collaboration qui vous imprègnent !

    Vous dites que je serais « partisans de la révision des frontières actuelles pour permettre, par exemple, à un pays comme le Rwanda de s’approprier le Kivu au détriment de la RD Congo ». Je dois dire que vous êtes complètement à côté de la plaque. Je ne suis partisan de la « révision » d’aucune frontière actuelle. « Révision », cela veut dire enlever la barrière ici pour la remettre là. Non ! Je suis plutôt partisan de l’abolition totale et définitive de toutes les frontières héritées de la colonisation, du rétablissement, autant que faire se peut, des Etats nationaux précoloniaux, avant les traites européennes et arabes, avec l’intégralité de leurs cultures. Vous comprendrez que cela n’aménage pas la voie au Rwanda de s’approprier le Kivu au détriment du Congo, ni au Congo RDC ex-Congo belge de s’approprier le Kivu au détriment du Rwanda. Au contraire, cela permettra à toute la région des Grands Lacs en particulier et à toute l’Afrique Noire en général de se réconcilier avec elle-même, de reprendre le fil perdu de son Histoire. Cela permettra encore aux peuples africains de revivre dans la prospérité et l’harmonie dans un espace continental commun, comme autre fois avant le débarquement des européens, comme l’avait constaté de ses propres yeux l’explorateur allemand Léo Frobénius (1873-1938) en sillonnant l’Afrique d’Ouest en Est, de la côte atlantique jusqu’à la côte de l’océan indien. Léo Frobénius décrit ainsi la vie des populations qu’il avait rencontrées :

    « Lorsqu’ils arrivèrent dans la Baie de Guinée et aboutirent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées, bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres. Ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habitée par des hommes vêtus de costumes attachants dont ils avaient tissé l’étoffe eux mêmes ! Plus au Sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés, et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique par exemple. Les révélations des navigateurs du XVe au XVIe siècle fournissent la preuve certaine que l’Afrique Nègre qui s’étendait au Sud de la zone désertique du Sahara était encore en plein épanouissement, dans tout leur éclat de civilisations harmonieuses et bien formées. » (Leo Frobenius, Histoire de la civilisation africaine, Paris, Gallimard, 1936, pp. 14 et 15.)

    Enfin, cela permettra aux peuples d’Afrique Noire de pouvoir asseoir l’Etat Fédéral panafricain ancré dans sa culture historique comme l’ont prophétisé le grand savant multidisciplinaire panafricain Cheick Anta Diop et son bras droit le professeur Théophile Obenga. Un Etat Fédéral Panafricain « doté d’une direction politique centrale gouvernant sans restriction venant d’une puissance étrangère quelconque » selon la recommandation de Kwamé Nkrumah, l’un des pères fondateurs du panafricanisme révolutionnaire africain.

    Tel est l’énorme fossé sans fond qui sépare, d’un côté le nationalisme africain véritable, le panafricanisme, de l’autre côté le faux nationalisme, le nationalisme borné, enfermé dans le cadre étriqué des frontières issues de la balkanisation coloniale de l’Afrique, le nationalisme néocolonial, support local du colonialisme, semeur de haine entre les populations africaines, gardien de l’ordre colonial.


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