Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
Entièrement d’accord et j’en sais quelque chose : j’étais élève ingénieur pendant la dislocation de l’URSS en 1991. On a assisté en direct au début du chômage des ingénieurs et j’en ai bien « profité » à la sortie (alors qu’en entrant, il y avait 2 à 3 postes par ingénieur).
Qui dit chômage, dit fin des augmentations salariales, possibilité pour les employeurs de donner des emplois indignes / insensés, augmentation des marges pour les employeurs, souffrance au travail avec beaucoup de gens qui souhaiteraient changer mais qui ne peuvent pas. Et puis, accessoirement, augmentation de la délinquance, de la prostitution, de l’insécurité, du « terrorisme » de gens qui n’ont plus rien à perdre dans une société sans aucun avenir.
Bref, le capitalisme pur et dur dans toute sa splendeur... avec la bénédiction des hommes politiques qui n’hésitent pas à travestir tous les textes obtenus parfois dans le sang pour permettre cette soumission féroce.
Oui, en 2001 les écarts étaient déjà colossaux et ils n’ont fait qu’augmenter.
Mais pourquoi de tels écarts ? Pourquoi ne rémunère-t-on pas que le travail ? Pourquoi décréter que certaines heures de travail valent (beaucoup) moins que d’autres ? Pourquoi ne fixe-t-on pas une fortune maximale (par exemple 10 millions d’euros ) ?
Et là on perd tout le monde, même beaucoup de pauvres. J’accepterais sans hésiter toutes ces limitations et sans perdre ma motivation car cette société d’exploitation légalisée ne m’en donne aucune : aucune envie d’exploiter les autres ou de me faire exploiter.
Mais de manière générale, la motivation des uns, est presque toujours générée par la misère des autres. Soit parce qu’ils font tout pour éviter la misère (et ils ne feraient pas grand chose sans misère, ce qui ne devrait poser aucun problème mais pas pour ceux qui nous dirigent), soit parce qu’ils savent qu’ils en profitent (sadisme de l’élite).
En fait, sans misère, la vie serait trop « facile » et ennuyeuse. Il faudrait peut-être créer des bagnes sur la base du volontariat : ceux qui n’ont plus de motivation parce que la vie est trop facile pourraient aller faire un séjour dans un bagne pour se regonfler (et y rester s’ils aiment la vie dure !).
Or, la justice ne répond pas à l’applaudissement mais à la règle de droit ; elle protège la société contre d’éventuels « délires populistes » qui pourraient mener, par le simple jeu des majorités, vers la barbarie ou l’arbitraire.
Si la justice est la justice universelle, alors d’accord. Mais si c’est celle qui permet, avec ces lois absurdes, de fabriquer les milliardaires, alors la « justice appliquée » nous mène toujours à la dictature par l’argent, à l’oligarchie qui s’apparente à la barbarie et l’arbitraire.
Les constats sont justes mais pas de solutions car les élus proposés à l’élection par les médias des riches ne scieront pas la branche sur laquelle ils sont assis en taxant ceux qui les ont mis en place.
La France a historiquement déjà taxé le capital (et non le revenu) pour se renflouer très vite en 1945. Voir l’explication de Thomas Piketty :
« Heureusement », la France a échappé à cette expérience assez malheureuse du « communisme ».
Le parti communiste était très important après la guerre. On avait un système planifié (comme la Chine tous les 5 ans) avec de nombreuses entreprises publiques : c’était nos 30 glorieuses.
Les économistes de pacotille (libéraux) tirent à boulets rouges sur les entreprises publiques car elles sont moins productives que les entreprises privées. Oui, mais elles sont plus rentables que des chômeurs dont les entreprises privées n’ont pas voulu. Le chômage a commencé à exister quand l’état s’est limité financièrement (avec la lois Rotschild Pompidou Giscard de 1973). Mais avec des entreprises publiques et une création monétaire, le chômage peut rester à 0 aussi longtemps que l’on veut (oui ça génère de l’inflation, mais ça génère aussi plus de richesses que des chômeurs inactifs).
Le but était donc clairement de créer de la misère pour permettre aux riches de vraiment s’enrichir avec le chômage, et le chômage et la misère en général sont les meilleurs ingrédients pour exploiter. Sinon, sans chômage, les gens changent de boulot quand il est mal payé ou trop difficile.
« Derrière le discours policé sur la « cooptation », il faut entendre une réalité plus crue : celle d’un système où l’accès à l’emploi dépend de qui vous connaissez. On ne peut pas dire que c’est truqué, mais il s’agit clairement d’un système fondé sur la confiance »
Non, ce n’est pas du tout basé sur la confiance. C’est un système basé sur la lâcheté, l’absence totale de morale. Et c’est bien ce que l’on veut généraliser : des travailleurs sans aucune morale. Pour faire carrière, il faut être anti-social : très à l’aise et agréable en apparence, égoïste au plus au point dans les faits.
J’étais sur le marché du travail (après études d’ingénieur et service militaire) début juin 1995. J’ai trouvé (pas dans ma branche) en février 1998, pour faire ce que j’appelle de la bureaucratie privée. J’ai enchaîné assurance, paye, banque et j’ai fini par démissionner (et je ne regrette pas du tout).
Notre société cherche à détruire ce qui a fait la force de la France : une solidarité, une certaine égalité. Maintenant, il faut être lâche, égoïste, et faire partie d’un réseau (religion, mafia d’école, cercle d’amis, famille). C’est à l’anti-thèse de l’esprit français de la Révolution. C’est la France qu’on détruit et c’est méthodique (ce n’est pas fait au hasard). J’ai moi-même décidé (dès 25 ans) que je n’aurai pas d’enfants dans ce système, mais rassurez-vous, il y en a plein qui en font pour être aidés (à moins de 25 ans on peut toucher des aides alors que seuls, on a droit à rien). Donc on favorise les lâches et les irresponsables. C’est bien une destruction.
Pour moi, ça a commencé en 1973 (début du chômage en France : perte de souveraineté monétaire, le choc pétrolier a bon dos) et ça s’est accéléré en 1993 (début du chômage des ingénieurs : après la chute du bloc soviétique, la France était parmi les nouveaux pays à abattre pour diverses raisons qui sont méthodiquement éliminées).
De manière globale, si des études de plus de 20 ans ne permettent pas de vivre décemment et sans dépression, alors notre « civilisation » est un échec. J’aurais nettement préféré commencer à travailler plus tôt et progresser au travail. Dans la nature on ne cherchait pas de travail, nos parents nous apprenaient ce qui était indispensable pour vivre, et on commençait à participer progressivement à la vie du groupe. Pourquoi avoir cassé ça ? Pour soumettre, en masse dans un système de plus en plus oppressif. Le chômage et la séparation études / travail remplace les guerres d’autrefois.
Je pourrais ajouter un frère suicidé à 24 ans (insertion également très difficile dans le monde du travail malgré une licence) et une sœur très certainement morte suite au vaccin Covid à 52 ans (après un parcours professionnel également très compliqué). Voilà la France d’aujourd’hui : on prend les jeunes de bonne volonté, et on les détruit sauf s’ils sont lâches et irresponsables, alors là c’est tapis rouge.