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Pierre-Marie Baty

Pierre-Marie Baty

Felix qui potuit rerum cognoscere causas.

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Derniers commentaires



  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 24 octobre 2012 02:31

    La thèse que vous exposez est le fondement de l’anarchie politique, au sens noble du terme. Ceci est une bonne chose en soi, et assurément un but collectif valable à atteindre.


    « Soyez à vous-même votre propre refuge. Soyez à vous-même votre propre lumière », disait le Bouddha.

    Mais l’exercice de sa responsabilité personnelle requiert une grande clairvoyance quant aux conséquences possibles de ses propres choix. Aujourd’hui, nombreux sont les gens qui ont peur de penser par eux-mêmes. Je pense y voir deux raisons : la première, c’est que leur mode de vie les a rendu bêtes et qu’ils en ont bien conscience ; la seconde, c’est parce que, comme le disait Alinéa plus haut, les prescripteurs de pensée, qui promettent aux gens l’économie de la réflexion et l’immunité quant au résultat, sont particulièrement nombreux.

    Il n’y a pourtant que deux manières d’user du temps qui nous est imparti : soit on le perd, soit on le prend.


  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 24 octobre 2012 01:09

    Vous n’êtes pas si différente de moi, et je ne suis pas si différent de vous. Si j’étais sûr d’être bien compris (et allez ! Faisons confiance...) je dirais que nous sommes la même personne.


    L’ego est un concept arbitraire, dont nous appliquons les premières semaines de notre vie à délimiter le périmètre.

    Ainsi, vous remarquez que nombreux sont ceux aujourd’hui qui sont hypnotisés par l’obsession de contrôle : sur leur vie, et sur leurs prochains. En découlent les comportements de séduction, de corruption, d’intimidation, de violence ou de mensonge. Et effectivement, ces comportements sont nombreux dans notre société. Mais du point de vue du gourou, ce type de comportement est aussi absurde que celui selon laquelle la main gauche d’un homme voudrait s’opposer au mouvement de sa main droite.

    Parce que pour lui, tout est un. Il est impossible qu’un sage authentique insère une volonté de contrôle dans son discours. Ce serait comme s’il s’administrait lui-même un poison. Ce type de falsification du message ne peut être que l’œuvre de quelqu’un qui est dans l’erreur, quelqu’un qui se pense encore séparé du monde : typiquement, le copiste ou le scribe, dont le travail est de propager l’enseignement du gourou, et qui croit bien faire.

    Il ne faut pas longtemps pour qu’un message de sagesse authentique soit falsifié. Ce constat ne nous invite-t-il pas à développer la nôtre propre ? smiley


  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 23 octobre 2012 18:45

    C’est exact, je confesse que je connais très mal la maçonnerie. Je n’ai que le point de vue de tout ce que j’ai pu lire à son sujet, qui a d’ailleurs le plus souvent été écrit par des profanes. J’accepte donc sans problème que vous invalidiez mon argument.

    Je note en tout cas avec un certain plaisir votre réponse : « Néanmoins ceux qui se permettent des »erreurs« genre faire partie des Témoins de Jéovah ou autres impasses, seront peut-être plus lents que d’autres pour arriver à Rome.. »

    ... mais ils y arriveront. smiley

    Laissons à chacun le soin de trouver son propre chemin. Je ne pense pas que Guénon ait bien fait de dénoncer ce qui ne lui convenait pas : ça a peut-être convenu à d’autres ? Vous savez, il y a même aujourd’hui des gens qui vivent très vertueusement selon les principes de la religion Jedi de Star Wars... Faut-il en rire ? Si ça les rend heureux, si ça les rapproche de l’unité, je ne vois pas au nom de quoi. smiley



  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 23 octobre 2012 17:28

    Je ne souhaite pas entrer dans une guerre de citation, je trouve ce genre de dissection du message de l’interlocuteur assez déplaisant, je ne vais donc pas vous l’infliger.

    En disant que les idées de Guénon ne sont adéquates que pour lui-même, je parlais bien d’adéquation. Le message de René Guénon peut avoir du sens pour beaucoup d’entre nous, mais n’est adéquat qu’avec sa pensée à lui.

    Accepter les idées de quelqu’un ne fait pas de ses idées les vôtres ; elles ne le seront, que lorsque vous les aurez toutes vérifiées.

    Il est inexact de dire que Guénon s’est tourné vers le soufisme parce qu’il ne trouvait pas de cadre à une initiation ésotérique occidentale. A ma connaissance il était lui-même franc-maçon et est entré en maçonnerie précisément parce que c’était le seul lieu où il pouvait espérer la trouver. Cependant, comme à beaucoup d’autres, les rites maçonniques lui ont laissé une impression d’inachevé : il lui fallait cette dimension d’application concrète de ses idées qui n’est pas évidente à la franc-maçonnerie.

    Le soufisme, en revanche, possède un pendant applicatif : on est soufi en corps et en esprit. On ne fait pas que réfléchir et spéculer, on agit et on vit en soufi. Mais je remarque quand même que, alors qu’une des spécialités de Guénon était de descendre en flammes les échafaudages spiritualistes de ses contemporains en écrivant contre leur doctrine, le soufisme aurait dû, s’il l’avait véritablement embrassé et compris, lui enseigner de se taire et de considérer qu’après tout, tous les chemins mènent à Rome ; et que le chemin le plus court ne se partage pas car il est propre à chacun. C’est seulement à la fin de sa vie qu’on le verra véritablement se conformer à cela.



  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 23 octobre 2012 14:16

    Ce qui me dérange chez Guénon, c’est que toutes ses idées se basent sur un postulat d’existence d’une « tradition » perdue, au sens qu’il lui donne c’est-à-dire en simplifiant : « autrefois on savait (le secret de la vie, de l’univers, du bonheur, de l’unité etc), et maintenant on ne sait plus. »

    Bien que j’admette sans mal qu’épisodiquement, certains individus dans l’histoire du monde aient pu atteindre cette compréhension, et l’ethnologie nous en donne d’ailleurs de nombreux exemples, à ma connaissance aucun n’a réussi à partager cette connaissance avec ses voisins. Je ne connais aucune tentative de propagation d’une révélation qui n’ait abouti à la dénaturation du message.

    Le premier écueil est qu’entre l’idée de la chose et sa formulation, c’est-à-dire entre la pensée du gourou et son message, lequel message est nécessairement basé sur un jeu restreint de symboles, j’ai nommé le langage, il y a déjà appauvrissement. La première concession à l’encontre de l’intégrité de l’idée est effectuée par celui-là même qui entreprend de la transmettre : il doit choisir des termes, c’est-à-dire simplifier.

    Le second écueil est qu’ensuite, une fois le message simplifié formulé (prononcé ou écrit), pourrait-on dire encodé sous un jeu de symboles, l’interprétation de ces symboles par le destinataire intervient. Car le langage a ceci de particulier qu’un symbole ne désignera pas exactement la même idée chez deux auditeurs différents. La seconde concession à l’encontre de l’intégrité de l’idée, et la première concession à l’encontre de l’intégrité du message, est effectuée par celui qui le reçoit.

    Le troisième écueil intervient quand, une fois le message reçu, son récipendiaire se rend compte qu’il n’est pas intégralement décodable, et se met alors à y chercher un sens alternatif. C’est la seconde interprétation du message, ou relecture, qui est la troisième concession à l’encontre de l’intégrité de l’idée, seconde concession à l’encontre de l’intégrité du message, et première concession à l’encontre de son interprétation littérale. Comment voulez-vous, avec cela, que l’idée du gourou soit correctement transmise ?

    Le seul langage non-ambigü dont dispose l’humanité est à l’heure actuelle le langage mathématique. Ce ne serait pas une mauvaise idée, à mon avis, d’en tenter enfin l’emploi sur ces sujets-là — et si nous découvrons que sa symbolique est trop pauvre pour exprimer l’idée sans la trahir, alors c’est peut-être qu’il est temps de changer de paradigme.

    La seconde chose qui me dérange chez Guénon c’est une certaine propension naïve à idéaliser les spiritualités orientales avant même de les connaître. Je dirais que c’est le syndrôme du « si ça va mal chez moi, ça ne peut qu’aller bien chez les voisins ».

    Guénon a apporté une grande contribution à la philosophie occidentale en général, et une foule d’idées pertinentes ; pour autant, en faire le maître à penser, l’horizon indépassable de la pensée me dérange. Guénon c’est, pour moi, un aventurier du spirituel qui a trouvé des choses intéressantes et a tenté tout au long de sa vie de les organiser dans un système cohérent. Mais son système, bien qu’il contienne des idées intéressantes, n’a eu d’adéquation que pour lui-même et il est vain d’en faire un maître à penser.

    Cela dit, il s’est initié au soufisme à la fin de sa vie, signe heureux qu’il avait déjà mis de l’eau dans son vin.

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