Où êtes-vous aller chercher que les Français ne travaillent pas ? Pourquoi répétez-vous comme un perroquet que le travail « coûte » alors que c’est justement lui qui produit de la richesse ? Voulez-vous que nous fassions une petite expérience ? Mettez d’un côté un gros tas d’argent (le capital) et de l’autre tout ce qu’il faut pour bâtir une maison (les matières premières), revenez dans un an et dites-moi, sans intervention du travail, ce qui se sera passé.
J’ai eu une entreprise, je ne tombe dans aucune hystérie anti-patronale et je sais sans doute mieux que vous ce que sont les difficultés (par exemple avec les banques) d’une petite structure. Mais de grâce, n’imitez pas le Medef en utilisant les petites entreprises comme un paravent pratique pour la fantastique captation de richesse à laquelle se livrent les grandes.
Une dernière chose avant de retomber dans la torpeur caniculaire. Savez-vous ce qui détruit de l’emploi ? La constante progression des sciences et des techniques. (En passant, c’est elle aussi qui est à l’origine de la prospérité actuelle, pas le capitalisme, qui s’est plutôt développé comme un parasite de ce processus.) Si la viabilité du monde dépend des « cotisations », comme vous l’avancez, et non de la productivité humaine (mais songez quand même que celle des machines en fait indirectement partie) quel avenir voyez-vous à nos sociétés ? Un monde parfait, au détail près que l’homme n’y aura plus sa place ? L’ennui, c’est que ça ne marche pas. Regardez la quasi récession dont est victime la France (et qui touchera bientôt l’Allemagne) parce que les politiques de rigueur à la mode assèchent le portefeuille de ses clients.
S’il faut refaire le monde, cela commencera effectivement par la parole. Mais certainement pas quand on se sent obligé, comme vous d’aligner les propos de comptoir. La France est un pays respectable où il y a, croyez-moi, plus de joueurs que de spectateurs ou d’arbitres. Au fait, si vous ne l’aimez pas, comme dirait un nain de sinistre mémoire, pourquoi ne la quittez-vous pas ?
En parlant de sable, ô splendeur Cozinale, au lieu de l’arroser, vous me semblez plutôt du genre à avoir besoin d’en importer au bout de trois ans, si on vous offrait le Sahara.
L’ennui, avec les gens comme Cozin, c’est qu’ils écrivent leur petite mélodie, y ajoutent des paroles, se fredonnent la chanson et croient qu’ils parlent de la réalité.
Alors, juste une petite piqûre de rappel : les « charges », sire Cozin, sont tout bêtement un salaire collectif indirect. Alors soyez courageux, écrivez « si les salaires étouffent désormais le travail ». Le problème, c’est que ça ne veut strictement rien dire ? Oui, je sais, mais ça, c’est votre problème.
« Le travail devenu non compétif »... D’après quels critères ? L’évangile selon Saint Cozin, inspiré des oeuvres immortelles de M. Friedmann ? Une comparaison avec le coût du travail en Chine et dans les pays émergents ? Une consultation approfondie du marc de café, un soir après avoir fumé la moquette ?
Les solutions des « sociaux conservateurs », comme vous dites, intéressent si peu de monde que les Etats-Unis (un pays du genre de la Corée du Nord, sans doute) suent sang et eau pour tenter de se doter du système de protection médicale et sociale que vous jugez obsolète.
L’enjeu, aujourd’hui, maître Cozin, c’est que tous les esprits de bonne volonté se mobilisent pour dépasser les âneries destructrices que vous vénérez tant : marchés, compétitivité, dette souveraine et autre rigueur budgétaire. A part quelques propagandistes de bas-étage encartés au Medef, personne ne fait mine de croire que ce sera facile ou indolore. Mais c’est indispensable pour offrir à l’humanité, une espèce ancienne et noble, une fin moins cruelle (et plus tardive) que celle mijotée par les turiféraires de BFM-TV et de Françoise Parisot. Tout est là, mais ce propos, je n’en doute pas, vous passera largement au-dessus de la tête.
A mourir de rire, tous ces naïfs qui crèvent de peur devant les jeunes de banlieue pendant que Moody’s et Standard, bien planqués dans leurs bureaux, leur taillent un costard en sapin. Heureusement qu’il y aura toujours des comiques pour illuminer nos journées.