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sasapame

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38 ans. Ingénieur en mécanique. J'ai épaulé durant plusieurs années Étienne Chouard dans sa recherche sur les institutions. Ancien adhérent d’ATTAC, orienté sur la question européenne. J'ai été membre du Conseil national et, un temps, secrétaire aux questions européennes, monétaires et financières du M'PEP. Depuis 10 ans, une part importante de mes recherches porte sur l'arnaque du réchauffement climatique.

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  • Premier article le 21/06/2012
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Derniers commentaires



  • sasapame sasapame 27 octobre 2007 19:21

    A Bigre :

    Une constitution doit dire : « Le parlement fixe les modalités de fonctionnement de la BCE » et pas « La BCE doit fonctionner comme ça ! ».

    Je ne suis pas d’accord, et je pense que ce n’est pas l’avis de l’auteur.

    Votre proposition est alléchante en plus d’être simple, parce qu’il semble qu’elle revient à dire : remettons cet instrument, le contrôle de la création monétaire (des règles du crédit, ...) sous le contrôle complet du Souverain. Avec cette idée je suis d’accord, mais ce n’est pas ainsi qu’il faut formuler la concrétisation constitutionnelle. Le Souverain, c’est la nation, pas le parlement. Une nation, c’est un peuple doté d’une constitution, donc de Pouvoirs séparés et d’un régime qui garantit la protection des droits fondamentaux de l’individu. Le Parlement, c’est supposé être le premier des Pouvoir constitués, le plus décisif, mais pas le despote qui a tous les pouvoirs, y compris celui de changer à discrétion les règles de la constitution.

    Le parlement doit-il pouvoir décider lui-même, sans référendum (changement de constitution) de modifier les missions de la banque centrale, les grandes règles du contrôle bancaire, ... ? Non.

    L’exemple des Etats-Unis est emblématique : la constitution (article I, section 8) lui donne le contrôle complet de la monnaie (de l’impôt, du crédit public, des changes, ...) mais en 1913 le parlement vota la création de la Federal Reserve, dont les statuts transfèrent à une instance indépendante (du Parlement) le contrôle de la création monétaire et des règles bancaires. Vous avez là un cas exemplaire d’un parlement qui, dans une ère ultra-libérale, et sous le gouvernement de types acquis à la haute finance, a changé la constitution et « libéralisé » la monnaie, bref, a entériné un coup d’Etat. En douce. La constitution américaine est-elle violée ? Non, si on, considère que le Parlement de demain peut abroger la loi (organique) sur laquelle repose la Fed... Mais après ce coup, rares sont ceux qui, parmi les politiques susceptibles d’être entendus ou élus, ont seulement osé annoncer leur volonté de revenir là-dessus (certains sont morts par balles ; on ne saura pas s’il existe un lien, les morts ne parlent pas...) On notera qu’en France, la constitution ne nous protégeait même pas puisque rien n’y fait référence au contrôle de la création monétaire, du Trésor, au crédit bancaire. En outre, je ne sache pas qu’avant 1913 une loi américaine imposait aux banques que les crédits en dollars soient couverts à 100% par des dépôts immobilisés... On en était, comme toujours, vers 10% ou moins de réserve. Et puis, la Fed n’est pas arrivée d’un coup dans cette histoire, il y eu d’abord les « banques à chartes » (le concept me fait un peu penser aux « compagnies de gouvernement » de l’empire britanique...) Donc on peut se demander si le Parlement contrôlait la monnaie, donc appliquer la constitution. Autre élément : lorsque les eurodollars se mirent à pousser, que fit le Parlement américain pour remplir son devoir de « fixer la valeur du dollar par rapport aux autres monnaies » ?

    La constitution doit, au contraire, organiser suffisamment le fonctionnement de la BC(E), définir les grandes lignes de ses missions, et plus encore, s’agissant de ses devoirs, définir ses liens de contrôle, de contre pouvoir avec le Parlement ou autres pouvoirs (la Cour des comptes, ...)

    Pour autant, il faut évidemment remettre la BC sous contrôle, le plus démocratique possible. AJ Holbecq propose que la Banque centrale soit « politiquement indépendante » : le terme me semble un peu ambigu. Il parle aussi de « 4e pouvoir » : celui-là me convient mieux.

    Doit-il appartenir à la BC de décider elle-même, si elle accorde un prêt à telle ou telle collectivité publique, et à quel taux ? Comme c’est le cas aux USA : la Fed est évidemment une banque privée, elle a ses actionnaires, qui se servent en dividendes jusqu’à hauteur de 6%... (on peut imaginer que son directoire lésine sur l’octroi de prêts qui menaceraient à court ou moyen terme d’amputer ce résidu...) Evidemment non.

    Est-ce que, pour autant, le Parlement seul, soit quelques centaines d’élus parmi les candidats présélectionnés par un duo de partis, machines à élire intrinsèquement très peu démocratiques, quelques associations de notables et autre presse entièrement dépendante des lois du marché (je parle de ce qui est - je pose l’idée que la question renvoit à d’autres problèmes constitutionnel)... peut disposer directement et faire ce qu’il veut avec la planche à billet ?

    AJH semble en tous cas nous dire que : 1. la BC doit posséder une « indépendance politique » au sens de la séparation des pouvoirs ; 2. mais c’est à des instances démocratiques non inféodées à la BC de décider des investissements publics ; 3. mais ces dernières doivent présenter (au Parlement ?) un plan d’amortissement. Et au bilan, la Cour des comptes ou je ne sais quel autre Pouvoir peut et doit arbitrer, et cela doit se faire en tenant compte de la politique fiscale, nationale et locale, de plans se développement.

    Il faut admettre que cette réflexion institutionnelle est en chantier. Mais plus en détail, tel que je vois les choses, il faut absolument démocratiser le contrôle de la monnaie et de l’investissement public. En un mot, il faut rendre à l’État le contrôle de la monnaie et des missions de service public, mais dès lors, poser clairement la question : c’est quoi, l’État ? ...

    Il faut imaginer un ensemble de processus ouverts, en partie locaux, de décision portant à la fois sur la mise en oeuvre du (des) « plan(s) » et sur l’expression des besoins : référendums, conférences de citoyens et autres moyens de décision permettant d’établir démocratiquement les priorités en matière de besoins sociaux, locaux et nationaux - le principe de l’économie écosociétale me semble aussi pouvoir introduire dans ces plans « l’offre de travail », d’entreprises privées proposant de réaliser des missions de « service public », et pouvant être financées en conséquence, donc comme des investissements publics.



  • sasapame sasapame 29 septembre 2007 18:57

    Par « dettes pourries » que la BCE aurait « racheté en masse » Je ne parlait pas de « subprimes » qu’elle aurait pris en pension épisodiquement ou non. (Qui, d’ailleurs, le saurait ?)

    Je parlais en général de ce contre quoi la BCE a échangé la monnaie crée en août. D’une manière ou d’une autre, et à moins que la masse monétaire ne se soit envolé, ce qui figurerait dans le bilan, elle a bien racheté en masse des titres de créance.

    Certes, je les ai globalement qualifiées de « pourries », ces dettes ainsi rachetées. Dans un monde qui vit sur une montagne de dettes en chaîne, avec un tel taux d’investissement productif, et dans une situation pareille...

    Mais si ce sont en partie des obligations d’Etat, c’est bien que les Etats ne sont pas en « faillite » ? Sinon, quelles « garanties »...

    Tu rappelles que ces refinancements sont opérés pour une très courte durée. Et ensuite ? Quand bien même les titres tournent, au bilan, ces contreparties appartiennent-elles à la BCE ? C’est à dire, euh, à qui ?



  • sasapame sasapame 29 septembre 2007 11:31

    Une question. Les centaines de milliards d’euros injectés cet été par la BCE, ça ne représente pas environ + 60% de la masse monétaire (fiduciaire) en euros alors en circulation ? Comment se fait-il que fin décembre 2007 on n’annonce « que » 11% et quelques d’augmentation de la masse monétaire, soit pas plus que ce qui se fait depuis des années ? Faut-il comprendre que la BCE a annulé purement et simplement, en les rachetant en masse, toutes ces dettes pourries (faute de quoi ces « titres » - ou bien leur nouvelle « contre-partie » pèseraient démentiellement dans le bilan) ? Et mes dettes, à moi ? Et celles de ma boite ? Et celles des Etats européens ? Sans parler du fait que c’est doubler la mise pour la prochaîne menace de crash. Toute cette monnaie qui va faire des petits en monnaie scripturale (en crédits avec intérêts refilés aux mêmes faux monnayeurs et promoteurs de cette finance globalisée) et en bulles financières...



  • sasapame sasapame 29 septembre 2007 11:28

    Merci André-Jacques pour ton article très soigné.

    Hier, ma boite nous a annoncé :
    - que nos salaires ne seraient pas versés avant deux semaines. Il faut que j’emprunte pour couvrir le trou
    - que sa banque a refusé, cette fois, de prêter quelques millions pour combler le manque de trésorerie
    - que pourtant, la boite a remboursé une bonne part de ses dettes, et qu’on a dégagé des bénéfices (plusieurs millions d’euros) encore cette année ; la boite est « saine »
    - mais que nous sommes dans le rouge pour diverses raisons qui tiennent aux délais de paiement ou à des modifications des délais de paiement : dans la répercussion des hausses incessantes du prix des matières premières, qui pèsent énormément dans notre domaine ; dans les masses de contentieux commerciaux avec les clients qui nous font crouler sous les investissements faits pour les fournir, et qui souvent retirent leurs achats bien avant la fin prévue (les contrats ne les engagent ni sur le volume ni sur la durée) ; jusqu’au réactions de fournisseurs qui flairent l’approche de la faillite de leur client), sans parler des nombreuses traductions directes du pillage par nos gros clients (leurs actionnaires) dont plusieurs figurent au CAC40 - par exemple, le transfert d’un tas de coûts d’études, que j’évalue en moyenne à 10% du CA par affaires « gagnées » (sinon on n’en prend même plus, or dans ce système où tout ce qui peut se piller l’est tôt ou tard par l’actionnaire, il faut toujours grossir, ouvrir des fronts ; soit tu gonfles l’échelle, soit tu crèves)... Toutes les semaines je vois ou je m’entends raconter des cas d’acheteurs aux dents longues qui nous pressent le citron ; quand ça marche, eux ils montent ; quand le fournisseur crève, c’est l’effet de la nature. Le plus effrayant, peut-être, c’est que tous les individus de la chaine qu’on nomme cadres, même les tout petits, jouent dans cette machine absurde un rôle conditionné.
    - qu’on saura bientôt si la boite est en redressement ou autre régime de protection juridique... dans lequel on sait qui assumera les pertes, qui couvrira les dettes en les gelant... Des centaines de gens attendent de sales mois. Des usines vont fermer. Plusieurs de nos gros concurrents sont morts, un encore cette année qui équipait dans son domaine en gros tous les moteurs de la moitié des petits voitures « françaises »... Parfois, le client se trouve tellement dans la merde lui-même qu’il assume en bonne part la perfusion (« faire et défaire »...) de sorte que pour honorer ses actionnaires il redoublera ailleurs l’intensité du pillage des fournisseurs et de ses propres ressources.

    Mais « la bagnole européenne (et américaine) est en crise »... qu’on nous dit. Comme EADS... Un tissus de mensonges odieux, une absurdité qui se résume dans les propos récents du PDG de PSA : « Cette année, »on« est n°2 européen ; notre objectif c’est d’être n°1 l’an prochain ; pour ça, on va licencier [...] ». Car des produits on en vend, toujours plus, même, et pas moins cher (à quoi sert de trouver de la main d’oeuvre bon marché ?) ; des bénéfices, on en fait croissants, qui sont pillés au double par des actionnaires aveugles... dont 5 millions sont nos « concitoyens » (combien de petits porteurs ? Que leur donne-t-on d’autre à faire d’un pognon qui ne sert plus à rien à 97% qu’à faire tourner une machine de pure domination et de pure destruction ?) Tandis qu’à produire des bagnoles tous les 2 ans, on voit une industrie de haute technologie saccager tous ses métiers et mener des projets dans lesquels seuls les postes de gestionnaires parasites (acheteurs, commerciaux, « qualiticien », managers en tout genre) se développent. C’est très simple, vous mettez face à face de ces gestionnaires de lignes de comptes côté client et fournisseurs, vous jouez aux enchères inversées, dans un contexte d’urgence et de méconnaissance complète des enjeux techniques et logistiques ; une fois le contrat signé, le reste suit... Bref, des enseignes qui se targuent de « créer » des bagnoles dans leurs réclames sont déjà devenues des coquilles vides, des « Nike » models. Et toute la chaîne y passe. Des centaines de milliers d’emplois en France ; métiers, savoir-faire et gagne-pain pour des familles, dont une très grande part en « province ».

    Bilan, comme l’a dit « chez nous » un gros bras de service, dont l’embauche récente semble indiquer la dernière ligne droite avant que la boite gagne une ligne dans la rubrique nécrologique et dans une presse non uniquement adressée aux rentiers : si il y a la moindre action sociale, « on » est morts. On reconnaît une situation de guerre, de lutte pour la survie, quand toute l’équipe oublie ses conflits d’intérêts internes et n’a plus qu’une voie de réaction collective. Que ça bouge et la production baisse, et nous, tous, on a plus que jamais le couteau financier sous la gorge.

    Quel rapport avec l’article d’AJH ? Il s’agit de voir que non seulement pour un Etat, mais même pour une entreprise, la dépendance au capital est absurde et dévastatrice lorsque le capital appartient à des entités étrangères à la communauté d’individus qui produisent. Et que ce sont toujours les mêmes, et l’État, qui paient les rentes de ceux qui ont de ce capital, chose la plus superflue qui soit. Quand on admet cette première absurdité, on admet tous ses développements, de l’impérialisme à l’idéologie gestionnaire totalisante, en passant par les fonds de pension.

    Ce qui manque peut-être à ton article c’est, dans la continuité, des explications sur l’économie sociétale. Je crois que certains se méprennent sur ta conception de la planche à billets, s’imaginent que tu vends un miracle d’enrichissement collectif qui n’a pas besoin de production. C’est bien le minimum que de rappeler qu’un investissement public absorbe(rait de nouveau) la création monétaire tout en déclenchant d’autres effets de croissance dans le secteur marchand. Mais peut-être faudrait-il l’expliquer par des exemples. Je crains que ceux-là ou d’autres ne soient pas bien conscients de l’ampleur du gâchis que le capitalisme financier - surtout au présent - apporte dans l’industrie, à quel point ce système est non seulement injuste, mais même d’une évidente « inefficacité économique ». Il s’agit de dire qu’on ne devrait pas avoir besoin de capital pour produire si on le décide. A minima quand c’est une nation entière qui le décide pour elle-même, soit dans toute activité où l’investissement porte sur la production d’un service « public », « sociétal », bénéfique et souhaitable...

    Pour le reste, les choix de société s’expriment sur d’autres modes. Si on arrêtait l’automobile, au moins ça justifierait ce qui se passe dans ce secteur en Europe et aux USA. Mais c’est l’inverse qui se produit. Et pas la peine de chercher loin pour savoir qui a le pouvoir de décider qu’on fera de la bagnole propre : ceux qui concentrent le capital et les leviers systémiques de la finance. Voilà qui nous ramène toujours ou presque aux grosses banques privées, lesquelles possèdent presque tous les leviers fous de l’économie virtuelle et réelle, du privilège de la création monétaire aux fonds de pension, en passant par la spéculation sur les changes et les produits dérivés (y compris donc, comme l’ont montré F. Morin et F. Lordon, le pouvoir de guider les « taux directeurs » comme les injections de monnaie centrale : totalitarisme financier oblige, pour sauver tout le monde il faut sauver les principaux bourreaux et promoteurs de ce système de fous).

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