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  • Premier article le 29/04/2014
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  • Wilemo Wilemo 7 septembre 2016 14:16

    @Wilemo
    A vous relire, je ne suis plus sûr que j’abonde dans votre sens smiley . Vous semblez blâmer l’inconséquence des pouvoirs publics à promouvoir une île insécure, tandis que je blâme les pouvoirs publics (de l’époque) de l’inconséquence d’une discrimination structurelle (salaires) et psychologique (l’entre-soi et les propos discriminatoires quotidiens) d’un territoire à la base désireux et fier d’être intégralement français, ce qui, de mon point de vue, a entraîné cette île dans une insécurité prévisible de longue date. 



  • Wilemo Wilemo 7 septembre 2016 13:51

    Merci pour ce petit retour de la situation mahoraise.

    Je pense aller dans votre sens en racontant brièvement mes 2 ans de « service militaire adapté » (c’est un engagement court) dans ce qui était encore une collectivité territoriale, devenue depuis département.
    Pour rappel, et de mémoire, les mahorais ont voté massivement l’adhésion à la France en 1976. Ils voulaient être français.
    Je suis arrivé de métropole en 2001. Mon salaire métropolitain était d’env. 7000 francs ( le smic), mais les diverses primes m’ont fait touché plus du double par mois. Parallèlement, il existait un smic local qui était d’environ la moitié du smic de métropole. Ca ne semblait choquer personne... en tout cas pas les métro ou les réunionnais, qui possédaient la plupart des entreprises, et monopolisaient les services territoriaux. Les métro. vivaient plutôt entre eux, qu’ils soient militaires, enseignants ou travaillant à la préfecture, fréquentaient les memes bars (les mahorais sont musulmans... ca aide !, s’autorisaient le supermarché flambant neuf pour acheter des produits métropolitains hors de prix).
    Et la substance des échanges de ces soirées d’entre-sois - dans des quartiers presque réservés (loyers élevés, donc ça trie pas mal), possédés par des metro. mais sécurisés et entretenus par des autochtones - c’était que le local n’était pas assez compétent, fainéant... et tous les poncifs raciaux du bon évangélisateur, appliqués tant au mahorais qu’à l’anjouannais, tandis que le mahorais tendait à se disculper en rejetant la faute sur l’anjouannais illégal. Le fameux « diviser la communauté d’humains pour mieux régner ».
    A l’époque, on blâmait ces pauvres hères qui ne comprenaient pas notre apport culturel, et qui devenaient de plus en plus anti-blancs...
    Pendant 2 ans, j’ai vécu dans une région colonisée, en tant que colonisateur, non par la formation que j’apportais, mais par les différenciations salariales et l’entre-soi permanent, et lorsque je suis rentré, les amis et collègues niaient ce truc comme un inconscient collectif qu’on ne souhaite absolument pas voir. J’en ai été malade, et je redoutais déjà ces jours où les plus jeunes trouveraient des motifs d’exclusions à leur portée. Tous les jours, mes stagiaires de 18 ans avec qui je parlais me disaient : « les français, vous êtes racistes ! »... et c’était vrai. 
    Qu’est devenue aujourd’hui Mayotte, quel est le taux de salaire horaire, qui possede les intérets économiques, quelles sont les possibilités réelles des mahorais de « s’émanciper » socialement, etc..., je ne sais pas, mais si la tendance s’est poursuivie comme je l’ai vécu, je peux comprendre ce qui se joue.


  • Wilemo Wilemo 7 septembre 2016 12:51

    5,111 millions d’habitants en UE, ça me parait, ou trop peu (5,1 millions) ou beaucoup trop (5,1 milliards) smiley
    Dans le doute, je déplace la virgule, et j’opte pour un salutaire 511 millions d’habitants ! smiley smiley



  • Wilemo Wilemo 3 septembre 2016 11:41

    Pas d’accord avec l’article.

    Outre que ça donne de l’importance à une thématique qui commence à me courir sur le champignon (mais là, c’est tout à fait personnel), les réponses proposées ne font qu’alimenter une sur-enchère agressive entre les protagonistes. Ceci dit, les arguments sont bien posés.
    Longtemps partagé entre le refus de cette provocation (car on ne peut nier que les ventes ont explosé ces dernières semaines) et la liberté de s’habiller, je me suis rangé du côté de l’argumentation de Yann Moix, sur On n’est pas couchés, samedi dernier. En substance, et reprenant le rapport des députés lors de loi sur la laïcité de 1905, il nous rappelle que le principe de laïcité n’est pas un principe d’athéisme de l’Etat, mais que l’Etat ne reconnaît pas les artefacts religieux. Et l’argument proposé est simple : si le port d’une fringue se fait dans le but de provoquer, alors son interdiction ne fera que reporter le problème sur un autre vêtement ou une autre pratique.
    In fine, aux yeux de l’Etat, un vêtement est un vêtement, et nous devrions nous contenter de nous saper comme nous l’entendons, nous, plutôt que de répondre une provocation qui se tarira si elle n’est pas soutenue par notre regard.
    Par ailleurs, l’intégration par l’école et autres thématiques sociales seraient peut être plus à même de régler ces questions identitaires sur le LONG terme. Laissons les courtes vues aux candidats démagogues.


  • Wilemo Wilemo 23 août 2016 12:38

    Le monde agricole est très ambivalent sur son rapport à la production, et pour tout dire assez incohérent, au final.


    Tout d’abord, l’on doit rappeler que le premier syndicat est la FNSEA, syndicat de droite économique (libéral) dirigé par un industriel agroalimentaire. Or, les intérêts de l’industrie ne sont pas ceux des agriculteurs : dans le coût final du produit, ce qui ne revient pas à la production revient à la transformation, ce qui revient à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Par ailleurs ce syndicat préconise la concurrence la plus acharnée, via la liberté de produire (ils sont contre les quotas laitiers). Ainsi, les producteurs sont pour les quotas (ou une forme de protection des prix) à titre individuel, mais votent pour des organisations collectives qui agissent en leur nom contre la protection des prix. En somme la surproduction est organisée.

    Ensuite, Lactalis est un groupe privé, et l’on arguera que l’on peut aussi envisager une forme de pression industrielle en travaillant avec des coopératives.
    Mais en cette matière aussi, il y a une ambivalence, car d’une manière générale, les agriculteurs ne participent pas aux décisions des AG, si ce n’est pour avoir l’occasion de boire un coup une fois l’an et de revoir des collègues. Tout le boulot est fait dans l’année par les cadres du groupes, et à force de déléguer son pouvoir de représentation, se crée une impuissance et un raz le bol matérialisés par les manifs... organisées par la FNSEA, ce qui revient à faire manifester POUR une libéralisation des marchés !

    Enfin, le rapport à la terre, au capital foncier et à la technique reste un rapport d’après guerre : toujours plus. Plus de terre, plus de tracteurs, de bâtiments, plus de productivité... Ils argueront qu’ils n’ont pas le choix, ce qui n’est pas faux, mais globalement, ils s’organisent assez peu collectivement dans des alternatives, conquis par des argumentaires quasi fallacieux de « démarches raisonnées », tout en restant ébahis par des tracteurs derniers cris et des promesses commerciales diverses. Il y a une vraie fascination face à la technicité et la nouveauté, comme s’il fallait effacer encore l’image éculée du plouc illettré qui reprend la ferme familiale parce qu’il ne sait faire que ça.
    Le rapport au travail est aussi très marqué. L’agriculteur se conçoit et s’identifie par le travail, tout en s’en plaignant. Un matériel hi-tech permettrait de gagner 50% de temps... la majorité préfèrera gagner 50% de production et continuant à travailler le même nombre d’heures... pour payer le matériel hi-tech.

    Au final, ils n’arrivent pas à choisir entre l’indépendance et la responsabilité (et les risques) qui va avec, et un soutien qui passerait nécessairement par un encadrement limitatif des pratiques. Ils demandent à l’Etat de « faire quelque chose », mais laissent négocier des politiques libérales via leurs représentants.
    Alors on peut certes boycotter les produits laitiers si l’on veut, mais de mon point de vue, l’efficacité passerait d’abord par une reconnaissance éclairée des enjeux de la part de la profession.

    Pour en avoir parlé avec ma famille d’agriculteurs, ça reste compliqué à entendre.

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