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  • Premier article le 29/04/2014
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Derniers commentaires



  • Wilemo Wilemo 16 juin 2016 15:32

    Bonjour,


    Etant psychosociologue des organisations, je me pose quelques questions.

    Tout d’abord, sans connaitre l’état de l’art sur l’enneagramme, je crois en comprendre que ce modèle dégage 9 dimensions pour caractériser une personnalité. Nous sommes donc ici dans les théories de la personnalité.
    Or, il n’existe à ce jour pas de théorie hyperprobante. Le modèle le plus validé est le modèle dit « O.C.E.A.N. » (ou Big Five) un modèle de la personnalité en 5 dimensions, basé sur la méthode en clusters (corelation entre les reponses à un questionnaire, et analyse factorielle) .
    Toutefois, des chercheurs (dont Leyens, je crois, mais je n’en suis pas sûr) ont remis en cause ce modèle en utilisant une méthodo. consistant à expliquer à des sujets naïfs compétents qu’il faisait l’hypothèse d’un modèle à 3 dimensions... Du coup, le questionnaire pour théoriquement invalider le modèle (car c’est bien l’objectif d’une méthode scientifique) permettait d’obtenir, par la methode des clusters, un modèle en 3 dimensions... Ce n’est que l’une des critiques que l’on pourrait faire.

    Donc ma première question est celle de la validité scientifique du modèle, et de son acceptation par les pairs. L’article ne propose pas de liens-sources pour évaluer le modèle et sa méthodo.

    Dans le meme sens de la methodo et de l’evaluation, l’article propose un lien entre personnalité et régime politique qui est très très cavalier, et plutôt casse gueule à mon avis. A tester, donc.

    Le deuxième point qui m’interroge est celui de l’articulation des traits de la personnalité à un modèle politique. Je comprends bien que l’idée, c’est de dire qu’un tel modèle pourrait aider à faire de la politique, mais je ne comprends pas la proposition. Ce que j’entends, c’est qu’il existe des gens qui, du fait de leur personnalité, ne souhaitent pas, pour faire court, participer au débats publics et aux débats de société. Soit. Mais ça, y’a pas besoin de sociogramme pour le dire. Si les mecs ne veulent pas, ils veulent pas ! Il suffit de regarder les comportements de vote, d’engagement dans des partis, etc...Et alors ça m’amène au danger implicite de cette proposition, qui est d’essentialiser une personnalité. Car si le propos est de dire que certains, par essence, ne s’intéressent pas à la politique, alors pourquoi s’emmerder à essayer de les y inclure ? Il suffit tout bonnement de limiter le debat politique à certains traits de personnalité.

    Bref, je ne comprends pas l’apport proprement politique du modèle, puisque justement son essence est de psychologiser l’individu, là où la politique s’intéresse aux structures d’organisation collectives et communes...sauf dans sa modalité psychologique, qui considère que les agents de la structure doivent être engagé le plus totalement possible pour que le modèle fonctionne. En gros, mise en oeuvre traditionnellement par les ministères de la propagande ou de la communication. Pour essayer d’etre clair, c’est la structure poltique executive qui considère que parmi les dimensions d’action du système, il existe une dimension qui consiste à contrôler les effets de sens sur ses membres.)


    La question finale est donc : quelle est votre proposition de structure commune qui implémente votre modèle, et selon quelles modalités ?

    Ma thèse, c’est de dire que si effectivement, et en dernier ressort, toute la politique repose sur la psychologie des individus (que l’on peut manipuler extrêmement facilement), tout l’enjeu de la politique, c’est justement de tendre à la soustraction du débat public la part proprement pyschologique et individuelle pour se concentrer sur le « faire ensemble » plutôt que le « penser ensemble ».Dit de façon plus lapidaire, y’en a marre de tous ces gens qui essayent de me dire quoi penser, plutot que de me donner les moyens d’agir sans utiliser celui de vouloir dire aux autres quoi penser.



  • Wilemo Wilemo 29 mai 2015 13:08

    @izarn
    Etre « républicain », c’est être pour une république. C’est l’idée qu’il existe un commun, une chose commune qui n’appartient à personne en particulier.
    Mais ça ne dit rien sur la façon dont est régie cette chose commune, ce qui implicitement fait fi de la nature démocrate ou non de la république.

    Par exemple, est ce que les débats qui aboutissent à une prise de décision sur ce commun sont publics, transparents dans les causes et les conséquences, compréhensibles, accessibles et arbitrés par tous ? C’est ce genre de questions qui fonderont la nature du régime. Et ces questions sont généralisables à tous les niveaux subsidiarité (famille, entreprise, commune, circonscription, etc...)


  • Wilemo Wilemo 11 avril 2015 13:55

    Globalement d’accord avec l’article... sauf le titre ! 

    Ou plutôt, il me semble impératif de distinguer explicitement la politique allemande, des allemands, même si l’on peut concevoir, dans l’hypothèse d’une démocratie « pure et parfaite » que l’un et l’autre se rejoignent.
    Les oppositions allemandes à ce modèle sont fortes, et la critique publique bien plus acerbe qu’en France. Ma crainte, c’est que l’on en arrive à opposer des pays sur des bases nationaliste identitaires. Je crois qu’aujourd’hui ce serait parfaitement inenvisageable par tout le monde, mais si se développe l’idée d’ « une nation, un peuple » - ici comme là bas, il faut voir aussi que ce concept englobe l’ensemble de nos rapports à l’autre.
    Le problème est bien là : quelque que soit le niveau d’analyse, si l’on décide de travailler avec quelqu’un, il faut que ce soit avec les mêmes règles d’une part, et d’autre part cette con-fraternité impose une solidarité, c’est à dire du don, de la redistribution, des cadeaux désintéréssés. On appelle ça comme on veut. Mais là on sort du cadre de l’Allemagne, et on entre dans celui de l’UE. C’est en cela que les prêts de la BCE n’ont absolument rien d’une construction politique confraternelle. En UE, nous sommes adversaires, pas frères. Et dans ce cadre européen, « l’impérialisme » n’est pas allemand, il est de nature capitaliste. Celui qui a les moyens de production ne veut pas donner à celui qui ne les a pas. Au mieux, il consent à apprendre à celui qui ne les a pas à les avoir, sans lui expliquer que le jour où il les aura, ce sera la guerre (économique). « Je te prête si tu fais ce que je veux », ce n’est pas la même chose que « je te donne, et tu fais ce que tu veux »
    Il faudrait une Europe politique (ou alors on se quitte bons amis, et on fait une Europe touristique : quand tu viens chez moi, tu joues avec mes règles), mais étonnamment, ce sont les tenants des pouvoirs puissants qui y rechignent (c’est contre les lois du marché).
    Bref ! Blamons des organisations politiques du pouvoir, et pas des gens qui sont d’un pays comme ils auraient pu être d’un autre.
    Je ne crois pas que c’était le but recherché du texte, au contraire, mais c’est toujours bon à rappeler. :)


  • Wilemo Wilemo 20 décembre 2014 13:39

    Les propos de Zemmour (d’une façon assez générale) sont-ils infamants ? De mon point de vue, oui. Ses argumentaires n’en sont jamais. Il commence par une sorte de « phrase-thèse » qui lui sert de postulat sans lequel toute la démonstration tombe, et si l’on a le malheur de mettre en doute le postulat, son objection sera quelque chose qui ressemblera à « on le sait », « c’est bien connu », « c’est comme ça ». Oui, les noirs/basanés sont sur-représentés dans les prisons ; c’est statistique. Mais ça ne dit pas si c’est de la nature de ceux ci d’y être, et le discours de Zemmour tend à vouloir le démontrer. Alors oui, les propos sont clairement racistes.

    Mais le problème aujourd’hui, ne se situe pas là, ni peut être même sur la liberté d’expression, et en cela je rejoindrai peut être Bernard29 concernant la liberté de conscience.

    Le terrorisme intellectuel du moment, c’est de dire qu’on ne peut pas tout dire, parce que implicitement « les gens »sont susceptibles de tout croire, c’est de penser que « les gens », l’autre, celui qu’on ne connaît pas, ne saurait pas faire la part des choses. Trivialement, « les gens sont cons ! »
    Or, on pourrait aussi se dire, a contrario, que cet autre peut tout à fait faire la part des choses, peut entendre ce que dit Zemmour ou machin et ne pas être d’accord, peut trouver que la centralisation intellectuelle sur des problématiques identitaires est absconse, ou que sais-je ! L’auteur d’une parole porte une responsabilité à la hauteur de sa diffusion, certes, mais le lecteur/spectateur/auditeur porte la responsabilité d’avoir une attitude critique, au sens radical du terme.
    Ainsi, à tous, je pose une question, à laquelle je ne demande pas de réponse publique : « selon vous, en votre for intérieur, êtes vous plus ou moins clairvoyant-e) que la moyenne des français ? »

    Une conséquence du processus en cours, c’est que si l’on défend la liberté de parole de ceux avec qui l’on n’est pas d’accord - ce qui me semble une nécessité et une évidence, puisque défendre la parole de celui qui pense comme nous, c’est juste absurde et non-opérant -, alors, au yeux des défenseurs d’une liberté contrainte -, nous apparaissons comme « faisant le jeu de... » Cette tendance devient effrayante. Plus personne n’ose donner un avis qui ne soit pas consensuel, des pans entiers de sujets deviennent inabordables, les repas de famille deviennent tendus dès qu’on parle d’autre chose que de sujets légers et plus ou moins graveleux.
    Il est urgent d’affirmer/réaffirmer la liberté d’expression, et que si l’on doit combattre une idéologie ou des propos, il faut le faire par la contre-argumentation, pas par la négation de la parole. Laisser dire, ce n’est pas être d’accord !
    Nous n’avons que trois libertés fondamentales qui s’interpénètrent : celle de penser, de dire et d’agir, que chacune nous développons plus ou moins selon nos moyens. En en diminuant une, nous les diminuons toutes : si on ne peut plus dire, on ne peut plus penser.
    C’est le tragique de la période actuelle : des intellectuels invisibles/inaudibles ; des médias moribonds, un processus d’impuissance et de dépolitisation... de la sphère politique même (et non pas des citoyens) ; de la consommation intellectuelle à court terme, et qui s’apparente à de la communication ;basée sur les émotions ; des lieux de construction socio-politiques (initialement, les partis politiques) qui ne jouent pas (plus ?) leur rôle d’éducation populaire... Elles sont là, les années 30, plus que dans quelques épiphénomènes politico-médiatiques.


  • Wilemo Wilemo 11 septembre 2014 14:59

    Bonjour,

    Je ne comprends pas vraiment l’article. Ce que je lis, c’est « vouloir une VIème c’est bien beau, mais force est de constater que la Veme est stable. »
    Or, si l’auteur se fend d’un article, c’est bien que quelque chose « ne colle pas ». D’ailleurs, il dit que le mérite de ce débat Veme/VIeme est de faire un point sur la situation politique. A ce niveau politique là (distinction Veme/VIeme), on parle de modifications institutionnelle et/ou constitutionnelles. Alors sans parler de VIeme R., l’article aborde quand même implicitement la question d’un « après », pourquoi pas une alternative qui permettrait simplement de pouvoir justement faire en sorte que ces questions soient abordées largement par les citoyens...
    Or, comme un serpent qui se mord la queue, cette perspective n’entre pas dans le cadre républicain actuel, et pour y tendre, il convient d’envisager un nouveau contrat social. Ce qui ne préjuge pas de ce que serait une « VIème ».
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