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ZEN

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Un citoyen, tout simplement....
" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2006
  • Modérateur depuis le 29/09/2006
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Derniers commentaires



  • ZEN zen 10 août 2006 08:04

    Mr Greg, vous avez mal lu l’article de Munier,et je ne suis pas l’ami du Hamas...Relisez le texte avec les renvois, ainsi que la longue mise au point de Torah Borah plus haut...Un peu d’honnéteté intellectuelle ne nuit pas..

    Le texte n’avait pour but que de revenir sur les visées trés anciennes d’Israël sur le Liban. Les faits sont têtus...



  • ZEN zen 9 août 2006 22:44

    Il existe aussi des intellectuels israëliens courageux, comme l’historien Shlomo Sand dans le papier suivant :

    Est-on trop indulgent envers Israël ? Article paru dans l’édition du 14.04.06(Le Monde) Après les élections, vision décapante du conflit israélo-palestinien, par un historien israélien très critique

    "Le verdict des urnes dans les territoires de l’Autorité palestinienne a été critiqué par la quasi-totalité des capitales occidentales qui, en revanche, ont accueilli avec satisfaction la nouvelle donne issue des élections israéliennes. Le fait que beaucoup d’Israéliens aient commencé à exprimer leur lassitude après de longues années d’occupation des territoires palestiniens peut, effectivement, être perçu comme une évolution positive dans cette « guerre de cent ans » des temps modernes.

    Mais les choix politiques du peuple palestinien sont disqualifiés par les porte-parole américains, au motif que les vainqueurs des élections ne sont pas disposés à reconnaître l’Etat d’Israël. Cela constitue un problème, mais faut-il vraiment s’en étonner ? Depuis maintenant quatre décennies, tous les gouvernements d’Israël, de droite comme de gauche, n’ont cessé d’autoriser ou d’encourager le processus de colonisation qui ronge, année après année, de nouveaux morceaux du territoire palestinien.

    Après le refus historique permanent d’Israël de reconnaître ne serait-ce qu’une part de responsabilité dans l’origine du problème des réfugiés palestiniens en 1948, et après avoir tout fait pour réduire en miettes le prestige et le semblant de souveraineté de l’Autorité palestinienne, la population des territoires, soumise à l’occupation, a majoritairement opté pour une alternative politique plus ferme, mais aussi moins corrompue. Certes, le Hamas, de l’avis général, joue un jeu dangereux, et il est peu probable qu’il trouve un soutien durable auprès du peuple palestinien, particulièrement éprouvé. Cependant il assume le risque de défier Israël et l’Occident. Il n’a pas pour autant rejeté totalement l’idée d’une reconnaissance mutuelle, laissant même entendre qu’il y serait disposé sous certaines conditions.

    L’Etat d’Israël, c’est un fait, n’a jamais reconnu une Palestine dans les frontières de 1967, pas plus qu’il n’a reconnu Al Qods (la partie arabe de Jérusalem) comme capitale de l’Etat palestinien ; pourquoi, dans ces conditions, reconnaître un tel Israël ? En 1988, le mouvement national palestinien a majoritairement fini par adopter le principe du partage de la Palestine. Mais Israël n’a toujours pas admis, à ce jour, le principe du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, sans pour autant se voir menacé de boycott par le monde occidental. Des pressions ont pu être exercées, çà et là, sur Israël, mais nul recours à la menace publique et aux sanctions.

    Pourquoi, les Américains n’adoptent-ils pas une attitude semblable à l’égard du gouvernement Hamas ? Il faut, évidemment, chercher la réponse dans leur relation historique déséquilibrée vis-à-vis des Israéliens et des Arabes. Il n’aura guère fallu plus de deux semaines pour que la Syrie retire ses troupes du Liban, à la suite de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, alors que, depuis 1967, les Etats-Unis opposent systématiquement leur veto à toute tentative de résolution intimant à Israël d’évacuer les territoires occupés. Face à la négation, depuis trente-neuf ans, des droits politiques et humains de tout un peuple, le monde occidental démocratique se tait. Il a fallu l’outrecuidance du vote des Palestiniens en faveur du Hamas pour l’arracher à son silence !

    Le monde, en revanche, ne tarit pas d’éloges à l’égard d’Ehoud Olmert, tout comme il avait fini par encenser son prédécesseur, Ariel Sharon : tous deux auraient la trempe d’un de Gaulle. Mais ni l’un ni l’autre n’a envisagé de négocier avec les Palestiniens une « paix des braves ». Bien au contraire : Israël édifie un mur de séparation, non pas sur son territoire, mais sur celui des Palestiniens ; Israël met tout en oeuvre pour annexer la partie orientale de Jérusalem, y compris ses Lieux saints ; Israël expulse des populations palestiniennes de la vallée du Jourdain afin de parachever l’encerclement des Palestiniens et densifie sa présence dans la zone étroite entre les territoires occupés au sud et au nord de Jérusalem afin d’empêcher toute continuité territoriale dans le futur Etat palestinien. Tout cela n’empêche pas Israël de se voir décerner bons points et appréciations flatteuses. Pourquoi, en effet, s’embarrasser des principes de justice et d’égalité des droits, si cette politique des faits accomplis par la force assure trente-neuf années supplémentaires de tranquillité relative, avec un niveau limité de terrorisme local ?

    Mais les élections israéliennes n’ont pas traduit uniquement la victoire du sentiment de lassitude vis-à-vis de l’occupation et de la terreur meurtrière qu’elle a engendrée. L’« Etat juif et démocratique », qui, selon sa propre définition, n’est pas la république de tous ses citoyens, mais un Etat pour les juifs du monde entier, est saisi d’une crainte majeure : celle de l’évolution du rapport démographique entre juifs et Arabes sur l’ensemble des territoires dont il a pris possession. Cette préoccupation a guidé hier le retrait israélien de la bande de Gaza ; elle explique aujourd’hui le succès du parti Kadima et la popularité de son projet de « regroupement ».

    La droite « territorialiste », qui rêvait du « Grand Israël », est aujourd’hui en recul au profit d’une droite « ethniciste » qui a le vent en poupe : le parti Notre maison Israël d’Avigdor Liberman, dont les immigrés de Russie constituent l’essentiel de l’électorat, veut exclure des frontières d’Israël les régions peuplées d’Arabes israéliens afin de parvenir à un Etat juif « homogène ». Ce parti, qui prône ouvertement une épuration ethnique, jouit désormais d’une pleine légitimité dans la culture politique israélienne. Ehoud Olmert, le futur premier ministre, l’a invité à rejoindre son gouvernement, selon le principe que seuls des partis juifs et sionistes peuvent participer à sa coalition. De ce fait, il confirme ce qui est connu de tous : l’Etat d’Israël n’est démocratique que pour ses juifs et juif pour ses Arabes.

    En tant qu’Israélien, fils de juifs qui se sont vu dénier, au XXe siècle, le droit de citoyenneté au motif de leur origine, comment ne pas s’effrayer de la perspective d’un Etat juif « purifié » ! Il y a donc urgence à mettre fin à l’occupation et au cortège d’actes meurtriers qu’elle nourrit, mais aussi à vacciner l’Etat d’Israël contre le virus raciste qui menace de le contaminer ! "

    Shlomo Sand



  • ZEN zen 9 août 2006 22:30

    @Matthieu

    Ce fait semble exact, si l’on accorde crédit au texte auquel je me réfère ci-dessus.



  • ZEN zen 9 août 2006 21:48

    Les visées d’Israël sur le Liban : une vieille histoire...

    UN texte un peu long,mais éclairant :

    Le Hezbollah, rempart contre Israël La bataille du Litani

    Gilles Munier 8 août 2006

    Quels sont les véritables objectifs israéliens au Liban ? Toujours les mêmes : démembrer le pays, créer un Etat chrétien vassal, occuper les rives du fleuve Litani. Les plans « Grand Moyen-Orient », et plus récemment « Proche-Orient nouveau », donnent l’opportunité à Israël de redessiner ses « frontières », comme les ont rêvé ses fondateurs.

    Le mouvement sioniste n’a jamais accepté le partage du Proche-Orient effectué par la Grande-Bretagne et la France aux lendemains de la Première guerre mondiale. La déclaration Balfour de 1917 promettant la création d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine, ne suffisait pas. Les dirigeants sionistes voulaient en dessiner la carte. Ils réclamaient les deux rives du Jourdain, sa source, et le Litani. Le 29 décembre 1919, Haïm Weizmann - Président de l’Organisation sioniste mondiale - demanda à Lloyd George, Premier ministre britannique, que le futur Etat « englobe la vallée du Litani sur une distance de près de 25 miles - soit environ 40 km - en amont du coude, ainsi que les flancs ouest et sud du Mont Hermon ». A la conférence de Versailles, non seulement Georges Clemenceau refusa - le territoire réclamé faisait partie de l’accord Sykes-Picot, encore tenu secret - mais il intégra le Djebel Amel, et le Litani, dans le « Grand Liban » créé sous mandat français. Depuis, Israël n’a jamais laissé en paix les habitants du sud du Liban.

    « Rétrécir le Liban »

    En 1937, Levi Eshkol - futur Premier ministre israélien - créa Mekorot, une agence chargée de contrôler les ressources hydrauliques en Palestine, financée par l’Agence juive et le Fonds national juif (Kéren Kayémeth Leisraël), un organisme constitué en 1921 pour acheter des terres arabes pour les colons juifs. En 1940, Yossef Weitz, directeur Fonds national juif, écrivait : « Il faut expliquer à Roosevelt, et à tous les chefs d’Etats amis, que la terre d’Israël n’est pas trop petite si tous les Arabes s’en vont, et si les frontières sont un peu repoussées vers le nord, le long du Litani, et vers l’est, sur les hauteurs du Golan. »1

    Les premières agressions du sud du Liban eurent lieu dès 1948. La Haganah - ancêtre de « Tsahal » - occupa plusieurs villages du Djebel Amel, massacrant une centaine d’habitants. De 1949 à 1964, on dénombra 140 agressions israéliennes dans cette région, plus de 3000 entre 1968 à 1974 ! 2

    Pour les politiciens israéliens - d’extrême droite ou travaillistes - la guerre israélo-arabe de 1948 ne sera terminée - au nord - qu’après la prise du Litani. Dans l’esprit de David Ben Gourion, les frontières du Grand Israël - Eretz Israël - étaient toutes provisoires. Les seules qui comptaient, étaient celles décrites dans la Bible... Concernant le Liban, on lit dans son Journal, à la date du 21 mai 1948 : « La suprématie musulmane dans ce pays est artificielle, et peut aisément être renversée ; un Etat chrétien doit être instauré dans ce pays. Sa frontière sud serait le fleuve Litani ».

    Le 27 février 1954, dans le bureau de Moshé Sharett - alors Premier ministre israélien - Ben Gourion et le général Moshé Dayan envisagèrent d’envahir le Liban pour y créer un Etat chrétien. Dans ses Mémoires 3, Sharett écrit qu’il n’était pas d’accord avec les plans de ses interlocuteurs. Il les trouvait « insensés ». Ben Gourion le relança le jour même, par courrier, pour le faire changer d’avis et le convaincre de « rétrécir » le Liban 4 : « C’est peut-être le moment de créer un État chrétien dans notre voisinage. Cela signifie que, cette fois, toute l’énergie et tous les moyens doivent être employés dans ce but et que nous devons agir dans toutes les directions pour provoquer un changement radical au Liban ».

    Moshé Dayan, chef d’Etat major, revint à la charge le 16 mai 1954. Il proposa à Sharett de « soudoyer un officier (libanais) qui accepterait de servir de marionnette afin que l’armée israélienne paraisse répondre à un appel pour la libération du Liban de ses oppresseurs musulmans ». Après, « l’armée israélienne investira le Liban, occupera le territoire nécessaire et installera un régime chrétien susceptible de devenir l’allié d’Israël. Israël annexera en bloc le territoire libanais qui s’étend du fleuve Litani jusqu’au sud du Liban... » 5. Nouveau refus. Un projet pour le détournement de 400 millions de mètres cubes d’eau du Litani aurait néanmoins été proposé selon Ghassan El Ezzi, spécialiste du Moyen-Orient 6.

    David Ben Gourion avait de la suite dans les idées. En octobre 1955, il a suggéré à Guy Mollet, Président du Conseil français, et à Christian Pineau, ministre des Affaires étrangères, de profiter de l’expédition de Suez - en préparation en Israël sous le nom d’ « Opération Kadesh » - pour instaurer un « ordre nouveau » au Liban. Il voulait dans la foulée démembrer la Jordanie et y installer les réfugiés palestiniens sur une portion du territoire. Les Français refusèrent 5.

    Des guerres de l’eau

    En juin 1967, la guerre dite « des six jours » - permit à Israël de réaliser un des vieux objectifs du mouvement sioniste : occuper le plateau syrien du Golan, riche en ressources hydrauliques. La Syrie en libéra une partie en 1973, mais ne put empêcher la Knesset de décréter l’annexion du restant le 14 décembre 1981. Son sous-sol représente aujourd’hui le tiers des réserves en eau de l’Etat hébreu. Damas en réclame en vain la restitution, s’appuyant sur une résolution de l’ONU déclarant la décision israélienne « nulle et non avenue ». Mais, comme aucune résolution internationale condamnant Israël n’est appliquée - le site Internet pro israélien WorldNetDaily en a décompté 97, rien qu’entre 1948 et 1991 ! - comme aucune sanction n’est jamais prise contre l’Etat hébreu, on voit mal comment la libération du Golan pourrait se faire autrement que par les armes.

    Le 14 mars 1978 eut lieu la première grande invasion israélienne du Liban. L’opération « Litani », lancée officiellement pour repousser de l’autre côté du fleuve les organisations palestiniennes implantées au sud du Liban. Le retrait des troupes israéliennes exigé par la résolution 425 de l’ONU du 19 mars 1978, ne sera pas total. Les Israéliens créeront une petite « zone de sécurité » en territoire libanais avec l’aide du Major Saad Haddad, chef d’une milice anti-palestinienne, dans le rôle de « l’officier acceptant de servir de marionnette », comme disait Moshé Dayan. Elle permettra à Israël - c’était un des buts de l’opération - d’utiliser à satiété les eaux du Litani, comme l’ont constaté des observateurs de la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban).

    En février 1982, Oded Yinon - haut fonctionnaire du ministère israélien des Affaires étrangères - publia dans la revue Kivounim (Orientations) de l’Organisation sioniste mondiale, un article qui fait date. Il décrit ce que doit être la politique d’Israël dans les années 80-90 : démanteler les pays arabes - Egypte, Syrie, Irak - « sur la base de critères ethniques ou religieux », diviser le Liban en cinq provinces. On dit que le plan de remodelage du Proche-Orient de George W. Bush en est largement inspiré.

    En juin 1982, nouvelle agression du Liban. L’opération « Paix en Galilée » est déclenchée par Menahem Begin, comme toujours dans un but défensif. Il s’agissait encore cette fois de « repousser les katyushas à 40 kilomètres de la frontière ». En fait, les Israéliens voulaient chasser l’OLP du Liban et investir Beyrouth pour y installer au pouvoir un « Quisling local ». Ariel Sharon l’a avoué neuf mois plus tôt au journaliste pacifiste israélien Uri Avnery 7.

    La résistance libanaise - personnifiée par le Hezbollah - obligea Israël à battre en retraite. Entre 1985 et 2 000, les Israéliens maintiendront avec beaucoup de difficultés une nouvelle « zone de sécurité » de huit à quinze kilomètres de profondeur le long de la frontière israélo-libanaise. Ils en confieront l’administration au successeur de Haddad, le lieutenant-général à la retraite Antoine Lahad. Mais, la guérilla du Hezbollah obligea finalement Ehoud Barak, Premier ministre travailliste, à évacuer l’enclave en juin 2000 et à surseoir... au détournement du cours inférieur du Litani vers le Jourdain. Toutes les infrastructures liées au barrage de Qaraoun sur le fleuve avaient été préalablement sabotées par l’armée israélienne. Ariel Sharon fit savoir que la construction d’une station de pompage sur le Wazzani, destinée à l’irrigation des terres agricoles autour de Marjayoun, serait considérée par Israël comme un casus belli.

    Le bilan humain de « Paix en Galilée » est terrible : près de 20 000 libanais tués et 30 000 blessés. A Beyrouth, l’opération s’acheva par l’assassinat de Béchir Gemayel, chef des Phalanges propulsé Président de la République - qui tardait, dit-on, à reconnaître Israël - et par le massacre de Sabra et Chatila.

    Assurer l’avenir du « royaume d’Israël »

    En 1996, les ultra-sionistes israéliens et leurs correspondants américains - à moins que ce ne soit l’inverse - décidèrent de mettre un terme au processus de paix d’Oslo en présentant à leur ami Benjamin Netanyahu, Premier ministre, un nouveau plan de domination américano-israélien du Proche-Orient appelé « Une rupture nette. Une nouvelle stratégie pour assurer l’avenir du royaume (celui d’Israël dans sa version biblique) ». Ses rédacteurs étaient : David Wurmser, Douglas Feith, Richard Perle, Eliott Abrams, des néo conservateurs influencés par les idées de l’orientaliste britannique Bernard Lewis, un de ceux qui ont le plus contribué à « israéliser » la vision du monde arabe et de l’islam aux Etats-Unis 8.

    Tous les événements politiques qui se sont produits dans la région depuis, y sont programmés noir sur blanc : le renversement de Saddam Hussein, la Syrie chassée du Liban, la guerre actuelle contre le Liban et le Hezbollah, la désignation de la Syrie et de l’Iran comme responsables de la crise 9. Il ne manque dans le document que l’assassinat de Rafic Hariri ! 10...

    « Le début de la fin pour Israël »

    Rien ne sert de s’attarder longtemps sur le prétexte annoncé par Israël pour entrer en guerre. Il est faux, comme ceux utilisés lors des guerres précédentes. Selon le San Francisco Chronicle (21/8/06), l’opération en cours a été présentée aux Etats-Unis, il y a plus d’un an, à des militaires, des diplomates, des journalistes et dans des think-tanks. Ariel Sharon, salué à cette époque comme un « homme de paix », était encore aux commandes ! Rien n’a changé depuis que Moshé Dayan a reconnu dans une interview au Yediot Aharonot qu’en 1967 les menaces syriennes sur la sécurité d’Israël étaient de la « foutaise ». « Laissez tomber... », avoua-t-il au journaliste qui l’interrogeait : « Je sais comment au moins 80% de tous les incidents avec la Syrie ont commencé. Nous envoyions un tracteur dans une zone démilitarisée et nous savions que les Syriens allaient tirer ». Il admettait que ce qui poussait l’Etat hébreu à provoquer la Syrie de cette manière, c’était « l’appât de la terre », l’idée qu’il est possible « d’accaparer une parcelle de terre et de la garder, jusqu’à ce que l’ennemi soit fatigué et nous l’abandonne » 11.

    Les deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah le 12 juillet 2006 faisaient partie d’un commando surpris en territoire libanais. Plusieurs dépêches d’agences - notamment l’Associated Press - l’ont annoncé. La chaîne MSNBC aussi. Puis, la version israélienne a prévalu : le Hezbollah les avaient kidnappés en Israël, la sécurité de l’Etat hébreu était menacée... Aucun journaliste ne s’est alors demandé pourquoi le char Merkava qui les protégeait, détruit par la résistance libanaise, était encore sur place au Liban, à Aitaa Al-Chaab. « Tsahal » n’arrivait pas à le récupérer 12.

    Le plan « Grand Moyen-Orient » est entré dans une nouvelle phase sanglante. Qu’importe pour Condoleezza Rice les râles et les cris de douleur des Libanais. Ce sont, dit-elle, les premiers vagissements du « Proche-Orient nouveau » 13. On croirait entendre Madeleine Albright qui - avec la même inhumanité - disait que la mort d’un demi million d’enfants irakiens était un prix raisonnable à payer pour renverser Saddam Hussein.

    George Bush, Ehud Olmert - et Jacques Chirac ! - sous estiment la volonté de résistance du Hezbollah et du peuple libanais. Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et directeur exécutif de la Commission Trilatérale, lui, semble inquiet. Il pense que l’usage de la force pour remodeler la carte du Proche-Orient peut mal tourner pour les Etats-Unis et Israël. Après les massacres de Qana au Liban, ou de Haditha en Irak, dit-il, le « Nouveau Proche-Orient » est, pour les Arabes et les Iraniens, synonyme « d’occupation, de carnage et de bain de sang ». Si les Etats-Unis sont chassés de la région, ajoute-t-il, ce sera aussi « le début de la fin pour Israël » 14.

    (8/8/06)

    Notes :

    1 Journal, par Yossef Weitz - Tel-Aviv, 1965.

    2 Liban : Cette « bande » que veut Israël, par Stefano Chiarini - il manifesto. http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3898

    3 Journal, par Moshé Sharett, Ed. Maariv, Tel-Aviv 1978. Cet ouvrage n’a jamais été traduit en français.

    4 Lettre confidentielle de Ben Gourion, publiée en 1979, en annexe de ses Mémoires posthumes.

    5 Conférence de Sèvres organisée pour répondre à la nationalisation du Canal de Suez par le Président Nasser. Dans Histoire de ma vie, par Moshé Dayan - Ed. Fayard, Paris, 1976.

    6 L’eau du Liban, source de toutes les convoitises, par Gilles Labarthe, Le Courrier - 25/5/04.

    7 Membre de l’organisation terroriste Irgoun dans les années 40, devenu dirigeant du mouvement pacifiste israélien et éditorialiste de Ha’olam Hazeh « Ce Monde ». C’est un des plus fins analystes de la scène politique israélienne.

    8 Ancien membre du Bureau arabe du Foreign Office et des renseignements militaires anglais, aujourd’hui à l’Université de Princeton. Il est notamment l’auteur de The Middle East and the West, Indiana University Press, Bloomington, 1964). Le « choc des civilisations », popularisé par Samuel P. Huntington, est tiré de l’ouvrage.

    9 A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm http://www.iasps.org/strat1.htm

    10 Gilles Munier : Qui a assassiné Rafic Hariri (AFI-Flash du 21/2/05), et La piste interdite (AFI-Flash du 17/7/06).

    11 Yediot Aharonot, 27 avril 1997. Déclaration citée par Tanya Reinhart, professeur de linguistique à l’Université de Tel Aviv, dans « Déchaînement du Mal » http://www.globalresearch.ca/articles/REI201A.html

    12 Liban : le gros mensonge d’Israël et de l’Occident, par Ashoka http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2520

    13 Rice sees bombs as « birth pangs » http://www.informationclearinghouse.info/article14146.htm

    14 Interview de Zbigniew Brzezinski, par Nathan Gardels http://www.huffingtonpost.com/nathan-gardels/beginning-of-the-end-for-_b_26247.html



  • ZEN zen 9 août 2006 20:43

    Je viens de lire dans le Monde d’aujourd’hui,ce jugement de Tahar Ben Jellon(extraits) :

    « Il est temps d’arréter ces massacres...il est temps de sauver Israël de lui-même,de ses amis qui le poussent vers l’abîme...il faut qu’il accepte de devenir un Etat comme les autres.L’extrémisme qui est au pouvoir aujourd’hui n’a été possible que parce que la politique israëlienne a fermé les portes, toutes les portes à la coexistence... »

    Peut-on mieux dire ?

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