A Danny,
Allez, on va au charbon !
« Israël n’est pas une race mais un mélange de peuples, à quoi il doit son indiscutable unité,(…) chez qui la solidarité et la fidélité au sang sont tellement vives, que le peuple juif se présente comme l’un des peuples les plus racistes de l’histoire. »
Bon là je me dis que tu parles de racisme dans le sens discriminations envers une autre religion, mais plus loin apparaît le terme de « sang juif », de « race ».
Serait ce à dire que du fait des persécutions une race juive, en dehors de toutes notion de phénotype (les caractères héréditaires apparents) serait apparue ? Comme s’il y avait un gène de la résistance à l’oppression, invisible à l’œil nu mais pourtant là, et que le contrôle de la lignée serait le seul moyen de s’en assurer la pérennité ? D’où un racisme complètement inédit car portant sur un critère invisible ? Et d’où la nécessité de la circoncision, seul stigmate de judéité commun à ces multiples peuples ?
A en croire cette interprétation, le racisme serait congénital au judaïsme (un peu à l’image des castes qui s’expriment à des échelles démographiques bien supérieures).
Pourtant les manifestations du racisme envers les goyim (les non juifs) sont à mille lieues du racisme pseudo darwinien prôné par Hitler : destruction de l’altérité ; ou des autres religions prosélytes : les chrétiens envers les païens ou les musulmans envers les infidèles, pour lesquels tous les hommes doivent devenir des coreligionnaires par la conversion ou la destruction, dans ce monde ou celui d’après (non accès au paradis ou aux jardins d’Allah). Au contraire même, les goyim ont la possibilité d’accéder au paradis, pour peu qu’ils suivent des préceptes bien moins stricts. Même lorsqu’il est question des « idolâtres », il ne s’agit que des juifs détournés de Dieu, et pas des non juifs.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les vrais racistes juifs se sont vus forcés de dévoyer la notion du « prochain » qui est profondément respecté dans les Textes, juif comme goy, en excluant le goy du cercle des « prochains ».
Les vrais idolâtres seraient donc les Loubavich qui, n’en déplaise à Milan, ne croient pas que le messie arrive, mais croient qu’il est déjà arrivé en la personne du rabbin de Loubavich (« le Rebbé est notre Messie »). Ils multiplient les icônes à son effigie, et les cultes de sa personne.
« N’est-il pas prescrit au Juif pratiquant de prononcer chaque matin les paroles de la prière du Shaharit : « Béni soit l’Éternel qui ne m’a pas fait goy, Béni soit l’Éternel qui ne m’a pas fait femme. Béni soit l’Éternel qui ne m’a pas fait esclave » ? »
« N’est-il pas dit que le Juif religieux doit, chaque matin, bénir Dieu de l’avoir créé Juif et non autre ? »
Je me trompe peut être, mais il me semble que c’est ce qui se dit lors de la pose des téfilines, devoir qui incombe seulement aux hommes. Dans ce cas c’est une autre manifestation de la spécificité du fardeau « peuple élu », dont j’ai parlé dans un post précédent. Elu pour une tâche certes ingrate (le juif a beaucoup plus de commandements à respecter pour gagner sa place au Ciel), mais qui conserve la fonction de serviteur de Dieu, un peu comme les Lévi et les Cohen au sein des juifs, non pas supérieurs mais consacrés même malgré eux à l’office.
A mon humble avis, la notion de « peuple élu » suit la même logique à une autre échelle. Et je ne pense pas que le Cohen ou le Levi se sente plus « supérieur » du fait de sa fonction. Ce qui n’empêche pas que lui seul peut assumer certaines tâches, qu’il en tire une certaine fierté.
L’Imam est il supérieur au fidèle devant Allah ? Je ne crois pas. Il a par contre des devoirs supplémentaires, différents, sans doutes. Et tire fierté de sa fonction.
Le prêtre, le moine, la nonne l’est dans la religion chrétienne mais ceci est fort contesté par certains prêtres qui considèrent qu’il n’y a pas de mérite supérieur, que chacun sert et honore Dieu à sa manière.
La grande différence tient donc dans la difficulté à accéder au monopole du service de Dieu. Reste que la conversion n’est pas impossible et qu’il n’y a pas cette approche du « peuple élu supérieur » qui est bizarrement commune aux islamistes radicaux et aux juifs orthodoxes a moitié aveugles.