Je suis d’accord sur certains points de votre analyse, mais pas sur le choix qui est fait.
« Alors si telle est l’option, décidons, ensemble, entre citoyen de gauche, par-delà les divisions partisanes, de nous entendre pour réaliser un hold-up électoral, prendre notre bien idéologique, dont nous avons été dépouillé par certaine orientation de la presse. »
Premièrement ce qui me gêne, c’est cette idée qu’il existe un « peuple de gauche », ces paroles sectaires que l’on entend toujours dans les discours de ces partis où finalement il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises politiques, mais des politiques de gauche ou de droite. Du style je préfère avoir tort avec J-P Sartre que raison avec Raymond Aron. Un type comme Fabius peut oser dire alors « il faut augmenter le SMIC parce que c’est une mesure de gauche », mais dans ce cas J-P Raffarin est une personnalité doublement de gauche. Il n’y a pas à chercher quelles politiques seraient adéquates pour la situation du pays, mais sont-elles conformes à ce dogme. Jospin avait dit « l’État ne peut pas tout » et les gardiens du temple lui sont tombés dessus. La gauche plurielle a privatisé à tour de bras sans que cela gêne quiconque, puis lorsqu’il y a eu les élections, il fallait honnir le capitalisme qui fabriquerait le chômage et la précarité et louer le modèle social français. Seulement dans l’Union européenne, le chômage et la précarité sont des maux qui touche plus notre pays que les autres. Mais on ne peut pas toucher à ce modèle, ce ne serait pas de gauche.
Alors vous avez raison, sauf qu’il y a déjà eu ce hold-up électoral puisque Ségolène Royal a pris ces voix de gauche en menant une campagne sur les thèmes de : la sécurité, la fin de l’assistanat, la remise au pas des enseignants, etc. Mme Royal en fait n’a mené qu’une campagne de suivisme : elle a repris les mêmes thèmes que Sarkozy, elle se dit aussi libre de son parti et de son camp... Seulement son compagnon qui a le rôle de gardien du troupeau de gauche dit toujours le contraire d’elle, et cela s’est vu encore avec la question de l’alliance avec l’UDF. Donc finalement nous avons la même schizophrénie de Jospin, mais cette fois-ci, mieux orchestrée dans un couple où chacun à son rôle. Le « vote utile » les a semble-t-il sauvé au 1er tour, mais ce discours confus peut-il être sauvé uniquement par le « tout sauf Sarko » ?