Bien le bonjour, mesdames, messieurs. Je vous fait grâce du « mesdemoiselles » depuis qu’une loi a tranché la question pour moi.
C’est avec ravissement que j’ai découvert ici cette joutte, ou plutôt ce duel à mort pour une cause somme toute assez creuse, au fond.
Car rendons à César ce qui est à César (non, vous pouvez ranger cuirasse et sandales, c’est une figure) : les interventions répétées du sieur Asp Explorer auront au moins fait rire les néophites sur la question tels que moi, à votre contraire. Et à la lecture de ces différents posts, et malgré toute la bien-pensance pro-espérantiste qu’on sermonne au français moyen pour peu qu’il s’intéresse de près ou de loin à cet idiome, il faut bien que j’avoue que face à l’agréssivité sans bornes dont les défenseurs de cette illustre langue (100 ans et quelques, si je ne m’abuse ? vous m’excuserez, je pense, de négliger de remonter ma page afin de compulser la date exact de création par le Dr. Zamenhof), les commentaires pertinents autant qu’incisifs et extrêmement bien construits (ce qui manque souvent dans les commentaires en général, sur ce sujet comme sur les autres, ce que je déplore à chaudes larmes) qu’il lance telles des piques adroites sont bien plus attrayantes et intelligentes que les déploiements quasi-vains de messires Masson et co. pour la défense et la promotion de leur cause.
Oui, j’affectionne les styles lourds.
Bref, en un mot comme en cent (attendez-vous malgré cette locution à un immense pavé, je me connais : quand je commence une phrase, elle ne s’achève que neuf ou dix lignes plus bas !), étant donné que je suis un être humain, je sois tout naturellement porté vers le jugement ad-humanum, autrement dit à juger de la pertinence des propos des individus sur la manière dont ces mêmes individus agissent et réagissent, j’ai une très nette tendance à préférer votre détracteur à votre cohorte de vaillant défenseurs d’une cause perdue (oui, l’esperanto, à l’heure de la mondialisation sauvage en expension exponentielle est malheureusement pour vous comme pour l’humanité, s’il faut en croire Tolstoï, Umberto Eco et quelques autres individus, une cause définitivement perdue, et ce quelle que soit votre opinion là-dessus... mais comme j’aime bien les défenseurs des causes perdues, tout n’est pas perdu, hein ?).
« Pourquoi cela ? », me demanderez-vous, et vous auriez raison de vous interroger à ce propos.
Je répondrai à cette interrogation de la manière suivante : je n’aime guère les haineux. Oui, le mot est laché. « Haineux », c’est ainsi que j’ai au premier abord jugé M. Masson et sa horde (notez le passage de la fière cohorte défendant l’esperanto sabre au clair, pavois paré et étendard au vent à la horde rutilante et sauvage), et la suite des réponses opérée par eux n’a fait que me confirmer cette tendance. Oh, bien sur, il s’est trouvé force coups bas d’un côté comme de l’autre, mais force est de constater que l’élévation du débat s’est très souvent trouvé ailleurs que chez ceux qui la réclamaient à corps et à cris (ceux que par égard pour eux et au plus grand détriment de l’esperanto je nommerai « esperantiste » et pas « massoniste », ce dernier terme étant par trop équivoque, si vous avez suivi), et qu’au moins, Asp Explorer, lui, tient un discours tout à la fois cohérent et drôle.
Evidemment, il y a plusieurs degré, et M. Masson que j’ai tenu pour le grand initiateur de ce mouvement esperantiste radical et obtus se trouve être l’un de ceux qui, au sein de cette mouvance grouillante, se comporte le mieux.
Je tacherai encore une fois d’être bref en disant que je considère que sur la forme, la supériorité du pourfendeur d’esperanto est incontestable. Evidemment, ce n’est là que mon opinion, mais comme je ne me targue pas d’appartenir à une quelconque « élite », j’ose supposer que mon jugement est représentatif d’une certaine tendance générale (quoiqu’à ce sujet, on ne puisse être sur de rien).
Autrement dit, chers esperantistes, vous avez perdu la bataille de la forme.
C’est quand même grave.
Enfin je veux dire, personellement, ça me generai terriblement si j’avais à apprendre un langage dont les seuls représentants que j’ai connus (si l’on excepte deux bonhommes à la fête de l’Humanité - le journal - qui avaient l’air assez... amateurs de substances composites relativement illégales) se livraient incéssament à un lynchage en règle de quiconque remettait en cause un tant soit peu les préceptes de quelque chose qui leur porte certes à coeur mais dont l’éssentialisme pour leur vie est assez discutable. C’est là l’attitude la plus proche de ce que je considère personellement comme du fanatisme.
Ni plus, ni moins.
Bien sur, il ne faut pas mettre tous les oeufs dans le même panier, mais sur la masse largement supérieure en nombre des esperantistes dans ce sujet, la norme comportementale semble plus être un profond désir d’éviscération de son prochain à coups de hache ou de croc de boucher qu’un rêve de concorde entre tous les hommes...
Aujourd’hui, pour promouvoir n’importe quel produit, ce qui compte, c’est avant tout l’image. La com’, comme disent les publicistes (ils ne disent pas granc chose).
C’est vraiment LE truc qu’il manque à l’esperanto.
Parce que si vraiment cette langue possède toute les vertus que garantissent ses partisans, même le plus gigantesque des complots international comprenant pêle-mèle communistes, américains, nazis, bourgeois, monarchistes, fascistes, anarchistes, et autres n’aurait guère pu faire quoi que ce soit face à son influence, surtout au début du XXème siècle.
Donc c’est un problème d’image. Parce que si à l’appogée de l’esperanto dans le monde européen (vers 1930 si je ne m’abuse), l’image du traditionnel intellectuel barbu aidait grandement une mouvance à se développer, aujourd’hui, ça, c’est fini.
On est passé à un autre stade.
C’est peut-être bête, mais c’est ainsi.
Bref, j’ai quelque peu digressé sur ce sujet, mais après tout, j’ose avoir la prétention de croire que dans ce tas de gros n’importe quoi, il se trouvera quelque chose pour attirer votre attention.