Je trouve un peu agaçant que Noah se montre en exemple avec son fric. Ce qu’il fait n’est pas possible dans la vie normale et le sport est une activité de loisir. Avec les facilités qu’il se donne, les difficultés n’apparaissent plus. Je vois qu’il en tire des leçons qui déroutent les gens de leur propre situation au détriment du réalisme.
Il est efficace et talentueux à bien des égards. Et le reste du monde, complètement ailleurs, voit des stars. Lui, il voit des stars. Il se voit là bien arrivé, et ne connaît pas les limites qu’une famille doit trouver pour assurer, et projeter un avenir. Du coup, ses idées font plus de mal que de bien. Ce n’est peut-être pas de sa faute, car aider par une action personnelle est un bon mouvement, mais se regarder en train de le faire sous couvert de promouvoir cette action, est dangeureux. Pour la chanson, très bien, il y a de la qualité d’accord, mais il y a aussi des auteurs-compositeurs-interprètes qui font autre chose, et même en vendant moins, de meilleur.
Celles et ceux qui le suivent dans ses « engagements » s’abandonnent à une espèce de snobisme altermondialiste. Ils sont alors bien peu atteints par les difficultés du monde à un niveau d’action, tenu alors indirectement hors de leur portée. Ils s’éprennent de ce qui les concerne de loin et deviennent des juges désinformés et indifférents à ce qui les atteint de près.
Noah fuit la réalité comme eux, avec des contradictions qui lui sont particulières.