L’affaire Dutroux, je connais, merci, et pas par Wikipedia, d’accord ? Je n’ai dit nulle part que c’était « bien fait », que les victimes avaient « provoqué », parlé de « tenues affriolantes » et autrea âneries. Je dis que quand deux jeunes filles quittent un groupe d’amis pour faire du stop en pleine nuit parce qu’il n’y a plus de tram, c’est un comportement à risque. je le sais, je l’ai fait, et j’ai failli en crever. Aurais-je dû dire à ma fille « vas-y, ma belle, tu as le droit et tant pis si tu tombes sur un pervers » ? Pardonnez-moi, mais c’est du crétinisme.
Est-ce que ça excuse les criminels ? Non, non, et mille fois non, et je n’ai pas dit le contraire. Maintenant, libre à vous de dire à tout bout de champ « faites ce que vous voulez, vous êtes libre », et d’aller ensuite pleurer et réclamer vengeance.
La deuxième chose, ce n’est pas parce qu’une victime a eu le malheur, la malchance ou que sais-je de tomber sur un salopard que sa mort la transforme en exemple. Il doit y avoir la même proportion de gens biens et de salauds, et surtout de personnes qui ne sont ni l’un ni l’autre parmi les victimes que dans le reste de la population. La mort ne transforme pas la vie : raconter qu’une gamine assassinée était une gentille petite fille populaire alors qu’elle était une teigne détestée, ou une teigne populaire, ou une adorable gamine méprisée, c’est trahir ce qu’a été la victime. Comme si, pour compatir à son sort, et pour condamner son assassin, il fallait qu’elle soit gentille et aimée. Comme si, dans l’affaire qui nous occupe, il fallait approuver et idéaliser « Marie » pour condamner Cantat. Comme si le crime de Cantat était moins horrible parce que sa compagne du moment était instable.
Et je rajouterai que dire « les femmes ne cognent pas » c’est tout bonnement faux. Elles frappent autant que les hommes, et souvent leurs enfants. La plupart des maltraitances familiales sont le fait de mères. Et les hommes battus sont légion. Ils ne sont simplement pas pris au sérieux.