Que savez-vous de moi pour me parler ainsi ? Je n’ai pas perdu d’enfant adulte. A part ça, j’ai plus de points communs avec Madame Nadine Trintignant et son époux que vous le supposez. C’est peut-être pour ça que son attitude m’a choquée. Et pas seulement son attitude après le meurtre. Je parle d’interviews qui datent de bien plus tôt, où elle parle de la mort subite de sa fille Pauline et de ce que j’appellerai le surinvestissement affectif sur son aînée qui en a résulté. Son époux l’a d’ailleurs rappelé après la mort de « Marie ». Comment une enfant de douze ans peut-elle se construire alors que ses parents ne se basent plus que sur elle pour continuer à vivre ?
Et dans ses déclarations et son attitude publique après la lort de sa fille aînée, je n’ai pas vu de « rappel de bons souvenirs d’enfance » (que je serais loin de juger négativement) mais plutôt la réduction de sa fille à un enfant. Comme si elle était restée la petite fille qu’elle était trente ans plus tôt. C’était, je trouve, assez effrayant, et, oui, encore une fois ça m’a choquée. Choquée n’est peut-être pas le mot. Plutôt « mise profondément mal à l’aise ». Cette femme avait dû être le pivot d’une famille alors qu’elle n’était qu’une enfant, et elle ne restait que cette enfant alors qu’elle était adulte. Comme si ses parents étaient restés « bloqués » en 1975 (d’où, selon moi, son instabilité affective, ses compagnons successifs n’étant que des pièces rapportées au clan qui demeurait la cellule essentielle).
Et pardonnez-moi de ne pas trouver de mots pour compatir à votre douleur de mère désenfantée.