Privatiser et faire des économies n’ont rien à voir.
Privatiser, c’est vendre un actif. Cette vente ne peut servir que ponctuellement, donc pour boucher un trou ponctuel dans le temps.
Faire des économies, c’est modifier sa balance recettes/dépenses dans la durée.
La vente d’un actif ne doit intervenir que :
- si ’intérêt stratégique est nul (ex : FT. Avec 25%, l’Etat n’a plus de maitrise de l’activité. Il peut être fondé à vendre cet actif, si le prix convient).
- si l’objectif a été atteint (ex : FT. Si l’Etat, qui n’a pas d’intérêt stratégique à conserver cet actif estime que son « objectif de cours » est atteint, il peut vendre en encaissant une plus value. C’est un acte d’Etat/Actionnaire, et non d’Etat/stratège de l’économie).
- si la nécessité de combler PONCTUELLEMENT un trou PONCTUEL/CONJONCTUREL se fait sentir.
Dans le cas d’EDF, seul le troisième cas pourrait être invoqué. Mais il faut voir cette vente sur la durée : les bénéfices d’Edf sont supérieurs à la diminution des intérêts qu’on retirait de cette vente (la vente de 23 milliards possible en restant au dessus de 70% implique une diminution inférieure à 400 millions des intérêts de la dette). Si je vends un actif qui me rapporte 500 euros / An, pour diminuer ma charge financière de 400 euros / An, on va dire « quel crétin »........ Surtout si je sais que l’actif en question devrait rapporter 2,5 fois plus à terme (si les prix de l’électricité s’aligne sur le reste de l’Europe par exemple).
Nous ne sommes pas dans cette situation. Nous avons un trou STRUCTUREL (ie : résultant des dépenses durablement supérieures aux recettes) qu’aucune vente d’actifs ne peut régler... Ce trou doit être structurellement comblé (ie : en faisant en sorte que le budget de l’Etat soit au minimum à l’équilibre).
A contrario, faire des économies c’est :
- améliorer ses recettes (donc conserver l’actif qui rapporte 500, ne pas réduire dans un premier temps les impôts et rembourser la dette plus vite) ;
- diminuer ses dépenses (vendre les actifs qui coutent 400 euros, revoir les niches fiscales, limiter les recrutements et redéployer les effectifs selon les besoins, etc...).
- être en mesure de disposer de son budget pour affecter des ressources selon sa stratégie ou son besoin (suivant l’exemple du Canada), ce qui n’est pas le cas actuellement puisque les recettes sont affectées à des dépenses précises. Cette affectation revient à prévoir à l’avance que le 13mois servira exclusivement aux vacances, et à se retrouver en procédure pour non paiement de ses impôts, parce que l’on ne peut plus « réaffecter » ce 13 mois à cette dépense...
Si l’Etat doit faire des économies, il n’a pas le choix, il doit soit tailler dans les dépenses, soit augmenter les recettes récurrentes, soit faire les deux....