« Pour boucler le projet de loi de finances de la sécurité sociale de 2007, le gouvernement envisage de prélever une contribution spéciale évaluée entre 800 millions d’euros et 1 milliard d’euros auprès de La Poste » ?
La Poste, désormais entreprise commerciale dans le cadre de l’ouverture du marché postal, avait un engagement hors bilan de 57 milliards au titre des retraites de son personnel (charges futures).
L’obligation de placer cette dette dans son bilan comptable aurait mis la Poste en situation de faillite.
Par ailleurs, signalons que la Poste ne pouvait plus faire face au paiements des retraites de l’année : en 1997, un accord avec l’état a permis de limiter sa charge annuelle à 2 milliards d’euros, l’Etat prenant à sa charge le complément (200 millions en 2004 par exemple, 906 millions en 2006).
Cette situation ne pouvant perdurer, il a été décidé de réintégrer (adosser) les retraites de la Poste dans le régime général des retraites. Pour ce faire, une soulte de 800 millions à 1 milliard d’Euros est envisagée en solde de tout compte.
Avec ce paiement de soulte, la Poste n’a plus d’obligations de paiement de retraites, c’est le régime général qui s’en charge (et qui va aussi recevoir les cotisations du personnel de la poste).
Le même régime a été mis en place pour EDF-GDF où une soulte de 7.7 milliards a été payée par l’organisme de retraite d’EDF-GDF.
Il ne s’agit donc pas d’un racket mais le prix à payer pour sauver la Poste dont la charge des retraites est désormais assurée par l’ensemble des cotisants travailleurs Français.
Notons, pour finir, que c’est l’ensemble des salariés de France qui prend en charge les retraites de la Poste, mais les salariés de la Poste, eux, gardent leurs avantages exorbitants dont un total d’annuités de cotisation moins élevé que les autres.