Rassurez-vous. Je lis attentivement les réactions que suscite mon article. Mais ai-je à intervenir de façon intempestive après avoir pris le temps de la réflexion d’un article ? Laissons chacun s’exprimer d’abord.
- J’observe, en tout cas, que ceux qui vivent dans les établissements scolaires, reconnaissent que l’analyse est pertinente.
- Les injures de quelques uns montrent seulement leur ignorance ou leur aveuglement et en tout cas leur impuissance à prouver le contraire. Et qu’on cesse d’associer misère et délinquance dans une relation mécanique de cause à effet ! C’est indigne, c’est paresseux et c’est faux !
- Contrairement à ce que certains soutiennent, je ne prends pas le classement publié par LE POINT pour argent comptant. Je souligne même que placer Vergèze (Gard) en tête des collèges violents de France montre que les chefs d’établissement ne remplissent pas le logiciel Signa de la même façon pour diverses raisons que j’évoque.
- Il reste, cependant, que si le petit collège de Vergèze est ainsi placé, cela signifie que même dans un petit village de campagne, la violence scolaire ne peut être sous-estimée. Que penser alors des autres collèges de banlieues et d’ailleurs qui ne figurent même pas dans le classement, malgré le degré de violence qui y règne et qui est sans commune mesure sans doute avec celui que connaît le collège de Vergèze ?
- Manifestement, dans le relevé des agressions, on retrouve le même comportement que dans la police, brocardé par le film de Claude Zidi, « Les Ripoux ». Qu’on se souvienne du vieux policier, délicieusement joué, par Noiret qui fait la leçon au petit nouveau, tout feu tout flamme, joué par Lhermitte ! On voit le premier renvoyer avec urbanité, comme un honnête citoyen, un voleur de sacs que le second a pourtant arrêté... la main dans le sac : car l’enregistrement de ce vol ferait monter les statistiques et hisserait l’arrondissement en tête de classement de la délinquance, au grand dam du commissaire qui passerait pour un incapable... On ne peut nier que les statistiques des violences en disent au moins autant sur la mobilisation des forces de police, dans leur traque, que sur l’état de sécurité d’une société donnée.
- Enfin j’ai évoqué rapidement la possible stratégie dans laquelle s’inscrit ce développement de la violence dans les établissements publics : celle, à terme, d’une privatisation du service public . Nul doute que ses partisans, dans l’ombre, attendent patiemment que le fruit mûr tombe tout seul à leurs pieds. Car cette violence ne date pas d’aujourd’hui : elle se développe avec cette ampleur, depuis une bonne quinzaine d’années, sans que les défenseurs du service public qui disent leur « colère » aujourd’hui devant cette mauvaise publicité, aient jamais voulu prendre la mesure de ce qui se tramait. Les parents qui en avaient les moyens, savaient ce qui leur restait à faire. L’École privée, au fil des ans, voyait arriver de bons élèves du public, et ne trouvait évidemment, rien à redire, au contraire.
- Qu’on la déguise comme on veut en la grimant dans le jargon illusionniste de la Com’.. comme dans « 1984 » d’Orwell, où « le ministère de la guerre » devient « le ministère de l’amour » (« Echec à l’échec » - « Ambition réussite », etc.) ! il faut être aveugle pour ne pas voir que cette violence nuit à ceux qui n’ont pas les moyens de la fuir.
- Mais pour être juste, il serait intéressant que « LE POINT » ou un autre journal publie aussi le classement des établissements violents dans le secteur privé. Chiche ! Paul Villach