Ce que j’essaie d’ajouter sur ce fil des réflexions, c’est le fait que la présentation ou l’explication des faits historiques sont toujours relatives.
La description des faits et l’explication découlent des choix conscients ou inconscients de l’auteur du livre d’histoire. C’est toujours ainsi.
D’autre part ne dit-on pas avec raison :
- Information et désinformation, cela concerne aussi et surtout l’Histoire.
- L’Histoire est écrite par les gagnants.
Je ne cherche pas à critiquer le livre présenté dans cet article. Je cherche simplement à signaler que l’interprétation historique est en général, dans tout livre sur un sujet historique, une affaire d’angle de vision, selon la position de l’auteur du livre d’histoire.
Par ailleurs on peut aussi en général éviter de confondre les manuels scolaires, qui subissent des pressions politiques (voir par exemple la récente loi sur la colonisation) avec le travail réel des historiens. Ces derniers effectuent parfois un travail de relecture qui semble valable. Un exemple récent est Napoléon III, dont l’empire est revu avec un peu plus de bienveillance ces derniers temps.
Concernant ce travail de relecture effectué par les historiens, on pourra par exemple lire l’ouvrage « 1515 et les grandes dates de l’Histoire de France revisitées par les grands historiens d’aujourd’hui », sous la direction d’Alain Corbin. Éditions du Seuil, 470 p., février 2005, ISBN : 2020678845.
Enfin à propos de la chute de Constantinople en 1453, je me permets d’avoir des opinions personnelles et en situant cette bataille dans un contexte historique plus vaste je retiens essentiellement les faits suivants :
- Les Turcs se sont à partir de la fin du XIe siècle attaqués d’abord aux provinces byzantines d’Asie Mineure,
- À la fin du XIIIe siècle les Turcs se sont attaqués à la partie européenne de l’Empire byzantin,
- Il ne faut pas relativiser au point d’égaliser toutes les parties impliqués dans la guerre : il y avait d’un coté des agressé et de l’autre coté des agresseurs,
- Les défenseurs de Constantinople en 1453 sont des héros déjà par le fait qu’ils étaient dix fois moins nombreux que les agresseurs,
- La prise de la ville par les Turcs marque l’entrée véritable de l’islam en Europe occidentale (avant cet évènement les Turcs progressaient surtout dans la partie orientale de l’Europe, sur les territoires de la Russie et de l’Ukraine actuelles),
- À partir de la prise de Constantinople par les Turcs, l’islam à progressé en Europe occidentale jusqu’à la bataille de Vienne en 1683,
- Après leur défaite devant Vienne, les Turcs on reculé pendant trois siècles, en Europe occidentale et orientale,
- La création de l’Union européenne a donné aux Turcs une nouvelle occasion d’entrer en Europe et l’invitation faite à la Turquie par les dirigeants politiques européens de rejoindre l’Union européenne facilitera la progression de l’islam en Europe.