Citation de l’auteur de l’article : « ...la guerre dite de Cent ans est incontestablement celle qui a marqué la première grande confrontation entre deux États nations en construction, la France et l’Angleterre.... »
États nations en construction ?
Parler de « nations » à l’époque de la guerre de Cent ans est anachronique. En vérité l’idée nationale apparaît en Europe au début du XIXe siècle.
Qu’est-ce qu’une guerre nationale ?
Lorsque la classe dirigeante d’une région se bat pour conserver ou agrandir les domaines dont elle tire ses revenus - est-ce une guerre nationale ? Dans la guerre de Cent ans la motivation guerrière est-elle liée à la notion de « nation » ? Elle est liée à la prise de position en faveur de « chefs » divers. Elle n’est pas liée à l’idée de la défense de l’identité nationale. Dans la guerre de Cent ans la motivation guerrière n’est pas patriotique et l’idée de « nation » ne s’est pas encore imposée aux populations des États européens.
Pour qu’il y ait une guerre nationale il faut déjà que la nation existe, c’est à dire il faut que le peuple considère qu’il forme une nation.
Quand apparut le sentiment national en Bretagne ou en France ou en Bavière ou en Allemagne ?
En général, on situe au XIXe siècle le printemps des nations en Europe, c’est-à-dire l’époque de prise de conscience de l’existence d’identités nationales.
Dans le cinquième tome de l’Histoire de France (ouvrage collectif sous la direction de Jean Favier, 1985), la partie « La France des patriotes : de 1851 à 1918 » est écrite par François Caron. Il y décrit quelles mesures sont prises à la fin du XIXe siècle afin de susciter le sentiment de patriotisme dans la population française.
François Caron estime que même en 1870 les Français n’avaient pas encore la motivation patriotique. La montée du patriotisme en France atteint son paroxysme vers le début de la la Première Guerre mondiale. François Caron affirme que la 1ère guerre franco-allemande du début du XXe siècle était la première guerre nationale pour la France.
D’autres nations européennes avaient dès le milieu du XIXe siècle atteint un haut niveau de conscience nationale et donc de patriotisme face aux menaces.
Par exemple la Guerre russo-turque de 1877-1878 était pour les Russes une guerre de libération nationale.