« Concernant la Bretagne : dans la situation purement hypothétique que sa langue est reconnue comme mondiale et obligatoire pour tous, oui, elle recevra un tel afflux de moyens financiers que deviendra un pays le plus riche au mondesmiley Avec les Bretons aux postes clés, réservés aux natifs, ils seront une élite du monde. Seulement ce sont les gros muscles qui imposent la langue, pas inversement. »
Donc là, vous nous faites une brillante déduction divinatoire qui s’achève par : « ce sont les gros muscles qui imposent la langue, pas inversement ». Ce « inversement », ce ne peut être que : « la langue qui impose les gros muscles ».
Donc en clair, vous êtes d’accord avec moi : ce n’est qu’une fois qu’une nation est puissante qu’elle impose sa langue, car le fait d’avoir pour langue native la langue internationale n’impose pas « les gros muscles ». On peut faire du népalais la langue internationale, ça ne va rien changer au fait que le Népal est en guerre civile, que ses ressources naturelles (déjà peu importantes) sont en train d’être gâchées par la politique de la terre brûlée ni que sa population fuit à tire-larigot une terre ingrate ravagée par la guerre. On peut faire du breton la langue internationale, ça ne changera rien au fait que la Bretagne possède des ressources somme toute très modestes, ainsi qu’une population très réduite. Le statut de langue internationale pour une langue nationale ne fait qu’accroître une puissance déjà existante auparavant, elle ne la crée pas à partir de presque rien. Si les Etats-Unis n’avaient pas été la première puissance mondiale en 1950, l’adoption de l’anglais comme langue internationale aurait été mise à mal (le Royaume-Uni était dans une situation plus précaire que la France, à cette époque).