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Commentaire de JB

sur Education nationale : le moule idéologique des IUFM


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JB (---.---.84.36) 3 février 2006 13:54

Jeune professeur, je suis moi aussi passé par l’IUFM il y a maintenant deux ans. Je n’ai pas tout à fait le même point de vue. Disons qu’il ne faut pas tout jeter.

Certes, j’y ai perdu beaucoup d’heures en généralités, en banalités... Il est abérant de voir des cours de psychologie dispensés par des professeurs de philosophie sans affectation. Je n’ai pas lu le livre dont vous parlez, aussi, je ne sais pas si les abérations que vous rapportez venaient d’une formatrice incompétente. Mais cela existe. Ainsi, il est fréquent mais terrible de se voir donner des cours de gestion des élèves difficiles par des professeurs, certes très compétents dans la préparation scientifique de leur cours, mais enseignant dans des lycées de centre ville culturellement très privilégiés et pour qui un élève difficile est celui qui ne répondra pas à leur bonjour.

Cependant, à côté de ces abérations, il y a aussi des personnes formidables qui vous transmettent leur réflexion, modeste. Leur seul objectif est de semer des idées qui feront germer la réflexion propre des enseignants. Et c’est ce point qui me fait hurler quand j’entends descendre en flammes les IUFM. Il faut savoir que beaucoup de jeunes lauréats des concours arrivent sans avoir la moindre idée de ce que va être leur métier. Ils sont profs d’Anglais par amour de la langue, prof d’Histoire géographie par amour de la discipline. C’est certes important, mais il me semble primordial de s’intéresser d’abord à nos élèves. Beaucoup de jeunes enseignants ont une attitude consumériste en venant chercher le guide du prof parfait. Des attitudes qui marcheront partout et tout le temps. Si cela existait, cela se saurait. C’est à chacun de développer sa propre réflexion. A chacun de se poser dans ses classes, de s’y imposer et de susciter l’adhésion de ses élèves. Et celle ci ne passe pas nécessairement par la démagogie, comme on la caricature trop souvent. On peut avoir de grandes exigences, de travail, de comportement et malgré tout susciter l’adhésion des élèves. C’est indispensable pour faire son métier. J’estime qu’étudier les théories pédagogiques peut m’être utile. Ou pas. Mais il est important je pense de les connaître. Mais pour cela, il est nécessaire que je développe ma propre réflexion sans attendre des IUFM qu’ils me donnent une panoplie clé en main du métier. C’est cela qu’ont oublié beaucoup de stagiaires, par paresse ou pire encore désintérêt des élèves.

Aussi, je pense que la remise en cause des IUFM passe par un renouvellement de certains formateurs. Mais aussi et surtout par une plus grande ouverture d’esprit des stagiaires et des professeurs. Finalement, le dogme et la stupidité ne sont pas toujours du côté des « pédagos » souvent décriés... mais parfois du côté de ceux qui rejettent en bloc et a priori toute réflexion pédagogique ... sans jamais en avoir lu ou étudié, de ceux qui dénoncent les abérations pédagogiques sans jamais s’y être penchés. A chacun d’accepter de s’enrichir. Car, même lorsqu’on est en désaccord avec ce que l’on entend, lit ... on développe sa propre réflexion. Après tout, n’est-ce pas cela que l’on attend de professeurs ? Qu’ils donnent à leurs élèves de quoi réfléchir de manière autonome ?

Je précise que je n’attaque pas l’auteur du livre dont vous parlez, puisque je ne l’ai pas lu. Aussi, je ne lui prête pas l’attitude que je dénonce chez certains stagiaires.


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