@ L’auteur.
Merci pour cet article.
En effet, l’événement n’a été fort peu relayé par les grands medias.
Cependant, soyons charitables et n’accablons pas ceux que je qualifierai d’« handicapés de l’émotion ».
La vulgarité, l’égoïsme et le cynisme économique assumés, il ne reste plus qu’une chose qui puisse flanquer des complexes à la droite « décomplexée » : l’Art !
Comprenez les : c’est vexant de voir des gens instruits, cultivés, et même des handicapés mentaux s’émouvoir devant une oeuvre « qu’un enfant de 3 ans aurait pu faire ».
Alors qu’eux, ils ne ressentent rien. C’est dramatique ! Alors, forcément, c’est les autres qui font semblant pour faire croire que c’est bien et les faire passer pour des ploucs !
Mais ils vont se venger ! Ils ont le pouvoir maintenant ! Ils ont les sous ! Ils veulent du « beau » accessible, du « qui fait joli », du « qu’on comprend » !
Haro sur le dérangeant ! Sus au déstabilisant ! Merde à l’homme émotionnel, affectif et incontrôlable !
Raccrochons - nous aux chiffres : ils sont fiables, eux.
Ils n’ont pas d’humeurs, pas d’états d’âmes... On peut compter sur eux, au propre comme au figuré. Comme c’est rassurant ! Je sais de quoi je parle : certains de mes élèves sont psychotiques.
Mais lâcher prise, se laisser aller à l’exaltation, à l’ahurissement, au dégoût, à l’admiration... Quelle insupportable prise de risque pour un « pragmatique » !
Il vaut mieux sortir sa calculette et se demander « combien ça rapporte ». Si ça peut éviter de se poser des questions gênantes, du style « qu’est ce qui m’empêche de me lâcher ? », pourquoi s’en priver ?
Avec ce type de raisonnement, pas de cathédrales, pas de Renaissance, pas même de « nouveau monde » découvert par suite d’une détestable intuition, avant de savoir « combien ça rapporte » !
Oui, je plains de tout mon coeur ces handicapés émotionnels, ces racornis du sentiment, ces obsédés du profit, ces frileux du bulbe, ces « pragmatiques » obsessionnels qui s’imaginent vivre mieux que les autres grâce à la gestion exemplaire de leur patrimoine, de leur carrière et de leurs Euros, et qui mourront « les plus riches du cimetière » en ayant gâché à jamais la chance qu’ils avaient de participer à l’aventure humaine.
Mais étant de nature incorrigiblement optimiste, je me dis qu’il s’en trouvera bien un, parmi leurs descendants, pour rétablir l’équilibre en osant questionner, interloquer, choquer...
Et sinon, ils auront au moins servi à m’indigner.
En espérant que je ne suis pas la seule...