L’article tourne autour des deux idées annoncées dans le titre. Je partage la première (sur l’UDC), mais pas du tout la seconde (les autres partis et notamment le PS).
On peut être opposé à la politique de concordance qui fait que le PS participe à la coalition au pouvoir depuis 50 ans. Pour cela, il a dû avaler des couleuvres, comme l’UDC. Les principaux choix politiques ont été fait par les deux autres partis, les radicaux et le PDC - centre droit - qui disposaient de la majorité au Conseil fédéral jusqu’il y a quatre ans.
Mais la description qui est faite des partis de gauche est largement mensongère (« grassement payés », « propriétaires de villas », « fervents adeptes de la course aux pots-de-vins », « opportunistes », « obtenir une place juteusement rémunérée, ou décrocher une subvention dont ils se mettront l’essentiel dans la poche ».)
Il est vrai que l’auteur prend ensuite la précaution de généraliser (« Leur prétention de représenter le peuple est une imposture, au même titre que la prétention similaire de l’Union démocratique du centre et des autres partis. »)
La politique des partis de gauche est décrite de manière inexacte :
« Chacune des étapes de ce démantèlement social a été entérinée par les partis de gauche. » Souvent, ces partis contestent les décisions du parlement, de droite, par des référendums, qui sont généralement rejetés par la population, majoritairement de droite.
« Les dirigeants des partis de gauche sont les premiers à mettre le couvercle sur la marmite des revendications de la base et les découragent systématiquement en les qualifiant d’irréalistes ou d’utopistes. » Vu ce qui précède, et les coûts que représente une campagne de référendum, il y a certainement un tri pour retenir les objets qui ont une chance, même minime, de passer.
« On ne compte plus le nombre de fois où les partis de gauche ont refusé de soutenir un référendum lancé par des chômeurs, des invalides ou d’autres catégories sociales victimes de la politique néolibérale. » A ma connaissance, il n’y a eu qu’un cas, qui a eu lieu récemment.
Dans le cas de Genève, rappelons que par le passé le mouvement « Vigilance », aussi populiste que ces équivalents actuels, est devenu le premier parti du canton avant de s’effondrer. La différence, c’est que l’UDC est un parti national, bien organisé et avec des dirigeants intelligents.
Bref, en adoptant le « tous pourris » l’auteur tient le même discours que l’UDC qu’il prétend dénoncer.