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Commentaire de morice

sur Syndicats : chronique d'une mort annoncée


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morice morice 20 novembre 2007 22:24

Il est un fait marquant dans cette grêve, c’est que chez les cheminots, se sont les derniers rentrés les plus vindicatifs. Les plus anciens se sentent résignéss, dirait-on. Les plus jeunes viennent de constater qu’ils ne toucheront pas ce que leurs aînés ont eu où vont avoir dans peu d’années maintenant. Ce mécontentement social est nouveau, dans le sens où on a toujours dit que ces dernières années le syndicalisme, cette prise de conscience, baissait. Thèse reprise dans cet article de complaisance gouvernementale. Les syndicats ont peut être fini leur étiage : un gouvernement dur comme celui que nous avons vient de fabriquer, par son intransigeance, un nouveau lot de nouveaux combattants. Sarkozy, qui ne travaille que dans l’instant, est bien incapable d’imaginer que ces jeunes, dont certains ont voté pour lui dans l’espoir d’un « changement » rapide qui ne vient pas et qui ne viendra pas se retourneront tous contre lui dans 5 ans. L’aigreur n’amène rien de bon en politique. Cette grêve démontre déjà les prémisses de ce changement surprenant. Les jeunes ont peut être fini de ne plus se syndicaliser, le mouvement va engranger de nouveaux venus tant le pouvoir d’achat est devenu déplorable, tant la vision d’avenir est bouchée. Une autre forme, certes, de syndicalisme, mais qui risque aussi d’être bien plus violent que ce à quoi on a été habitué ces 20 dernières années. Les bobos individualistes seront remplaçés par des ouvriers vindicatifs, c’est tout ce qu’on aura gagné avec ce gouvernement d’opérette qui ne pense qu’à goinfrer les plus nantis. Pour ne pas l’avoir vu, ce texte est bien une apologie du pouvoir en place, une de plus. « C’est précisément au soir du 6 mai 2007 que les syndicats français sont morts. » Comment peut-on OSER écrire ça ? C’est le 6 mai 2007 que la démocratie est morte, oui, bernée par des médias contemplatifs d’un pouvoir fort déguisé en république classique ! « En manquant cruellement de sens historique », vous ne faites qu’abonder dans le sens commun d’un nouveau sauveur de la nation. On a déjà eu le même cas en 40, il était beaucooup plus vieux et avait promis exactement les mêmes choses, et monté aussi une partie de la population contre une autre. Si le spectacle monté de toutes pièces par les militants UDF des contre-manifestations ne vous émeut pas, c’est que vous croyez dur comme faire que l’ensemble est contre une toute petite minorité. Continuez donc à le croire, mais souvenez vous qu’en 45 la minorité ne l’était plus, c’est elle qui avait gagné, elle s’appelait DeGaulle. Je n’ai jamais vu autant dans un téléviseur de sondages et de reportages sur les gens que les grêves gênaient. En 1995 elles ont autant gêné, on a pas eu tous les jours ses litanies sur les difficultés à circuler. Le pouvoir, à force de bourrer le crâne, crée aussi la tendance inverse : dans le pblic, des gens affichent en 2007 leur solidarité : ce n’était pas le cas en 1995. A force de vouloir trop en faire, le gouvernement récolte un phénomène classique et bien français : les gens DOUTENT déjà du bien fondé des images qui INSISTENT autant sur les ennuis provoqués, et commencent même à sympathiser... avec les grêvistes, en se disant que demain ce sont eux qui vont être mangés pareil... Ça, le pouvoir ne le voit pas, et ressort tous les jours des sondages, martelés, répétés, sur le nombre de grêvistes qui « s’amenuise ». Pour des gens qui ne faisaient pas de syndicalisme, je trouve que 7 jours de perte de salaire c’est plutôt balaise. La propagande sarkozienne est telle qu’elle fabrique déjà plus vite que prévu une résistance forte. Les gens DOUTENT déjà de l’efficacité du chef d’état, bien trop vite : il y a net discrédit, là. Et lui aussi, à ne pas intervenir, il y perd tout son crédit. Ces grêves sont donc l’INVERSE de ce que vosu écrivez, tout à la gloire de votre héros fanatique des pontons vernissés. Pour ce qui est de « l’hallali des syndicats », puisque vous citez Parisot, sachez quand même dans quelle estime la tient le chef de l’état « quelle conne » affirme le Canard depuis la semaine dernière selon le Président, comme quoi, quand on écrit un article, il ne faut pas lire QUE le Figaro. Pour l’instant, l’affaibli, c’est lui, Nicolas Sarkozy. Pas les syndicats qui viennent de lui prouver qu’ils peuvent encore tenir tête. Vous pourriez, vous laisser 25% de votre salaire comme ça ? Ils l’ont déjà fait, les cheminots, et ils ne s’arrêtent toujours pas !


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